Marc-André Lussier

Archive, novembre 2011

Mardi 29 novembre 2011 | Mise en ligne à 11h38 | Commenter Commentaires (24)

Excentris : la reconquête?

Excentris-1

Photo: Hugo-Sébastien Aubert (La Presse)

Tous les cinéphiles montréalais se souviennent du choc ressenti à l’annonce par Daniel Langlois du changement de vocation du complexe Excentris. Près de trois ans plus tard, c’est le retour à la case départ. Les salles Cassavetes et Fellini ont retrouvé leur vocation d’origine. L’aménagement de deux autres petites salles, dites «de continuité», est aussi prévu au cours des prochaines années. La tâche est immense: reconquérir un public qui est allé voir ailleurs. Et qui, bien souvent, préfère désormais voir les productions internationales sur son écran HD à la maison.

Pas évident. Mais on souhaite de tout coeur que le vaisseau amiral de la cinéphilie au Québec retrouve son lustre d’antan – et son pouvoir d’attraction – le plus rapidement possible.

Extrait de la chronique que Marc Cassivi signe aujourd’hui, dans laquelle est citée la directrice générale du Cinéma Parallèle :

«Le défi est grand, reconnaît Caroline Masse, qui espère retrouver d’ici six mois la fréquentation d’autrefois. Excentris a été fermé pendant plus de deux ans. Les distributeurs ont acquis moins de films du type que l’on présente. Nous avons l’intention d’augmenter l’offre, en espérant que cela permettra aussi d’augmenter la demande.»

Excentris devant désormais chercher des fonds pour assurer sa rentabilité, le popcorn (bio) fera son entrée dans le temple du boulevard Saint-Laurent. Selon le collègue Brendan Kelly (The Gazette), cette nouvelle aurait provoqué bien des remous au sein de la confrérie présente à a conférence de presse hier.

«But it wasn’t the big public bucks that generated the most talk at the press conference at Excentris Monday. It was the popcorn, with many media types grumbling about the notion of hearing folks eating buttery popcorn while trying to appreciate the finer points of the latest tortured slice of Polish filmmaking.»

Pour se rappeler au bon souvenir des cinéphiles montréalais, Excentris offre deux films pour le prix d’un samedi et dimanche.

De l’espoir pour la cinéphilie : la chronique de Marc Cassivi.

Le reportage vidéo de Marie-Christine Blais.

QUOI?????

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Lundi 28 novembre 2011 | Mise en ligne à 6h35 | Commenter Commentaires (11)

Le cinéma baroque en deuil : Ken Russell est mort

Ken-Russell - Photo 1

Ken Russell

La nouvelle est tombée cette nuit sur le site artsjournal.com. Le cinéaste britannique Ken Russell est mort à l’âge de 84 ans. Il a réalisé quelques-uns des films phares des années 70 et 80 : Women in Love, The Devils, Tommy, Altered States

Mon collègue Nicolas Crousse, du journal Le Soir en Belgique, résume assez bien la carrière du personnage :

«Avec la disparition, ce dimanche, du Britannique Ken Russell, le cinéma vient de faire ses adieux à l’un des réalisateurs les plus dingues, outranciers, rebelles et divinement excentriques de son histoire.

Ken Russell, rarement plébiscite (une nomination aux Oscars pour Women in love, d’après D.H. Lawrence), souvent classé culte, avait une passion dévorante et contagieuse pour la musique. Il consacra à sa muse plus d’une dizaine de films, dont pas mal de documentaires. Sans jamais verser dans le biopic conventionnel, il dressa ainsi le portrait de Richard Strauss, revu et corrigé en Nazi, à la fureur des mélomanes du monde entier. Il transforma Tchaikovsky, son compositeur de chevet, en un homosexuel marié à une nymphomane (The Music Lovers). Il fit de Franz Liszt une icône rock (Lisztomania). Il croqua encore Mahler, Debussy, Wagner, Elgar et d’autres. Son goût du baroque, de la provoc et du sexe l’amena naturellement vers la culture populaire, via Tommy, l’opéra rock de Pete Townsend et des Who, où l’on côtoya joyeusement Eric Clapton, Oliver Reed, Roger Daltrey, Elton John, Tina Turner ou Jack Nicholson. Ken Russell se fendit encore de films d’horreur gothique et de quelques fictions de garage, balancés sur internet.»

Pour une analyse plus exhaustive de l’oeuvre, je vous invite à lire cet article écrit par Linda Ruth Williams, professeur d’études cinématographiqueds à l’Université de Southampton : Ken Russell : Sweet Swell of Excess.

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Vendredi 25 novembre 2011 | Mise en ligne à 9h18 | Commenter Commentaires (6)

Shame : consécration d’un film adulte?

Shame - Affiche US

Parmi la trentaine de nouveaux films qui prendront l’affiche chez nous en décembre, Shame est sans doute l’un des plus attendus des cinéphiles. Le deuxième long métrage de Steve McQueen (Hunger) débarquera sur nos écrans le 16 décembre après avoir déjà fait sa marque à la Mostra de Venise (prix d’interprétation pour Michael Fassbender) et au TIFF. Shame a aussi été présenté au Festival du nouveau cinéma de Montréal. Manque de pot, je l’ai raté partout!

Une nouvelle bande annonce, très alléchante, a récemment fait son apparition sur la toile. On y entend l’actrice Carey Mulligan interpréter la célèbre chanson New York New York d’une voix toute fragile, pendant que Michael Fassbender, qui interprète un homme souffrant d’addiction sexuelle, est en mode séduction.

Aux États-Unis, on fait grand cas du fait que Shame pourrait peut-être enfin légitimer la fameuse cote réservée aux adultes «NC-17» (No children under 17), une cote que les distributeurs fuient habituellement comme la peste. Au fil des ans, plusieurs exploitants ont en effet refusé de présenter des films ainsi cotés dans leurs salles. Le Hollywood Reporter a fait le tour de la question dans cet article.

Shame - Affiche française

L’affiche française

Parlant du Hollywood Reporter, signalons la mise en ligne aujourd’hui d’un article décrivant une table ronde à laquelle ont participé six auteurs cinéastes : Steve McQueen (Shame), Bennet Miller (Moneyball), Mike Mills (Beginners), Alexander Payne (The Descendants), Jason Reitman (Young Adult), et, mais oui, Michel Hazanavicius (The Artist). Ayant passé le dernier week-end à New York en compagnie de nombreux collègues américains, je peux vous confirmer leur réel engouement pour The Artist. À l’instar d’Harvey Weinstein, qui compte mettre toute la gomme pour son poulain français, plusieurs critiques souhaiteraient voir le film de Michael Hazanavicius concourir aux Oscars dans les catégories de pointe. Ils estiment en outre que Jean Dujardin est déjà assuré d’une nomination dans la catégorie du meilleur acteur.

Au cours de la discussion organisée par HR, Steve McQueen est revenu sur le caractère apparemment «choquant» de son film et la représentation de la sexualité à l’écran. Je traduis ici (librement!) ses propos.

«…les acteurs utilisent leur corps pour jouer, comme le font les danseurs. C’est ce qu’ils ont à faire. Si j’avais fait le film en 1951, Michel Fassbender aurait dû porter un pyjama mais en 2011, plusieurs personnes n’en portent plus. Alors il se promène nu dans la pièce, boit un verre d’eau, va à la toilette, prend une douche. C’est tellement évident. Ça a quelque chose de choquant ça?»
«…nous avons tous une activité sexuelle; on voit tous ce que Michael et Carey (Mulligan) voient dans le film en terme de nudité. Peut-être est-ce choquant parce que c’est sur un écran. C’est rarement montré. Ce qui est moins familier, du moins pour moi, est de voir quelqu’un se faire tirer à la tête avec un revolver. Je crois que nous avons fait un film responsable. La cote NC-17? Je m’en fous. Brillant! Fantastique! Amènes-en! J’assume entièrement. Je crois que la plupart des films violents sont irresponsables. Les films doivent faire écho à la réalité. Sinon, à quoi bon? Ne faisons plus que des films de superhéros.»

La table ronde organisée par le Hollywood Reporter.

La nouvelle bande annonce de Shame

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