Marc-André Lussier

Marc-André Lussier - Auteur
  • Le blogue de Marc-André Lussier

    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
  • Lire la suite »

    Partage

    Mardi 29 novembre 2011 | Mise en ligne à 11h38 | Commenter Commentaires (24)

    Excentris : la reconquête?

    Excentris-1

    Photo: Hugo-Sébastien Aubert (La Presse)

    Tous les cinéphiles montréalais se souviennent du choc ressenti à l’annonce par Daniel Langlois du changement de vocation du complexe Excentris. Près de trois ans plus tard, c’est le retour à la case départ. Les salles Cassavetes et Fellini ont retrouvé leur vocation d’origine. L’aménagement de deux autres petites salles, dites «de continuité», est aussi prévu au cours des prochaines années. La tâche est immense: reconquérir un public qui est allé voir ailleurs. Et qui, bien souvent, préfère désormais voir les productions internationales sur son écran HD à la maison.

    Pas évident. Mais on souhaite de tout coeur que le vaisseau amiral de la cinéphilie au Québec retrouve son lustre d’antan – et son pouvoir d’attraction – le plus rapidement possible.

    Extrait de la chronique que Marc Cassivi signe aujourd’hui, dans laquelle est citée la directrice générale du Cinéma Parallèle :

    «Le défi est grand, reconnaît Caroline Masse, qui espère retrouver d’ici six mois la fréquentation d’autrefois. Excentris a été fermé pendant plus de deux ans. Les distributeurs ont acquis moins de films du type que l’on présente. Nous avons l’intention d’augmenter l’offre, en espérant que cela permettra aussi d’augmenter la demande.»

    Excentris devant désormais chercher des fonds pour assurer sa rentabilité, le popcorn (bio) fera son entrée dans le temple du boulevard Saint-Laurent. Selon le collègue Brendan Kelly (The Gazette), cette nouvelle aurait provoqué bien des remous au sein de la confrérie présente à a conférence de presse hier.

    «But it wasn’t the big public bucks that generated the most talk at the press conference at Excentris Monday. It was the popcorn, with many media types grumbling about the notion of hearing folks eating buttery popcorn while trying to appreciate the finer points of the latest tortured slice of Polish filmmaking.»

    Pour se rappeler au bon souvenir des cinéphiles montréalais, Excentris offre deux films pour le prix d’un samedi et dimanche.

    De l’espoir pour la cinéphilie : la chronique de Marc Cassivi.

    Le reportage vidéo de Marie-Christine Blais.

    QUOI?????

    Vous pouvez aussi me suivre sur Twitter.


    • Quand Ex-Centris a fermé, je pensais que c’était pour une bonne cause, que la Fondation Langlois allait utiliser les espaces pour la présentation d’arts médiatiques et technologiques (car il y a encore moins de çà que de salles de cinéma). Quand je me suis rendu compte que c’était pour présenter des spectacles de jazz-pop bidons, je fus.. horrifié?

      Bref, heureux retour! Mais j’aime moins la rue St-Laurent que dans le temps. C’est assez “grabuge” comme rue depuis 5 ans. Ce n’est plus le lieu de rencontre des artistes
      que çà a déjà été.

    • Ne nous leurrons pas, la période glorieuse des salles obscures pleines à craquer est désormais choses du passé. Il faut repenser le 7e Art autrement, on l’a vu avec MIRAMAX qui bénéficie encore d’une certaine notoriété. Ensuite vint le numérique, puis arrive enfin le 3D, le miracle par qui l’espoir est permis. Mais désormais plus avisé, le public semble le bouder à cause d’AVATAR somme toute un pétard mouillé­. Pour résumer, le 7e Art a perdu son âme même “le gars des vues” n’opère plus.

      Certains croient que les nouvelles technologies ont perturbées considérablement tout ce qui bouge, une révolution dans chaque domaine. Ils n’en meurent pas tous mais tous en sont atteints comme il est dit dans la fable. A mon humble avis le 7e Art est arrivé à un point de non retour. Ou bien il va stagner jusqu’à la fin des temps, ou bien il va renaître de ses cendres. Mais comment?

    • Il y a une part de vérité dans ce que dit vlrglqqf.
      On ne découvre plus les films dits obscurs, marginaux ou indépendants de la même façon, en assistant à une projection dans une petite salle où s’entasse une vingtaine de cinéphiles. Internet nous permet aujourd’hui d’être en contact ou à tout le moins de prendre connaissance de l’existence de petits films indépendants, étrangers ou moins visibles.

      Ce qu’il reste à la salle de cinéma, c’est “l’expérience en salle” et la qualité de projection qui n’a rien à voir avec un écran géant HD chez soi (à ce titre, on je mentionne le souci dans la qualité de la projection au Parallèle/Exentris, qui surpasse ce qu’on peut voir dans un grand cinéma). Ces deux éléments (qui sont en fait assez reliés) semblent être les seules motivations qu’on pourrait avoir à aller voir un film en salle plutôt que d’attendre un peu et de le regarder à la maison…

    • J’espère seulement que tous les Montréalais et banlieusards qui ont pleuré ce changement de vocation il y a trois ans vont maintenant retourner fréquemment au exCentris. Si ça (re)ferme dans deux ans, on saura qui blâmer.

    • Le problème avec le format “petite salle” c’est que c’est de plus en plus facile de se faire une petite salle chez soi (çà prend juste un mur blanc, les projecteurs demandant moins de distance et étant de moins en moins dispendieux).

      Comme disait David Lynch récemment, le cinéma ne mourra pas car les gens ont besoin de ce divertissement, mais la condition de visionber en salle, çà va disparaitre à moins que des efforts soient fait pour conserver çà, et là on parle vraiment d’un travail de “conservation”, donc une vocation muséale. Il faut que le gouvernement aide ce genre d’endroit comme on aide un musée. Il faut tout de suite prévoir la faillite, et s’arranger pour que des fonds soient en place pour protéger ce genre d’endroit. Mais comme je dis, moins de salles mais plus grandes, serait un atout, car ce n’est pas une question du bombre de spectateurs, rendus là. Si tu en est encore au problème du nombre de spectateurs, oublies-çà. Un musée d’art peu présenter une oeuvre que seulement 10 personnes vont aimer, mais c’est dans le mandat de proposer des choses plus hermétiques, de la recherche.

      (PS: pire salle en ville: la petite salle à moniteur de la Cinémathèque. Franchement, vous riez de moi, là?)

    • bombre = nombre.

    • Ah et puis, doux Jésus, faites que les festivals présentés à Concordia (Fantasia, Image Et Nation) déménagent à Ex-Centris.

      J’espère que Caroline Masse aidera ces gens en grand besoin (..de bonnes offres, car ils vont surement à Concordia car çà leur coutent rien.).

    • J’aimerais savoir si à Montréal il existe une ou des salles où on projette les films en numérique. Sera-ce la norme à l’Excentris ou si on se bornera à la pellicule traditionnelle? En toute honnêteté jusqu’à ce jour, je n’ai pas eu la chance de visionner une oeuvre en numérique. Ce serait un + si pour l’occasion dans les journaux côté cinéma, on spécifiait si tel film est projeté en numérique. Depuis le temps qu’on en parle!

      Vous savez ce dont j’ai la nostalgie? Comme le mentionne satyre à 17h17 c’est cette “expérience collective en salle” qui faisait tant mon bonheur! C’était magique pour moi car je sentais qu’il y avait une âme qui vibrait a l’unisson. Ah! ces après-midi de sensations fortes pour pouvoir rêver et m’évader de mon travail. Tout cela est chose du passé.

    • @ vlrglqqf

      La projection numérique est la norme maintenant. Le Quartier Latin, le Banque Scotia projètent en numérique. Et l’Excentris est aussi capable. C’est à dire qu’ils peuvent projeter les versions DCP des films. Ça dépend de ce que fourni le distributeur.

      http://en.wikipedia.org/wiki/Digital_Cinema_Package

      Si vous êtes allé au cinéma dans la dernière année, il y a fort à parier que vous aillez vu une projection numérique.

    • Bientôt les vieilles copies 35mm se vendront dans des bazaars et les gens en voudront même pas.

    • @ sultitan 02h52

      Néophyte dans les nouvelles technologies, j’aimerais voir comment fonctionne la mécanique du numérique sur grand écran. Comme saint Thomas je suis curieux et j’ai besoin de voir pour être bien convaincu que je l’ai vraiment vu. C’est du chinois pour moi.

      Je suis un collectionneur-né, c’est dans ma nature. En conséquence je serais prêt à acheter une copie de Ben Hur tourné en 65 mm drette là. Juste pour le plaisir de l’avoir et de m’en vanter. C’est fou mais c’est comme ça, même si je possède déjà les versions DVD et blu-ray.

    • @vlrglqqf

      Çà ressemble à un projecteur numérique que vous pouvez acheter pour votre maison, mais en plus gros. Comme une grosse boite d’ordinateur. Parfois il y a 2 (ou 3) projecteurs (3D). La qualité est à peu près semblable au 35mm si on assume le fait que la qualité des projections 35mm sont souvent défectueuses (mauvais apparaeils, mauvaise luminosité, etc…).

      En fait je ne suis pas expert. À Concordia, j’ai appris le montage “à la main” du 35mm, et on nous disait que c’était la dernière année qu’ils enseignaient cette méthode (on a aussi évidemment fait du montage digital, mais dans ce domaine il faut savoir s’adapter très rapidement aux nouvelles technologies). Bref, je suis moi-même dépassé par les changements. Il y avait un charme à sculpter physiquement le cinéma (oh! Et le développer soi-même dans des gros shakers dans le noir: un fun fou!) qui va manquer aux nouvelles générations. Mais bon, pour le rapport qualité/prix, il faut être cinglé de ne pas opter digital.

      La distinction du théâtre de cinéma sur le théâtre maison, de plus en plus sera perceptible uniquement par son espace. Si de faire des grandes salles n’est pas rentable, mieux vaut faire des projection en plein-air. Quand tu as la qualité du projecteur, ce n’est pas important si tu es dans un cinéma ou tu regardes la télévision, la qualité est la même. La grandeur de l’écran permet de percevoir davantage de détails.

    • Le montage digital c’est un peu comme faire une mosaique. Le montage à la main c’était davantage comme du tissage, de la sculpture. Je pense que la méthode de montage influence grandement le résultat. Avant tu pouvais peser dans les main la longueur d’une scène. En même temps les erreurs passaient plus facilement (montage à l’aveugle).

      Cela dit j’avais fais des tests: transferts direct de videos en 35mm, 35mm transféré en vidéo, etc..Et pas mal de gens ne voyait pas la différence (j’utilisais des trucs, comme affaiblir le niveau de contraste en video, utilisation de filtres, etc…).

    • Malheureusement ce n’est pas rentable et ne le sera jamais.

      Viable ? Là, c’est une question de volonté du milieu et de réponse du public. La vente de Pop Corn et friandises ? Cela peut être un apport de fonds mais même dans le cinéma grand public c’est plus suffisant alors c’est juste une aide. Le comptoir peut être rentable mais l’OSBL n’a pas à l’être, par contre, il faut trouver les moyens d’assurer sa viabilité.

      Avec les cinéphiles ? Il faut qu’ils soient au rendez-vous mais il faut d’autres sources de financement qui soient récurrentes.

      On voit bien les partenaires publics :

      http://cinemaexcentris.com/Partenaires

      J’ai l’impression que cela risque d’être insuffisant, outre le don d’un million de la fondation de Daniel Langlois il faut plus d’implication du privé et aussi accepter les dons du public cinéphile. Il faut une fondation permanente pour assurer cette survie là. Un fonds de capitalisation.

    • Ont-ils fait des états financiers prévisionnels ? Là on verrait le défi de la viabilité qui se pose à eux.

      Je ne crois pas que le prix des entrées et la vente de friandises couvrent les charges d’exploitation annuelle prévues.

    • Pour que l’Excentris marche, faudra qu’il charge moins cher que le Scotia (12) et AMC (10) à la porte…

      Parce que payer 15, voire 17 ou 20 dollars pour un film qu’Amazon peut me livrer le lendemain chez moi au même prix – et que je peux revendre après si je ne l’aime pas… c’est sans appel.

    • @ Marc-André Lussier

      Les commentaires ci-dessus me laissent plus que perplexe.

      Suis-je hors contexte Monsieur Lussier si je vous demande d’ajouter ici un petit PS, pour la compréhension des choses. La mécanique numérique semble plus compliquée qu’il n’y paraît vs la création artistique d’une oeuvre. La cause n’est-elle pas disproportionnée par rapport à l’effet, ou vice versa? Où est la magie cinématographique dans tout ce charabia? C’est donc ÇA! le 7e Art? En fait, c’est comme si je tombais des nues! Pour le dire autrement, je tombe de très haut!

    • il y a effectivement des projecteurs de cinéma-maison de très bonnes qualité de nos jours pour +/- le même prix qu’une télé LCD qui fait le 1/5 de la surface potentiel d’un écran. Par contre ça prend une salle obscure (comme le cinoche). Les gros projecteurs de cinéma par contre c’est très puissant et ça coûte une beurrée (100-250k?), d’ailleurs ce n’était pas ça qu’il y avait au dernier show de Amon Tobin au Metropolis ?

      Pour ce qui est de l’Ex-centris, je ne peux m’empêcher de rire du ”pop-corn bio”!
      La salle de ciném;, rituel du 20e siècle qui ne traversera pas le 21e, pour sûr. Aucun regret de mon côté.

    • @vlrglqqf

      C’est pas parce que JE suis ignorant que les autres ayant travaillé en cinéma le sont.

      On dirait que vous accusez un cinéaste qui ne comprends pas bien la projection numérique de ne pas maitriser son art. Sachez qu’en cinéma il y a des milliers de métiers. Il y a des techniciens, des cinématographes, des caméramans, des monteurs, des réalisateurs, etc… Chaque machine de projection (sa marque, la compagnie) ne donne pas tout à fait le même résultat, ni la manière de les appêter, donc seul un expert dans ce domaine pourra vous parler des différences exacte entre les propriétés des machines (qui prétendent tous offrir la projection, cela va de soit, mais Kodak et Fuji croyait aussi chacun offrir la pellicule idéale). Cela dit, un cinéaste peut très bien s’apercevoir que bien des projections ne sont pas optimales. Terence Malick avait lancé un message récemment avec des règles pour les projectionnstes. Par example il exigeait le standard 5400 kelvin pour les lampes des projecteurs (car des cinéma essaient de sauver de l’argent en utilisant des lampes moins fortes). Mais je doute qu’il soit en mesure de discuter de la qualité intrinsèque à chaque appareil de marque différent, surtout avec tout ces procédés anamorphiques.

    • Correction:

      (qui prétendent tous offrir la projection idéale, cela va de soit, mais Kodak et Fuji croyaient aussi chacun offrir la pellicule idéale).

    • La puissance de projection et la grandeur de la salle (distance et grandeur de l’écran), c’est très relié, alors…

    • Le vrai drame dans tout ce cahin caha technique, c’est qu’au cinéma il n’y a plus de magie pour le rêve ou l’évasion. A titre de comparaison, les premiers visionnements du film Autant en emporte le vent n’a rien de comparables à ceux tant vantés (gonflés) d’Avatar. L’enthousiasme et l’ambiance provoqués en 1939 sont indescriptibles (selon les journaux de l’époque). Il est peu probable de retrouver cette ivresse à l’Excentris en 2011 malgré la panoplie et performances des nouvelles technologies. C’est pour cela que j’ai écrit que je suis tombé des nues.

    • Bien content du retour de cette, le reproche que je peux faire pour l’instant est que la programmation est trop semblable à celle du Beaubien et celle du Parc.

      Espérons que les distributeurs achèteront davantage de films de type répertoire afin que ces trois endroits n’entrent pas en compétition l’un avec l’autre. Il existe suffisamment de bons films pour que cela ne se produise pas.

    • Bien content du retour de cette salle, encore une fois trop vite sur le piton…

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    juillet 2009
    L Ma Me J V S D
    « juin   août »
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • Archives

  • publicité