
29 ans après Sophie’s Choice…
Il n’y a pratiquement plus de suspense dans les soirées des Oscars. Tellement d’indices jalonnent le parcours menant à la plus grande soirée du cinéma hollywoodien qu’il devient maintenant facile de prévoir l’issue du vote dans ses grandes lignes. The Artist dans les catégories de pointe; Hugo dans les catégories techniques. Les autres se partagent les quelques statuettes qui restent. The Descendants et Midnight in Paris se sont inscrits seulement une fois chacun au tableau d’honneur, mais ils se sont néanmoins distingués dans les catégories du scénario (adaptation pour Alexander Payne; original pour Woody Allen). Ce n’est pas rien.
Les surprises, quand elles surviennent, arrivent généralement du côté des catégories d’interprétation. Les acteurs étant les plus nombreux au sein de l’Académie, il arrive très souvent que les lauréats répètent aux Oscars le même discours qu’ils ont livré aux SAG Awards (Screen Actors Guild Awards). Quand il y a décalage, il faut habituellement regarder dans les catégories de soutien. Or, le décalage est survenu hier dans la catégorie de la meilleure actrice. Viola Davis (The Help), lauréate du SAG Award, était établie favorite. Cela dit, on sentait bien depuis quelques semaines le vent tourner légèrement à la faveur de Meryl Streep.
Nommée 17 fois, l’actrice est tellement dans une classe à part que nous avions tous l’impression qu’elle croulait sous les statuettes. Or, Meryl Streep n’en comptait que deux dans sa collection avant hier soir. Le premier, qui consacrait son rôle de soutien dans Kramer vs. Kramer, lui a été remis en 1980. Le deuxième, obtenu grâce à son inoubliable performance dans Sophie’s Choice, lui a été attribué en 1983. Rien depuis. Sa performance dans The Iron Lady, dans lequel elle incarne Margaret Thatcher, transcende le film de très loin. L’on ne pouvait qu’être ravis de ce nouveau sacre.
Un mot sur l’incroyable parcours de Monsieur Lazhar. Nous étions un peu déchirés entre le coeur et la raison. Le coeur était d’autant plus emballé que plusieurs médias américains de référence laissaient entendre que si jamais il y avait une surprise à venir dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, c’est Monsieur Lazhar qui déjouerait les pronostics. Or, Une séparation était un choix tout à fait logique. Le film d’Asghar Farhadi est sublime. Bravo à lui. Et bravo mille fois à Philippe Falardeau.
Pour ce qui est le cérémonie elle-même, j’avoue pouvoir difficilement me prononcer. Je rédige des textes pendant les moments d’animation et les numéros de variétés. Billy Crystal me semble avoir fait une animation «à l’ancienne» efficace. Parfaitement en phase avec le ton nostalgique de la soirée. Je vous invite à lire le compte-rendu de mon comparse Cassivi.
Les Oscars en mode nostalgie (la chronique de Marc Cassivi).
Hommage à une grande époque (ma chronique).
The Artist entre dans la légende (compte-rendu).
Sacha Baron Cohen (The Dictator) répand les cendres de Kim Jong-Il sur Ryan Seacrest.
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