Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Mardi 29 mai 2012 | Mise en ligne à 17h08 | Commenter Commentaires (6)

    Comment dit-on «camouflet» en italien ?

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    Lawless - 1

    Lawless de John Hillcoat

    On a vu beaucoup de films américains dans la sélection du Festival de Cannes cette année. Seulement du côté de la compétition officielle, on en comptait déjà cinq : Moonrise Kingdom, Lawless, Killing Them Softly, The Paperboy, Mud. Et l’on ne parle pas encore de toutes ces productions anglo-saxonnes, Cosmopolis et On the Road par exemple, qui, sans être financées majoritairement aux États-Unis, font quand même appel à des stars hollywoodiennes.

    Le Festival de Cannes se nourrissant de la crème de la production mondiale, il est évidemment normal que le pays dont la culture irradie l’ensemble de la planète (certains diraient plutôt qu’elle la «contamine») soit dignement représenté. D’autant qu’on y trouve toujours là-bas de très grands cinéastes, qui parviennent à imposer leur vision artistique malgré les lois implacables du marché. Terrence Malick, réalisateur de The Tree of Life, n’a-t-il pas obtenu la Palme d’or l’an dernier ?

    Va pour les films forts, originaux, qui sortent des sentiers battus. Après tout, la raison d’être d’un grand festival de cinéma est de célébrer les visions d’auteurs. Les créateurs trouvent là un havre où seules les valeurs artistiques de leurs œuvres sont prises en compte, loin des logiques comptables et des tiroirs caisse qui les accompagnent.

    Le 65e Festival de Cannes étant maintenant chose du passé, une constatation s’impose. La compétition officielle «s’américanise» de plus en plus. Et pas seulement sur le plan géographique. Sur le plan formel aussi. Interrogé par La Presse à ce sujet il y a peu, le délégué général Thierry Frémaux, dont les choix sont souverains depuis maintenant cinq ans, avait évoqué la possible «augure d’un nouveau cycle pour le cinéma américain qui viendra combler le fossé qui sépare le «petit» cinéma indépendant et le «gros» cinéma de superproductions des studios».

    Hum…

    À la lumière de ce qu’on a vu à Cannes cette année, cette perspective n’a rien de très réjouissant. Car si «combler le fossé» veut dire programmer des productions estimables mais prévisibles, qui répondent aux standards du cinéma hollywoodien, il y a tout lieu de s’inquiéter pour l’avenir de la cinéphilie. Sur les cinq films américains sélectionnés en compétition, quatre abordaient des thèmes similaires. Fusils, armes en tous genres, et meurtres sanglants semblent maintenant constituer les seuls outils dramatiques avec lesquels les cinéastes semblent vouloir travailler au pays de l’oncle Sam. Ils en glorifient l’usage à un point où l’on ne peut que s’inquiéter de cette fascination collective. Mentalité de Far West et machisme à la clé. Il est indéniable que l’absence de réalisatrices dans la compétition, dénoncée par une association féministe au début du Festival, s’est cruellement fait sentir.

    Lawless (John Hillcoat) est probablement le cas le plus exemplaire. Ce film de gangsters d’époque, calqué sur les 10 000 autres que compte l’histoire du cinéma, illustre bien cette orientation, désormais cautionnée par le Festival. Aucune invention, sinon une certaine virtuosité dans la mise en scène, mais de la violence explicite en surabondance. Autrement dit, rien ne démarque ce film, dont la distribution sera assurée par The Weinstein Company, de toutes ces productions qui échouent dans nos complexes multisalles à cœur d’année.

    On nous répondra que des œuvres plus radicales prennent le contrepied de ces films plus convenus. Soit. Souhaitons quand même ne pas voir cette fâcheuse tendance se transformer en vraie dérive au cours des prochaines années.

    En ne primant aucune de ces productions, le jury, présidé par Nanni Moretti, a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme.

    «Je ne suis pas contre le glamour, mais dans des films qui me plaisent, a-t-il dit lors de la conférence de presse ayant suivi l’annonce du palmarès. Je ne souscris pas au mythe du film à petit budget, mais si on avait aussi cherché du côté des productions indépendantes, on aurait peut-être trouvé des films moins léchés, moins patinés, plus bruts, plus authentiques.»

    Comment dit-on camouflet en italien ?

    Compte Twitter : @MALussier


    • Intéressant… Les Français aiment truffer leurs phrases de mots anglais et maintenant leur festival de stéréotypes américains (pow pow, t’es mort! Mon fusil et mon char sont plus gros que les tiens!). Bizarre tout de même! De Gaulle doit se retourner dans sa tombe!

    • affronto

    • “Affronto”

    • cher coeur de lionne,les français n’aiment pas,comme vous dites,truffer leurs phrases de mots anglais.Ne confondez pas les parisianistes bon tain avec le reste de la”gaule” qui est comme vous meme(ne dites vous pas “je suis en amour” plutot que “je suis amoureux” ce qui est bien une traduction de i’m in love) sous la coupe d’un colonialisme insidieux qui nous faire dire opportunité à la place de possiblilité ou actuellement plutot que présentement.
      Quand au général pour une fois laissons le en paix ! cela lui a suffi de tenir tete a roosevelt et churchill,recreer un état ,porter l’honneur d’un pays et essayer de rembourser la dette de la france envers le quebec.
      Pour le reste son amour absolu de la france n’avait d’égal que son mépris des français(les veaux) ce qui est avouez le est un paradoxe,l’une ayant été inventé par les autres….

    • Camouflet? Comme dans la chanson des années ‘90: Ah shut-up a your face!

    • @piloune
      vous devriez “nous” écrire plus souvent vos commentaires…j’adore !!!

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