Marc-André Lussier

Archive du 18 juin 2011

Samedi 18 juin 2011 | Mise en ligne à 9h26 | Commenter Un commentaire

Bientôt, un nouveau Leos Carax!

Leos Carax - 1

Photo: Première.fr

«L’amour, l’amour, c’est ça qui désaxe. Comme dans un film de Carax», chantait Yves Simon à la fin des années 80.

Le mythique cinéaste était pratiquement disparu de la criculation depuis une douzaine d’années. Son plus récent long métrage, Pola X, très malmené au Festival de Cannes en 1999, n’a même jamais pris l’affiche sur grand écran chez nous. Comme plusieurs des cinéastes phares de sa génération (Beinex, Rochant, et quelques autres), Carax peine à survivre aux années 80.

Or, il fut annoncé récemment que le réalisateur de Mauvais sang reprenait sa caméra. Holly Motors marquera notamment ses retrouvailles avec son alter ego Denis Lavant. Contrairement à ce qu’avait relayé la presse française au départ, Juliette Binoche ne sera toutefois pas de la partie. La muse de Mauvais sang et des Amants du Pont-neuf, production mégalomane «maudite» dans laquelle plusieurs y ont laissé leur chemise, aurait déjà délaissé le projet il y a plusieurs mois. «Un couac d’information», a expliqué aux Inrocks la productrice Martine Marignac après que la rumeur de la présence de l’actrice se soit répandue comme une traînée de poudre.

Voici la description du film que propose le magazine français:

Un petit film donc, Holly Motors, au budget estimé à 3,95 millions d’euros, partagé entre Arte France et la société Pierre Grise Productions. On y retrouvera l’alter-ego du cinéaste, Denis Lavant, dans un rôle d’acteur stakhanoviste hyper courtisé. Le film, principalement confiné dans la limousine qui conduit Denis Lavant de plateaux en plateaux, suivra l’acteur une journée entière au rythme de ses différents rôles et travestissements :

«Denis Lavant interprétera 10 rôles différents, dans une comédie, un musical, un film noir, un film d’horreur, et même la suite des aventures de Merde à Paris. Holly Motors parcourt tous les genres du cinéma sur le modèle du film dans le film», explique la productrice.

Si l’on peut craindre un peu le procédé artificiel du film dans le film (syndrome Monte Hellman), le dispositif sera assez discret dans Holly Motors selon sa productrice (pas de caméras visibles, ni de mise en abyme à outrance). Et pour ajouter à ce pitch fou, Holly Motors sera aussi un film d’anticipation, situé dans un Paris futuriste où «les adresses web auront remplacé les dates de naissances sur les pierres tombales du Père Lachaise»; et où «les caméras seront devenues invisibles à force de progrès techniques.»

Lisez l’article des Inrocks dans son intégralité.

Leos Carax est aujourd’hui âgé de 50 ans. Son retour au cinéma constituera, à n’en point douter, un événement.  Voici la bio que publie allocine.fr

De Léos Carax, personnalité trouble et cachée, on ne sait que très peu de choses, et lorsque informations il y a, elles se confondent souvent avec l’histoire de ses films.

Fin années 70/début années 80, à la faculté de Jussieu, où il suit des cours en auditeur libre, Serge Daney et Jaques Toubiana l’introduisent aux Cahiers du Cinéma. Il n’y fera qu’un très court passage, plus intéressé par «inventer des femmes» au cinéma, et se lance dans la réalisation de son premier court-métrage, La fille rêvée.

Tourné au système D, La fille rêvée voit son tournage avorté quand un projecteur explose, mettant le feu au restaurant utilisé pour une scène. Mais à 19 ans, son deuxième essai Strangulations Blues révèle déjà des qualités techniques hors-pair, qui lui vaudront un Grand Prix du court-métrage au festival de Hyères en 1981.

Sa rencontre avec Alain Dahan, producteur, le lance dans le long-métrage. De leur collaboration naîtront la trilogie de la «rencontre compliquée» avec tout d’abord Boy meets girl (1984). Histoire d’un amour tortueux entre Alex et Mireille, première marque d’un univers abrasif, c’est aussi la première collaboration avec Denis Lavant – que d’aucuns considérent comme l’alter-ego de Leos Carax – rejoint par Juliette Binoche pour Mauvais sang (1986) et Les Amants du Pont-Neuf (1991).

Pour Les amants... Léos Carax exige la reconstitution totale du quartier du Pont-Neuf aux environs de… Monptellier. C’est le début d’une production cahotique, où accidents de tournage, mégalomanie de l’auteur et mauvaise gestion font grimper le budget de 36 à 200 millions de francs, un record ; et découragent plusieurs producteurs, dont Alain Dahan. Quand Les amants voit le jour après trois ans de péripéties, le film est un échec commercial (en dessous des 900 000 entrées).

Pola X (1998), adaptation sombre, violente et crue du Pierre ou les ambiguïtés d’Herman Melville, loin de remonter sa côte commerciale, déclenche une vive polémique au festival de Cannes, où Carax se fait siffler (…). Pola X achève néanmoins de consacrer Carax comme un auteur majeur, dont la réputation se nourrit d’un romantisme secret et mégalomane.

Boy Meets Girl:

Mauvais sang:

Les amants du Pont-neuf:

Pola X:

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