Marc-André Lussier

Marc-André Lussier - Auteur
  • Le blogue de Marc-André Lussier

    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
  • Lire la suite »

    Partage

    Samedi 18 décembre 2010 | Mise en ligne à 9h53 | Commenter Commentaires (47)

    Le cri d’alarme d’une intervenante déçue…

    Tout le monde le reconnaît, il est de plus en plus difficile d’imposer des films destinés aux cinéphiles sur le circuit commercial. Pour toutes sortes de raisons. Aussi bien économiques que culturelles. Il y a quelques années, Stéphanie Trépanier a fondé Evokative Films, une société spécialisée dans la distribution de productions internationales au Québec.

    Dans un message d’abord mis en ligne sur Facebook, puis dans la section «opinions» du site web de l’hebdo Voir, la directrice lance un cri d’alarme et interpelle directement les cinéphiles québécois.

    En voici quelques extraits:

    «J’ai donc commencé à sélectionner des films qui, selon moi, manquaient à notre paysage cinématographique. J’ai testé des films provenant de plusieurs pays et de nombreux genres pour voir ce qui trouverait le plus son public. J’ai dorloté ces films pendant des mois, les ai fait projeter dans des festivals pour amorcer le bouche à oreille le plus rapidement possible. Lorsqu’ils arrivaient à leur sortie en salle, nous recevions (majoritairement) des critiques extraordinaires, un lot d’étoiles, les textes affirmant qu’il s’agissait du meilleur film à voir au cinéma cette semaine-là. Nous faisions tout le bruit possible sur Facebook et par courriel afin de vous supplier d’aller les voir à leur premier weekend. Puis nous nous croisions les doigts tout ce weekend en attente des chiffres de box-office du lundi matin. Et ils arrivaient, désespérément bas, avec l’annonce que la salle devait cesser la projection du film à la fin de la semaine en cours. Le manque de disponibilité des écrans fait en sorte que les salles ne peuvent conserver à l’affiche un film qui performe faiblement dans l’attente que le bouche à oreille fasse son chemin. Nous pouvions être chanceux et obtenir une seconde semaine. Mais jamais une troisième.

    Je me disais que tout n’était pas perdu, tout cet effort promotionnel aiderait la sortie du DVD un peu plus tard. Nous travaillions pendant des semaines afin de trouver des suppléments intéressants, créer les sous-titres et concevoir un design de pochette attrayant. Tous ces trucs sont beaucoup plus dispendieux qu’une simple sortie en boîte noire, mais je me disais que ça en valait la peine, afin de donner au film la sortie qu’il méritait. Puis il fallait vendre le film et j’ai rapidement réalisé que les acheteurs de la majorité des clubs vidéo et autres détaillants se soucient très peu du cinéma. Ils vendent des pommes et des oranges, et j’offrais un fruit de la passion qui risquait de pourrir sur la tablette par sa différence. C’était un investissement trop risqué pour eux. J’ai donc mis sur pied un magasin en ligne afin de contourner cette barrière à l’entrée et vous offrir directement les films, à des prix encore plus bas que ceux en magasin. Hélas, encore une fois, les chiffres n’ont pas été au rendez-vous.

    Que se passe-t-il lorsqu’on n’atteint pas ses objectifs de vente? On perd de l’argent. Acquérir et distribuer des films est une opération dispendieuse, même lorsqu’on fait attention aux frais. J’ai été très chanceuse, car j’ai pu profiter d’un fonds personnel d’investissement qui m’a permis de démarrer mon entreprise. J’aurais pu m’acheter une belle maison, voyager à travers le monde ou faire des études supérieures avec cet argent. Mais j’ai décidé d’investir dans ma propre entreprise. Je n’espérais pas devenir riche, mais je ne pensais pas tout perdre non plus. Si c’était le cas, j’aurais pu le donner à une œuvre de charité avec des résultats plus bénéfiques d’un point de vue humain. Mais je croyais aux possibilités, et au cours des deux dernières années, j’ai supposé que si je n’arrivais pas à atteindre mes objectifs, c’est que je ne m’acquittais pas assez bien de ma tâche, que je n’avais pas encore choisi le bon film ou que la compagnie n’était pas encore assez connue, et que les choses s’amélioreraient avec le prochain film.»

    Plus loin, elle poursuit:

    «La triste vérité, c’est que la plupart des cinéphiles sont hypocrites. Ils aiment se plaindre de l’état lamentable de l’industrie du cinéma international, mais quand vient le temps de se déplacer dans une salle de cinéma au bon moment, ou d’acheter un DVD avant qu’il ne soit rendu dans les bacs à 15 $ et moins, ils se désengagent. C’est facile de se plaindre du manque de diversité au cinéma et dire que nous vivons dans une ère de stupidité culturelle où nous sommes envahis par les blockbusters américains. C’est plus demandant de faire les efforts nécessaires pour garder notre économie culturelle en vie.

    Je vous pose donc une question: quelle est l’importance que vous accordez à une grande disponibilité de films internationaux de qualité? Si c’est très important pour vous, faites les efforts. Ne téléchargez pas. Allez au cinéma le premier weekend et contribuez au bouche à oreille à propos des films. Achetez les DVD et dites à vos amis de les louer. Nous sommes dans une économie de marché. Vos dollars votent. Vous êtes responsable de votre diversité culturelle. Le même principe s’applique pour l’état général de notre économie, de notre environnement et de nos questions politiques. Rien ne s’améliorera si chacun n’y va pas de son petit effort. Si ce n’est pas si important pour vous, alors conservez les choses telles qu’elles sont présentement. Je fermerai ma compagnie, comme plusieurs autres distributeurs indépendants devront le faire. Nous trouverons autre chose à faire, ne vous inquiétez pas pour nous. Mais n’allez jamais, plus jamais vous plaindre de la pauvreté des films offerts sur le marché, car vous aurez été en partie responsable de cette carence.»

    Lisez la missive dans son intégralité.

    Bruno Dequen, de 24 images.com, avait fait écho à cette «alerte générale» dans un billet publié récemment.

    L’équipe de Panorama-cinéma.com a aussi consacré un dossier sur le sujet.

    Pour la présentation en salle, ce triste constat ne me surprend guère. Après tout, les cinéphiles québécois ne sont pas tous concentrés autour de l’eXcentris, du Cinéma du Parc, ou du Cartier à Québec. En revanche, les difficultés que rencontrent les distributeurs spécialisés sur le marché des DVD a de quoi nous préoccuper.  S’il est impossible pour eux de récupérer la mise de ce côté, il y a en effet toutes les raisons de s’inquiéter…

    Qu’en pensez-vous?

    Vous pouvez aussi me suivre sur Twitter.


    • La dernière farce de ceux dont l’auteur de ce blogue qui disent défendre les cinéphiles: Dans La Presse, 2.5 étoiles à l’appât et que 3 pour Crime d’amour de Corneau. Expliquez-moi quelqu’un. Ils ont compté les entrées pour donner les étoiles? Citation de la critique du devoir sur le premier film: ”une comédie policière d’une médiocrité affolante, farce moribonde et racoleuse”. Quel film pensez-vous que les lecteurs profanes vont aller voir?

    • L’option DVD est dépassée je pense. Ce genre de film n’est pas de ceux que l’ont veut posséder en DVD. On veut les voir point. Il faudrait explorer des avenues comme la location de film directement d’internet. Itunes ou même l’initiative quebecois Éléphant (les vieux films sont 2.99 en HD). Cela baisserait les couts d’operation et pourrait profité d’une disponibilité de longue durée. Parallèlement, il devrait y avoir une plus grande synergie Festival et location internet. Pourquoi est ce que les films présentés dans les festivals ne seraient pas disponibles en location sur internet en même temps. Peu de ses films auront une carriere en salle intéressante anyways. Profiter de la publicité générer ainsi par le festival et peut-être même que cela bénéficiera une éventuelle sortie en salle un fois le film disponible localement… je ne vais jamais dans les festivals parce que je deteste la contrainte des représentations, mais je finis souvent par voir ces films des années plus tard. j’aurais payé plus cher pour les voir plus rapidement…

    • “mais quand vient le temps de se déplacer dans une salle de cinéma au bon moment, ou d’acheter un DVD avant qu’il ne soit rendu dans les bacs à 15 $ et moins, ils se désengagent”

      Je suis d’accord avec ca, dans les années 80-90 a l’époque du cinéma Parisien ou Desjardins sur Ste-Catherine,ou le Berri sur St-Denis, on pouvait voir des films Francais et/ou indépendants en salle pour 5$ le mardi et mercredi, depuis la venue des gros complexes de cinéma, Guzzo,Paramount et autres, c’est 13,50$ pour voir un film, pourquoi ? parce que y’a des auto-tamponneuses dans place pis un bar pis des machines a boules…regarde-la, quand je veut voir un film je vais au cinéma, si j’veut jouer dans les auto-tamponneuses j’vais a la Ronde, alors ca donne rien de me charger 13,50$ pour un film parce que y’a des manèges dans place, ca m’intéresse pas, je vais attendre qu’il sorte en dvd.

    • Par ailleurs , j’aimerais qu’ont m’explique, t’achète une voiture, mettons une BMW , ca va te couter 75,000$ en moyenne a cause des couts de production, t’achète une Huyndai, ca va te couter 12,000$, c’est logique du point de vue économique, mais au cinéma, la logique est pas respectée, tu vas voir un film de Xavier Dolan qui a couter 3,5 millions, ca coute 13,50$ pour le voir, tu vas voir The wrestler qui a couter 20 millions, ca coute 13,50$ a l’entrée, tu vas voir Avatar qui a couter 300 millions, t’arrive au guichet c’est 13,50$.
      Me semble que le film de Dolan devrait me couter 4,50$, The wrestler 8,00$ et Avatar 15$, 18$ en 3D.

    • Désolé pour madame Trépanier mais elle a mal fait son étude de marché ou son plan d’affaires. Et suppliez le public de venir vous voir ou vous encourager c’est pas la bonne attitude à avoir…

      Que ce soit pour le cinéma ou autre dans la restauration aussi je vais me plaindre mais s’il faut payer beaucoup plus en temps ou en argent on peut pas le faire…

      Il faut absolument que votre film remplisse au premier Week-End ? À cause du manque d’écran ? Justement votre chien est presque mort alors…

      Du vrai cinéma de répertoire ou d’auteur doit être sur un autre circuit un circuit parallèle mais où ? Même à Saint-Lambert Phos est fermé ? Si c’est pas dans mon quartier, ou près de mon lieu de travail, j’irai pas…

      C’est comme un beau restaurant… Ou une épicerie fine… Écoutez c’est du marché de niche et il y en a certains en banlieue aussi et plein à Montréal mais j’irai pas là souvent…

      Je vais pas plus au cinéma dans les grands complexes madames… Donc je suis pas un cinéphile ou plutôt un petit cinéphile… Alors c’est pas avec moi mais il y a peut-être un public pareil mais peu nombreux auquel je peux me greffer à l’occasion…

      Votre entreprise est pas rentable ? Je connais pas toutes les conditions mais on ne peut pas mettre la faute sur les clients… Il y a peut-être des clients occasionnels et d’autres qui pourraient être fidèles mais qui sont aussi dispersés et peu nombreux…

      Pas le droit de se plaindre ? Mais on achète pas les films plates ou évite les grands complexes…

      Alors on va au Musée à la Cinémathèque une fois dans l’année 2010 mais eux aussi ont besoin d’abonnés… Même avec des fonds publics… Puis après ? On y va quand cela adonne…

      Étudiez votre marché comme il faut ou bien soyez un mécène qui a les poches profondes… Ou demandez des dons ou des commandites ou des subventions… Il y a pas 100 solutions, l’argent reste toujours le nerf de la guerre…

      Vos films peuvent pas être sur iTunes c’est plate pour vous mais il y a des artistes pas mal inconnus au Québec qu’on peut télécharger eux dans le domaine de la musique cela veut pas dire que c’est rentable pour autant…

      Je le sais pas alors faite de l’INTERFINANCEMENT… Du vrai commercial … Et rions un peu… Associez-vous avec Anne-Marie Losique qui elle va faire du cash mais qui financerait cette production là…

      Désolé madame mais moi je le sais pas comment faire de l’argent avec cela… Il faudrait une autre business ou des commanditaires… Qu’est-ce qui est payant tout étant légal ? Et qu’on pourrait associer au cinéma de qualité ?

      Une business rentable mais qui pourrait s’associer à vous pour le prestige… Ou une fondation je le sais pas… Mais c’est cela votre marché la niche, le petit marché, le bouche à oreille, un circuit parallèle…

      BONNE CHANCE !

    • Voyons donc TeddyBear ce serait le contraire pour le film de Dolan pour être ”rentable ” financièrement il faudrait quintupler ou sextupler le prix tout en ayant au minimum le même nombre de spectateurs…

      Ou prenons l’exemple de ta voiture bien oui des voitures de séries vendues partout dans le monde…

      Même si c’était juste une petite voiture bien ordinaire si le marché était pas grand… Pour rentabiliser la production il faudrait la vendre pas mal plus cher…

      C’est la rareté qui fait le prix et l’offre et la demande…

      La demande est moins forte pour ce type de cinéma on le sait… Alors c’est une grande part dans le à but non lucratif qu’il faut trouver des solutions… Les entreprises privées elles ? Elles peuvent être des partenaires, des fournisseurs…

      Tout ce que je sais c’est que madame blâme le public… Et si c’était perdre ses illusions ??? C’est pas fait pour tout le monde être en affaires et beaucoup se cassent la gueule… Plusieurs ont très mal évalué leur marché ou leurs compétences dans le domaine…

      Bravo pour avoir essayer et avoir eu ce courage là mais vous êtes conseillée par qui ? Qui a fait vos projections de revenus ? Votre comptable disait quoi ? Et votre banque elle y croyait ?

      Non mais certains y vont pareil contre les avis et avec passion finissent par réussir on le sait mais ce peut être tout simplement la réalité qui les rattrape.

      Tsé vendez-moi de la bière populaire par caisse de 24 au dépanneur… J’en veux pas et j’en achète pas… Mais vous avez quelques bouteilles de bières de Micro-Brasserie à l ‘épicerie ou au dépanneur ? De temps en temps je vais en acheter une… C’est pas moi qui fait vivre la compagnie mais ce sont des petits montants qui s’ajoutent…

      Nous sommes pas assez nombreux à en acheter ? Tant pis, il se peut qu’ils cessent d’en vendre… On peut aller voir ailleurs dans un autre dépanneur ou à l’épicerie ou encore à la SAQ…

      Tes films vont-ils aussi jouer sur Radio-Can ou Télé-Québec ? C’est là que ton financement devrait être en partie… C’est pas vous ?

      Tant mieux s’il y a des gens qui croient pouvoir tirer leur épingle du jeu… Vous vous avez pas réussi ? Ou vous résistez encore un peu ? C’est bien mais je connais pas les solutions…

    • Je suis entièrement d’accord avec ce qu’à écrit l’intervenant “teddybear” @ 16h28 aujourd’hui.
      ça fait des années que l’on en parle don un très vieux débat; aller voir un Film au cinéma coûte le même prix pour tous les films peu importe le budget.
      La demie solution qui a été trouvée – au moins en Europe – est l’établissement de la “carte illimitée” peut-être un jour au Canada ???
      … Puisque BLOCKBUSTER & le SUPERCLUB VIDEOTRON viennent de lançer leurs services respectifs de locations illimitées pour 10$/mois !

    • Plusieurs films de répertoire ou internationaux pourraient se partager un seul écran d’un cinéplex, en alternance. La technologie d’aujourd’hui permet d’alterner entre plusieurs pellicules plus aisément.

    • Madame Trépanier peut bien aussi sermonner son public de cinéphiles mais…

      Ce sont les distributeurs qui avaient raison pour la presque totalité des films… Il n’y a pas de POTENTIEL COMMERCIAL… Sauf pour de très rares exceptions…

      Juste à aller sur son site mais ce sont des films de Festival… Et c’est là que la clientèle cinéphile peut se réunir…

      Votre Festival n’est pas une vitrine c’est presque votre seul lieu de diffusion à moins qu’il y ait autre chose…

      Elle leur pose aussi la question suivante ?

      ” quelle est l’importance que vous accordez à une grande disponibilité de films internationaux de qualité? ”

      Wô minute, c’est sûr que c’est plate mais c’est pas possible surtout pour le genre qu’on voit… C’est pas une grande disponibilité qui est possible mais une petite disponibilité peut-être et là quand il y a cette possibilité là il faut mettre l’accent sur plus de promotion…

      Non je les louerais pas ou j’achèterais pas ses films sauf exception peut-être ou j’irais les voir peut-être dans un Festival…

      Ok elle connaît l’industrie pour y avoir travaillé et ses parents sont en affaires mais là c’est maintenant la confrontation entre son rêve et la réalité ?

      Allez je lui resouhaite bonne chance mais moi que voulez-vous si on m’implore d’y aller cela m’attirera pas… On peut me tenir au courant, par contre… Si j’ai cliqué sur un j’aime sur Facebook et cela peut faire en sorte que je n’aurais pas été au courant autrement…

    • @lecteur_curieux

      Si ca couterait juste 4,50$ mettons pour voir le film de Dolan, contrairement a Avatar a 13,50$ ou Iron man a 13,50$, je crois que beaucoup de gens se risqueraient a aller voir le film de Dolan, mais quand tous les films sont au meme prix, on va aller vers des valeurs sures de divertissement, Avatar, Ironman etc.

    • La pauvre dame n’a tout simplement pas le bon plan d’affaires.

      Quand netscape est apparu, toutes les compagnies de disques s’arrachaient les cheveux et blâmaient les internautes.

      Puis Steve Jobes est venu avec iTunes et maintenant on peut télécharger légalement de la musique et Steve Jobs fait des affaires d’or avec ça.

      Moi j’ai recommencé à aller en salle quand ça faisait une différence avec mon cinéma maison à cause du 3d.

      Autrement j’aime mieux voir ça chez moi sans partager l’accoudoir, sans le voisin de derrière qui commente le film, sans payer $6 pour l’équivalent de 50 cennes de popcorn et sans me retenir d’aller au toilettes parce que je peux pas mettre sur “pause”.

    • ….et sans compter, lesteurbipersonne, le grand tata qui vient s’installer directement devant toi même s’il est seul dans sa rangée!

      C’est un peu ça le problème…. on n’écoute rarement le consommateur sous prétexte “qu’on connait le marché” et que “nos parents sont en affaires”! Et ce dans beaucoup de dommaine! On nous enfonce dans la gorge toutes sortes de conneries en prétendant savoir ce qui est bon pour nous! Ben, des fois, on régurgite…!

    • *domaine*

    • Il y a une baisse de qualité ambiante certaine, doublé d’un far-west financier hallucinant (les banquiers volent, les internautes volent, le crime organisé ne s’est jamais aussi bien porté).

      Quelques exemples: le français parlé et écrit (en rapport direct sans doute avec la volonté molassonne — et hypocrite, du désir d’une nation francophone en Amérique du Nord), le coulage fédéral de la spécificité culturelle francophone du pays, l’indifférence conservatrice béton envers quelque culture que ce soit, sauf pour le bulldozer américain, et surtout… le bar ouvert de l’Internet, à une époque où le FBI ou la GRC savent qui écrit le mot BOMBE à qui, ou qui télécharge quoi, sans facturation autre que la facture en gigaoctets du client, où le même BELL sait à qui j’ai parlé en longue-distance la veille— et à qui, et qui me facture facilement en conséquence.

      Mais le vol culturel de l’Internet , ça compte juste pas.

    • Je suis tout à fait d’accord avec lesteurbipersonne. Il y a belle lurette que je ne me suis pas pointée dans une salle de cinéma pour toutes les raisons énoncées et SURTOUT pour la (&)(?%&?% de publicité imposée. Je paie 13,50$ pour en plus me faire casser les oreilles par leurs pub à tue-tête…Non merci!

      L’industrie devra s’ajuster à cette nouvelle réalité, point final.

    • @Teddybear

      Je déplore aussi cette époque où il y avait beaucoup plus de petites salles de cinéma…

      @danbel

      L’industrie ? Comme disait Guzzo, elle vise les enfants et les ados comme clientèle cible. Alors, elle en a rien à cirer de vieux croûtons comme moi… LOL… Et ils font même exprès pour vous rendre l’expérience désagréable si vous n’avez pas acheter vos billets d’avance ou ne vous rendez pas dans leur machine distributrice…

    • Je pense être un vrai cinéphile, en effet, je vais au cinéma une fois par semaine depuis maintenant 20 ans!!! sans blague. je comprends très bien la frustration de cette passionnée pour le 7e art, cependant, je crois que le vrai malaise, réside dans le fait que la plupart des gens vont au cinéma pour se divertir et non pas pour se questionner sur la logique d’un film ou pour interpréter l’oeuvre en question. Le cinéma pop corn, du type Harry Potter, les gens aiment cela, ils vont le voir pour une seule et unique raison, passer du bon temps et ne pas trop se questionner sur l’objectif du réalisateur avec son film. Bref, la triste vérité c’est que les films d’auteurs, que j’aime beaucoup en passant, sont réservés à une clientèle qui en quête de quelque chose, des gens qui aiment se questionner, des gens qui adorent le cinéma, le vrai, le bon, le film éléphant par exemple, contrairement aux films pop corn qui ne font qu’une seule chose, nous offrir du bob temps sans se casser la tête. Je pense que le cinéma d’auteur tout comme les Grands Ballets ou encore, l’Opéra, s’adresse à des gens passionnés et non à des gens qui recherchent un divertissement de courte durée. Benoit Gérard Bon cinoche!

    • @ Stéphanie Trépanier

      Le cri du coeur me touche, je dois l’avouer.

      Ceci dit…

      ”Je vous pose donc une question: quelle est l’importance que vous accordez à une grande disponibilité de films internationaux de qualité?”

      S.v.p. définir ”qualité” ? C’est parfaitement subjectif tout ça… Je préfère encore un Inception ”blockbuster” à un snoozefest étranger qui me fera perdre 2 heures de mon précieux temps libre. Loin de moi l’idée de suggérer que vous offrez des films ordinaires, mais, je répète: c’est subjectif tout ça. Et force est d’admettre qu’effectivement: lorsque l’on achète, c’est un vote. Et le peuple semble avoir choisi, il me semble.

      Maintenant, si vous décidez d’aller à contre-courant, là où des pas mal plus gros que vous se sont déjà fracassés les dents… Libre à vous.
      Mais, au moins, ayez un plan de match qui soit solide et, surtout, innovateur. Think outside the box. Par pitié, lâchez les salles de cinéma locales et profitez de la force d’internet, offrez quelque chose que les autres n’offrent pas, démarquez-vous!
      Un marché de niche, par définition, ne peut se suffire d’un petit bassin de population, d’un petit territoire… ont doit puiser son volume de vente en allant chercher un peu partout le 0,0001%-0,5% de clients potentiels.

      Sinon ?

      Sinon, madame, j’espère que vous connaissez déjà la différence entre la persévérance et l’entêtement.

    • @lesteurbipersonne et lecteur_curieux

      Je suis bien d’accord avec vos (lucides) points de vue.

      L’industrie au grand complet fait face à toute sortes de remises en question, à plusieurs niveaux… et des profondes à part ça.
      Personnellement, ma consommation cinématographique a grandement diminuée depuis la venue de séries télés de qualité en DVD. Je remet en question le concept même du long-métrage, tellement le format ‘’série télé” offre un meilleur potentiel… C’est dire.

      Pour ce qui est des salles de cinéma ? Ouf. Effectivement, il faudra repenser aussi au concept de l’offre sur ce point. Il y a une liste longue comme ça d’irritants et bien peu de points positifs versus l’écoute à la maison.
      Même le 3D, qui ne me convainc pas, ne sera pas exclusif au cinéma… Il ne reste donc que l’expérience IMAX ou le simple et douteux plaisir de sortir de chez soi pour aller s’enfermer dans une autre pièce remplie d’étrangers avec lesquels nous n’aurons aucun contact social, anyway…

      Et je ne parle même pas des problèmes de piratage et de distribution, qui dictent (n’en doutez pas) ce qui sera offert sur le marché dans les prochains mois et années.

      L’industrie, étant ce qu’elle est, doit générer des profits. Sans quoi, tout meurt. Et en ce moment, elle est plus en mode survie qu’en mode conquérant.

    • @ teddybear

      L’idée est mignonne, mais ce n’est pas comme cela que ça fonctionne.

      Il y a DEUX façon de rentabiliser tout produit ou service:

      1. avoir une bonne marge de profit.

      2. avoir un bon volume de vente.

      Et, c’est toujours une combinaison des deux qui équilibre les choses.

      Tu fais un film qui coûte au total 2 millions ? Un seul spectateur, qui est prêt à payer 2 millions pour rester le seul individu de la galaxie à le voir (!) rend l’opération rentable. Et même profitable s’il laisse du pourboire (c’est un baron du pétrole à mon avis, ils laissent de bon tips habituellement…)

      Ou alors… Il faut plusieurs personnes, qui paieront moins individuellement, de façon à financer le tout. C’est essentiellement le même principe qu’un ”group buy”, à la différence qu’au Québec tu es forcé d’adhérer au group buy en question, même si tu n’en veux pas. Merci aux taxes et aux impôts qui servent à soutenir artificiellement un marché non-rentable. Mais c’est un autre débat… Enfin, pas vraiment, mais passons tout de même… Bref, 2 millions de personnes, qui paient 1 dollar chacune, fait de ton film à 2 millions quelque chose de rentable.

      Mais comment convaincre deux millions de personnes ? Ou comment convaincre un seul baron du pétrole ?

      Trop difficile ? Alors, nul autre choix que de réduire le coût de la production. S’il est impossible de réduire le coût de la production tout en gardant l’intérêt d’un baron du pétrole ou de suffisamment de clients potentiels, alors tu te retrouves avec un marché vide de potentiel et un projet mort-né.

      C’est la dure, froide mais essentielle réalité.

    • @subwayfrais

      EXACTEMENT. Si le film est projeté dans un festival, mettez le online le lendemain de sa première représentation sur le site même du festival (avec l’accord des producteurs et distributeurs bien sûr). Ajoutez à ca un avantage de voir le film online (moitié du prix etc.) Ajoutez quelque chose en lien avec les réseaux sociaux (facebook, twitter etc) Le public va aimer, et les distributeurs aimeraient aussi, question de visibilité. Il faut voir la réalité en face. La technologie d’aujourd’hui est un outil formidable pour le cinéma d’auteur ou de “niche”. Faut juste savoir comment l’exploiter.

    • Arrêtons ce concept de “j’ai choisi pour vous”.
      On a dépassé cette époque.

      Aujourd’hui, çà prends un site web qui te renseigne
      immédiatement sur le grand festival de cinéma
      jouant en ce moment-même dans le monde,
      ses primeurs, et les titres gagnants quand il
      y a lieu. Ensuite, en effet, il faudrait une
      distribution à vitesse-éclair, et en cela
      l’internet eswt l’outil de choix. Cela dit,
      on peut très bien projeter un film à
      distance sur internet, si le fait de le
      voir en salle compte.

      Bref, c’est sur que nous n’en sommes
      pas encore là, en bonne partie par
      la faute des producteurs puisqu’ils
      magasinent les distributeurs alors
      qu’ils n’ont qu’à faire de ceux-ci
      depuis l’époque digitale. Mais tôt
      ou tard, il va falloir envisager
      la possibilité d’une instantanéité
      du cinéma.

      Et comme plusieurs ont dit:
      si les films ne remplissent plus
      les salles, bien testons voir
      si la cinéphilie existe toujours
      sur internet. Le cinéphile en
      général va se doter d’un système
      cinéma-maison qui n’est pas
      loin de la petite salle de cinéma
      (son petit cinéma Parallèle privé).

      Il faut changer, s’axer vers l’avenir.
      La population se décentre. Rester
      dans un centre-ville, çà coute cher
      (j’y suis, mais tout mes amis déménagent
      et de plus en plus loin). Bref, de
      réserver l’oeuvre pour la petite salle
      au centre-ville, je pense que c’est
      terminé. L’ère digitale permet
      la décentralisation, mais si
      rien n’arrive c’est la peur de
      perdre de l’argent. À ce moment là,
      je suggère d’arrêter de créer,
      de vouloir faire des événements,
      car d’autres viendront bien
      prendre votre place. Il y a trop
      d’art produit pour pas que çà ne
      déborde tôt ou tard, avec ou sans
      profits.

    • En fait, la cinéphile qui cherche l’oeuvre rare n’attends plus
      une sortie en salle, car rien n’est sur de ce coté, et quand
      cela arrive, les attentes sont trop longue (et j’ajouterais même:
      les festivals trop bondés: car ce n’est pas intéressant de se serrer
      les coudes dans un festival, surtout quand tu sais que la présentation
      de presse une semaine avant était plus agréable question “espace vital”).

      Le cinéaste d’”avant-garde” doit comprendre cette
      réalité: que son film n’intéresse qu’une portion de cinéphile,
      qui ont beaucoup de misère à y avoir accès.

      Tant qu’à perdre de l’argent, pourquoi ne
      pas distribuer un film sur Netflix ou Itunes
      le plus tôt possible? Il y a une tendance à
      faire languir le cinéphile comme si cela
      ajoutait à l’importance intellectuelle
      d’une oeuvre, ou à son curriculum.
      En bout de compte, le producteur se
      retrouve aves les poches aussi vide.
      Me semble qu’au moment de la création,
      tu le sais un peu pour qui tu fais ton
      film, et ses chances de succès commercial,
      mais peut-être je me trompe (en tout
      les cas le magazine Variety ne se gène
      pas pour le décrire, les chances de succès
      commercial d’un film).

    • Je me targue d’avoir du flair pour décerner le grain de l’ivraie cinématographique. Et je vais vous dire : depuis une dizaine d’années, les films dits “d’auteur”, ces films de “bouche à oreille” et autres festivals “alternatifs”, ces films disais-je sont des escroquerie et rien d’autre. Comme l’écrit un internaute un peu plus haut sur ce blogue, c’est INJUSTE de payer 13 piasses pour voir un navet intello qui n’en a coûté que 100,000 dollars, et le MÊME prix pour Avatar et ses 500 millions d’investissement.
      De qui se moque-t-on ? Doit-on, de notre poche déjà visitée douloureusement par les collecteurs de taxes qui pullulent de nos jours, sortir ENCORE de l’argent pour financer des auteurs pas très sérieux, pas très bons, qui se défilent quand vient le moment de discuter de la RENTABILITÉ de leur film sous prétexte qu’ils sont subventionné comme des fonctionnaires moscovites des années rouges ?? Doit-on payer pour ce “cinéma” sans avenir, car sans public, et sans public car… mauvais !! Tout simplement mauvais !!! C’est Darwin qui le dit (et Dieu sait qu’il a tort quant à l’application de ce principe à la biologie) : si tu es mauvais, tu disparais. Le bon cinéma survit, les élucubrations pseudo-intellectuelles n’intéressent personne, that’s it, that’s all.

      SmartGuy

    • “Bref, 2 millions de personnes, qui paient 1 dollar chacune, fait de ton film à 2 millions quelque chose de rentable.”

      Non. Et c’est bien là qu’on arrive au noeud gordien de l’affaire. Un distributeur, Evokative, c’est un tier parti. Ils achètent des droits sur un film X pour un territoire donné, qu’ils proposent ensuite aux salles. Et ils se séparent les recettes selon une entente pré-établie. 50% à moi, 40% à toi, 10% à la production. Genre.

      Donc, c’est pas parce que le film fait 2 millions de $ qu’il a fait ses frais. Tant au niveau des coûts de production que de distribution. Les majors court-circuitent le problème en ayant intégré la distribution. Ça leur donne plus de pouvoir aussi sur les exploitants. Voir le scandale autour de la sortie d’ALICE de Burton. Les studios demandaient jusqu’à 80% des recettes des 5 premières semaines et avaient déjà annoncé la sortie du DVD, genre 8 semaines plus tard. Rajoutons à cela qu’aujourd’hui les films font un énorme pourcentage de leurs recettes dans les premières semaines, ça ne donne pas beaucoup de temps aux exploitants pour faire de l’argent, mais y ont juste à vendre plus de pop corn!

      De plus, les majors peuvent se permettent toute sorte d’ententes du genre: Mr. Guzzo, si vous ne prenez pas 10 de nos films, vous n’aurez pas IRON MAN 23 cet été. Ce qui explique la rareté des salles pour les films qui n’ont pas 400 millions en publicité et qui auraient besoin d’un peu de bouche à oreille. Comme les films d’Evokative.

      “Si le film est projeté dans un festival, mettez le online le lendemain de sa première représentation sur le site même du festival.”

      Question: Si un film est disponible sur l’internet, pourquoi un distributeur l’achèterait? Ainsi, la production se couperait des ventes étrangères. Un producteur fait de l’argent en vendant des droit d’exploitation territoriaux. Pas sûr que je serai intéressé d’acheter un film s’il est disponible sur le web. On pourrait peut-être contourner le problème avec des accès bloqués par pays ce qui me semble contre la nature du web (mais ça, c’est un autre débat…).

      Plusieurs expériences en ce sens sont à l’essai. Cet automne, notre blogger monsieur Lussier en parlait déjà avec le film de François Delisle, DEUX FOIS UNE FEMME. Je ne sais pas quels sont les chiffres finaux mais je vois bien que ce choix de sortir en VOD en même temps qu’en salles a fait peur aux exploitants, qui ont refusé le film. Au final, l’oeuvre n’a eu qu’un sortie confidentielle au cinéma Parallèle. Faut voir si ça été profitable…

      Mais c’est clair qu’on est dans une époque de mutations concernant les industries culturelles.

      “Comment convaincre un seul baron du pétrole ?”
      C’est une question éternelle, n’est-ce pas?

    • @ SmartGuy

      Sais-tu vraiment de quoi on parle ici? As-tu vu les films d’EVOKATIV? Ce sont des films de genre étrangers! Des trucs populaires présentés au festival FantAsia.

      Aucun rapport avec les films intellos de tes délires adéquistes…

    • Un des problèmes qui, à mon sens, doit être soulevé à la base de toute cette réflexion est de déterminer si une oeuvre d’art – et donc un film dit «d’auteur» ou «d’art et d’essai», name it – est un produit commercial comme un autre – comparable à une voiture comme le suggère assez maladroitement quelqu’un .
      Si pour vous c’est oui, c’est là une bien triste nouvelle pour l’art et le cinéma…

    • @ SmartGuy

      C’est quoi cette espèce de délire sut votre prétendu flair ? Suivant votre logique, seul Céline Dion devrait faire des albums puisqu’elle en vend un gros paquet ! Le retse peut crever et disparaître, il y aura toujours Las Vegas pour les bons shows ?
      Bien honnêtement, ce qui transpire de votre commentaire est bien d’avantage du mépris pour l’art et l’intelligence qu’un amour réel – et éclairé – du cinéma…

    • Ce qu’il y a d’intéressant avec l’affaire EVOKATIVE (j’avais oublié le E de la fin), c’est que ce n’est pas une opposition art vs commerce comme nombre d’intervenants semblent le croire. Regardez le corpus (BLACK, DELIVER US FROM EVIL, ADRIFT IN TOKYO…), les films d’EVOKATIVE sont des films de genre, des films relativement commerciaux mais juste un peu à côté du mainstream parce que non-hollywoodien. On ne parle pas de cinéma d’auteur pointu comme STRAUB-HUILLET ou SOKHUROV ici.

      Et l’expérience nous montre maintenant que ce mainstream un peu décalé ne peut même plus exister. Commercialement. C’est ce cinéma là qui est vraiment en danger finalement. Parce que STRAUB va continuer à faire ses films même si on est deux douzaines à les voir. C’était vrai en 1978 comme en 2010…

    • @winslow

      “Bref, 2 millions de personnes, qui paient 1 dollar chacune, fait de ton film à 2 millions quelque chose de rentable.”

      Non. Et c’est bien là qu’on arrive au noeud gordien de l’affaire. Un distributeur, Evokative, c’est un tier parti. Ils achètent des droits sur un film X pour un territoire donné, qu’ils proposent ensuite aux salles. Et ils se séparent les recettes selon une entente pré-établie. 50% à moi, 40% à toi, 10% à la production. Genre. Donc, c’est pas parce que le film fait 2 millions de $ qu’il a fait ses frais.”

      Vous passez complètement à côté de mon point.

      Je n’essaie pas ici d’expliquer à coup de calculette qui gagne quel pourcentage sur quel film et dans quel territoire… Je fais juste démontrer des principes économiques très simples: l’offre et la demande, la marge bénéficiaire et le volume de vente. That’s it.
      Vous diviserez la tarte plus tard… là il est question des ingrédients de base sans quoi il n’y aura pas de tarte du tout!

      Comme vous le mentionnez, peut-être que la fonction même d’une cie comme Evokative (un intermédiaire, ni plus ni moins) est caduque en cette ère du web. Du moins, dans sa forme actuelle.

    • @livefromquebec

      En fait pour le cinéma comme d’autres arts il faut voir cela en économie comme un bien semi-publlic apportant des externalités positives. Alors l’intervention gouvernementale peut être requise.

      Par contre, pour les entreprises privées qui oeuvrent dans le secteur il faut quand même s’inspirer et utiliser les principes de marché. Et l’offre et la demande jusqu’à un certain point.

      Puis même un organisme à but non lucratif, il doit faire son budget et le respecter quoiqu’avec certaines façons de subventionner de l’État on ne récompense pas toujours la bonne gestion.

      Madame part une entreprise privée, elle peut bien être une amoureuse du cinéma et avoir un certain discours de militante mais elle doit aussi penser en femme d’affaires. Son entreprise n’est pas une entrerprise d’économie sociale non plus…

    • - INTERNET ET LE CINÉ CLUB

      Internet va remplacer le Ciné-Club. Le potentiel est là et il est encore *assez* inexploité. Le concept iTunes à 4$ le download en HD devrait être décliné selon les marchés “niches” du cinéma. L’offre de iTunes n’est tout simplement assez large. Le problème, c’est que pour réunir assez de *clients* pour rendre l’opération rentable, il faut être Québécor ou Steve Jobs. Un Netflix du cinéma d’auteur ? Oui, il y a de la place pour un ou deux joueurs internationaux. Un Netflix strictement québécois ? Sûrement pas rentable.

      - INTERNET ET LES FESTIVALS

      L’idée est séduisante et on va sûrement en arriver là. Les contraintes territoriales vont finir par tomber, mondialisation oblige. Au prix que ça tuera encore plus quelques festivals de films et qu’on se ramassera avec quelques “oligarques” du festival de cinéma qui rentabiliseront leur festival sur le web. Y’aura Cannes, Venise, Berlin, Toronto. Les autres mangeront les pissenlits par la racine. Et ces gros joueurs vont finir par se tourner vers le net pour rentabiliser leurs opérations car leur “sheiks d’arabie”, ou plutôt leur commanditaires, vont eux aussi subir une pression à la hausse de leurs profits (demande des actionnaires) et vont (se) désengagent tranquillement du mécénat corporatif pour augmenter leur marge.

      XAVIER DOLAN À 4,50$

      Je ne voudrais pas vous avoir comme comptable. Les films de Xavier (sauf peut-être le premier) ne font pas leurs frais ou du moins, ne génère aucun profit. Avatar, en contrepartie, génère des miliards de profits pour un investissement de 300M$. Suivant votre logique, c’est Avatar qui devrait coûter 4,50$. Si la vie était comme ça, on appelerait ça du socialisme.

    • @ jon8

      Bien sûr, mais ça me tentait d’expliquer un petit peu les rouages de l’industrie. Y a plein de gens qui s’imagine que le box-office s’en va direct dans les poches du producteur.

      C’est sûr que si la distribution implose on arrivera vers quelque chose comme votre modèle de base. Mais j’ajoute que la tarte que propose EVOKATIVE n’est pas si différente de ceux qui font du gros cash. Donc théoriquement, la demande est là. Et c’est en partie pourquoi madame Trépanier est si déçue…

    • Tout est une question de marché. Les “gros films américains qui prennent toute la place” répondent à la demande. Si les gens détestaient ça, ils n’y iraient pas, même si c’est tout ce qu’il y a d’offert.

      J’avoue que la rapidité à laquelle un film doit être rentable bousille le bouche à oreille.

      Mais bon. J’aime bien les films étrangers (surtout les vieux films, mais bon). Mais j’ai des enfants, je suis en région, je ne sors pas beaucoup. Pour ce qui est du DVD, je n’ai pas besoin de sous-titres en français, je peux donc prendre le DVD de Criterion, chose que je me permets une fois par année!

    • Non mais ce n’est pas une question de médium utilisé. Certains disent qu’il faudrait les distribuer sur le web. Voyons, ça ne changerait absolument rien.

      Désolé d’être pessimiste mais il n’y a pas un bassin suffisant de cinéphiles au Québec pour supporter ce marché. La population de 15 ans et plus au Québec est rendu à environ 6.2 millions. Je ne crois pas me tromper en disant qu’il n’y a pas plus de 5% de cette population qui s’interesse véritablement au cinéma “non-commercial”. Il y a un pourcentage de la population qui ne s’interesse pas du tout au cinéma, un autre pourcentage (très grand) qui trouve son bonheur dans le cinéma “commercial”, un autre pourcentage (très grand aussi) qui trouve son bonheur dans Occupation double et Le Banquier. Cela nous laisse avec un gros maximum de 5% de cinéphiles. Ça ne fait que 310 000 cinéphiles potentiels, ce qui est insuffisant pour maintenir un tel marché. C’est triste mais c’est comme ça.

    • Le “bottom line” c’est aucun film ou presque n’est rentable au Québec. Faire des films sur une base de financement privé est pratiquement impossible: ce genre d’entreprise ne pourrait être qu’exceptionnel et sa rareté ne permettrait pas de développer un cinéma de qualité pour concurrencer le géant américain, sans parler du fait que Hollywood a le monopole de la distribution et ne laisse pas passer beaucoup de films qui ne correspondent pas à son cahier de charge scénaristique, le tout en anglais bien sûr.

      À partir de là, le drettiste darwinien à tendance Elvis Gratton dira qu’on ne devrait donc pas financer de films québécois (des programmes télé aussi, un coup parti) et ne regarder en conséquence que des films américains ou français. Or, un peuple a besoin de se voir représenter sur écran, sans quoi il n’est plus que dans l’acculturation et l’aliénation (se considérer indigne de représentation et préférer l’autre à soi). On voit ce que ça donne au Canada anglais, où Don Cherry est le héraut de leur distinction nationale.

    • Je fais partie de ces “intervenants” qui, semble-t-il, ont déçu madame Trépanier.

      Je comprends son cri du coeur, je pense que je peux dire que je vis la même chose… même si j’en suis moins directement affecté.

      Le film de répertoire me tient à coeur, et quand Evokative a commencé ses activités, nous l’avons supportée autant que possible.

      C’est toutefois difficile de continuer de le faire quand les recettes des films concernées sont quasi de zéro.

      Nous sommes, de plus, situés en région et la version non-traduite est pour nous un problème supplémentaire.

      Plusieurs l’ont mentionné, le prix de tout ce qui entoure l’oeuvre d’art ne respecte pas une certaine cohérence qui, si elle était respectée, serait tout aussi incohérente.

      Flou un peu, hein… La traduction, par exemple, coûte probablement le même prix pour Parking que pour Avatar… pourtant il est impossible de penser faire les mêmes recettes.

      Est-ce que ça veut dire que les acteurs qui post-synchronisent doivent se contenter d’une fraction du salaire qu’ils auraient reçu pour une grosse production? Bien sûr que non.

      Qui, donc, doit sacrifier ses revenus au nom de l’amour de l’art? Les clubs vidéo? (nous le faisons déjà). Les distributeurs? Manifestement, ils le font déjà. Les exploitants de salles? Les acteurs?

      Ça devient un casse-tête, parce qu’on doit tous manger.

    • @winslow

      Effectivement en allant voir les trailers des films sur le site d’Evokative, il se dégage une impression de films plutôt accessibles, c’est pas du pointu. Mais c’est pas très vendeur non plus surtout pour un public donné et si on regardait juste la pochette, pas sûr que ce serait suffisant.

      Après trois bande-annonces oui cela semble intéressant mais justement il faudrait beaucoup de temps au bouche à oreille pour se faire outre dans les festivals ou les amateurs se rassemblent.

      Même un film français tout dépend lequel… Mais dans mon expérience perso au Cinéma Beaubien devant une salle vide ou presque mais lors d’un festival à Cinémania, une salle pleine à craquer.. Bien sûr, si le réalisateur et l’actrice principale est là en plus des commanditaires et tout cela va faire du monde à la messe…

      Oui la différence entre culture et commerce demeure… Les films ont peut-être un vrai potentiel commercial mais dans d’autres marchés. Ici au Québec ? Malheureusement cela semble être peu, très peu ou pas du tout.

      Pourquoi donc ? Par le manque d’éducation du public sans les vexer ? C’est pas eux les coupables ce sont les réseaux qui n’en diffusent pas assez alors que des goûts cela se forge.

      Et madame, ses films et son entreprise n’ont peut-être pas assez fait parler d’eux. Pour le petit bassin de clientèle possible et éparpillé.

      Black serait là au SuperClubVidéotron mais avec une disponibilité qui varie d’une succursale à l’autre… Le Tueur aussi…

      C’est pas mon genre de Club Vidéo mais c’est le plus proche et c’est dans cette section là que je vais aller, une petite talle avec les films québécois aussi…

    • Les films de madame en salle Teddybear ont été présentés ici à Montréal soit à AMCForum ou bien au Cinéma Beaubien…

      Imaginez que vous êtes à pied du 1000 de la Gauchetière, il faut prendre le métro en plus et marcher pour Beaubien ou prendre un bus… Beaubien est un cinéma de quartier mais cela peut faire pas mal de déplacement pour s’y rendre…

      Le quartier pour nous c’est le dépanneur et peut-être une carte iTunes ou plus loin peut-être le SuperClubVidéotron…

    • À tous les cas elle n’a pas tort lorsqu’elle dit que beaucoup de cinéphiles sont hypocrites. Je vois ca partout autour de moi les gens qui se plaignent du mauvais cinéma hollywoodien, mais ne consomment que ca.

    • Le cri d’alarme d’un spectateur : Entre les couches, le panier d’épicerie qui augmente de 13 % en 4 ans, le coût de l’essence pour me rendre travailller qui atteint des sommets historiques et inégalés, il me reste quelques dollars par semaine, qu’on appelle communémeent des dollars-loisirs. Ces dollars loisirs, Mme Trépanier, ont l’honnête particularité d’être ce que leur nom évoque : de l’argent pour mes loisirs. Donc, ayant cette prémisse en tête, sachez que lorsque qu’il nous reste du temps et de l’argent pour s’évader dde notre quotidien, nous Québécois moyen, qui soit dit en passant représentons la majorité des clients potentiel du marché du cinéma québécois, qu’est-ce que nous voulons faire lorsque nous voulons nous évader? Vous l’avez en mille : on NE va PAS voir « A quelle heure le train pour nulle part » ou « Route 132 », des films qui nous font penser, qui sont tristes, qui nous rappellent les conditions dans lesquelles ont vit. En effet, nous voulons nous évader, voir un divertissement qui nous fera tout, sauf penser. Depuis que le cinéma existe, il s’agit là d’une de ses principales fonctions. Rien d’étonnant.

      Par contre, ce qui est étonnant, c’est quelqu’un qui, par exemple, démarre une entreprise de vente de sapins de Noel blancs et artificiels. Sachant d’avance que sa part de marché est restreinte, cet individu enfonce tout de même la pédale au plancher en ce qui a trait à son budget marketing, suppliant les gens d’acheter ces sapins. Et voilà notre entrepreneur, peiné et frustré, au jour de l’An, de n’avoir pas vendu de sapins artificiels blancs et pire, qui lance un cri d’alarme à la société..

      La morale : Avant de vouloir transcender les parts de marché historiques d’un produit : assurez-vous que les gens veulent acheter votre produit, qu’ils en ont besoin. Ce qui n’est pas le cas pour votre cinéma et qui ne le sera jamais. Je ne dis pas ça parce qu’il n’est pas bon, votre produit. Je dis que c’est un produit de luxe destiné à une petite, petite proportion de spectateurs qui, comme moi, dépensent leurs dollars loisirs comme ils l’entendent. N’en n’ayant pas à profusion, nous aimons bien en faire ce qui nous plaît.

    • Nickbg, ce qui est triste c’est ton post. C’est vrai qu’entre la job et les couches, il ne reste plus beaucoup de temps pour penser. Bonne évasion.

    • @unholy_ghost : Vous auriez plutôt dû lire entre les lignes de mon post, et comprendre un état de la situation actuelle, vu à travers les yeux du cinéphile moyen, celui là même qu’interpelle Mme Trépanier. Vous n’êtes pas du tout visé par ce cri d’alarme, étant probablement un cinéphile international averti et aguerri, qui achète tous ses DVD internationaux au fort prix et qui va aussi voir ces films en salles. De plus, on peut souvent vous lire sur ce blog, ce qui démontre votre haut degré de connaissance du cinéma dont fait état Mme Trépanier. J’essayais bien humblement de démontrer qu’un marché n’est pas un tout homogène, surtout lorsqu’on s’attaque au marché du loisir. Vous avez fort aimablement démontré mon point, je vous en remercie.

    • Tout a fait d’accord.
      Je suis dans la région d’Ottawa…
      Prenons le film Antichrist qui a eu droit à 5 représentations au Bytowne!!!
      Et pour lequel nous avons eu droit au DVD pratiquement un an après le reste de la planète?????
      À qui la faute?

    • @lecteur_curieux

      Je parle pas de distance a marcher pour aller voir un film, ,a l’époque j’aimais bien déambuler sur Ste _catherine pour voir un film qui m’intéressait, au Loews, au Parisien au Berri etc, avant 18:00 hres ca coutait juste 5$, toutes ces salles-la ont fermer, et maintenant ca coute 13,50$ qu’il soit 12:30 un lundi ou 20:00 le samedi soir, que ce soit un film qui a couter 300 millions a faire ou 6,5 millions c’est toujours 13,50$..la loi de la demande dit: plus le prix d’un produit est bas, plus les gens vont vouloir s’en procurer.

    • @teddybear

      Peut-être que tu en parles pas directement mais cela faisait plus de salles dans le même secteur et à distance de marche raisonnables, maintenant ils préfèrent regrouper cela dans des grands complexes.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Offre_et_demande

      Pour la loi de la demande ? Je trouve qu’ils l’expliquent mal disons plutôt qu’il y a une courbe de demande sur le marché. Et que pour chaque prix associé, il y a une quantité demandée. Évidemment que si le prix diminue, la quantité grimpe du point de vue de la demande.

      Et il y a une courbe d’offre aussi. Là c’est le contraire, si le prix augmente, la quantité offerte augmente.

      Puis ici, avec les films de madame on parle surtout de films disons pour des salles qui se dédient plus à cela.

      Regardez les prix au Cinéma Beaubien :

      http://www.cinemabeaubien.com/fr/tarifs.aspx

      Il y a des prix plus bas, en journée mais la salle peut être réservée pour des écoliers du secondaire.

      Bon mais le cinéma dans un type donné et à prix abordable ? Allez à la Cinémathèque à 7$, par exemple.

      Allez au Cinéma du Parc, les mardis si vous avez pas 60 ans ou n’êtes pas un jeune… Pour 8$…

      Essayez le Cinéma Parallèle quand les prix sont à 9$…

      http://www.cinemamontreal.com/cinemas/Cinema_Parallele.html

      Ou encore allez à la cinérobothèque de l’ONF..

      http://www.onf-nfb.gc.ca/fra/cinerobotheque/visionnage-sur-place.php

    • Bien moi, si NickBG veut juste aller voir Alice Au Pays Des Marveilles ou Avatar, çà ne me dérange pas, mais il est certain que je ne serais jamais satisfait de cela. J’aime davantage que le divertissement, les films qui m’aident à réfléchir ou me parlent de sujets que je connais peu, ou prétendent avoir quelque chose de nouveau à dire sur un sujet que je connais bien (le cinéma, par example).

      Je crois simplement que moins de gens ressentent le besoin de sortir de chez eux, surtout parce que l’offre à la maison est grande: chaine télés, internet, club video par téléphone, etc. C’est au cinéma d’auteur justement d’aller jouer dans la platebande des grands, et puisque qu’ils ne peuvent produire une chaine télé (ARTV devait au départ être bien plus intellectuel qu’il ne l’est aujourd’hui), bien il reste la liberté de l’internet (les longs vidéos reviennent sur Youtube, et déjà là il y a un fort potentiel. Tous les vieux films qui ont fait leur marché devraient à mon avis s’y retrouver, car il n’y a pas assez de gens prêt à payer pour voir un film de 1935 (à part peut-être un classique de Disney).

      Le cinéma indépendant n’est pas rare. Quand une personne ne veut pas attendre, il peut commander un film sur Ebay à l’étranger, ou directement du producteur. Mais oui, il y a beaucoup de films sans distributeurs, dont les producteurs vous vendront le film à moins qu’il n’ait fini sa course autour du monde des festivals.
      Au départ, cette concurrence annonce la réalité du “beaucoup d’appelés, peu d’élus”, qui fait qu’il n’y a peut-être pas de place pour plus de 60 films par annnée dans le monde qui vont véritablement faire de l’argent.

      Il faut opposer à cela la faiblesse de l’économie. C’est vrai que les prix ont doublés en plusieurs endroits (à commencer par le prix d’une maison), pendant
      que le revenu moyen n’a pas bougé. Je ne sais pas qui sont les cellules grises qui se sont mis à faire grimper les prix partout parce que “tant que le client paie, on peut toujours augmenter”, mais si le résultat est que les gens n’ont plus les moyens de se divertir, et que le seul film qu’ils iront voir pendant une année entière est Avatar, et bien voilà, vous avez le résultat d’une culture qui se meurt quand le peuple s’appauvrit. Peut-être est-il venu le temps où les Molières doivent replacer les Shakespeares (théâtre de rue vs. théâtre payant).

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    mars 2014
    L Ma Me J V S D
    « fév   avr »
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Archives

  • publicité