Marc-André Lussier

Archive, janvier 2011

Lundi 31 janvier 2011 | Mise en ligne à 21h42 | Commenter Commentaires (11)

Les Gérard du cinéma : Y a-t-il une limite?

Les Gérard-1

Les trois mecs pas si comiques que ça des Gérard du cinéma

Les Razzies ont fait des petits un peu partout dans le monde. La cérémonie célébrant les plus mauvais films américains a en effet engendré les Aurores au Québec (dont la cérémonie grandiose est orchestrée par Infoman), et les Gérard en France. Une bonne occasion pour les membres des différents jurys de ventiler publiquement – et habituellement avec humour – sur toutes ces productions indéfendables qui leur ont fait perdre du temps précieux de leur vie.

Je vous avouerai toutefois avoir ressenti un profond malaise à la lecture des «nominations» des Gérard du cinéma, dévoilées plus tôt aujourd’hui. En fait, ce ne sont pas tant les films et les acteurs sélectionnés  que les «catégories» inventées pour l’occasion. Non seulement l’approche des trois mecs des Gérard est bête et méchante, mais leur indécrottable misogynie laisse pantois. «Le Gérard du petit cul est remis à…»;  «le Gérard du gros cul est remis à…». Que des candidates évidemment. «Le Gérard de l’actrice qui bénéficie le mieux des réseaux de son mari, ou plutôt de son futur ex-mari, enfin bon on sait plus trop où ils en sont, toujours est-il qu’elle continue à tourner, est remis à…» Bref, que du haut niveau.

On dit souvent que le Québec est collectivement frileux, obsédé à l’idée de plaire à tout le monde et qu’il ne sait pas faire face à la critique. C’est vrai. Je doute toutefois qu’une approche comme celle qu’emprunte le trio de lascars à la tête des Gérard  soit plus souhaitable. Rire d’un mauvais film? Très bien. L’irrévérence? Parfait. Mais s’en prendre aux personnes plutôt qu’au film, là j’avoue que je marche  moins. Je préfère encore le caractère inoffensif et bon enfant des Aurores tiens…

La liste complète des nominations des Gérard 2011 (via Libération).

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Dimanche 30 janvier 2011 | Mise en ligne à 21h54 | Commenter Commentaires (4)

Oscars: vers le couronnement d’un roi

The Kings Speech-1

La course aux Oscars est devenue beaucoup plus précise pendant le week-end. À moins d’un revirement spectaculaire d’ici le 27 février, The King’s Speech raflera plusieurs statuettes à la 83e cérémonie des Oscars, parmi lesquelles, probablement, les plus prestigieuses: celles du meilleur film et de la meilleure réalisation.

Il y a un mois à peine, à peu près tous les observateurs s’entendaient pour dire que The Social Network, fort de ses triomphes successifs auprès de toutes les associations de critiques possibles et imaginables, était pratiquement sans rivaux. Nous aurons bien le temps et le loisir d’analyser comment s’est opéré le changement au cours du prochain mois (si la marche triomphante du Roi se confirme), mais le fait est que les gens de l’industrie ne semblent pas partager tout à fait le même enthousiasme que la critique envers The Social Network.

Nous avons eu un indice récemment quand l’association des producteurs a choisi de remettre le PGA Award à The King’s Speech. Puis, le film de Tom Hooper a décroché 12 nominations en vue de la prochaine cérémonie des Oscars. The Social Network n’en a récolté «que huit». True Grit est même venu se faufiler entre les deux rivaux et a été cité dix fois.

Mais le vrai coup de grâce est survenu samedi soir. L’association des réalisateurs a en effet attribué son DGA Award à Tom Hooper plutôt qu’à David Fincher. Là, ça fait vraiment mal. Si le lauréat du PGA Award compte à environ 60% ses chances de mettre ensuite la main sur l’oscar, le cinéaste à qui l’on octroie le DGA Award est pratiquement assuré de monter ensuite sur la scène du Kodak Theater pour cueillir la précieuse statuette. Depuis 1948, seulement six lauréats du DGA Award n’ont pas réussi le doublé…

Le syndicat des acteurs tenait aussi son gala ce week-end. De façon prévisible (mais méritée!), Melissa Leo et Christian Bale ont été consacrés dans les catégories de soutien grâce à leurs performances dans The Fighter; Natalie Portman a reçu l’accolade de ses pairs grâce à son rôle dans Black Swan; et Colin Firth (qui d’autre?) ajoute lui aussi un autre prix à la collection que lui vaut sa performance dans The King’s Speech.

À la lumière des prix remis par les différentes associations professionnelles, on ne devrait plus compter beaucoup de surprises à la cérémonie des Oscars le 27 février.

Je vous invite à lire cet article d’A.O. Scott. Pas vraiment de lien direct avec les cérémonies du week-end mais le critique du New York Times pose un regard très intéressant sur le cinéma mondial.

 

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Samedi 29 janvier 2011 | Mise en ligne à 16h23 | Commenter Un commentaire

Le temps qu’il reste dès… vendredi!

Le temps qu'il reste - Affiche

J’ai par hasard appris ce matin une petite nouvelle qui risque d’intéresser certains cinéphiles. Le temps qu’il reste (The Times that Remains), le plus récent film du cinéaste palestinien Elia Suleiman, prend (enfin!) l’affiche ce vendredi (4 février) à Montréal, au Cinéma Parallèle. Dans la plus totale discrétion.

Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en 2009 (et au FNC quelques mois plus tard), Le temps qu’il reste est une comédie dramatique aux relents autobiographiques dans laquelle Suleiman emprunte le ton tragicomique qui lui avait si bien servi dans Intervention divine. Voici ce que mon comparse Cassivi avait écrit  lors de la présentation du film à Cannes :

“Humour absurde pour conflit absurde

Prix du jury en 2002 pour Intervention divine, sur l’absurdité du conflit israélo-palestinien, l’acteur-cinéaste Elia Suleiman remet ça, et de belle façon, avec The Time That Remains, portrait autobiographique d’une famille arabe chrétienne de Nazareth, de la fondation d’Israël à nos jours.

Cette comédie dramatique joyeusement décalée témoigne, force métaphores et traits d’esprit à l’appui, de la situation absurde des populations palestiniennes en Israël. En quatre temps, de 1948 à 2008, Elia Suleiman rappelle l’histoire de sa propre famille, de son père militant torturé, de son propre exil forcé, de sa mère esseulée à la fin de sa vie.

La répétition de ses effets de mise en scène fait écho au cycle incessant de la violence au Moyen-Orient. La démarche chaplinienne de Suleiman, formidable pince-sans-rire dans un nouveau rôle muet, et les brillants tableaux drolatiques de son film – il enjambe le mur de sécurité en faisant un saut à la perche – ne sauraient faire oublier que derrière la comédie absurde se cache un drame absurde.”

Article de l’AFP.


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