Marc-André Lussier

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    Vendredi 29 octobre 2010 | Mise en ligne à 19h51 | Commenter Commentaires (38)

    Guillaume et les 2 Marc

    Poil de la bête - 1

    Guillaume Lemay-Thivierge – Le poil de la bête

    La semaine dernière, Guillaume Lemay-Thivierge a fait une sortie pour dénoncer publiquement la sévérité de certains critiques de cinéma, et déplorer ce qu’il considère être un «acharnement» contre les films québécois. J’y avais fait écho dans ce blogue.

    À vrai dire, l’acteur en avait plus particulièrement contre une chronique qu’avait écrite mon comparse Cassivi à l’occasion de la sortie de Filière 13, et aussi contre une «partie» de chronique que j’avais rédigée à propos du Poil de la bête.

    Lors de la chronique des «2 Marc», qui a lieu tous les deux vendredis à l’émission de Christiane Charette (Radio-Canada – Première chaîne), Guillaume Lemay-Thivierge fut invité ce matin à se joindre à la conversation. Cette discussion sur la critique, très cordiale, aura permis à chacun d’exprimer sa vision des choses. Mais il est clair que chaque camp restera sur sa position.

    Si cela vous intéresse, vous pouvez écouter ici cet échange.

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    • Guillaume Lemay-Thivierge m’est apparu la première fois chez Archambault Musique alors qu’il tournait Le matou à l’époque. Tout à côté d’eux, j’entendais son père lui expliquer qu’il ne pouvait pas acheter tout ce qu’il voyait dans le magasin. Comportement typique de l’enfant-vedette gâté pourri. On le sait, les enfants sont enclins à attirer l’attention pour qu’on les aime davantage. J’ai usé moi-même de ce stratagème quand j’avais son âge. Moi aussi je me suis fait mon propre cinéma longtemps avant l’arrivée d’IMAX et du 3D! C’était en VistaVision ou ben plusse beau encore, en CinamaScope…

      Qui sait? Peut-être qu’un un jour effectivement, Guillaume Lemay-Thivierge deviendra un grand acteur. Cela s’est déjà vu dans l’Histoire du cinéma. Je le lui souhaite sincèrement.

    • J’ai suivi cet échange ce matin, plus ou moins attentivement. GLT me donnait l’impression de ne pas comprendre que le job de critique n’est pas forcément d’agir comme relationniste de presse pour un film, ou comme “caisse de résonnance” pour une industrie qui veut me passer une vessie pour une lanterne. Si le film, ou le jeu des acteurs mérite des louanges, il en recevra; si ça fait dur, le critique fait son job de le dire. Si j’ai vraiment envie de voir un film en dépit de critiques mauvaises, j’irai pour mes propres raisons, tout en gardant en tête les commentaires pour constater, par moi-même, si le film est à mon goût ou pas.

      J’ai largement décroché du cinéma québécois il y a longtemps parce que je ne supporte pas la complaisance en arts, et il semble qu’elle n’a pas encore été totalement évacuée du cinéma québécois.

    • Face à la critique, l’égo est touché.

      Mais face à la critique, c’est aussi la “chienne” qui pogne au ventre, quand on sait que la revue de presse (et les opinions forgées sur la notoriété, la visibilité et la popularité) compte dans les processus d’obtention de financement.

      Dans le fond, ce n’est pas tant un cri pour protéger l’oeuvre déjà faite que pour protéger celles à venir.

      Ce n’est pas le rôle d’un critique.

    • Ce que Guillaume a dit en substance: même si un film est poche les critiques devraient l’aider parce que ça fait vivre l’industrie québécoise.

      En somme il voudrait que les critiques de cinéma soient au cinéma ce que RDS est à Canadien.

    • Le meilleur moyen d’éviter la critique est d’offrir un produit de qualité, chose que le cinéma québecois omet quelque fois de faire. Ceci étant, le rôle du critique reste toujours de relever des carences au niveau technique ou même structurel d’un film (montage, scénario, direction d’acteur, musique etc..) sans sombrer dans le “bashing” pur et simple pour le plaisir de le faire ou de vendre de la copie.

    • L’art de pisser contre le vent.

    • Ce que Guillaume Lemay-Thivierge sous-entend c’est que la critique est pire envers les films québécois (d’où son concept de l’acharnement) qu’avec les films étrangés et américains.

      En fait, je pense qu’il est plus difficile à prendre pour un artiste d’ici qu’un critique d’ici n’aime pas un film fait ici, par des artistes d’ici. C’est comme si on s’attendait que le critique québécois soit plus tendre envers les films de son pays… et qu’on s’étonne qu’il n’en est pas ainsi !

      D’abord, lisant régulièrement les critiques des deux Marc, je dois dire qu’ils font souvent des critiques négatives des films réalisés hors Québec. Mais sont-ils moins «méchantes» ?

      Je ne crois pas, mais ce n’est que ma perception. Si je faisais des fllms dans le milieu du cinéma québécois, probablement que j’aurais une autre perception des choses.

      Je trouve que certains critiques comme Michel Coulombe ou le chroniqueur Claude Deschênes semblent être plus tendre avec les films québécois. Mais encore une fois, ils sont tendres envers presque tous les films ! Tout est relatif.

      Chose certaine que je ne veux pas d’un critique c’est : la complaisante ou la mauvaise fois. Sans avoir la prétention d’être objectif, il faut que le critique soit surtout honnête avec lui-même.

    • Je crois pour ma part que la critique est plus tendre avec les film québécois. Quand je considère la cote donnée à un film québécois j’enlève systématiquement un demi-point ou un point selon le système choisit par le critique. En fait un critique va habituellement évité d’écorcher un film québécois sauf si le milieu se dresse au complet contre lui.

    • Ce que vous avez fait avec « Le Poil de la Bête » ne s’appelle pas critiquer un film, ça s’appelle donner son opinion sur un film. Ce que n’importe quel employé de club vidéo qui se respecte aurait pu aussi bien faire, sinon mieux, que vous. Là où le bât blesse c’est que vous ayez eu, en plus, la prétention de juger de la pertinence de ce genre de film alors que vous ne possédez pas, à mon humble avis, la culture cinématographique requise pour y parvenir (un Aleksi K. Lepage, par exemple, aurait su mieux s’y prendre). Encore faut-il connaître et comprendre l’œuvre d’un Sam Raimi, George A. Romero ou d’un Philippe de Broca pour savoir s’attaquer à des films de genre tel que « Le Poil de la Bête ». Vous reprochez au film d’être un papillon disgracieux alors que sa seule prétention est d’être une chenille respectable.
      En d’autres mots, bien que je sois un gros fan de la dernière période plus hermétique de John Coltrane, je suis le premier à admettre qu’il ne s’agit pas là d’une musique facile à apprécier (certains diront même qu’il ne s’agit même pas de musique), mais de se contenter d’évaluer de la pertinence seule d’un morceau de musique sans tenir compte du contexte dans lequel elle a pris naissance est symptomatique, à mon avis, d’un manque de perspicacité critique.
      Il faut parfois savoir sortir des sentiers battus pour découvrir de nouvelles façons de faire et, ne vous déplaise, les films d’auteurs que vous encensez avec tant d’ardeur constituent, bon an, mal an, le sentier battu de la production cinématographique du Québec. Ce sont les films de genre (films d’horreur, de science-fiction, teen movies, drame sportifs) qui représentent l’exception dans le contexte présent.

    • Je viens d’écouter l’échange à Christiane Charette… Bien, c’est certain que je ne partage pas le point de vue de Guillaume Lemay-Thivierge sur ce que doit être la critique…

      Qu’est-ce que j’attends d’un critique ? Mais une évaluation sur les qualités cinématographiques et artistiques du film en question…

      Là où je donnerais un point autant à Cassivi qu’à Guillaume c’est que les artistes le prennent personnels mais des critiques aussi semblent prendre le cinéma de manière personnelle… C’est-à-dire les succès ou non de telle personne ou telle autre… Ce n’est plus juste de la critique c’est aussi du BILLET et de la CHRONIQUE…

      Les films ont besoin de public mais les critiques ont besoin de lecteurs… Alors on ne s’en tient pas qu’au cinéma…

      Beaucoup de facteurs peuvent faire en sorte que nous les gens du public allons voir un film… L’évaluation des critiques n’en est qu’un parmi de nombreux autres…

      Guillaume aimerait que des reporters aillent prendre le pouls du public ? Cela se fait déjà d’une certaine façon… Ce n’est pas de la critique c’est du compte-rendu de ce qui se passe…

    • Vous êtes, les deux Marc, à la fois chroniqueurs et critiques… Alors c’est du texte d’opinion et en plus blogueur…

      Alors c’est bien beau d’amener cela sur plusieurs plans pour favoriser la discussion… Et on apprend aussi si vous avez aimé le film on non de même que votre évaluation.

      Cassivi fait un billet d’opinion contre Huard… C’est son droit… Mais c’est au-delà de la critique du film comme tel cela… Et il doit considérer que c’est son rôle de chroniqueur et que La Presse l’engage pour cela… C’est correct…

      Bon allons-y de préjugés… Cassivi semble un peu fendant… Huard plutôt colon… LOL

    • ”Vous reprochez au film d’être un papillon disgracieux alors que sa seule prétention est d’être une chenille respectable.”

      haha! N’importe quoi..

      @ Guillaume Lemay-Thivierge et autres

      Un film, quel qu’il soit, est en compétition avec toutes les formes de divertissements proposés sur la planète qui siphonnent quelques heures de notre précieux temps libre.

      Tout producteur, réalisateur et participant à l’élaboration d’un film devrait en être conscient. De prime abord, le film a la prétention d’être suffisamment intéressant pour que le cinéphile y investisse ce temps nécessaire à l’évaluation.
      De plus, s’il échoue à intéresser, il gruge le capital-sympathie-patience du cinéphile, qui ne doit strictement rien à personne et qui pourrait un jour être plus timide dans ses explorations, voire même se tourner vers d’autres formes de divertissements. Ce qui rend la chose d’autant plus injuste pour les vraies bonnes productions.

      Chaque film bien diffusé mais qui s’avère une déception, tue peut-être dans l’oeuf plusieurs autres. Voire même l’image cinématographique nationale. En effet, combien de films québécois ou Hollywoodien ai-je manqué après que j’ai épuisé les chances accordées -avec raison ou pas- ?

      Mais comment savoir qu’elles sont ces bonnes et mauvaises productions ?

      Un métier a été inventé pour *aider* à y voir plus clair: Critique.

      Fonction imparfaite et imprécise, certes, mais Ô combien utile.

    • ”Ceux qui bénéficient de l’extrême privilège d’obtenir l’aval des institutions, surtout quand il s’agit d’un budget important, ont aussi la responsabilité d’offrir un film de qualité.”

      (tiré de l’autre billet)

      Tout est là.

      Cette double responsabilité cinéphile/productions futures devrait toujours être prise très au sérieux et commander la rigueur la plus totale.

      Guy-A Lepage m’avait fatigué lorsqu’il disait à la sortie de son Camping Sauvage que c’était ”pas un film mais juste une vue”.. Merde, fais en pas de p**** de film si c’est pas pour en être un! … Ça m’avait marqué, dans le temps..

      Dans un monde idéal, le cinéaste insatisfait du résultat de son travail devrait avoir le droit de le déchirer, tel le peintre avec sa toile. Or, c’est évidemment impossible (quoique historiquement il y a peut-être eu quelques cas).

      D’où l’importance d’être à l’écoute des critiques pour se réajuster dans le futur. Et, surtout, de ne pas attendre la complaisance pour pallier artificiellement aux défauts d’une production.

    • @jon8

      “D’où l’importance d’être à l’écoute des critiques pour se réajuster dans le futur. ”

      Ça, ça dépasse le bon sens… Personne ne fait de film pour plaire aux critiques et encore moins ne recherche leurs “conseils” pour se réajuster. Il ne manquerait plus que ça… Tu cherches conseils auprès de ceux qui en ont fait… Une critique demeure un point de vue. Et des points de vues, il y en a tant que tu veux….

    • J’y suis allé d’impressions et de sentiments… Alors que je connais pas assez… Tiens sur Guillaume Lemay-Thivierge, j’en ai une… Je le vois comme un acteur et une personne qui se dépasse dans le sport et qui a tout le temps le besoin de bouger et qui a présentement un casting pour des films éventuellement cotés 5 ou 6 pour la cote de Mediafilm. Ou exceptionnellement, cela pourrait être un 4 mais avec un excellent réalisateur. Gars sympathique mais dont les personnages risquent de manquer de substance et de profondeur psychologique. Quoique qu’un grand réalisateur pourrait réussir à le faire bien jouer tout en gardant ses qualités présentes…

      J’ai pas assez vu quand même son jeu dans les récents films à Guillaume mais je reste sur cette impression… Alors que petit dans Le Matou, par exemple, sa force était sa spontanéité et sa candeur qu’il garde d’une certaine manière… Mais chez un enfant, c’est plus fort.

    • Je respecte le point de vue de Jon8 mais je ne le partage pas. De plus, on peut être critique envers les institutions et de la manière dont elles financent mais… C’est en partie ce système de subventions et le fait qu’elles sont pas nécessairement attribuées au mérite artistique…

      Non je veux parler de ma divergence de vue avec Jon8, non il faut faire du cinéma de mon point de vue non pas pour plaire aux critiques ni aux institutions… Peut-être trouver son public… Mais il faut s’assumer, peu importe que vous soyez un réalisateur avec des films juste cotés 5 dans l’ensemble de votre carrière avec peut-être un ou deux six et peut-être un ou deux 4. Tu fais du cinéma qui te plaît toi et susceptible de plaire à ton public.

      Bien sûr, que l’artiste peut lire les critiques comme il peut s’en moquer aussi. Un artiste n’est pas un fonctionnaire ni un intellectuel quoiqu’il peut être à la fois artiste et intello. Tu peux faire du cinéma qui n’est pas pour intellos. Et qui mérite sa note de 5.

      Non, moi au départ, je n’attend pas d’un critique, quoiqu’il peut le faire, qu’il m’expose sa vision du cinéma… Je veux son évaluation et le pourquoi de celle-ci. C’est un film moyen ? Parfait, je suis averti. Mais ce peut être mon choix pareil d’aller le voir… Plus fréquemment, à la télévision seulement…

      Je veux savoir de quel type de film il s’agit aussi en plus de l’évalution de son mérite… C’est juste un film moyen ? Bien oui, mais drôle pour relaxe et je vais embarquer… Parfait… Non je n’ai pas perdu mon temps… Alors que je pourrais perdre mon temps avec un grand film si je ne suis pas averti. Pas que j’aimerai pas le film… Je l’aimerai pas à ce moment là… Si on ne m’avertit, également de sa durée… Si j’ai prévu rentrer plus tôt, cela peut occasionner de la frustration.

      J’aimerais parfois qu’il y ait plus de place pour le privé et le privé sans but lucratif aussi… Se trouver des mécènes et des commanditaires. Et tu fais du cinéma avec ou sans l’aval des institutions… Cela déplaît à la critique… Et parfois cela leur plaît… Parfait qu’ils donnent leur avis… Mais l’artiste se doit d’être autonome… Et j’aime bien ceux pour qui cela est À PRENDRE OU À LAISSER…

      Lemay-Thivierge lui me semble encore manquer d’indépendance d’esprit ou être trop impliqué dans le système et voir la promo et tout cela… Et vivre des frustrations en fonction de l’évaluation ou de l’appréciation des critiques… Écoute BONHOMME, si tu n’as pas la chance de travailler présentement avec des grands réalisateurs pour le cinéma c’est pas de la faute des critiques… Si c’est ton casting non plus…

      Le public peut par contre apprécier et passer du bon temps très souvent dans des films classés 5… Et certains parmi eux s’emmerder royalement dans la grande majorité des films cotés 3.

      Certains chroniqueurs et critiques ont un côté comme j’ai aussi un peu… Une mentalité de missionnaire ou d’essayer de convertir les autres au grand cinéma et à la musique… Jouez votre rôle de vulgarisateur et contribuez à faire de l’éducation mais n’ayez pas trop d’espoirs de changer les choses rapidement…

      Mais oui, vous avez le droit d’être consternés en allant voir un film… Sauf que parfois c’était pas mal prévisible… Et on refait de la politique… Sur le rôle des institutions…

      Ouais et j’aurais comme préjugés que film de Huard devrait être financé par BURGER KING, par exemple ou par un fabriquant de bières populaires…. Je suis aussi consterné par les restaurants de junk food que par la quantité de films moyens sinon des navets qui inondent les clubs vidéos…

      Mais personne vous oblige à boire du BABY DUCK…

    • Un autre…

      Il est ok pour moi de faire du cinéma qui ne s’adresse pas à des cinéphiles avertis… Et je vais revenir avec les Bud Spencer et Terence Hill de ma jeunesse… Voyons donc, je les aime mais si un critique cotait présentement ”Deux super-flics” ou ” Salut l’ami, adieu le trésor” avec une cote de 3 ou 2… Non c’est du 5 et peut-être pour un du 4 et un autre un 6…

      Cela n’empêche qu’ils sont amusants quand c’est 5 et mieux…

      La même chose pour la musique pas obliger de s’adresser aux mélomanes avertis… On ne fait pas que de la musique pour cette raison… Cela peut-être pour le plaisir… Il y a plusieurs dimensions…

      En restauration ? On ne s’adresse pas qu’à des gastronomes… Je vais quand même avoir plus de plaisir à encourager un restaurant qui soit fait de la gastronomie mais cela va me coûter cher… Ou alors à bon compte… Un restaurant simple mais qui a de la personnalité, du caractère et de la gueule… Cela ne peut quand même pas valoir au restaurant simple une cote de 2 ou de 1… Un 4 peut-être…

      Mais pour les Junk, pour rester dans la même notation… Et de multinationales c’est du 6… Ils ne font que du commerce… Et les clients ? Ils ont souvent un choix restreint et sont conditionnés à aimer cela…

      On fait la même chose au cinéma que dans le reste du commerce… On conditionne le public à aimer le trop sucré, le trop salé, le trop gras…

    • @ M. Lussier

      Savez-vous si le film L’homme qui voulait vivre sa vie (avec Romain Duris) paraîtra au Québec et, si oui, quand (et où) ?

      Merci beaucoup!

    • jon8

      “De prime abord, le film a la prétention d’être suffisamment intéressant pour que le cinéphile y investisse ce temps nécessaire à l’évaluation.
      De plus, s’il échoue à intéresser, il gruge le capital-sympathie-patience du cinéphile, qui ne doit strictement rien à personne et qui pourrait un jour être plus timide dans ses explorations, voire même se tourner vers d’autres formes de divertissements. Ce qui rend la chose d’autant plus injuste pour les vraies bonnes productions.”

      Vous devez écrire ça pour rire. D’abord, si le cinéphile ne doit rien à personne, je n’en serait pas si certain. Ensuite, si ce que vous insinuez est vrai, c’est-à-dire que l’artiste a un devoir envers son public, alors c’est dire qu’il a nécessairement tort lorsque son film ne plait pas. C’est juxtaposer l’échelle artistique à celle du succès commercial et c’est un raisonnement étrange.

      Je ne suis pas d’accord avec votre vocabulaire lorsque vous dites qu’un film a nécessairement des prétentions divertissantes. Ou celle d’être “suffisamment intéressant”… Il y a des films qui ont la prétention d’être de l’art et ça ne veut pas nécessairement dire “divertissant”. Le problème de Guillaume Lemay-Thivierge, c’est qu’il n’est ni intéressant ni particulièrement inspirant.

    • En fait, à partir du moment ou un artiste doit “vendre” son travail, on rencontre ce genre de problème et de malentendu, ce qui ne veut pas dire non plus que la situation soit extrêmement complexe à analyser.

      J’ajoute que ce genre de bavardage des artistes qui exigent le respect des gens avec des mots et des complaintes me semble toujours hautement suspect puisqu’il remplace le vrai mode d’expression qui serait en mesure de le justifier (on ne cloue pas le bec d’un critique en chialant, bref).

    • @ zoom et les autres

      ”Ça, ça dépasse le bon sens… Personne ne fait de film pour plaire aux critiques et encore moins ne recherche leurs “conseils” pour se réajuster”

      ah! elle est bien bonne celle là.

      Les artistes *veulent plaire*, quoi que l’on puisse penser ou en dire. Certaines formes d’art autorisent le je-m’en-foutisme et un égoïsme absolu qui est feint un moment… Pas le cinéma.

      Le cinéma est, tout de suite après un exercice artistique -et souvent juste avant-, un projet commercial. Avec toutes les responsabilités et conséquences que cela implique.

      On veut plaire. On veut trouver la recette. On veut le succès critique et commercial. On veut que ça fonctionne pour avoir l’autorisation d’en faire d’autres…

      Sortez-vous la tête du bac à sable, les copains… La vie n’est pas ce monde égalitaire où virevoltent les calinours sur des arc-en-ciels.

      Un type comme Guillaume qui se met sur la défensive, le fait parce que, bottom line, on attaque directement ou indirectement sa contribution à la société: SA JOB.

      Qui ne serait pas sur la défensive ?

      Jamais je n’ai affirmé qu’un artiste (ou équipe dans le cas qui nous occupe) se doit de chercher à plaire aux critiques et à la population à tout prix. Jamais je n’ai dit que la prise de risque artistique n’était pas grandement souhaitable, ne serait-ce que pour faire évoluer le cinéma. Jamais je n’ai proposé que le cinéma se devait d’être une machine robotisée à répondre aux demandes, aussi calculées que stériles.

      Ce que je dis haut et fort c’est: si tu te plains du manque de popularité ou de revenu face à ta production artistique, tu n’a que toi à blâmer. Vouloir créer pour plaire à un prix et vouloir créer pour sois-même a aussi un prix.

      Alors, ou bien tu cherches une plate-forme d’expression qui te donnera la liberté souhaitée, ou alors tu écoutes et tu t’ajustes au besoin.

      Ne vous bercez pas d’illusions… Il y a, objectivement, de mauvais et de bons films. Et assez souvent, un minimum de reverse engineering peut expliquer pourquoi.

    • Avant de me joindre à cette discussion hier, j’étais à la Cinémathèque pour voir le film avec Vincent Price : ” The Last Man on Earth ”. Pour ma part, j’ai aimé cela et j’ai trouvé que c’était un bon film.
      Et je préfère cette façon pour la salle de cinéma…

      Pour la critique je suis ensuite allé voir sur RottenTomatoes et on dit qu’il n’y a pas de consensus sur ce film…

      Mais quand même… Juste à voir son nom et j’étais preneur pour aller voir le film… Contrairement à d’autres qui n’ont pas encore acquis toutes leurs lettres de noblesse et réputation.

      Le voici ici en entrevue, en 1986 :

      http://www.youtube.com/watch?v=8QVPT5qZL6A

      Je ne peux que faire le constat que c’étaient des vrais de vrais dans ce temps… Et là c’est un homme, en 1986, avec une parfaite conscience de son métier, de sa vie…

    • @aldoushuxley

      “Vous devez écrire ça pour rire.”

      Pas trop, non.

      “D’abord, si le cinéphile ne doit rien à personne, je n’en serait pas si certain.”

      Ah bon. Moi si. Le cinéphile est un consommateur qui choisit de dépenser temps et argent où il le veut bien. Il peut même décider d’être moins, ou plus du tout, un cinéphile.

      “Ensuite, si ce que vous insinuez est vrai, c’est-à-dire que l’artiste a un devoir envers son public, alors c’est dire qu’il a nécessairement tort lorsque son film ne plait pas.”

      Ce n’est même pas une question de “devoir envers xyz” ou d’avoir tort. C’est une question d’accepter, ou non, les conséquences de répondre à des attentes extérieures, ou non.
      That’s it, that’s all.

      L’artiste a ce choix.

      Mais le cinéma, de par sa nature même, est la plateforme d’expression artistique où les limites de ce choix sont les plus évidentes. Pour des raisons que je n’ai même pas à expliquer.

      “C’est juxtaposer l’échelle artistique à celle du succès commercial et c’est un raisonnement étrange.”

      Tout le défi d’une forme d’art onéreuse et réalisée en équipe est là. Le peintre ou le musicien peut possiblement passer au travers d’une vie d’incompris tout en exerçant sont art. Pour possiblement n’être reconnu que 200 ans plus tard… C’est à peu près impossible dans le cinéma.

      “Je ne suis pas d’accord avec votre vocabulaire lorsque vous dites qu’un film a nécessairement des prétentions divertissantes. Ou celle d’être “suffisamment intéressant”… Il y a des films qui ont la prétention d’être de l’art et ça ne veut pas nécessairement dire “divertissant”.”

      Malheureusement (ou heureusement, c’est selon), un film se doit de plaire suffisamment pour être rentable. Peu importe le public-cible, le “volume de vente” doit être suffisant. Or, la majorité des gens cherchent de l’impression et du divertissement. Le public plus cérébral et “ouvert” aux oeuvres “difficiles” est plus limité.
      Maintenant, à votre guise de croire que les choses pourront changer facilement et rapidement.

      D’ici là, je lève mon chapeau à des types comme Chris Nolan qui savent tirer le meilleur du divertissement tout en sensibilisant, tranquillement, une masse critique de public à plus de contenu et de profondeur.

      Le cinéma est une activité démocratique. Avec tout ce que cela implique.

    • jon8

      Ce n’est pas faux, le cinéma ne se pratique pas en autarcie totale et il a besoin de fonds, de subvention ou de mécènat, plus qu’ailleurs. C’est la raison pour laquelle il est d’ailleurs autant parasité par l’industrie du divertissement (ou est-ce l’inverse?).

      Mais le problème avec ce que vous dites, c’est que si on substitue Lemay-Thivierge par un artiste authentique qui a le malheur de ne pas plaire aux tantes Aline de ce monde, on peut faire le même genre de raisonnement.

      “(Voyez, Mr X,) un film, quel qu’il soit, est en compétition avec toutes les formes de divertissements proposés sur la planète qui siphonnent quelques heures de notre précieux temps libre (n’est-ce pas Aline? Ce monsieur vous empêche d’écouter la poule?).”

      “De prime abord, le film a la prétention d’être suffisamment intéressant pour que le cinéphile y investisse ce temps nécessaire à l’évaluation (c’est-à-dire environ 15 sec.).”

      “De plus, s’il échoue à intéresser, il gruge le capital-sympathie-patience du cinéphile, qui ne doit strictement rien à personne et qui pourrait un jour être plus timide dans ses explorations, voire même se tourner vers d’autres formes de divertissements.”

      Intéresser, divertir, capital-sympathie-patience, rentabilité…

      À vrai dire, est-ce vraiment ce dont on parle ici? La rentabilité? Il me semble que les critiques qui ont assommés Filière 13 parlaient plutôt de maladresses dans la mise en scène.? Lorsque vous dites qu’un film doit nécessairement divertir pour exister, vous jouez justement le jeu de Lemay-Thivierge et ses coéquipiers qui justifient la nullité artistique de leur travail par sa popularité. (avec des phrases comme “le cinéma doit faire des compromis pour plaire”, on est loin de faire progresser le cinéma québecois. Ce qu’on peut en dire, à la limite, c’est que c’est vrai pour l’instant).

      Vous croyez être dur avec Lemay-Thivierge en lui demandant un produit vendeur? Demandez-lui qu’il soit bon…

    • @jon8

      “un film se doit de plaire suffisamment pour être rentable.”

      Donc si je suis votre raisonnement, pour faire du cinéma, il faut quitter le Québec car ici, il n’y a pas de films rentables…

    • En résumé, des gens comme Lemay-Thivierge, le réalisateur Philippe Gagnon, et bien d’autres veulent faire du cinéma «grand public» et pensent qu’au Québec, seul le film d’auteur sera accepté. Ayant parlé à plusieurs d’entre eux je sais qu’il y a chez une gtrande frustration, voire un sentiment d’ostracisme.
      Lemay-Thivierge, maladroitement, tente (aussi) d’exprimer ceci.

      Ce type de débat existe probablement dans tous les pays où le cinéma est subventionné.Les institutions ont historiquement privilégié le cinéma d’auteur (moins vrai pour Téléfilm aujourd’hui!), laissant le divertissement à Hollywood. Aujourd’hui encore, les artisans qui veulent faire du cinéma grand public ont le sentiment qu’ils partent avec deux prises contre eux. (ou deux Marcs contre eux?).
      Qu’on sera plus dur avec un mauvais film grand public qu’avec un mauvais film d’auteur.

    • Ce n’est pas tout. Les compromis et les concessions marchandes sont de pures nuisances du point de vue artistique. Il est impossible, et ça devrait être plus vigoureusement décrié, qu’on soit forcés de faire des concessions à l’industrie cinématographique lorsqu’on fait de l’art au Québec. En fait il n’y a pas vraiment de mystère. Le produit est médiocre lorsque le talent est médiocre, voilà ce qui se passe en général.

      Moi, si je tenais une caméra, je ferais de bons films à petit budget. Puis, après avoir fait mes preuves, je signerais de plus gros contrats qui me donnent plus de moyens tout en protégeant ma liberté d’action. C’est ça qui est important. Tout est une question de rapport de force et de négociation. L’erreur que les artistes font souvent, c’est de se compromettre trop tôt dans l’industrie et ensuite d’être pris à la gorge par les critères des grandes boites de production. Ça fonctionne avec la musique. Je ne vois donc pas pourquoi ça ne pourrait pas fonctionner avec le cinéma. Les coûts sont plus élevés, mais la différence est quantitative.

      Et puis, c’est de la complaisance envers le système actuel que de se contenter d’être cynique à son endroit.

    • Lemay-Thivierge en même temps gagne sa vie… Un acteur ne peut pas toujours choisir tous ses rôles en voulant que des rôles intéressants pour des films susceptibles d’avoir une cote de 4 ou mieux…

      Est-il bon ou moyen ? Mais cela dépend aussi du réalisateur…

      Je crois que c’est dans le lien que j’ai donné ou dans la deuxième partie que Vincent Price disait que son épouse, une grande actrice disait-il, avait attendu cinq ans pour avoir un grand et bon rôle et il confirmait qu’elle avait bien fait… Ensuite, une autre fois c’est trois ans qu’elle avait attendu… Et vous parlez d’un marché plus grand que le Québec… Oui, il approuvait les choix de son épouse mais remarquait que pendant l’attente celui qui payait le loyer c’était lui…

      Alors un acteur, un bon acteur devrait mieux choisir ses films ? Toujours ???? Pourquoi certains acceptent tout en trouvant le scénario mauvais ? Pour gagner leur vie ? Pour prendre de l’expérience ? Pour s’amuser ? Pour le plaisir de travailler avec une équipe de gens avec qui il sait que cela va fonctionner au niveau personnel et professionnel ?

      Dans ce milieu comme dans d’autres… C’est beaucoup une affaire de contacts et de réseaux… Et c’est pas toujours les meilleurs qui ont l’emploi… Des gens peuvent être meilleurs aussi en théorie mais rendu sur les plateaux, ils seront pas capables ou difficilement capables de s’entendre… Il y a les egos…

      Oui, nous sommes dans un petit milieu mais j’aime pas les réactions qui font en sorte qu’ils acceptent pas que les critiques ou chroniqueurs donnent leur opinion ou qu’ils veulent leur dicter une conduite. Mais je ne suis pas contre, qu’il y ait parfois quelques petites frictions. Les artistes ont le droit de réagir… Ils peuvent avoir été blessés… Alors c’est normal qu’ils s’expriment…

      Il faut une notion de respect et comme disait le père de Guy Lafleur a son fils, il faut respecter les journalistes…

      Parlez-vous, c’est bien… Et parfois on peut s’excuser si nos paroles… Alors je le sais pas un artiste qui attaquerait… ” Désolé, mes paroles ont dépasser ma pensée. ” Ou le journaliste : ” Ce n’était pas nécessairement dans l’intention de blesser, mais son mon opinion et mon point de vue. Et c’est mon travail de la donner. ”

      Chacun vit dans sa réalité… Mais je vois souvent des artistes dire qu’ils sont EN PROMO car ils parlent de toutes leurs entrevues avec les médias et ils croient sûrement que les critiques font presque partie de ce processus. Cela a toujours existé… Mais dans le temps des années 80, dans une émission de variétés pourtant comme AD LIB, Coallier descendait la plogue pour ironiser un peu… De nos jours, on ne rit même plus de cela… Une émission comme TLMEP fait cela comme de l’échange de services et sans même faire d’humour…

    • @u toujours adolescent (et c’est pas un compliment…) G L-T

      «Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
      Et recevoir ces deux menteurs d’un même front

      Tu seras un Homme, mon fils.»

      Explication de texte pour G L-T:
      “ces deux menteurs” ne signifie pas les deux Marc. Ha ha ha

    • “Donc si je suis votre raisonnement, pour faire du cinéma, il faut quitter le Québec car ici, il n’y a pas de films rentables…”

      Si vous le dites! Je n’oserais pas vous contredire en ce beau lundi d’automne…

    • @jon8

      Non… Moi je ne dis pas ça… Ça fait 30 ans que j’en vis…

    • De un, tous ceux qui ont lu ou entendu ce que dit Lemay-Thivierge ont compris qu’il ne réclamait qu’un peu de nuances de la part des critiques, afin que leur propos soient constructifs plutôt qu’une job de bras.

      De deux, il ne réclamait rien pour lui-même, sa carrière va plutôt bien : déjà 30 films à son actifs et beaucoup de projets en chantier.

      De trois, M. Cassivi confirme ce que dit Lemay-Thivierge en ce qui concerne le parti-pris des critiques, allez voir l’éloge que M. Cassivi fait pour Woody Allen : même si son dernier film est moyen, il perd soudainement tout sens critique et il l’encense.

      Objectifs, les critiques ? Non ! Pas plus que quiconque. Voilà ce que Lemay-Thivierge a démontré. Et la vie continue…

    • @ zoom

      Remerciez avec humilité la société qui paie votre job avec ses taxes et ses impôts pour soutenir artificiellement un marché non-viable de façon autonome.

    • @jon8

      Les films ne sont pas rentables, l’industrie oui…

    • @jon8

      Faites un petit effort. Le cinéma n’est qu’une facette de l’industrie visuelle, c’est comme sa branche de recherche et développement. L’expertise qui en découle rapporte beaucoup. Je dirais que le retour sur investissement est plutôt juteux…

    • @jon8
      Pour mettre les choses en perspective, les compagnies pétrolières reçoivent en subventions fédérales la somme de 2.8 MILLIARD de $ et remercient avec humilité tous les payeurs de taxes…

    • Est-ce que les chauffeurs d’autobus passent leur temps à “remercier humblement” les contribuables québecois?

      Quelle condescendance.

    • Un film pourri pour moi, c’est un voleur de job. Surtout au Québec.

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