Marc-André Lussier

Archive du 18 juin 2012

Lundi 18 juin 2012 | Mise en ligne à 9h18 | Commenter Commentaires (11)

La fausse bonne idée…

Angelil - 1

René Angélil dans Omertà

C’était soir de grande première à Montréal hier. Tout le gratin était là – le milieu sportif était particulièrement bien représenté (?) – pour assister à la projection d’Omertà, épisode cinématographique inspiré de la série culte des années 90, écrite par Luc Dionne et réalisée par Pierre Houle. Cette fois, Luc Dionne est seul aux commandes. Je réserverai mes commentaires pour le jour de la sortie du film (mercredi 11 juillet).

Même si Omertà met en vedette deux des acteurs les plus populaires du cinéma québécois (Michel Côté et Patrick Huard), on a surtout fait grand cas dans les médias de la présence de René Angélil dans le rôle du parrain. À la lumière de la performance du célèbre imprésario dans le film, il y a lieu d’évoquer le spectre de la fausse bonne idée. Je m’explique.

Bien sûr, ceux qui ont eu l’idée – le flash – de confier le rôle du parrain à René Angélil avaient toutes les meilleures raisons du monde. Il émane du mari de Céline une force tranquille, une autorité naturelle, un sang froid qui conviennent parfaitement à ce type de personnage. Sans parler de la voix. Autrement dit, sa présence dans Omertà relève de l’évidence. Mais voilà. René Angélil n’est pas un acteur. Lui-même le reconnaîtra sans doute. Il possède une présence indéniable à l’écran, cela dit. L’ennui, c’est que le spectateur peut difficilement faire abstraction du fait qu’il est en train de regarder une vedette bien plus qu’un personnage. Dans la tête du spectateur, ce n’est plus Dominic Fagazi qui parle, mais bien René Angélil qui essaie  de faire de son mieux. Or, le travail d’un acteur ne se réduit habituellement pas à ça. Malgré leur grande notoriété, des pros comme Michel Côté et Patrick Huard sont capables d’investir leur personnage de l’intérieur pour y trouver des accents de vérité. C’est un métier.

Cette observation illustre en tout cas le piège dans lequel tombe assez fréquemment le cinéma québécois. Les productions destinées à faire beaucoup d’entrées, appuyées par les institutions, empruntent souvent le même schéma. On veut des noms. Or, cette méthode ne sert peut-être pas tout à fait les films au mieux. Du moins, pas toujours. Surtout quand on sait que des inconnus peuvent aussi se faire valoir de façon grandiose. Dans les années 90, Dino Tavarone n’est-il pas devenu une vedette grâce justement à certaine série télévisée intitulée Omertà, la loi du silence ?

Tapis rouge sous le soleil d’Omertà (André Duchesne)

Omertà le film, efficace mais convenu (Marc Cassivi)

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