Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Mardi 21 décembre 2010 | Mise en ligne à 8h40 | Commenter Commentaires (15)

    Hommage aux disparus


    • Quelle belle idée….dommage que la musique de fonds soit présente…pas nécessaire et pertinente!

    • Mentionnons également Mme Rue McClanahan, actrice et productrice américaine, ayant personnifié, entre autres, Vivian dans le feuilleton «Maude», ainsi que l’inoubliable et sulfureuse Blanche Devereaux dans la très populaire série télévisée «The Golden Girls». Mme McClanahan est décédée le 3 juin 2010.

    • J’ai bien apprécié sauf la musique beaucoup trop présente, même si j’adore «Don’t let me down».

    • Quand je pense qu’en 2009, j’ai réussi à mettre la main sur ‘La Grande guerre’ et ‘Les Camarades’ en DVD Zone 2 (France) et ‘L’Armata Brancaleone’ en Zone 1 (Brésil)… et voilà qu’en la même année 2010, le producteur Dino de Laurentiis, le co-scénariste Furio Scarpelli (du fameux tandem Age-Scarpelli) et le réalisateur Mario Monicelli baissent le rideau. Ayoye ! Les artisans de ces surpuissantes tragicomédies satiriques populaires, je les croyais indestructibles.

      Bah, de toute façon la dernière comédie satirique de Monicelli, ‘Les Roses du désert’ (2007, co-scénarisé par Suso Cecchi d’Amico, elle aussi disparue) ne sortira jamais au Québec : ça fait beaucoup trop “grand public” et pas assez “film de festival” ou “film pour critiques”…

    • Dure année pour les réalisateurs.

    • Intéressant davantage pour le rappel des disparus que pour l’objet en soi. Montage moche de chez moche, musique insupportable et même pas émouvante (un comble alors que de la musique qui supporte le pathos, ce n’est pas ça qui manque!)

      Et puis, associer Suso Cecci d’Amico, l’une des plus géniales scénaristes du cinéma, à l’un des pires films auxquels elle a collaboré (Jésus de Nazareth), c’est un peu choquant. Le Guépard quelqu’un!

      N’empêche, je me suis souvenu avec douleur que William Lubtchansky est mort cette année. En ce qui me concerne, le meilleur directeur photo de l’histoire du cinéma.

    • J’ai dormi, moi, ou on a (encore) oublié Julien Guiomar? Dans ce genre d’exercice, il y a nécessairement des oublis mais venant d’un site français consacré au cinéma (Allo Ciné) je ne comprends pas qu’on ne fasse pas mention d’un second rôle si important.

      Une scène mémorable des Ripoux :

      http://www.youtube.com/watch?v=zZbFzYMMHCw

    • @ astyanax

      « Et puis, associer Suso Cecchi d’Amico, l’une des plus géniales scénaristes du cinéma, à l’un des pires films auxquels elle a collaboré (Jésus de Nazareth), c’est un peu choquant. »

      Oui, mais rappelons que Suso Cecchi d’Amico ne scénarisait pas seulement des “films d’auteur” tant prisés de la critique intellectuelle et de l’élite cinéphile : elle était tout aussi à l’aise dans le grand cinéma populaire, aux côtés notamment de ses amis Monicelli et Comencini.

      Elle a tout scénarisé : des farces, des mélodrames, au moins un giallo et même un western. Des films de gauche et des films de droite. Des films chrétiens et des films anticléricaux. Des films pour les critiques et des films pour le public. Prenez “La Fille des marais” (Cielo sulla palude) dont on voit un extrait dans “Les Invasions barbares” : encore un scénario signé Suso Cecchi d’Amico ! Elle traversait toutes les “couches” du cinéma en méprisant l’obstacle. Elle était d’une versatilité extraordinaire. Le seul scénariste italien encore plus versatile (mais pas meilleur, par contre) c’était le regretté Ennio de Concini, capable de travailler le matin sur un Antonioni, le midi sur une comédie satirique et le soir venu sur ‘La Fureur d’Hercule’. (Mais bon, De Concini était un fou du travail, il avait transformé son appartement romain en une espèce d’usine à scénarios.)

      Alors qu’un Monicelli et un Visconti ne sont… pardon, n’étaient (je ne m’habituerai jamais) vraiment pas à asseoir à la même table, Suso Cecchi d’Amico, elle, avait développé une relation professionnelle à long terme avec les deux. Lisez le magnifique article de Fruttero et Lucentini dans “La Prédominance du crétin” , ‘Années de plomb et années de plume’ (1988), en hommage à Age/Scarpelli, et vous comprendrez que c’était tout un exploit !

      Qu’elle et Furio Scarpelli meurent comme ça en 2010 en plus de Monicelli, tout à coup il ne reste presque plus personne de vivant au générique du ‘Pigeon’ (I soliti ignoti), sauf les deux filles : Carla Gravina et Claudia Cardinale… d’autant que Tiberio Murgia (le Sicilien) est mort lui aussi cette année. Ayoye, à 45 ans à peine je viens de prendre un sacré coup de vieux.

    • @Astyanax J’avais eu la même réaction que vous en 2003, lorsque le légendaire directeur photo Conrad L. Hall est décédé …

    • Bonjour,
      Contrairement à d’autres, j’adore la musique qui accompagne l’hommage aux disparus, qui voudrait me dire de quel groupe il s’agit, svp ? Merci, TB

    • Le groupe c’est le Gwyneth Paltrow Infatuated and Pompous Society.

    • Merci delarco de mettre en lumière ce de Concini, j’ignorais cet esprit manufacturier. Par ailleurs, j’amerais beaucoup voir La Fille des Marais – ou est-ce Le Lys des Marais – est-il aussi disponible?, mais bon; je serais curieux de savoir quels côtés affiche Suso Cecchi d’Amico dans son scénario: Mystique ou anticlérical, intime ou social?

    • Jean Rollin est réalisateur et non un acteur…

    • C’est toujours bien triste de voir des grands noms disparaître… mais est-ce qu’on peut s’entendre pour dire que le montage est VRAIMENT POURRI!

    • @ rafc

      « …j’ignorais cet esprit manufacturier. »

      Un “mercenaire du scénario” comme Ennio De Concini – capable du meilleur comme du pire et qui surtout multipliait les collaborations à un rythme hallucinant – était pour ainsi dire l’heureux “by-product” d’une industrie : jusqu’aux années 80, Cinecittà est une très, très grosse machine à faire des films, et aussi très, très exportée dans le monde pendant des décennies (y compris ici au Québec), sauf sur les marchés anglophones où règne la prophyllaxie du ghetto “arthouse”. Une industrie plus petite qu’Hollywood sans aucun doute, mais nettement plus grosse que celle des voisins français – soit dit en gros, pour vous donner une idée des proportions.

      Puis, dès la première moitié des années 80, la superbe machine s’est mise à couler telle le Titanic. C’est que l’industrie venait de perdre son ‘long-run rainmaker’ : la comédie à l’italienne, nouveau genre de cinéma comique italien dont les pièces tombent définitivement en place en 1958 (si vous excusez mon langage de hockey) avec ‘Le Pigeon’, comédie réalisée et coscénarisée, justement, par ces trois grands disparus de 2010 : Mario Monicelli, Furio Scarpelli, Suso Cecchi d’Amico (plus Age qui est mort en 2005).

      Tout à coup, malgré quelques succès ici et là (comme ‘Mes chers amis no 2′ en 1983), la sauce ne prenait plus, le public jadis immense rétrécissait comme peau de chagrin. Pour bien des raisons à la fois : les quatre stars satiriques (Gassman, Manfredi, Sordi, Tognazzi) atteignaient alors la soixantaine ; à force d’insuffler du tragique dans la comédie, on avait peut-être trop étiré l’élastique (”Un Bourgeois tout petit petit” de Monicelli est un des sommets du genre, et a connu un grand succès au box-office, mais rendu là c’est tellement sombre qu’on approche du désespoir pur et simple). Mais surtout, je dirais : de pays pauvre jusqu’à la fin des seventies, l’Italie se réveillait pays riche au début des eighties et les blagues sur la misère, sur la faim, sur l’analphabétisme et l’ignorance – matériau de base d’innombrables farces – ne “pognaient” plus comme avant.

      Du coup, l’industrie du cinéma italien dans son ensemble n’avait plus de ‘rainmaker’ pour relancer la machine. Les ’short-run raimnakers’ étaient épuisés aussi : sans parler du western-spaghetti et encore moins du peplum mythologique, disparus depuis belle lurette, le ‘giallo’ avait déjà livré ses plus grands succès, le thriller politico-policier à long titre aussi.

      Quand la comédie à l’italienne se mit à péricliter, c’est le cinéma italien au complet qui trinqua. Les critiques, les intellectuels qui contrôlent malheureusement la mémoire du cinéma ne comprendront jamais ça, malgré la désolante évidence qu’ils avaient alors sous les yeux, mais une cinématographie nationale en santé ne peut ABSOLUMENT PAS vivre SEULEMENT de “cinéma d’auteur” et autres films de festivals. Sans ‘rainmakers’, sans quelque chose pour enfourner les spectateurs dans les salles et “tenir le fort” contre Hollywood, tout fout le camp, Y COMPRIS le budget des grands films de prestige genre “art et essai”. Une industrie du cinéma ne peut absolument pas investir, par exemple, dans le prestigieux mais pas du tout rentable ‘Mort à Venise’ de Visconti en 1971 si, en cette même année 1971, elle ne fait pas rentrer du cash par fourgons entiers avec ‘On l’appelle Trinità”; Alberto Grimaldi ne pouvait se risquer à produire Fellini ou Pasolini sans les espèces sonnantes et trébuchantes que lui rapportaient les westerns de Sergio Leone ; ou – autre exemple – le producteur Franco Cristaldi ne pouvait absolument pas se lancer en 1961 dans une entreprise aussi risquée financièrement et politiquement que ‘Salvatore Giuliano’ de Francesco Rosi s’il n’avait pas été juché triomphalement sur une énorme montagne de cash grâce aux entrées faramineuses du ‘Pigeon’ de Monicelli ainsi que son excellent sequel ‘Hold-up à la milanaise’ et autres comédies populaires de la légendaire saison 1961-62.

      Oups, je me suis un peu laissé aller… Pour en revenir aux scénaristes, c’est probablement la marque de fabrique de Cinecittà, son “avantage comparatif” numéro 1 comparé au cinéma français et même à Hollywood : une véritable ARMÉE de scénaristes. Donc il y avait Cesare Zavattini pour le cinéma néoréaliste, Suso Cecchi d’Amico qui a coscénarisé un nombre incroyable de bons films, Ennio De Concini qui a scénarisé un nombre incroyable de… films, Sergio Amidei qui est passé avec armes et bagages du néoréalisme à la comédie satirique, Tonino Guerra autre grand scénariste polyvalent du même genre que madame D’Amico, Rodolfo Sonego qui scénarisait presque tous les films du légendaire tragicomique Alberto Sordi, Ugo Pirro scénariste antimafia, Franco Solinas spécialisé dans le drame politique (et qui politisa le western spaghetti pour produire le sous-genre “western zapata”), et surtout, surtout : les TANDEMS de scénaristes, qui étaient une sorte d’exclusivité Cinecittà. Les trois grands tandems, tous spécialisés dans la comédie à l’italienne mais avec d’autres cordes à leur arc : Age & Scarpelli, Benvenuti & De Bernardi, Maccari & Scola. Même s’il y en a eu de très bon ailleurs aussi, c’est la seule industrie du cinéma pour laquelle je trouve que ça vaut la peine de connaître par coeur le nom des scénaristes comme s’ils étaient des superstars.

      D’ailleurs un premier signe qui ne trompe pas sur la renaissance du cinéma italien, est arrivé au début des années 90, quand un nouveau tandem de scénaristes très polyvalent a émergé : Rulli & Petraglia. Mais là, comme dirait Fanfreluche, c’est une autre histoire…

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