Marc-André Lussier

Archive, mai 2011

Lundi 30 mai 2011 | Mise en ligne à 19h13 | Commenter Commentaires (17)

Karine Vanasse + Cantona = Switch!

Switch - Affiche

On ne la voit que très furtivement dans Midnight in Paris, le nouveau Woody Allen. L’actrice québécoise Karine Vanasse fera ses véritables débuts sur la scène internationale cet été, alors que sortira en France, le 6 juillet, Switch, un thriller réalisé par Frédéric Schoendoerffer (Agents secrets).

La bande annonce vient de faire son apparition sur le web. L’actrice, deux fois lauréate d’un Jutra (Emporte-moi et Séraphin, un homme et son péché), y donne la réplique à Éric Cantona, légende stratosphérique du Manchester United (et idole absolue de mon comparse Cassivi). Bien qu’elle campe un personnage d’origine québécoise, Karine Vanasse emprunte ici l’accent français. Un peu étrange dans ce contexte, non?** Ce film sera-t-il un jour sur le radar des distributeurs d’ici? À suivre…

En attendant, voici la description que fait du film Ozap.com

** On me précise que le personnage qu’incarne Karine Vanasse dans Switch a grandi en France. D’où l’accent.

Et voyez la bande annonce (merci au collègue André Duchesne).

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Samedi 28 mai 2011 | Mise en ligne à 12h50 | Commenter Commentaires (8)

Luchini : les dessous d’une interview

Luchini - Femmes du 6 - 1

Fabrice Luchini dans Les femmes du 6ème étage

Aujourd’hui dans La Presse, vous pouvez lire une interview de Fabrice Luchini, réalisée cette semaine à Paris. Je n’ai pas tellement l’habitude de raconter tout ce qui se passe dans les coulisses mais si je me fie à ce qu’on m’indique dans les médias sociaux (et aux questions qu’on me pose), il y a visiblement ici un intérêt particulier. Les admirateurs de l’acteur – nombreux au Québec – veulent en effet tout connaître des détails de la rencontre. Comment était-il? Était-il aussi en verve dans le contexte d’une entrevue accordée à un journaliste de la presse écrite qu’il peut l’être devant les caméras? Est-il toujours aussi extraverti?

Fabrice Luchini est un être hors-normes. On ne se présente pas à un rendez-vous avec lui dans le même état d’esprit que pour une interview, disons, plus «traditionnelle». De mon côté, c’était la troisième fois que j’avais l’occasion de le rencontrer. Je savais un peu à quoi m’attendre. Contrairement à certaines personnalités qui, d’une fois à l’autre, peuvent se montrer sous un jour très différent, Luchini est plutôt constant dans son exubérance. Surtout quand il se sent en confiance et qu’il éprouve une certaine affection pour son interlocuteur. Là, c’était le cas. Remarquez que ce n’est pas grâce à mes beaux yeux.  Non. La sympathie qu’il m’a témoigné découle surtout du fait que je proviens d’un pays peuplé de gens qu’il affectionne particulièrement.

Au départ, il ne devait pas m’accorder plus de 15 minutes. «Vous savez, je devrai filer rapidement pour aller enregistrer l’émission de Drucker. On peut se voir un peu avant ou un peu après», m’explique-t-il au téléphone. J’ai préféré avant. Nous étions mercredi déjà. Les délais de bouclage de notre cahier Cinéma du samedi sont serrés. Et comme je rentre à Montréal le lendemain, j’espérais bien profiter de quelques heures en soirée dans la Ville Lumière.

Le rendez-vous est fixé.  Je me pointe au Ritz (Place Vendôme) à 14h25. On me conduit à sa table, sur la terrasse à l’extérieur. Il fait un temps radieux. Son agente est là. Elle écoutera notre conversation mais ne s’en mêlera que pour apporter une précision, ou pour rafraîchir la mémoire de son ami (qu’elle connaît depuis 37 ans!), quand un truc lui échappe.

Peut-être le savez-vous, parce que je l’ai écrit et dit souvent, je souffre du syndrome Diane Tell (ou Marie-Josée Croze si vous préférez). C’est à dire que j’ai tendance à effacer mon accent québécois quand je mets les pieds en France. Parce que c’est plus simple. Évidemment, mes amis se font toujours un plaisir de se foutre de ma gueule quand ils m’entendent. Mais ça, c’est une autre histoire…

Quand je suis arrivé à sa table, en faisant les salutations d’usage, j’ai eu droit à un «Mais où t’as mis ton accent mon chéri?» – «Ah beeen j’peux le prendre l’accent si tu veux, c’est pâs un problêêêême lâââ». – «Ha! J’adore!»

Comme notre temps était compté, Luchini a d’entrée de jeu réitéré son amour pour le Québec, et rappelé les grands souvenirs qu’il garde de ses spectacles offerts chez nous. «Mais on ne s’éternisera pas là-dessus; tu sais bien que cet amour est acquis, et qu’il est indéfectible. Allez vas-y mon chéri, pose-moi tes questions.»

Fabrice Luchini est ce qu’on appelle chez nous un «toucheux» et un «colleux». C’est à dire qu’au cours de la conversation, il ressentira le besoin de vous prendre le bras ou de vous tenir la main. Et quand l’interview se passe bien, ça se termine inévitablement par des embrassades. Il est comme ça le Fabrice.

L’acteur  ne s’en est jamais caché : le cinéma n’occupe qu’une fonction «alimentaire» dans sa vie. C’est plutôt le théâtre qui l’allume. En conséquence, il n’utilise jamais la langue de bois. On doit sa présence dans Les femmes du 6ème étage (à l’affiche au Québec le 3 juin) principalement au respect qu’il éprouve pour le réalisateur Philippe Le Guay, qu’il retrouve pour une troisième fois (après L’année Juliette et Le coût de la vie). Il ne croyait pas du tout en ce scénario au départ. Mais il estime aujourd’hui qu’il a eu tort. Et que, de toute façon, il ne sait pas lire les scénarios qu’on lui envoie.

Lisez l’interview.

À la grande surprise de son agente, Luchini m’a aussi confié qu’il songeait s’installer un temps à New York. Pour y vivre. Même s’il ne parle pas un traître mot d’anglais.

«J’en ai un peu marre de la France, dit-il. On n’en peut plus de l’obsession égalitaire et de la suspicion dont font systématiquement l’objet ceux qui ont réussi un peu. Il y a présentement une haine démagogique. Et tyrannique. Il y a une passion pour l’échec en France en ce moment, un ressentiment généralisé. La gauche ne symbolise plus les grands idéaux et les grands projets. C’est une gauche du ressentiment. Et j’en ai marre.»

15h10. L’entretien aura finalement duré environ 40 minutes. Luchini doit maintenant se diriger vers le studio de France 2 où a lieu l’enregistrement d’un Vivement dimanche consacré à Bernard Pivot. Luchini y sera à titre d’invité.

«Je n’accepte pas les invitations de la télévision ces temps-ci mais je fais une exception pour Bernard. Parce que nous partageons l’amour de la langue française et que nous voulons la défendre. Et je n’ai pas besoin de t’expliquer, toi qui es Québécois,  pourquoi il est important de la défendre!»

Ce numéro de Vivement dimanche sera diffusé demain en France (29 mai); une semaine plus tard chez nous à TV5 Québec-Canada (5 juin).


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Samedi 21 mai 2011 | Mise en ligne à 14h58 | Commenter Commentaires (2)

Le jeu des pronostics

Bandeau - 2

Palme d'or

Les jeux sont maintenant faits. Robert De Niro et les huit autres membres du jury délibèrent présentement pour accoucher du palmarès officiel. Lequel sera dévoilé demain à 19h15 (13h15 heure du Québec). Vous pourrez regarder la cérémonie de remise des prix en direct sur le site web du diffuseur Canal Plus

Des deux derniers films présentés en compétition, Il était une fois en Anatolie était certes le plus susceptible de rebrasser les cartes. Réalisé par le Turc Nuri Bilge Ceylan (Les climats, Les trois singes), l’un des «abonnés» du Festival, ce drame parsemé de touches d’humour caustique se démarque grâce à une mise en scène fluide et attentive, et des images très pures. À 2h37, c’est toutefois beaucoup trop long. Certains voient en ce film la Palme d’or. Personnellement, je n’y crois guère.

En revanche, personne ne voit La source des femmes décrocher l’ultime récompense demain soir. Truffé de bons sentiments, ce récit simpliste, conçu pour évoquer le pouvoir d’émancipation des femmes du Mahgreb, frôle le racolage. Un grand succès public est sans contredit à la portée du nouveau film de Radu Mihaileanu (Le concert). Mais pas la Palme.

Alors, à qui? Ici, personne ne s’entend. Le choix pour la Palme des uns est souvent le dernier choix des autres. Par exemple, plusieurs critiques français portent aux nues Drive en rêvant d’une palme de style «Pulp Fiction» pour Nicolas Winding Refn. Aux yeux de bien  des festivaliers (dont moi!), la sélection de ce film ne serait pourtant due qu’à un effet de mode tant ce film n’a rien de ce qu’on attend d’un film certifié «Palme d’or». Certains estiment aussi que le plus prestigieux laurier du monde du cinéma ne peut échapper à Habemus Papam de Nanni Moretti. Alors que les autres (dont moi) disent que le cinéaste italien a tellement eu peur de son sujet qu’il n’a finalement pas osé l’aborder de front. Tous s’accordent toutefois pour dire que Michel Piccoli est l’un des plus sérieux candidats pour le prix d’interprétation.

La tâche du jury risque de se révéler particulièrement difficile, d’autant que plusieurs beaux films sont en lice cette année. Je doute que mon favori, Polisse de Maïwenn (que vient d’acquérir Films Séville pour une distribution au Québec), obtienne le laurier. Mais il devrait certainement figurer au palmarès d’une façon ou d’une autre.

Parmi les favoris: The Tree of Life de Terrence Malick, Le Havre d’Aki Kaurismaki (qui vient d’obtenir le prix de la critique), Le gamin au vélo des frères Dardenne, La piel que habito de Pedro Almodovar (qui n’a encore jamais eu de Palme), This Must be the Place de Paolo Sorrentino (qui devrait être assez haut dans le palmarès), sans oublier The Artist de Michel Hazanivicius.

Cela dit, l’événement le plus marquant de ce 64e Festival de Cannes n’a rien de glorieux. En déclarant Lars von Trier «persona non grata» jeudi, le conseil d’administration du Festival de Cannes, qui a créé un précédent avec cette décision, a jeté de l’huile sur une affaire qui aurait en principe dû être classée mercredi soir. Décision très discutable à mon humble avis. Dommage.

Von Trier vient d’accorder cette entrevue au Hollywood Reporter.

Lors d’une conférence de presse  tenue plus tôt aujourd’hui après la projection de presse du film de clôture Les bien-aimés, Catherine Deneuve, qui était l’une des vedettes de Dancer in the Dark (Palme d’or en 2000), a déclaré «terriblement choquants» les propos du cinéaste, mais que «l’utitilisation qu’on en a faite l’est encore plus».

En passant, les admirateurs des Chansons d’amour seront ravis par le nouvel opus de Christophe Honoré. Dont une bonne partie du récit se déroule à… Montréal! L’équipe s’est fait pour le moins discrète là-dessus. Quelqu’un a su que Honoré tournait chez nous l’automne dernier? Moi pas!

La bande annonce:

 

Sur Twitter, vous pouvez suivre @MarcCassivi et @malussier.

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