
La course aux Oscars est devenue beaucoup plus précise pendant le week-end. À moins d’un revirement spectaculaire d’ici le 27 février, The King’s Speech raflera plusieurs statuettes à la 83e cérémonie des Oscars, parmi lesquelles, probablement, les plus prestigieuses: celles du meilleur film et de la meilleure réalisation.
Il y a un mois à peine, à peu près tous les observateurs s’entendaient pour dire que The Social Network, fort de ses triomphes successifs auprès de toutes les associations de critiques possibles et imaginables, était pratiquement sans rivaux. Nous aurons bien le temps et le loisir d’analyser comment s’est opéré le changement au cours du prochain mois (si la marche triomphante du Roi se confirme), mais le fait est que les gens de l’industrie ne semblent pas partager tout à fait le même enthousiasme que la critique envers The Social Network.
Nous avons eu un indice récemment quand l’association des producteurs a choisi de remettre le PGA Award à The King’s Speech. Puis, le film de Tom Hooper a décroché 12 nominations en vue de la prochaine cérémonie des Oscars. The Social Network n’en a récolté «que huit». True Grit est même venu se faufiler entre les deux rivaux et a été cité dix fois.
Mais le vrai coup de grâce est survenu samedi soir. L’association des réalisateurs a en effet attribué son DGA Award à Tom Hooper plutôt qu’à David Fincher. Là, ça fait vraiment mal. Si le lauréat du PGA Award compte à environ 60% ses chances de mettre ensuite la main sur l’oscar, le cinéaste à qui l’on octroie le DGA Award est pratiquement assuré de monter ensuite sur la scène du Kodak Theater pour cueillir la précieuse statuette. Depuis 1948, seulement six lauréats du DGA Award n’ont pas réussi le doublé…
Le syndicat des acteurs tenait aussi son gala ce week-end. De façon prévisible (mais méritée!), Melissa Leo et Christian Bale ont été consacrés dans les catégories de soutien grâce à leurs performances dans The Fighter; Natalie Portman a reçu l’accolade de ses pairs grâce à son rôle dans Black Swan; et Colin Firth (qui d’autre?) ajoute lui aussi un autre prix à la collection que lui vaut sa performance dans The King’s Speech.
À la lumière des prix remis par les différentes associations professionnelles, on ne devrait plus compter beaucoup de surprises à la cérémonie des Oscars le 27 février.
Je vous invite à lire cet article d’A.O. Scott. Pas vraiment de lien direct avec les cérémonies du week-end mais le critique du New York Times pose un regard très intéressant sur le cinéma mondial.
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teamstef
31 janvier 2011
10h21
Même avant les Golden Globes, j’avais mentionné que The King’s Speech serait le favori des Oscars. En plein le genre de film classique historique que les “jeunes” académiciens adorent. Ce n’est pas une critique, même s’il ne serait pas mon choix….The Social Network non plus d’ailleurs….
unholy_ghost
31 janvier 2011
10h46
En plein le genre de navet à la sauce Worcestershire que l’Académy aime bien surlégitimer. Souvenez-vous de Shakespeare in Love.
livefromquebec
31 janvier 2011
12h00
Je n’ai pas particulièrement aimé The King Spech, mais de la à le comparer à Shakespeare in Love, l’une des plus indigeste bluette de l’histoire récente d’Hollywood, il y a un pas que je n’oserais franchir.
Cela dit, il y a une triste leçon à tirer du navet en collant de Madden : en 1999, Shakespeare in Love a coiffé au poteau des films rudement plus costauds et remporté l’Oscar du meilleur film devant l’exceptionnel The Thin Red Line de Malick… Comme disait le poète : «Rien n’est jamais acquis à l’homme…»
be37
1 février 2011
10h11
le seul intérêt de consacrer “ce roi” réside dans la reconnaissance du talent de son interprète. Colin Firth, qui à mon avis, aurait dû remporter l’année dernière pour son exceptionnelle interprétation dans A single man de Tom Ford, qu’il a d’ailleurs salué dans ses remerciements lors des SAG awards, dimanche dernier.