
Les trois mecs pas si comiques que ça des Gérard du cinéma
Les Razzies ont fait des petits un peu partout dans le monde. La cérémonie célébrant les plus mauvais films américains a en effet engendré les Aurores au Québec (dont la cérémonie grandiose est orchestrée par Infoman), et les Gérard en France. Une bonne occasion pour les membres des différents jurys de ventiler publiquement – et habituellement avec humour – sur toutes ces productions indéfendables qui leur ont fait perdre du temps précieux de leur vie.
Je vous avouerai toutefois avoir ressenti un profond malaise à la lecture des «nominations» des Gérard du cinéma, dévoilées plus tôt aujourd’hui. En fait, ce ne sont pas tant les films et les acteurs sélectionnés que les «catégories» inventées pour l’occasion. Non seulement l’approche des trois mecs des Gérard est bête et méchante, mais leur indécrottable misogynie laisse pantois. «Le Gérard du petit cul est remis à…»; «le Gérard du gros cul est remis à…». Que des candidates évidemment. «Le Gérard de l’actrice qui bénéficie le mieux des réseaux de son mari, ou plutôt de son futur ex-mari, enfin bon on sait plus trop où ils en sont, toujours est-il qu’elle continue à tourner, est remis à…» Bref, que du haut niveau.
On dit souvent que le Québec est collectivement frileux, obsédé à l’idée de plaire à tout le monde et qu’il ne sait pas faire face à la critique. C’est vrai. Je doute toutefois qu’une approche comme celle qu’emprunte le trio de lascars à la tête des Gérard soit plus souhaitable. Rire d’un mauvais film? Très bien. L’irrévérence? Parfait. Mais s’en prendre aux personnes plutôt qu’au film, là j’avoue que je marche moins. Je préfère encore le caractère inoffensif et bon enfant des Aurores tiens…
La liste complète des nominations des Gérard 2011 (via Libération).
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