Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Jeudi 6 janvier 2011 | Mise en ligne à 9h43 | Commenter Commentaires (76)

    Enfin! Des spectateurs plutôt que des dollars…

    Curling-1

    Curling méritait mieux…

    J’ai souvent déploré le fait que les statistiques liées à l’exploitation des films en salles en Amérique du Nord soient toujours compilées en dollars plutôt qu’en nombre de billets d’entrée vendus. En France, où les rapports sont établis en fonction du nombre de spectateurs qu’un long métrage attire, le système donne à mon avis une idée plus juste de l’état des choses.

    Or, l’Observatoire de la Culture et des Communications du Québec compile ce genre de statistiques. À partir des données publiées par l’OCCQ, Charles-Henri Ramond, qui tient un (excellent) blogue consacré au cinéma québécois (intitulé Films du Québec), a dressé de son côté un tableau regroupant les entrées enregistrées par tous les longs métrages québécois de fiction exploités en salle en 2010. De Piché – Entre ciel et terre (444 837 spectateurs) jusqu’à Everywhere (78 spectateurs!). Je reproduis ici le tableau de Films du Québec.

    1-  Piché, entre ciel et terre
    444 837

    2-  Incendies
    301 924

    3-  Lance et compte ¹
    199 427

    4-  Filière 13
    190 145

    5-  Le journal d’Aurélie Laflamme
    140 987

    6-  Les sept jours du talion
    134 934

    7-  L’enfant prodige, l’incroyable destinée d’André Mathieu
    103 048

    8-  Y’en aura pas de facile
    78 340

    9-  Les amours imaginaires
    64 678

    10- L’appât ²
    39 333

    11- Cabotins
    35 731

    12- À l’origine d’un cri
    34 900

    13- Route 132
    34 606

    14- 10 1/2
    33 623

    15- Le baiser du barbu
    32 009

    16- The Trotsky
    26 444

    17- La dernière fugue
    25 693

    18- Le poil de la bête
    14 057

    19- Reste avec moi
    8 055

    20- Trois temps après la mort d’Anna
    7 999

    21- La cité
    6 980

    22- Tromper le silence
    6 719

    23- Lucidité passagère
    6 192

    24- 2 frogs dans l’ouest
    4 409

    25- Curling
    4 022

    26- Journal d’un coopérant
    3 608

    27- Sortie 67
    3 054

    28- Les signes vitaux
    2 277

    29- The Wild Hunt
    1 434

    30- 2 fois une femme
    672

    31- Les mots gelés
    152

    32- Everywhere
    78

    Source : Observatoire de la Culture et des Communications du Québec.
    Notes :
    1 Exploitation non terminée.
    2 Chiffre très provisoire.
    3 Ces chiffres ne concernent que les programmes simples.
    New Denmark (Rafaël Ouellet) n’est pas inclus dans ce tableau car, pour une raison inconnue, il ne figure pas dans les statistiques de l’OCCQ.

    Les statistiques de l’OCCQ.

    Le 3D explose, les films québécois fléchissent, un article d’André Duchesne.

    ***Tiens? J’apprends à l’instant que Robert De Niro présidera cette année le jury du Festival de Cannes***

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    • Curling, mais aussi Les Signes vitaux, les deux meilleurs films québécois de l’année. Quand je vois les navets qui ont eu plus d’entrées qu’eux, je suis perplexe. Le problème avec les chiffres, c’est que les gens se déplacent essentiellement parce que l’on fait la publicité des gros chiffres, pas parce que le film est bon. Et puis, il y a le nombre de spectateurs en fonction du nombre de salles qui donne une meilleur idée. Un film comme Curling, avec deux-trois salles, ne pourra jamais compétitionner avec une grosse sortie qui serait un flop.

      Sinon, je pense que je vais regarder Route 132 et Sortie 67 l’un après l’autre.

    • Et ça relance le débat sur la viabilité du cinéma québécois et encore plus le cinéma “d’auteur”. Notre cinéma survit grâce au financement public mais jusqu’à quel point pouvons-nous le financer. Un film comme Les signes vitaux qui n’attire que 2 277 spectateurs mérite t-il d’être financé? Le film est excellent et on doit préserver et promouvoir notre culture mais avec si peu de spectateurs, disons que la diffusion de culture est assez limitée. Et la sortie DVD ne sera pas vraiment plus populaire, j’en suis certain. On parle d’un petit budget, soit $1.1 million, mais nous sommes loin d’approcher la rentabilité et à quel point ce film fait la promotion de notre culture avec à peine plus de 2000 spectateurs? Grandes question à laquelle il est difficile de répondre. Par contre, il est évident que le cinéma québécois n’est pas vraiment viable en encore plus pour le cinéma d’auteur puisque l’interêt des québécois pour ces films est pratiquement inexistant.

    • Ses statistiques sont parfois étonnantes. Surprise, Les amours imaginaires (film d’auteur assez léger pour rejoindre un public plus large que J’ai tué ma mère) n’a pas réussi à obtenir autant que Les 7 jours du talion (bon film de genre). Everywhere (qui l’a vu?), un film sacrifié. The Wild Hunt (bon film de genre), mal distribué assurément. 2 fois une femme (propos louable), ouach, 672 spectateurs, ça fait mal. 2 frogs dans l’ouest (divertissement des plus honnêtes) n’a pas rejoint les ados, hélas…et 10 et demi, malgré une thématique très dure, méritait un meilleur sort. Est-ce que ces résultats influenceront le financement des prochains projets de ces réalisateurs…ça reste à voir!

    • Je connais 15 titres parmi les 32 mentionnés. Je n’en ai vu aucun au cinéma, d’ailleurs je ne me déplace au cinéma que pour voir des Star Wars (Ah, ils n’en font plus? Zut…).

      Le top 5 m’a l’air bien, ce sont des films dont on a beaucoup entendu parler. La machine médiatique aura bien fonctionnée. J’aurai peut-être envie de voir Incendies quand il sera disponible à la location…

      Je lisais plus haut les commentaires d’une personne qui se désolé que « ses » meilleurs films ne soient pas parmis les mieux classés en terme de recettes. N’en déplaise à tous les vrais et faux intellectuels, ce sont forcemment les meilleurs films qui sont en tête de peloton, car ce sont eux que les gens ont vu.

      Picasso aura beau avoir peint son plus beau tableau, s’il est encore dans le sous-sol de sa petite-fille et que personne ne l’a vu; c’est pas son meilleur!

    • Si on part du principe qu’il n’y a AUCUN film rentable au Québec (et c’est même pas proche), je serais plus porté à pointer du doigt le cinéma commercial que celui dit d’auteur. Ces films de l’industrie qui n’ont d’autre ambition que l’argent et la popularité sont littéralement des produits non-rentables, des échecs à tous les points de vue.

      Pour le reste, on doit seulement se poser une question: qu’est-ce qu’on veut comme cinématographie nationale? Ou plutôt, doit-on financer une industrie ou bâtir une cinématographie?

    • @bespin, si votre logique sur l’art se transpose à la gastronomie, les hamburgers de McDonald’s sont de loin les plus meilleurs du monde, car ce sont ceux qui se vendent le plussss!

    • wow 78! Les mots me manquent.

    • “N’en déplaise à tous les vrais et faux intellectuels, ce sont forcemment les meilleurs films qui sont en tête de peloton, car ce sont eux que les gens ont vu.”

      C’est parce parce qu’ils sont beaucoup à avoir tort qu’ils ont forcément raison, disait Coluche. Sophisme ad populum: 50 000 000 de mouches ne peuvent avoir tort; manger de la merde! Justement, à ses débuts, Picasso n’était connu que d’une poignée de personnes de goût. Alors que les peintres populaires de 1903 sont pratiquement inconnus aujourd’hui.

      Mon cher Bespin, vos préjugés résument bien le fond d’inculture de l’époque. Sachez, que la popularité d’un film est causée par plusieurs facteurs (matraquage publicitaire, nombre de salles, vedettes télé, recettes hollywoodiennes, etc.) qui n’ont souvent rien à voir avec sa qualité; on pourrait même dire que dans beaucoup de cas la qualité nuit et fait peur (dans la mesure où il n’y a plus d’éducation à la cinéphilie). Par ailleurs, Curling et Les signes vitaux auront été vus dans des dizaines de festivals à travers le monde, ils sont des ambassadeurs extraordinaires de notre culture (combien coûte ce genre de pub à l’étranger?) et probablement que leur nombre total de spectateurs étrangers est plus élevé que le box-office local – très local… – de la plupart des listés. Par ailleurs, ces deux films seront vus pendant des décennies en devenant des classiques de notre cinématographie, ils auront certainement plus de spectateurs dans l’avenir. Pour finir, 4000 spectateurs, ce n’est pas beaucoup, mais ce sont des spectateurs de qualité (combien sont cinéastes et d’artistes qui seront influencés?).

      Bref, aucun film n’est rentable au Québec. AUCUN. Aussi bien faire des films originaux qui parlent de notre culture que des mauvaises copies de films américains.

    • Ne peut-on avoir la moyenne par salle? On serait surpris.

    • @bespin
      “N’en déplaise à tous les vrais et faux intellectuels, ce sont forcemment les meilleurs films qui sont en tête de peloton, car ce sont eux que les gens ont vu.”

      Celle là, elle est vraiment bonne. Tu viens de mettre un rayon de soleil dans ma journée! Lance et Compte et Filière 13….hihihihi!

      Donc si on transpose ton raisonnement sur l’ensemble des résultats d’entrées sur la planète, les 10 meilleurs films de l’année 2010 ont été Toy Story 3, Alice in Wonderland, Iron Man 2, Twilight Eclipse, Inception, Harry Potter 7, Despicable me, Shrek, How to train your dragon et The Karate Kid.

      Pas besoin d’être très très intellectuel pour dire qu’à part Inception (et Toy Story 3 si on inclu les “cartoons”), il n’y a pas un de ses films qui ferait partie d’une discussion moindrement intelligente qui analyserait les meilleurs films de l’année.

    • “Sinon, je pense que je vais regarder Route 132 et Sortie 67 l’un après l’autre.”

      Petit Cabotin… ;-)

    • “ce sont forcemment les meilleurs films qui sont en tête de peloton, car ce sont eux que les gens ont vu”

      Votre raisonnement n’est pas vrai. L’affirmation “..ce sont les films que les gens ont vu” ne peut en aucune façon vouloir dire “Ce sont les films que les gens ont AIMÉ…”. Un exemple des dernières années: je connais beaucoup de gens qui ont vu le Séraphin de Charles Binamé. Très peu d’entre eux ont vraiment aimé le film…
      Et vous. Vous n’êtes jamais sorti d’un film sans avoir été déçu et peu admiratif de la proposition artistique? Vous participez tout de même aux entrées et recettes comptabilisées…Ce sont-là des valeurs quantitatives et non qualitatives quant à la réception
      du public aux oeuvres.

      Je suis surpris et déçu de voir que Incendies présenté comme un succès n’ait attiré que
      300 000 québécois de même que si peu d’entrées pour le second de Xavier Dolan qui est effectivement plus léger et grand public que J’ai tué ma mère…qui a pourtant fait plus d’entrées non ?

    • Teansteaf, d’aucuns ont mis Alice in Wonderland dans les films de l’année, Twilight également. Pour le reste…

    • Autre problème: le public adulte qui ne va plus au cinéma – aucune multisalle ne vient chercher ce public – se rattrape souvent en DVD après avoir lu que Curling ou Signes vitaux sont des chef-d’oeuvre. On devrait comptabiliser ce public avant de dire qu’un film sorti dans deux salles pendant une semaine (chassé par un autre film sans avoir pu amasser le bouche à oreille) est un insuccès total.

    • Cela dit, il faudrait aussi pointer du doigt les cinéphiles. Pourquoi ceux-ci n’aident plus le cinéma indépendant en allant voir ces petits films? Ils payent deux piastres de plus pour leur café équitable mais ils n’aident plus le cinéma écrasé par Hollywood. Reste-t-il encore des cinéphiles autres que les trippeux de films cultes second degré? Devrons-nous revenir avec l’enseignement de la cinéphilie dans les écoles?

    • Après Ma fille mon ange, c’est justice que Alexis Durant-Brault n’ait été nul part avec Somewhere (78 spectateurs).

      (Winslow, elle est pour toi;-)

    • @unholy_ghost : Quelle est votre définition de “cinéphile”? Pour moi, le cinéphile est justement quelqu’un qui favorise le cinéma d’auteur, le cinéma indépendant, les films qui ne visent pas et ne récoltent souvent pas un succès populaire.
      Et la question qui tue : Qu’est-ce que la cinéphilie?

    • Ouais! À 78 spectateurs, il faudrait prendre ses signes vitaux…

    • Et encore, une femme 2 fois l’a vu…

    • Lineli, un cinéphile est pour moi quelqu’un qui favorise le bon cinéma, que ce soit Toys Story, Ghost Writer ou Curling.

      Laissez-moi faire un bémol sur ses chiffres qui ne sont que le veau d’or de notre époque. En fait, il y a deux-trois spectateurs à Piché. Deux-trois spectateurs puisque deux trois façons de voir le film, deux-trois façons de réagir face à lui. Tout ce que l’on doit penser ou ressentir est d’une certaine façon prévue par le film. Même chose pour Incendies qui, tout film d’auteur qu’il soit, ne déclenche que deux trois émotions (pleurs ou rejets) et pas grande réflexion.

      Par contre, il y a autant de façons de vivre Curling ou Les signes vitaux que de spectateurs dans la salle, autant de façons d’y réfléchir.

      Donc, le vrai score c’est:

      Piché: 3
      Curling: 4022

    • @ghost
      Je ne faisais que suivre le raisonement amusant de bespin en l’appliquant au box office américain. Alice in Wonderland était deuxième et Twilight était quatrième.

    • Il y a aussi 2 frogs dans l’Ouest qui l’ont vû….

    • Bespin:
      “N’en déplaise à tous les vrais et faux intellectuels, ce sont forcemment les meilleurs films qui sont en tête de peloton, car ce sont eux que les gens ont vu.”

      Faites attention à ce que vous dites, Bespin, car vous êtes à deux doigts d’être la victime d’un “diner des cons”. Plusieurs oeuvres de génies ont mis des années avant d’être appréciée du public (l’example le plus souvent donné est Van Gogh).
      Le problème aujourd’hui est qu’on veux tout, tout de suite. Le succès doit être immédiat ou alors on a affaire à un échec, un navet, etc… Le gilm d’auteur ne s’intéresse pas toujours au spectateur immédiat. Il cherche à s’inscrire dans une narrativité qui est l’histoire du cinéma. Cette histoire ne s’intéresse pas seulement aux choix populaires, mais aussi au regard instruit (les gagnants de festivals, par example, jugés par des gens du métier qui ont un oeil plus exercé sur “comment regarder un film”, car il y a un art à cela, il y a des règles pour “évaluer la valeur formelle film”).

      Si vous regardez le passé, il arrive souvent qu’une oeuvre populaire lors de sa sortie soit considérée démodée ou même qu’elle soit oubliée aujourd’hui, alors que l’on retient les oeuvres dont le jugement ou la recherche formelle ont su traversé le temps (souvent des oeuvres qui n’ont pas fait long feu commercialement). Dans un idéal culturel, le Canada se doit d’encourager ces films qui cherchent à “renouveller le genre” du médium cinéma, et quant aux films dont le but est lucratif, normalement ceux-ci devraient être financés par des intérêts privés ou des commanditaires. S’ils ne font pas dans leur argent, c’est qu’il n’y a pas de place au Québec pour le cinéma commercial, car il n’ajoute pas grand chose à notre culture à part de mettre dans notre langue des scénarios et des styles poncifs emprunté à la machine Hollywood. C’est cela que les gens veulent, un Star Wars à la québécoise? Pourtant, si on désire financer James Cameron (cinéaste canadien de film de genre), je n’en vois pas la raison: lui, il le fait son argent. Un film de genre, normalement çà fait son argent, sauf si il est vraiment pas bon. Ah la médiocrité d’un film de genre ou d’humour, nous touchons au bobo du film financé au Quebec. En plus de ne pas faire leur argent, ces films “comiques” ou “thriller tv bidons” largement financés sont des pertes totales pour la culture.

    • Oops, j’ai utilisé “gilm” pour “film”. Il y avait un Golem sur mon clavier.
      Et puis, je ne suis pas certain que çà se dit “évaluer une valeur”.. Hmmm…
      Pourtant on ne fait jamais qu’évaluer la forme d’un film, sa valeur étant
      beaucoup jugée par la place qu’un film occupe dans un contexte précis.

    • La cinéphilie, c’est assez simple, c’est tout simplement l’amour du cinéma, quoi que ce n’était pas le cas initialement. Ne voulant pas me lancer moi-même dans ce grand discours, je prends la liberté de copier des extraits Wiki sur la cinéphilie pour discussion.

      “La cinéphilie, dans son sens étymologique, est l’amour du cinéma. Il est couramment admis que le terme est apparu en France dans les années 1940 et servit d’abord à désigner un mouvement culturel et intellectuel français qui durera jusqu’en 1968. Depuis le terme s’est émancipé pour caractériser toute passion du cinéma, quelles que soient son expression et son organisation.

      La cinéphilie fut une culture car elle possède ses propres codes distinctifs, son propre discours[1],[14],[15]. Être cinéphile, c’était être à la fois spectateur et critique. En ce sens la cinéphilie fut une pratique de vie, seul ou en bande, entendue comme façon de réfléchir l’art et le monde[16].

      Le cinéphile est indissociable de la « salle obscure », unique lieu permettant à cette époque la vision d’un film, que ce soit dans une salle de cinéma ou dans un ciné-club (les cinéphiles se montrèrent peu enthousiaste aux rediffusions d’une télévision naissante). Dans les salles de cinéma, les cinéphiles possédaient une place dans l’espace rituelle : celle des trois premiers rangs, seuls permettant de ne plus voir le cadre et d’être entièrement absorbé par le film, sans recul possible[1],[12]. Car le nécessaire travail de réflexion ne doit pas entraver le premier regard. On peut en cela considérer trois aspects majeurs de la cinéphilie : d’abord l’enchantement du spectateur (le ravissement, la perte de soi, la fascination); ensuite l’enregistrement (le contact du réel, le travail percé par la présence du réel, que ne retrouve aucune forme de montage); enfin la projection (il n’y a pas de cinéphilie hors salle).

      Aujourd’hui considéré comme un cinéaste majeur, Hitchcock resta longtemps pour les critiques un « bon faiseur », un « parfait technicien olivoudien » peut-être « maître du suspense » mais non un vrai auteur. Hitchock divisa aussi les cinéphiles, André Bazin par exemple n’étant pas convaincu[1]. Il fallut attendre l’affirmation de la seconde génération de cinéphiles, celle des « jeunes turcs », pour que l’entreprise de reconnaissance puisse avoir lieu.

      Dans les années 1950, les Cahiers du cinéma prirent position et défendirent opiniâtrement le cinéaste, l’établissant comme l’exemple du génie incompris et de l’auteur écrivant son œuvre dans les marges du système. Vers 1960, la plupart des cinéphiles et des critiques avaient revus leur jugement mais la reconnaissance demeurait incomplète : en France, les rédacteurs de Positif restaient sceptiques et dénonçaient ce génie qui pour eux n’était qu’une invention des cahiers; aux États-Unis et surtout à New York de nombreux critiques partagaient cette opinion.

      C’est pourquoi François Truffaut, ardent défenseur d’Hitchcock et étonné des réserves émises à l’égard de ce réalisateur, décida d’écrire un livre destiné à lever toute ambigüité et consacrer mondialement le cinéaste. Fruit d’un entretien de 500 questions avec le maître, préparé minutieusement durant quatre années, le « Hitchbook » sortira enfin en 1966 et réussit son pari, devenant en même temps l’ouvrage de cinéma le plus célèbre du monde.

      Si des années 1940 à 1968 la cinéphilie peut être considérée comme un mouvement de par ses caractéristiques communes, depuis le terme est usité pour désigner des expressions ou des organisations d’une passion du cinéma plus diverses et contrastées, donc moins solidaire. Poursuivant une recherche intellectuelle et artistique ou se tournant vers la collection ou l’encyclopédisme, la cinéphilie est devenue une culture internationale malléable, adaptable autour de la définition première « la cinéphilie est l’amour du cinéma ». Cette nouvelle image, distincte du mouvement cinéphile français, permet de reconnaître les amoureux du cinéma de tout temps et de tout pays.

    • Ah, ces maudits films de festivals, destinés à des cinéphiles snobs qui se la pètent avec un cinéma le plus anti-hollywoodien possible. Comme si passer d’un maniérisme à un autre qui lui est opposé était gage de génie. Désolé, disons le carrément, trop de films d’auteurs sont des oeuvres plates d’auteurs narcissiques qui ont oublié le conseil de Molière : « « Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n’est pas de plaire, et si une pièce de théâtre qui a attrapé son but n’a pas suivi un bon chemin. »

      Eh oui, plaire au public, oh mon Dieu, sacrilège ! Pourtant, Chaplin, Kubrick, Hitchcock, Polanski, cherchaient à plaire. Ils ne se regardaient pas filmer eux, ils cherchaient à raconter une histoire en rejoignant le public. On peut plaire sans tomber dans le racolage. Jouer à la sainte nitouche qui jamais ne s’abaisserait à vouloir plaire, c’est du racolage à rebours.

      Ça donne des films qui récoltent les éloges dans les festivals mais qui tombent, avec justice, dans l’oubli. Tant pis pour eux, qu’ils fassent leurs films nombrilistes pour leur petit public snob.

    • “un cinéphile est pour moi quelqu’un qui favorise le bon cinéma, que ce soit Toys Story, Ghost Writer ou Curling.”

      Je pense même que le qualificatif est de trop. Le cinéphile est celui qui favorise le cinéma, celui recherche le cinéma. Parce que LANCE ET COMPTE, c’est peut-être un film mais y a pas de cinéma là-dedans.

      Par rapport à la définition franco-wikiènne de la cinéphilie, je crois qu’on s’en va vers une rupture de la salle obscure. En ses temps de distribution boîteuse, il est très difficle voir même impossible de cultiver sa cinéphilie seulement par le billet du grand écran.

    • “par le billet du grand écran”

      Beau lapsus!

    • Stridulation, vous travaillez pour la radio de Québec?

    • Je viens de remarquer que l’article ”Cinéma” sur Wiki-franco est un des rares à avoir le sceau ”Qualité”

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9ma

      Il y a vraiment beaucoup d’information de haut calibre sur cette page là, c’est même étonnant.

    • Pour comparer dans le temps, le nombre de spectateurs donne peut-être une idée plus juste que les dollars mais dans la même année cela revient pas mal au même… Et si c’est une comparaison sur plusieurs années, les dollars ajustés à l’inflation, c’est une bonne comparaison aussi…

      Si les films sont présentés sur plus d’écrans et pendant plus de temps… Ou dans des salles plus grandes… Les probabilités d’avoir plus de spectateurs sont plus élevées ?

      Le nombre d’écrans, le nombre de représentations par semaine, les heures, les films en concurrence, la nombre de semaines à l’écran…

      Les films qui valent le déplacement ? Pour moi c’est le déplacement qui a aussi ralentit le cinéma… La voiture ? Peut-être qu’elle aidait les Ciné-Parcs à une époque mais aujourd’hui elle favorise les gros complexes…

      ———————————————————-

      Pour la même année, je trouve encore pour les stats des premiers pour les comparer possible que le box office en $ est aussi représentatif sinon plus… Cela dépend ce qu’on veut mesurer… Il y a eu des billets gratuits ?

    • “par le billet du grand écran”

      Oh boy! puis-je plaider la licence poétique?

    • @stridulation

      «… en rejoignant le public.»
      Le problème, c’est qu’il n’y a pas UN public,mais DES publics. Prétendre le contraire, c’est comme convier «le vrai monde» dans un débat politique : un figure abstraite qui n’existe pas et qui veut seulement dire «moi j’en suis et pas vous».

      Pareil pour ce qualificatif de «snob»… J’aime ce cinéma de festival, mais je me promène en Toyota. Pour vous, je suis snob. Des gens aiment les blockbusters – ou ce que vous appeler «des films qui plaisent» – mais se promène en grosse BMW. Qui est snobs ? Celui qui dépenses 10$ pour aller voir «un film d’auteur» pourtant présenté dans une salle ouverte à tous, ou celui qui affiche sa réussite financière avec sa grosse cylindré ?

    • “Bref, aucun film n’est rentable au Québec. AUCUN. Aussi bien faire des films originaux qui parlent de notre culture que des mauvaises copies de films américains.”

      @ Ghost, ce me semble être un raccourci dangereux, non ?

      Encore faudrait-il parler comme il faut de “notre culture” *cough, cough*… Et même dans ce cas, est-ce que le cinéma doit servir “d’archive sociale” obligé ? Est-ce la responsabilité de l’art, de toute manière ? Serait-ce fiable/utile/pertinent ?

      ‘pas sûr du tout qu’abdiquer face à la quête de rentabilité soit une bonne idée. Nous vivons en démocratie, non ? Eh bien l’achat d’un visionnement est un vote.

    • 26000 pour The Trotsky et 4000 pour Curling. Je me sens mal de ne pas les avoir vus. Denis Côté est pour moi le meilleur cinéaste québécois, un des rares qui peut faire tout un film sans [tricher avec la] musique.

    • C’est d’autant plus intéressant d’avoir le nombre de spectateurs que cela permet d’avoir la preuve de ce que tout le monde sait déjà: le fossé qui existe entre le monde calinours des artistes bien-pensants “démocratiques” et du peuple.

      26 444 spectateurs, c’est tout ce qu’a obtenu notre curé moralisateur Jacob Tierney pour son The Trotsky, malgré toute la publicité gratuite que lui a valu le battage médiatique autour de ses anathèmes sur le cinéma québécois “fermé et moisi”.

      Et oui, c’est ce qui arrive lorsqu’on a pour public cible la population du plateau…

    • Jon8, évidemment, je ne suis pas contre le fait que des films rencontrent leur public. Mais dire que des films d’auteur ne rapportent pas d’argent, c’est oublié que les gros films à 5 000 000$ en perdent beaucoup plus (un film qui coûte 5 millions et en remporte au maximum autant, après que 80% du box-office soit parti pour l’exploitant, le distributeur, la publicité, les techniciens, il en perd/rapporte combien à ton avis?). Alors, film à petit budget ou gros budget, seule la qualité intrinsèque du scénario et la réputation du cinéaste devrait être un critère.

      Dire qu’un film doit parler de notre culture, c’est le réduire à des considérations futiles que de dire qu’il doit être une archive sociale. Le cinéma est un miroir, mais aussi un catalyseur. Une oeuvre d’art nous fait voir le monde autrement, nous fait sentir autrement, ouvre des possibilités d’être et transforme souvent le réel à son insu à nous forçant à considérer la réalité de façon beaucoup plus complexe. Un peuple qui voudrait que ce travail ne se fasse que par un regard hollywoodien serait complètement aliéné, quelque chose comme un petit peuple.

    • Une démocratie, oui, mais biaisée par les distributeurs et les exploitants.

    • Je suis contre une vision utilitariste de l’art, mais justement, je crois que l’art est utile à la société par la fait même qu’il est inutile.

    • Un bon exemple d’un excellent film qui n’a pas été reconnu à son époque est It’s a Wonderful Life. Il n’a gagné aucun oscar (la plupart des catégories où il était nominé sont allés à The Best Years of Our Lifes, que je n’aime pas tant que ça… en tout cas pas autant que le film de Frank Capra!).

      Le film est arrivé 26e au chapitre des revenus cette année-là (sur 400). Et la critique a été généralement neutre ou mauvaise. Aujourd’hui, c’est un classique de noel, on a redécouvert la valeur de ce petit bijou qui à son époque est un peu tombé dans les craques du plancher.

    • @stridulation
      “Ah, ces maudits films de festivals, destinés à des cinéphiles snobs qui se la pètent avec un cinéma le plus anti-hollywoodien possible.”

      Pour certains, je suis d’accord mais j’oses croire que je ne suis pas le seul qui puisse adorer plusieurs de ces nombreux “maudits films de festivals” et aussi être très bien diverti pas des films très hollywoodiens. Suis-je seul?

      Par exemple, si je prends la dernière année, j’ai été en état d’admiration devant Un Prophète, Le Rubanc blanc (je l’ai vû en 2010), The Kids are alright, Ghost writer, Curling et Ajami par exemple et avoir aussi beaucoup apprécié le temps passé devant Harry Potter, Salt, The Town et Easy A entre autres. Ce n’est pas pour les mêmes raisons mais, pour moi, l’un n’empêche pas l’autre. C’est certain qu’à force de développer sa compréhension de l’art cinématographique, certains blockbusters deviennent exaspérants de par leur simplicité mais plusieurs réussissent à me divertir.

      Je n’ai pas mentionné Inception dans mes exemples puisqu’il se situe quelque part entre les 2 mondes… et il était excellent.

    • @unholy_ghost

      Si je travaillais pour la radio de Québec, je ferais de grosses généralisations niaises, du style « le cinéma québécois est plate ».

      J’aime le cinéma québécois, je n’aime pas le cinéma prétentieux, qu’il soit produit au Québec ou ailleurs. C’est prétentieux de dire que les gens ne vont pas voir ses films parce qu’ils sont trop exigeants – lire, le public est trop con. Un cinéma qui ne sait pas rejoindre les gens a tout simplement raté sa cible. L’art sert à communiquer, pas à se regarder créer en se prenant pour un génie incompris.

      Je n’aime pas les films à recette, je n’aime pas non plus ceux qui cherchent à éviter les recettes. C’est au fond un même maniérisme, même s’ils se situe à l’opposé du spectre. Je suis tanné, par exemple, des maudits films d’auteur où les personnages murmurent. Oui, les acteurs américains formés à l’actor’s studio en mettent plus que le client en demande, mais est-ce nécessaire de tomber dans le travers opposé ? Eh non, les gens ne murmurent pas dans la vraie vie, et n’ont pas l’air d’introvertis sur les valiums.

      Je ne peux pas m’empêcher de trouver ces films aussi ridicules que certaines productions hollywoodiennes avec leurs ficelles grosses comme des câbles à bateau.

    • @livefromquebec

      Je veux bien qu’il y ait différents publics, là n’est pas la question. Je ne crois pas que l’on juge un film à la quantité d’entrées en salle, mais quand un film ne réussit à rejoindre qu’une minorité de cinéphiles à ce point réduite, faut se poser des questions. Oui, il y a un public pour aller voir n’importe quoi qui se présente comme « différent », peu importe la qualité artistique réelle de la patente. Y a des gens qui admirent les expositions de tas de merde d’Andres Serrano. Est-ce de l’art ou bien… de la merde, au sens littéral du terme ? C’est censé communiquer quoi, à part le goût de ce pseudo artiste de se distinguer ?

      Ce qui est snob, ce n’est pas d’aimer tel ou tel genre de film, mais de croire que si les gens ne vont pas en voir certains, c’est parce que ces films sont trop exigeants. Comme si l’artiste n’avait plus d’effort à faire pour aller chercher un public, fusse-t-il plus réduit que pour « Les Boys ».

      Le snobisme, c’est du narcissisme, et c’est devenu une tendance lourde en art contemporain, cette mode de l’artiste qui se regarde créé. Ça rejoint sans doute un public narcissique qui croit appartenir à une élite distincte parce qu’il va voir les films de Denis Côté et qu’il est capable de détecter certaines subtilités dans la réalisation – avec beaucoup d’imagination très souvent – mais la masse des cinéphiles désertent ce genre d’exercice à bon droit, et vont voir des films qui pensent encore à s’adresser à eux et à leur plaire, le mot plaire étant entendu ici dans le sens noble du terme.

    • @sultitan

      Je suis d’accord avec vous, les films ont plus d’une vie… et heureusement! Le classement évoluera et qui sait, « Les mots gelés » pourrait même devenir un film culte! ;-)

      Mais dès lors qu’il existe une liste, les gens auront forcemment le goût de voir ceux qui sont en tête et pas l’inverse… De même, il n’y a pas un réalisateur qui aime voir son film parmi les 5 derniers d’une telle liste.

      Ce que j’aime par dessus tout, c’est un réalisateur qui vend son film de cette façon à la télé (et je l’ai déjà vu!) : « Vous savez, on a manqué de budget, on a fait avec les moyens qu’on avait… le film n’est pas parfait, mais… ».

      Hmmm… j’ai pas été le voir ce film là… ;-)

    • “pas sûr du tout qu’abdiquer face à la quête de rentabilité soit une bonne idée. ”

      Le problème, c’est d’en faire un critère de sélection si important. C’est soit de l’inconscience, soit de l’hypocrisie, soit du cynisme. Depuis 30 ans, il n’y a pas une demi-douzaine de films québécois qui ont remboursé les institutions, donc que l’on peut considérer comme rentable.

      LA GUERRE DES TUQUES, LE DÉCLIN, LES INVASIONS et … ?

      Alors oui, baser un système de financement sur ces critères d’exception me semble tout à fait hypocrite.

    • @unholy_ghost

      Il faut faire attention à ce que vous dites. Il est facile de dire qu’un film n’est pas rentable: 1 millions d’investit et ROI de 500 000 $ par exemple… mais il n’y a pas seulement le film qui doit se rembourser ou le distributeur. Il y a également, l’exploitant de salles de cinéma. Lorsqu’un film excellent comme Curling arrive en salle et que seulement une quinzaine de clients se déplacent pour venir le voir: c’est vraiment pas très payant, en fait nous sommes dans le rouge. Je suis bien content pour le cinéphile qui l’a vu, mais au niveau rentabilité, on vient de perdre de l’argent et quand tu es une entreprise, ces résultats sont très négatifs. Dans notre cinéma, nous avons présenté le film – 2 semaines. Eh non, nous ne sommes pas rentrés dans nos frais, malgré la publicité que nous ayons fait et que nous avons un public de cinéphiles.

      Des films comme:

      Incendies
      À l’origine d’un cri
      Le concert
      Cabotins
      Route 132
      etc.

      On bien fonctionner. Alors, pourquoi Curling n’a pas attiré ? Bouche à oreille, pub, etc.

      Est-ce que le distributeur doit en faire plus, oui c’est clair. Je donne l’exemple du film 10 1/2, seulement 6 copies je crois à l’ouverture, nous en voulions une mais malheureusement le distributeur a en décidé autrement. Nous avons eu le film 3 semaines plus tard… Mais même pour eux, la distribution d’une copie 35 mm supplémentaire apporte des coûts, ou couper, comme être rentable ?

      Bref, je crois que nous devons continuer de faire des productions commerciales et d’auteurs et avec le temps, le public va se raffiner dans ses goûts et ils vont demander de plus en plus de films de qualité à la Incendies (10 semaines dans nos cinémas – bouche à oreille incroyable). Par exemple, il y a quelques années le film, Camping Sauvage, avait fait de très bons résultats au box-office (malgré un film très ordinaire), regardez les résultats du film L’Appât, cette année (décevant).

      Le public québécois change et leurs exigences envers les productions québécoises sont de plus en plus sévères.

      En terminant, petit changement de sujet mais qui reste dans la même ligne de mire: C’est drôle que nous ne faisons pas la critique, de toutes les émissions de télévision qu’on produit au Québec et qui sont grassement subventionnés ???? et très ordinaire.

      Virginie et cie.

    • Je suis content que l’on puisse avoir des chiffres. Des vrais, car tout le reste le budget du film, les recettes etc sont toujours de plus en plus gros. Par contre, le nombre d’entrées ne dis rien sur la qualité d’une œuvre. La rentabilité c’est un autre débat. Il ne faut pas tout mélanger.

    • Voici deux top 10, des films américains — parus depuis 1977 — :

      Liste 1 : Star Wars Ep. IV: A New Hope, ET: The Extra-Terrestrial, Titanic, Avatar, Star Wars Ep. V: The Empire Strikes Back, Star Wars Ep. VI: Return of the Jedi, Star Wars Ep. I: The Phantom Menace, Jurassic Park, Raiders of the Lost Ark, Forrest Gump.

      Liste 2 : Raging Bull, Schindlers’ List, Star Wars: A New Hope, E.T. the Extra-Terrestrial, Apocalypse Now, Annie Hall, The Fellowship of the Ring, The Deer Hunter, Raiders of the Lost Ark, Unforgiven.

      3 films se retrouvent dans les deux listes et admettons qu’elles forment ensemble une belle brochette qui répond à toutes les attentes… Ce serait fort intéressant de faire le même exercice avec le cinéma québécois.

      Ah oui, j’oubliais… la première liste c’est le top 10 au Box Office (en tenant compte de l’inflation, source : http://www.the-numbers.com/movies/records/), la seconde, la liste de l’AFI (version 2007, source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Top_100_de_l’American_Film_Institute).

    • @stridulation
      Si je travaillais pour la radio de Québec, je ferais de grosses généralisations niaises, du style « le cinéma québécois est plate ».

      C’est drôle que tu dises ça et ensuite dans le même commentaire, c’est ce que tu fais en écrivant “Je suis tanné, par exemple, des maudits films d’auteur où les personnages murmurent. Eh non, les gens ne murmurent pas dans la vraie vie, et n’ont pas l’air d’introvertis sur les valiums.” La question sarcastique de Ghost est donc encore pertinente quoi que assez cliché.

    • @ Sridulation

      Vous qualifiez un certain cinéma d’auteur de «snob» et de «prétentieux» alors que c’est vous qui êtes prétentieux. Si, si…

      Ce que vous dites, en somme, c’est: “ce qui m’échappe, ce que je ne comprends pas ou ce qui n’atteint pas ma sensibilité (sic) est forcément de la merde. Si moi je ne comprends pas, alors personne ne le pourra”. Relisez-vous: vos propos sur l’art contemporain recoupent à merveille ceux des détracteurs de l’impressionnisme il y a plus de cent ans…

      L’art est exigeant, c’est normal qu’il n’arrive pas toujours à rejoindre les esprits moins sensibles ou plus paresseux. Les «murmures» des films d’auteur que vous détestez peuvent très bien plaire à quelqu’un de plus fin et sensible que vous et lorsque vous universalisez votre propre sentiment, vous faites preuve d’aveuglement et de vanité.

    • «Le cinéma est un miroir, mais aussi un catalyseur. Une oeuvre d’art nous fait voir le monde autrement, nous fait sentir autrement, ouvre des possibilités d’être et transforme souvent le réel à son insu à nous forçant à considérer la réalité de façon beaucoup plus complexe.»

      Voilà bien, pour revenir à une discussion précédente, les paroles d’un authentique cinéphile. Plus simplement, le cinéphile est celui qui apprend à vivre au cinéma, c’est celui qui a choisi le cinéma comme médiateur privilégié dans son rapport au monde et à la vie.

      Le véritable cinéphile a regardé Oncle Boonmee à la télé l’autre soir et il ne s’en n’est pas encore tout à fait remis. Il a la vague impression qu’il ne pourra jamais plus envisager la mort (sa propre mort?) sans que son esprit n’évoque, consciemment ou inconsciemment, le film de Joe Weerasethakul avec sa jungle, ses fantômes, ses hommes-loups et ses poissons-chats…

    • @teamstef

      Souffrez-vous de problèmes de lecture ?

    • @astyanax

      Ça, ce sont les foutaises que racontent les artistes du style « vous n’avez rien compris ». Vous connaissez la fable d’Andersen sur l’empereur qui porte des habits que seuls les gens intelligents peuvent voir ? Seul un enfant a eu la naïveté de dire que l’empereur était nu. Parfois, quand on ne voit rien, c’est peut-être qu’il n’y a rien à voir d’autre que l’exercice un peu vain d’un type qui se regarde créer et qui croit que c’est de l’art.

      L’art n’est pas exigeant en ce sens qu’il demanderait un savoir spécial, il réclame de nous ouverture et réceptivité. Seulement, encore faut-il que l’artiste ait quelque chose à dire. Parlant d’empereur nu, Ligeti, un grand compositeur contemporain, a eu l’idée de monter un canular, soit un concert de métronomes. On le prit très au sérieux, jusqu’à ce qu’il révèle que c’était un canular qu’il avait monté pour se moquer de l’avant-garde…

      http://archives.24heures.ch/VQ/LAUSANNE/-/article-2010-06-498/eclairage-les-cinephiles-avises-connaissent-gyorgy-ligeti–1923

      Si le devoir du cinéphile est de se montrer réceptif, celui du réalisateur est d’avoir quelque chose à dire et, surtout, de chercher à toucher. À plaire, en quelque sorte, ce qui ne veut nullement dire qu’il doive faire dans le racolage. Un artiste qui se dérobe à ses devoirs ne mérite pas de public.

      P.-s.: les Impressionistes ont beau avoir fait scandale à l’époque, ils ont rejoint leur public. Comme quoi, peu importe l’audace et la nouveauté de la forme, quand une oeuvre parle, elle finit par être entendue.

    • Astyanax, Oncle Boomee, n’est-ce pas un film prétentieux racoleur nombriliste de festival pour des snobs narcissiques qui se la pètent?

    • @unholy_ghost

      Les snobs aiment se distinguer de la masse. Le cinéphile snob adore les films « exotiques », ça lui permet de disserter sur le cinéma thaïlandais et d’avoir l’air d’un connaisseur.

      Ça fait chic, même si le film en question est d’une indicible ânerie et ennuyeux comme la pluie.

      Le même truc serait tourné par un cinéaste américain, le film se retrouverait au festival de Sundance en queue de peloton.

    • @ Stridulation

      Imaginez la situation suivante:

      Un type fait de très longues et très brillantes études en histoire de l’art dans une université prestigieuse. Harvard, mettons. Au terme de ses études, il passe une vingtaine d’années comme conservateur dans plusieurs musées du monde, façonnant une réputation de plus en plus enviable partout où il passe. Au faîte de sa carrière, l’état français le choisit pour devenir le conservateur en chef du Centre Georges-Pompidou (mettons), l’un des musées d’art moderne les plus importants, où il règne sur une collection qui vaut plusieurs milliards de dollars. Son salaire lui-même approche les sept chiffres et il doit rendre des comptes à un C.A. composé de membres influents du gratin de la société française. Avec la bénédiction dudit C.A. et du Ministère de la Culture, il débloque des millions de dollars afin d’organiser une grande rétrospective Andrès Serrano. L’expo obtient un vif succès: près d’un million de visiteurs, beaucoup de visibilité dans les journaux du monde entier et les éloges des spécialistes et des revues d’art.

      Or, selon Stridulation, TOUS ces gens, du conservateur aux membres du C.A. en passant par les fonctionnaires du Ministère de la Culture, les spécialistes, les journalistes et le public nombreux venu voir l’expo, TOUS ces gens sont des imbéciles snobs qui n’ont pas compris que le roi est nu!

      Pauvre Andersen dont le conte sert de caution universelle aux philistins…

    • Bon, c’est le film thaïlandais qui est ennuyeux maintenant!

      Tim Burton, Kate Beckinsale, Alberto Barbera, Emmanuel Carrère, Victor Erice, Giovanna Mezzogiorno, Benicio Del Toro, Shekhar Kapur, Alexandre Desplat qui formaient le jury du 63e Festival de Cannes et qui ont attribué à Oncle Boonmee d’Apichatpong Weerasethakul la Palme d’or: tous des snobs, des cons!!!!

    • «Ça fait chic, même si le film en question est d’une indicible ânerie et ennuyeux comme la pluie.»

      ???

      Que faites-vous sur ce blogue Stridulation? Vous n’êtes pas à votre place…

    • Astyanax, abandonne.

    • @astyanax

      L’histoire de l’art, que vous citiez plus haut, nous montre pourtant que le discernement ne vient pas des institutions…

    • @astyanax

      J’ai pas vu le film en question. ;o)

    • stridulation Dans votre genre vous êtes assez déplaisant en plus d’être ignorant.

    • Un lien musical pour détendre stridulation. Une excellente interprétation d’un classique indémodable.

      http://www.youtube.com/watch?v=hUJagb7hL0E

    • @ Ghost

      “Une démocratie, oui, mais biaisée par les distributeurs et les exploitants.”

      On s’entend pour dire que le Démocratie, en général, et à notre époque, est tout sauf parfaite… anyway ?

      Politiquement parlant, c’est 100x plus biaisé encore… et pourtant!

    • @ Ghost (encore)

      “Dire qu’un film doit parler de notre culture, c’est le réduire à des considérations futiles que de dire qu’il doit être une archive sociale. Le cinéma est un miroir, mais aussi un catalyseur. Une oeuvre d’art nous fait voir le monde autrement, nous fait sentir autrement, ouvre des possibilités d’être et transforme souvent le réel à son insu à nous forçant à considérer la réalité de façon beaucoup plus complexe. Un peuple qui voudrait que ce travail ne se fasse que par un regard hollywoodien serait complètement aliéné, quelque chose comme un petit peuple.”

      Je revisionnait, pour la 2e fois, Dogville de Lars Von Trier.

      J’en avais gardé un souvenir comme “d’un des films les plus intelligents ever launched on the planet”… Puis cette semaine, lors de cette 2e écoute, j’ai retrouvé cette sensation incroyable; ce feeling comme quoi le film était magique à tellement de niveaux qu’il fallait que j’y pense, que j’en discute avec quelqu’un… Mais pourtant! Dans peut-être 2 mois ou 1 an, je vais oublier ce feeling là probablement. Et je vais tout de même avoir le (stupide?) réflexe de me taper un film “divertissant” une fois sur deux visionnement. Peut-être par paresse, ou peut-être simplement parce que j’ai le goût de me divertir et me mettre le “cerveau à off”.

      Ne nous leurrons pas. Pour un Dogville, un Sideways ou un bon Woody Allen, il y a 100 films “d’auteur” ayant la capacité de me faire perdre 2 heures de mon précieux temps libre.

      Je pense que certains cinéphiles ont tendance à surestimer grandement le ratio de bons films v.s. moyens/médiocres.

    • @winslow

      Wow, merci, c’est la meilleure interprétation que je n’ai jamais entendu de ma pièce préférée!

      Par ailleurs, vous avez remarquez comment le montage-image joue de manière subtile avec le rythme de la musique?

    • @fluor

      Pardon, j,ignorais que je m’exprimais au milieu de cinéphiles experts.

      Mille excuses.

    • @jon8

      Je pense que certains ici trouvent n’importe quel film bon s’il n’est pas « commercial ». Certains préfèrent les apparences, les étiquettes, à la substance.

      Ça me rappelle une étude du Californian Institute of Technology. On faisait boire du vin à des sujets, et plus ils croyaient qu’il était cher, mieux ils le notaient…

      http://vinquebec.com/node/3667

      Je travaille dans le domaine, et j’organisais des dégustations. Les gens semblaient tellement avoir de mal à se faire confiance ! Ils ne voulaient pas dire de conneries, donc ils attendaient mes commentaires. Je leur disais de se fier à leur goût.

      Quand j’ai commencé à boire du vin, je buvais une infâme piquette d’épicerie, et je trouvais ça bon. C’est à force de boire du vin, et du bon vin, que j’ai appris à affiner la perception que j’en avais. Ce n’est pas une question de connaissance.

      Pareil pour le cinéma. Certains se prennent pour des experts, mais ce n’est pas une question d’expertise, mais de sensibilité. J’en ai vu des snobs dans le monde du vin, qui ne savaient pas en fait faire la différence entre une piquette et un bon vin. Certains sont prêts à apprécier n’importe quoi si ça leur donne un genre…

    • Le gros problème de toute cette discussion c’est qu’on mélange “le cinéma” qui est un art et ” l’industrie du cinéma” qui est une machine à saucisse pour faire du fric….

    • @cinematographe

      Ah oui! Et la foule est complètement en feu! Toussotements, applaudissements, rires. C’est une version assez humoristique aussi (c’est un truc que bien des gens ne comprennent pas, l’humour, quand ils parlent de ces “affaires plates et ennuyeuses de tartistes subventionnés avec nos taxes™ “.

    • @winslow

      Oui, c’est certainement très drôle (le geste du chef d’orchestre après le premier mouvement!) Et je suis sérieux quand je dis que c’est la meilleure interprétation, je ne connaissais que la version au piano et c’est très différent avec un orchestre au complet. L’humour en est d’ailleurs souligné, ou démultiplié, quand il y a tous ces musiciens plutôt qu’un seul.

    • @tout le monde

      Je crois que nous ne pouvons pas juger de la qualité d’un film par son nombre d’entrée en salles ou par ses résultats au box-office. Il y a trop de facteurs qui peuvent influencer sur ces résultats.

      Je m’explique:

      Séville, le distributeur du film Incendies n’avait pas prévu un succès aussi grandiose pour son film, la preuve, il n’avait pas assez fait de copies 35 mm pour les cinémas, malgré les demandes des exploitants (et ce quelques semaines avant la sortie). Ce succès a également eu de grosses répercussions sur les résultats de deux autres films québécois qui ont pris l’affiche quelques semaines après Incendies. Je parle ici du film À l’origine d’un cri et de Route 132. Deux bons films qui malheureusement n’ont pas réussi à attirer autant de public que Incendies. Pourquoi ? Différentes raisons, etc.

      Les films étaient très bons mais le succès d’Incendies, leur a fait indirectement mal. (Fréquence de l’assistance, bouche-à-oreille étouffé, autres.)

      D’autres raisons peuvent faire en sorte qu’un film n’atteint pas autant son public que souhaiter. Je prends l’exemple de Curling, qui sort en même temps que les gros succès commerciaux (Potter et compagnie), il devient très difficile pour un film de réussir à faire sa place sur les écrans. Mauvais choix des distributeurs ? Peut-être, mais ce n’est pas seulement de leur faute, vous devriez voir leur catalogue de film par année. Il devient très difficile pour eux, de placer les films aux bons endroits sans se nuire. Est-ce le nombre de sorties sur les écrans, plus de 200 films ? Peut-être.

      Bref, je crois qu’il est important de remettre en perspective, les données citées plus haut. Le nombre d’entrée ou le succès au box-office sont gages de popularité et rien d’autres.

      Le plus triste, dans tout ça, c’est que plusieurs bons films passent inaperçus sur grand écran ! et ce depuis plusieurs années. Comme un collègue de travail me l’a déjà mentionné, le plus important c’est la moyenne au final.

      Bref, il y a du travail à faire, mais comme mentionné précédemment, je crois que le public québécois se raffine et que de plus en plus de personnes vont chercher du cinéma de plus grande qualité.

      Dernier petit exemple qui me vient en tête !

      Le film The Town n’a pas eu de version française au Québec…. Résultat: 3 semaines à l’affiche dans quelques cinémas en province en version originale. Pourtant, plusieurs exploitants voulaient le présenter.

      On connaît la suite, The Town est considéré comme l’un des bons films américains de 2010.

    • En fait, l’interprétation de cette pièce de John Cage est primordiale, le silence étant ici un leurre. Ce sont en effet les réactions sonores du public et les bruits légers de l’orchestre qui fondent l’oeuvre. C’est ce que Cage appelait de la musique aléatoire, une musique née spontanément du hasard et des circonstances.

      C’est pourquoi un enregistrement strictement audio de 4′33″ ne fait aucun sens…

    • pierrebl: Les films les plus populaires ne sont pas forcemént les meilleurs, mais de la a comparer le cinéma indépendant avec la fine gastronomie, il y a une nuance. La table d’hôte chez Tocqué vous coute pas mal plus cher qu’un trio Big Mac.

      Entre le cinema independent et le blockbuster d’Hollywood, il n’y a pas une grosse difference de prix. Peut-être quelques dollars, mais pas au point de rendre l’un completement inaccessible au grand public.

      Donc si on pouvait se payer un repas gastronomique au même prix que du McDo, j’aimerais croire que le McDo serait bien moins populaire.

    • Wow! Wow! Wow!

      Je suis allé voir la programmation de TFO.

      Ce soir, 12h30: Oncle Boomee, de Joe Weerasethakul.

      Et surtout, vendredi: UNE CHAMBRE EN VILLE, de Jacques Demy. Peut-être son meilleur film, particulièrement méconnue et introuvable.

      Ghost, j’espère que vous connaissez l’existence du magnifique coffret regroupant tous les films de Jacques Demy. Nous en avions déjà parlé sur ce blogue. Lecteur multizones requis. M-A. L.

    • MAL, je l’ai déjà!

      Ha! Je me disais bien aussi… :-) M-A. L.

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