Marc-André Lussier

Archive, décembre 2010

Jeudi 30 décembre 2010 | Mise en ligne à 11h11 | Commenter Commentaires (50)

Le cinéma québécois en 2010: tout est-il si rose?

Piché - 1

Piché – Entre ciel et terre - champion du box-office 2010.

Depuis quelques jours, on peut lire et entendre plusieurs reportages analysant la «performance» de la cinématographie québécoise au cours de la dernière année. Généralement, le portrait se révèle très flatteur. On souligne les bons résultats de certains films destinés au grand public; le rayonnement des films d’auteurs sur le circuit des festivals internationaux; la diversité des produits proposés.

Tout cela est vrai. Avec une production de plus d’une trentaine de longs métrages de fiction par an, le Québec a créé sa propre «industrie» du cinéma. Combien de films produisent en moyenne des pays ne comptant que sept millions d’habitants de par le vaste monde? Certainement pas autant.

Tout le monde s’accorde aussi pour dire qu’un équilibre doit exister entre les productions destinées au «grand public» – dont les possibilités d’exportation sont pratiquement nulles – et le cinéma de création. Cela dit, cette notion selon laquelle les «gros» font vivre les «petits» est un peu boiteuse à mon avis. Dans la mesure où, dans un pays comme le nôtre, même les films à succès ne peuvent être «rentables» et engendrer des profits. Et en passant, il est faux de prétendre que les films à vocation populaire sont systématiquement démolis par la critique. L’an dernier, De père en flic a suscité des commentaires très favorables. Malheureusement, la qualité n’était généralement pas au rendez-vous cette année du côté des «blockbusters made in Québec», même si la dernière partie de Piché – Entre ciel et terre valait largement le détour. Il faudra attendre les chiffres officiels, mais la part de marché des films locaux se situerait autour de 9% en 2010. 4 points de moins qu’en 2009.

Sur l’autre flanc, celui qu’on appelle le «cinéma d’auteur», on se réjouit évidemment du succès qu’a obtenu Incendies. Le film de Denis Villeneuve occupe le 2e rang des productions québécoises les plus populaires de l’année (derrière Piché – Entre ciel et terre). C’est inespéré. Étrangement, le bonheur des uns semble faire le malheur des autres en ce pays. D’autres très beaux films n’ont pu vraiment rencontrer leur public. Ceux qui sont sortis dans la foulée d’Incendies bien sûr (Route 132, À l’origine d’un cri), mais aussi d’autres œuvres très solides proposées au cours de l’année: du Journal d’un coopérant à Curling en passant par Les signes vitaux, Trois temps après la mort d’Anna, Tromper le silence et tant d’autres.

Remarquez que ces œuvres méritoires (bousculades aux Jutra à prévoir!) sont appelées à s’inscrire dans notre imaginaire collectif et passeront fort probablement l’épreuve du temps. L’ennui, c’est que notre système de production est axé sur les résultats immédiats, et résolument orienté vers la «performance». D’où tous ces déchirements, toutes ces discussions sur le financement des films et des choix effectués par les institutions.

Pour s’épanouir, le cinéma d’auteur doit obligatoirement se faire valoir sur la scène internationale. À cet égard, 2010 fut une année plutôt fructueuse. De Snow & Ashes à Slamdance jusqu’à Incendies, en passant par Curling, plusieurs films d’ici ont glané des prix dans différents festivals. Comme le faisait remarquer mon comparse Cassivi dans une récente chronique, on sent qu’il manque encore un petit quelque chose, une étincelle, qui permettrait au cinéma québécois d’obtenir une véritable reconnaissance sur la planète cinéma. À moins que je ne fasse erreur, aucun film québécois n’a été sélectionné en compétition officielle dans l’un des trois grands festivals compétitifs (Cannes, Berlin, Venise) depuis Les invasions barbares à Cannes en 2003. Si on exclut Denys Arcand du portrait, il faut remonter à… 1992! Cette année-là, Léolo (Jean-Claude Lauzon) avait concouru sur la Croisette.

Incendies aura finalement servi d’étincelle (sans jeu de mots!), mais pas de manière prévue. Tout laissait croire en effet que Villeneuve se retrouverait en compétition à Cannes, d’autant que des films du cinéaste avaient déjà été présentés dans toutes les autres sections du festival (Cosmos et Un 32 août sur Terre à Un certain regard; Next Floor à la Semaine de la critique; Polytechnique à la Quinzaine des réalisateurs). Le comité de sélection ne l’ayant pas retenu, Incendies fut présenté à Venise (dans le cadre de «Venice Days», une section parallèle). Au bout du compte, le tiercé Venise-Telluride-Toronto s’est révélé très profitable pour le rayonnement  du film de Villeneuve. Qui prendra notamment l’affiche sur un circuit de près d’une centaine de salles en France le 12 janvier.

En terrains connus (Stéphane Lafleur) ayant été sélectionné dans la section «Forum» du prochain Festival de Berlin (une section parallèle), les espoirs se tournent maintenant vers Café de Flore, le film – très attendu – de Jean-Marc Vallée. Les producteurs, Pierre Even et Marie-Claude Poulin, ne cachent pas leur ambition de lancer le nouveau long métrage du réalisateur de C.R.A.Z.Y. sur la Croisette au mois de mai. Vanessa Paradis étant la tête d’affiche du film (avec Kevin Parent), on peut présumer que les sélectionneurs cannois y accorderont une attention particulière.

Et l’année suivante, on peut aussi s’attendre à ce que Xavier Dolan, dont le deuxième long Les amours imaginaires fut présenté en sélection officielle à Un certain regard, fasse les frais de la compétition officielle avec Lawrence Anyways. Il est certain qu’à Cannes, on est prêts à accueillir le jeune cinéaste québécois à bras ouverts. Qui plus est, Les amours imaginaires a obtenu un succès beaucoup plus retentissant en France qu’ici.

Il convient aussi de souligner la sélection de Le vendeur, premier long métrage de Sébastien Pilote, dans la compétition de films dramatiques étrangers du prochain festival de Sundance. L’an dernier, l’excellent film australien Animal Kingdom fut le lauréat dans cette catégorie.

Oui le cinéma québécois nous a réservé de belles choses en 2010, principalement sur le plan créatif. Souhaitons que tout ce qui a été semé puisse encore mieux éclore en 2011.

L’analyse de la Presse canadienne.

Les commentaires de Michel Côté.

Chronique: Le pacte de non agression.

La bande annonce d’En terrains connus, sélectionné à la Berlinale.


Site officiel d’En terrains connus.

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Mercredi 29 décembre 2010 | Mise en ligne à 15h25 | Commenter Commentaires (2)

Hollywood vous propose en 2011…

 

Les artisans du site français allocine.fr ont conçu un autre montage vidéo, consacré cette fois aux films qui prendront l’affiche en 2011.

Deux choses : des titres déjà sortis chez nous figurent au programme de la nouvelle année en France (True Grit, Black Swan, 127 Hours, Tron: Legacy, etc.)

Par ailleurs, ce montage, d’une durée de 15 minutes, ne s’attarde pratiquement qu’aux productions hollywoodiennes.

J’en profite pour vous signaler que notre propre bilan 2010, incluant la liste des dix meilleurs films de mon comparse Cassivi, ainsi que la mienne, sera publié dans La Presse vendredi (31 décembre).

Et notre reportage traditionnel sur les 20 films qui marqueront la nouvelle année au Québec sera publié dans La Presse samedi 8 janvier.

Cliquez ici pour accéder au montage d’allociné.fr

 

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Mardi 21 décembre 2010 | Mise en ligne à 8h40 | Commenter Commentaires (15)

Hommage aux disparus

Via allocine.fr

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