Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Samedi 26 mars 2011 | Mise en ligne à 22h21 | Commenter Commentaires (22)

    Le cinéma doit-il s’inquiéter?

    Mildred Pierce-1

    On entend parfois dire qu’aux États-Unis, la télévision est maintenant plus stimulante que le cinéma. Il est vrai qu’à la faveur de la montée des chaînes spécialisées (HBO, Showtime, AMC, etc.), conjuguée au virage vers le tout jeune public qu’a emprunté le cinéma hollywoodien, certains auteurs se tournent désormais vers le petit écran pour se frotter à des projets plus ambitieux. Deux cinéastes majeurs auront l’occasion de se faire valoir à la télé au cours des prochains jours.

    D’abord Todd Haynes, à qui l’on doit les remarquables Far From Heaven et I’m Not There, propose dès ce dimanche à HBO (simultanément à HBO Canada) Mildred Pïerce, une minisérie en cinq épisodes avec, pour tête d’affiche, Kate Winslet. Haynes signe lui-même le scénario de cette série adaptée du roman de James M. Cain, lequel avait déjà été porté à l’écran en 1945 sous la gouverne de Michael Curtiz.

    La bande annonce:


    Lien YouTube.

    Le site officiel.

    De son côté, le cinéaste irlandais Neil Jordan (The Crying Game, The End of the Affair) est à la barre de The Borgias, une minisérie dont on parle déjà beaucoup au Québec, étant donné que François Arnaud en est l’une des têtes d’affiche. À l’instar de son collègue Haynes, Jordan en signe lui aussi le scénario. Outre François Arnaud, Jeremy Irons et Colm Feore sont les vedettes de cette série campée à Rome à la fin du XVe siècle. Le premier épisode de The Borgias sera diffusé le 3 avril (sur la chaîne Bravo! au Canada).

    Le reportage de Hugo Dumas.

    Le site officiel.

    La bande annonce:

    Lien YouTube.

    En voyant ses meilleurs éléments émigrer du grand au petit écran, le cinéma doit-il s’inquiéter?

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    • Un autre example, la minisérie “The Walking Dead” est supérieur à tout film dans le même genre. Par contre, il y a beaucoup plus de films de qualité que de série de qualité.

    • Le cinéma doit s’inquiéter quand on voit l’une des raisons pourquoi Sam Raimi n’est pas à la barre d’un Spider-Man 4.

      «Reports say that Sony did not want the Vulture as the main villain, because they felt it wasn’t a challenging or popular enough villain for Spider-Man to fight with and the studio thought they’d have too many unsold Vulture toys on shelves when the film was released.»

      (Traduction libre: Des rapports affirment que Sony n’a pas voulu que le vilain soit Vulture parce qu’il croit que ce n’est pas un personnage qui représente un assez gros défi ou qu’il n’est pas assez populaire pour que Spider-Man se batte contre lui. Le studio croit qu’il se retrouverait avec trop de figurines du Vulture sur les tablettes lorsque le film prendrait l’affiche.)

      Pour moi, cela dit tout. Tant et aussi longtemps que les intentions d’une production seront mercantiles, rien de bon ne pourra en sortir. Le deuxième âge d’or hollywoodien est mort en raison d’abus des créateurs qui produisaient leurs films avec des moyens astronomiques (Apocalypse Now et Heaven’s Gate, par-exemple), mais il y a présentement un abus de la part des investisseurs qui ont la main-mise sur Hollywood (depuis Star Wars, Jaws et compagnie). Ce n’est pas demain la veille non plus que nous assisterons à une renaissance de cet âge d’or. Ces périodes arrivent souvent lorsque le monde est en pleine ébullition ou en période de grands changement alors que nous sommes présentement dans une ère régressive vers le conservatisme, l’ordre, l’aseptisation, le propre et le politicly correct. Bien que très intéressant, «Black Swan» est loin de choquer le bon bourgeois sur ses positions morales et ses valeurs comme le faisait un «Straw Dogs», «Juno» est une petite fille très gentille face au «Graduate» et avant de voir «Brokeback Mouintain», il faudrait peut-être faire un petit tour par «Midnight Cowboy»

      Finalement, on comprend Frank Darabont d’avoir réalisé «The Walking dead» pour AMC ou Barry Levinson d’avoir fait «You don’t know Jack» avec Al Pacino (comme nous ne l’avions pas vu depuis plusieurs années). C’est probablement la même chose pour Neil Jordan et Tood Haynes qui passent maintenant vers un petit écran plus libre que jamais (sauf durant les innombrables pauses publicitaires!)

    • Wow! Si la qualité cinématographique et le story telling de qualité se sont réfugiés dans mon salon où je jouis d’une fabuleuse image, d’un son NETTEMENT supérieur, de voisins respectueux, plutôt que de choisir d’aller m’entasser devant les navets tonitruants produits par Hollywood, basés sur des scénarios écrits pour débiles profonds, et que des acteurs, payés des sommes ridiculeusement élevées, essaient de donner vie — sans grand succès d’ailleurs.

      Personnellement, je considère que la télévision a sauvé le cinéma. Rien de moins. Depuis que les bonzes d’HOLLYWOOD ont congédié ses scénaristes (heureusement récupérés par la télé) et qu’ils ont trouvé le moyen d’ajouter de la couleur au mode SPIN d’une MAYTAG.

    • @Shenzhen
      “Par contre, il y a beaucoup plus de films de qualité que de série de qualité.”
      Hmmm…Pas si sûr…Au pro rata peut-être, puisque le cinéma existe depuis plus de cent ans et que la série lourde de qualité est un art qui est en développement, MAIS certainement pas dans les 10 dernières années, où la télé botte tellement le derrière du cinéma que s’en est gênant. Nommez-moi des films dans la dernière décennie qui ont eu une influence et une qualité semblable à The Sopranos, Six Feet Under, The Wire (la meilleure série de tout les temps selon moi), Mad Men, Breaking Bad, the Walking Dead, Boardwalk Empire etc. Nous sommes dans l’âge d’or de la télé. Même les sticom(!) sont meilleurs que la plupart des comédies idiotes que Hollywood nous propose.

    • Hypothèse : c’est peut-être le format (la durée) qui intéresse les réalisateurs vers la télévision. Passer 20, 30, 40 ans de sa vie à créer des œuvres qui “fittent” dans 90 à 120 minutes, on doit bien avoir le goût de jouer avec le cadre temporel une fois de temps en temps. 90 à 120 minutes pour présenter un univers, explorer la psyché des personnages et y exposer une vision d’auteur, il y a certainement des réalisateurs qui trouvent que c’est trop peu.

    • D’un autre côté, vu le rythme de production ultra-serré des séries télévisées, est-il vraiment possible d’y exprimer sa vision d’auteur (je crois que c’est unholy_ghost qui posait une question semblable récemment)?

    • Aucune inquiétude à avoir si on parle de cinéma pour un public populiste*.

      Pour l’autre, celui qui émerveille ou qui fait réfléchir et grandir c’est une autre paire de manches. J’ai écrit hier sur ce site que le cinéma arrange des menteries pour faire toujours plus de $$$. Ce serait que de me dédire si je ne soutenais pas cette évidence. Personnellement (excusez l’adverbe), j’éprouve plus de plaisir à visionner des séries comme Rome, Les Tudors, Les Sopranos et l’an prochain Les Borgias en français. Se déplacer pour aller au cinéma est un supplice; tolérer tous les bruits incongrus et détestables ie. les placoteuses, les tricoteuses, le pop corn et la prise d’assaut des salles de bain, tout ça! c’est fini pour moi.

      Le talent des faiseurs d’images semble essoufflé pour ne pas dire vide de sens. La mode veut que le 3D prenne toute la place très bientôt. Tous n’ont pas les reins assez solides dans cette course pour les résultats escomptés. Et le public d’un cinéma plus songé est plus difficile à conquérir que celui d’un cinéma populaire. Les nouvelles technologies HD maintenant disponibles partout ont fait débander ces faiseurs d’images. Ils savent désormais qu’ils nagent dans une ère vouée aux navets. Je ne suis plus le spectateur qu’on pouvait épater avec du n’importe quoi.

      _________
      *Moi-même parfois je me reconnais dans ce genre de public sans pour autant nier que mes goûts vont toujours vers un esthétisme enivrant.

    • La télé n’égalera jamais le cinéma à cause des pubs !

    • Carlos version longue sur 2 DVD ou en salle, c’est vraiment le format idéal. Attendre 12 semaines pour connaître l’impasse et voir chaque 3 scènes entrecoupées d’annonces de Tim Hortons, pas capable…

    • Quand une série comme Les Borgias paraît en primeur à la télé (3 avril), cela se passe-t-il simultanément à travers toute la planète? Si oui, la série reste-t-elle dans sa version originale partout ou si elle est traduite dans la langue respective du pays ie. Espagne, Japon ou autres? Est-ce qu’on attend à la saison suivante pour en faire la traduction, question de situer mieux l’audimat par rapport à une suite possible? Rome devait durer plus longtemps que deux saisons, mais l’audimat ne fut pas assez satisfaisant pour aller au-delà. Tandis que pour Les Sopranos, il fallut trouver un prétexte pour y mettre fin.

      “Vaut mieux partir dans la gloire que de devoir quitter avant la chute” selon le fameux dicton.

    • non

    • Mon plus grand rêve (ou utopie), c’est une télé sans annonces

    • En fait, je ne vois pas de problème si un jour les directeurs réalisent directement pour la télévision puisque le public se retrouve là et ne va plus dans les salles.

      Ce qui m’inquiète, c’est que les réalisateurs se plient aux exigences des chaines télé (film entrecoupé d’annonces, film divisé en 3 ou 4 épisodes (mini-série)).
      Il faudra des chaines plus expérimentales qui s’intéressent à projeter les films
      d’auteur, sans interruption, et s’il-vous-plait, sans logo corporatif dans les recoins.
      Sans cela, l’avenue future sera aussi l’internet. Les salles de cinéma sont très centralisées, et elles doivent s’assurer une clientèle en projetant des films plaisant au plus grand nombre de gens possible. C’est de moins en moins une avenue intéressante pour le cinéma, qui à l’inverse se spécialise de plus en plus.

      Pour le moment il est encore difficile de trouver un film indépendant, car ils ne sont pas ou peu distribués, ne jouent qu’1 semaine ou 2 en salle, et sortent de moins en moins en DVD dans le pays local (c’est souvent plus rapide de commander dans le pays d’origine via Ebay que d’attendre une sortie régionale qui ne viendra jamais).

      Aussi, la télévision est une méthode pour un réalisateur de contrer le “piratage”. En fait, je préfèrerais que les réalisateurs d’aujourd’hui optent pour la télévision et laisse le “piratage” tranquille puisqu’il y a une très grande utilité au piratage dans la manière qu’elle archive et conserve la culture mieux que quelcontre centre d’archives ne peut le faire. Vous savez, un musée dont 90% des oeuvres prennent la poussière dans des coffres ne sert pas à grand chose…

    • Personnellement chu pas capable de me conditionner a etre devant ma tv a tous les mardis soirs a 20:00 hres pour regarder Lost ou The Sopranos, ou autres Mad man, suivre une série qui s’étend sur trois, quatres saisons très peu pour moi merci.

    • Ce que je ne comprends pas, c’est tout ces gens qui disent qu’ils ne sont pas capable de suivre des séries à chaque semaine ou les annonces…

      Euh… ça fait 8 ans que je n’ai pas le câble et que je n’écoute pas la télévision du tout.
      Pourtant, je dévore un grand nombre de série télé sur DVD depuis tout ce temps et les points négatifs que vous y voyez, disparaissent d’un coup de baguette magique.

    • “deadly_moogly” a dit: “La télé n’égalera jamais le cinéma à cause des pubs!”

      Ouais car on sait tous qu’il n’y a pas DU TOUT de pub au cinéma n’est-ce pas?

    • À ceux qui se plaignent des annonces, vous n’écoutez pas souvent les séries de HBO. Il n’y a pas d’annonces! Chaque épisode est environ 50 minutes sans annonces.

      Oui, il y a eu de grandes séries mais il ne faudrait pas non plus partir en peur. Combien de grandes séries et combien de grands films? Le cinéma n’est pas mort. Il suffit de faire de meilleurs choix. Pour toutes les grandes séries américaines que sont les Sopranos, Six Feet Under, The Wire, Mad Men, Breaking Bad, the Walking Dead, Boardwalk Empire et autres, je peux vous nommer des Mulholland Drive, Memento, Kill Bill, Children of men, Eternal sunshine of the spotless mind, 25th hour, Inception, The new world, Elephant, No country for old men, Zodiac, The assasination of Jesse James by…., There will be blood, requiem for a dream, etc.

      Le cinéma n’a pas à être gêné, au contraire! N’oublions pas que la télé aussi nous propose des émissions merdiques!

    • Personnellement, je ne trouve plus qu’il y a de bons scénarios au cinéma, c’est rendu une vitrine pour les effets spéciaux. Et je vous épargne ma critique du 3D… Si les bons scénaristes se tournent vers la télé, c’est tant mieux. Le cinéma d’hier est simplement devenu la télé d’aujourd’hui. À part les films-événements qui créent de véritables « buzz » médiatiques et où il fait bon se regrouper entre fans pour vivre une expérience de foule, ça ne sert plus à rien; la diffusion en salle vit ses dernières années!

    • @teddybear

      allez faire un tour au videotron…

      3 DVD de 4 épisodes chaques… pour 6$ pour 7 jours…

    • ”Le cinéma doit-il s’inquiéter?”

      uh? il aurait fallu poser la question il y a une couple d’années, non ?

      Il me semble assez évident que ”minute de pellicule pour minute” le format cinéma long-métrage se fait carrément varloper dans les cordes par le format ”télé”, au niveau qualitatif pur.
      Et si l’on parle de ”minutes au total”, niveau quantité/qualité, alors là!

      Tsé, ça a beau être subjectif, force est d’avouer que les Madmen, Weeds, Dexter, BSG, Sopranos, The Wire, 6 feet under – et j’en passe des dizaines d’autres, moins raffinés mais hyper populaires – ont complètement chamboulés la game du divertissement visuel. Sans parler de l’impact du web…

      Ouais, parce qu’il est question maintenant de ”divertissement visuel” plus que de ‘video web’ ou ‘cinéma’ ou ‘DVD-cinéma-maison’ ou ’série télés’… Tout se croise, tout se mélange. Et finalement, tout demande essentiellement la même chose lors de la production, seuls les modes de diffusion changent vraiment.

      Lorsque j’achète un coffret de série télé (j’ai même pas la télévision. ‘pensez tout de même pas que je vais me faire ch….! avec de la pub et des épisodes au compte goutte, pfft) je considère ça comme un divertissement visuel au même titre qu’un simple film. J’veux dire: c’est au même étage lors de mon choix de passe-temps de fin de soirée… Sauf que le coffret m’emporte pour une plus longue (et très souvent + satisfaisante/mémorable) aventure.

      Le cinéma classique en salle ?

      Oula, les dés sont jetés les copains. Qui se résume en 2 points:

      1. Déplacement du marché
      2. expérience 3D

      L’asie et autres pays émergents commencent déjà à dicter ce qui sortira des studios hollywoodiens, money talk$, et croyez moi, ils n’ont pas nécessairement les mêmes goûts que nous.

      Et préparez vous à y ajouter une grosse couche épaisse de 3D, qu’ils vont nous faire aimer de gré ou de force.

      Ça vous donne une petite idée de où le fric sera investi dans le futur. Et le marché québécois n’y échappera pas, j’attend déjà de voir une pâle copie de film américain en version 3D d’ici quelques années au plus.

      Cinéma d’auteur ? Well, à part le power-cinéma-d’auteur à la Inception, je souhaite que le Web devienne le tremplin qu’il pourrait/devrait être pour les indies… Ce dont je doute, vu le spectre de l’anonymat qui guette tout projet web n’ayant pas des tonnes de fric pour la promo.

      D’un point de vue purement créatif, le long-métrage est infiniment désavantagé par rapport aux milliers de minutes de pellicules qu’offre le format ”télé”; développement de l’histoire, profondeur des personnage, nuances, rythme, etc…
      C’est rendu au point où j’écoute un long-métrage et j’ai l’impression d’écouter un condensé d’expérience audio-visuel, où tout doit être accéléré pour ”fitter” dans un timeframe X.

      Eh oui, nous en sommes rendu là: le long-métrage est fast-food.
      Plus que jamais relégué au niveau de divertissement jetez-après-usage.

      Bref, longue vie aux séries télés, évolution obligé de l’art audio-visuel.

    • La progression des jeux videos doit surement faire plus peur à cette industrie que la migration de quelques cinéastes.

    • “certains auteurs se tournent désormais vers le petit écran pour se frotter à des projets plus ambitieux.”
      L’expression “le petit écran” perd toute signification maintenant ! Place désormais au “CINÉMA MAISON” (avec écran large comme un pan de mur !) et le son en THX ACOUSTIQUE SYSTÈME (qui cause les cauchemars de mes voisins !) Ce qu’il y a de très AGAÇANT et qui (me) TAPE SUR LES NERFS avec “la nouvelle vague de Kinoaste” est leur formation du “formatage”; la plupart du temps ils tournent en « CADRAGE » TV ! Et quand vous allez dans UNE GRANDE SALLE DE CINÉMA votre cadrage télé est complètement « débandant » ! Beaucoup (trop) de films québécois sont tournés de cette « manière » ; « FUNKY TOWN », « ROUTE 132 », « LA DERNIÈRE FUGUE », et que dire du « JOURNAL D’UN COOPÉRANT », « LES GRANDES CHALEURS », « LE BAISER DU BARBU » (la palme!), « THE HIGH COST OF LIVING » (deuxième palme !) et les autres. Branchez-vous, cibole !, vous faites du CINÉMA ou vous faites des .M.O.W ! (movie of the week).

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