
Une séparation (Asghar Farhadi) est le grand favori
Les membres de l’Académie faisant partie des comités chargés de sélectionner les candidats dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère ont effectué leur première sélection. Ils ont retenu neuf longs métrages parmi les 63 qui leur ont été soumis. Cinq de ces neuf productions seront désignées finalistes dans la catégorie. L’annonce sera faite mardi prochain, au moment où l’Académie rendra publique sa liste de nominations.
Monsieur Lazhar, sélection canadienne, a l’honneur de faire partie de ce qu’on appelle la short list. Une grosse étape est maintenant franchie. Mais le film de Philippe Falardeau a-t-il vraiment de bonnes chances d’aller jusqu’au bout ? Bien difficile à prévoir. Fidèle à son habitude, l’Académie a écarté d’office des films très réputés. Et des titres dont nous n’avons pas encore beaucoup entendu parler sur le circuit international sont toujours dans la course.
Avec le mode de fonctionnement très complexe que privilégie l’Académie pour choisir les finalistes, chaque année amène son lot de surprises. Rappelez-vous l’an dernier : Des hommes et des dieux n’avait même pas été retenu dans la présélection! La France est d’ailleurs de nouveau exclue d’entrée de jeu cette année puisque La guerre est déclarée, le très beau film de Valérie Donzelli, ne figure pas non plus sur la shortlist. Parmi les autres pointures écartées par l’Académie : The Flowers of War (Zhang Yimou, Chine), Le Havre (Aki Kaurismäki, Finlande), Le cheval de Turin (Béla Tarr, Hongrie), Terraferma (Emanuele Crialese, Italie), Et maintenant on va où? (Nadine Labaki, Liban), Miss Bala (Gerardo Naranjo, Mexique), et Once Upon a Time in Anatolia (Nuri Bilge Ceylan, Turquie), pour ne citer que ceux-là.
Heureusement, l’Académie n’est quand même pas passée à côté du film iranien Une séparation, établi grand favori (sortie le 24 février au Québec). On voit d’ailleurs mal comment la statuette pourrait échapper à Asghar Farhadi. Pina, excellent documentaire en 3D de Wim Wenders, est aussi pratiquement assuré d’une sélection parmi les cinq finalistes. Les sept autres films, parmi lesquels Monsieur Lazhar, devront se disputer les trois places restantes. Regardons d’un peu plus près les six «concurrents» du film québécois.
Rundskop (Bullhead) de Michael R. Roskam
Belgique
Lancé au Festival de Berlin l’an dernier (dans la section Panorama), ce drame de langue flamande a obtenu le prix du meilleur film au Festival du film fantastique de Austin. Comme le fait remarquer longueuil1993, Bullhead a aussi fait l’objet d’une présentation à Fantasia.
SuperClasico d’Ole Christian Madsen
Danemark
Le réalisateur de Flame and Citron a la tâche de succéder à Susanne Bier, lauréate l’an dernier grâce à In a Better World. SuperClasico, peu vu sur la scène internationale, serait une comédie légère.
Footnote de Joseph Cedar
Israël
Anecdote. À la sortie de la projection de Footnote à Cannes l’an dernier, j’avais prédit à qui voulait l’entendre qu’Israël choisirait ce film-là pour la course aux Oscars, et qu’il serait finaliste. Ben voilà, on y est. Cedar a déjà été en nomination grâce à son film précédent Beaufort. Vieillot de forme et de fond, ponctué d’une trame musicale aussi envahissante qu’insupportable, Footnote était pourtant le plus mauvais film de la sélection cannoise à mon humble avis. Étrangement, le jury lui a attribué le prix du meilleur scénario. Pour l’instant, la sortie de ce film est prévue le 23 mars au Québec.
Omar m’a tuer de Roschdy Zem
Maroc
On a beau aimer Roschdy Zem d’amour, et avoir trouvé plus qu’honnête sa deuxième réalisation (après Mauvaise foi), la présence de son film dans cette shortlist reste quand même surprenante.
In Darkness d’Agnieszka Holland
Pologne
La réalisatrice d’Europa, Europa et de Total Eclipse propose un drame historique campé dans la ville de Lvov pendant l’occupation nazie. Au Québec, In Darkness prend l’affiche le 17 février.
Warriors of the Rainbow : Seediq Bale de Te-Sheng Wai
Taïwan
Sélectionné à la Mostra de Venise l’an dernier, où il fut écarté du palmarès, ce drame de guerre épique est produit par John Woo. Durée du film? 4h36!
Des sept films cités plus haut, Footnote est probablement celui ayant les meilleures chances de se retrouver en finale.
La bande annonce:
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longueuil1993
19 janvier 2012
10h01
Bullhead a surtout été présenté à Fantasia l’été dernier.
Fantasia est un superbe festival de cinéma montréalais à la programmation originale qui ne cesse d’évoluer. Ses programmateurs sont de gentils humains.
Je vous conseille d’y jeter un oeil!
http://www.fantasiafestival.com/2011/en/films/film_detail.php?id=721
C’est ajouté. Merci. M-A. L.
longueuil1993
19 janvier 2012
10h51
Plus sérieusement, mais sans vouloir être méchant, face à une bombe comme Une séparation, Monsieur Lazhar fait piêtre figure. Comme Ebert le dit dans son billet sur la short list, ça reste un «A more conventionally crowd-pleasing film».
Je sais que ça plait aux oscars, les Crowd-Pleasing films, mais la puissance d’Une séparation écrase tout sur son passage. (Une séparation, c’est vraiment bon)
tokyo
19 janvier 2012
11h45
Est-ce qu’il est en compétition avec un film sur l’Holocauste? (si vous pensez que je blague, pensez au Déclin d’Arcand)
atticusfinch
19 janvier 2012
12h16
Franchement, je ne crois absolument pas que Lazhar soit couronné. Il s’agit d’un film mineur et très imparfait. Une séparation devrait normalement l’emporter.
tiplon
19 janvier 2012
12h16
Je crois aussi que “Une séparation” a toutes les chances de remporter l’Oscar.
StephT
22 janvier 2012
16h46
J’aimerais ajouter que c’est non seulement une présentation de Bullhead qu’il y avait à Fantasia, mais bien la première nord-américaine. Et qu’il y a aussi remporté le prix New Flesh du meilleur premier film. Les honneurs de Bullhead ont débuté à Montréal, avant que le film fasse sensation partout ailleurs.