Marc-André Lussier

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    Lundi 26 avril 2010 | Mise en ligne à 9h32 | Commenter Commentaires (20)

    Un grand rôle pour Al Pacino

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    Al Pacino a célébré son 70e anniversaire de naissance hier. Coïncidence, c’était aussi ce week-end qu’avait lieu sur le réseau HBO la toute première présentation de You don’t know Jack, un (télé)film réalisé Barry Levinson dans lequel l’acteur propose l’une des ses meilleures compositions.

    Le film retrace le parcours de Jack Kevorkian, celui que l’on surnommait le «docteur de la mort» au début des années 90. Ce dernier s’était retrouvé à l’avant-plan de l’actualité américaine en attaquant de front l’épineuse question du suicide assisté et du droit d’un patient en phase terminale de choisir le moment de sa mort. 130 patients ont eu recours aux services du médecin avant que ce dernier ne soit arrêté et jeté en prison.

    Le thème est difficile. Et donne lieu à des moments très prenants. Levinson, un vieux routier, emprunte un traitement sobre. Sa mise en scène n’est jamais trop appuyée.

    Entouré de John Goodman, Susan Sarandon, Danny Huston,  et la formidable Brenda Vaccaro, Al Pacino livre à mon sens une grande performance. Du genre de celle qu’il ne nous a pas offerte au cinéma depuis au moins 15 ans. La télé servirait-elle désormais mieux les acteurs de sa trempe?

    À cet égard, je vous invite à lire cette excellente interview qu’a accordée Olivier Assayas à Jean-Michel Frodon, l’ancien critique du Monde, et rédacteur en chef des Cahiers jusqu’à l’an dernier. Assayas s’exprime notamment sur les liens entre le cinéma et la télévision dans la production cinématographique. Dans la foulée de la sélection hors concours de Carlos au Ferstival de Cannes, un téléfilm en trois épisodes (d’une durée de 5 heures et demi en tout!), une petite polémique est née à ce propos. Certains estiment en effet que Carlos ne devrait pas être présenté au Festival de Cannes, étant donné que c’est «de la télévision». Nous aurons certainement l’occasion de reparler de ce débat.

    Si vous avez accès à HBO Canada, je vous invite, en attendant, à jeter un coup d’oeil sur You don’t know Jack, lequel fera de nouveau l’objet d’une présentation mercredi (28 avril), et de plusieurs autres pendant le mois de mai.

    La bande annonce:

     

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    • M. Lussier, la meilleure performance de Pacino depuis quinze ans? Le hasard a fait dernièrement que j’ai visionné The Merchant of Venice (2004). Dans le rôle de Shylock il offre une interpréation superbe toute en intériorité et émotion contenue. Reste qu’on s’entend qu’il est un acteur exceptionnel.

    • @ lavoial

      Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de voir The Merchant of Venice. Vous avez raison, sa performance a été unanimement saluée. Dommage que ce film ait été aussi mal distribué…

    • Je n’ai pas été en mesure de visionner la diffusion ce week-end mais je suis heureux que HBO le rediffuse à quelques reprises. J’avais vû les bandes-annonces et c’est certain que je ne manquerai pas ça.

      Mais attention avec votre 15 ans, au moins! Ça nous ramène en 1995. Il a été génial dans Heat en 95, il faisait un très bon Satan dans The Devil’s advocate en 97 et encore meilleur dans Donnie Brasco la même année, il était excellent dans Any given Sunday en 99, il était tout aussi excellent dans Insomnia en 2002 et dans The Merchant of Venice en 2004. Vous auriez dû parler des 5 dernières années plutôt que des 15 dernières.

    • Al Pacino est sur le pilote automatique, tout comme Robert De Niro, depuis plusieurs années. Mais à l’occasion, il nous offre une bonne performance. La dernière bonne prestation de Pacino, selon moi, remonte à 2004 alors qu’il a joué dans Angels of America, encore une fois un film pour la télé fait par HBO. Ce superbe téléfilm a remporté plusieurs prix, avec raison, et Pacino était vraiment très bon.

    • Quand une oeuvre comme Le marchand de Venise est mal distribué, cela veut dire quoi exactement? Qui a la main haute sur un film de cet ampleur pour décider de ce qui se fera ou ne se fera pas? J’ai fait un détour sur Google où j’ai trouvé la bande annonce du film sans trouver quoi que ce soit sur la déficience venant de la distribution ni sur rien d’autre non plus. Faites-vous allusion à la distribution des rôles d’acteurs plutôt que la distribution de la vente du produit fini pour le grand public? Bien sûr je m’égare mais ce “dommage” m’intrigue un peu, beaucoup, passionnément.

      A l’exception de sa performance dans Scarface, Al Pacino demeure l’un des plus grands en ce moment presqu’à égalité avec Jeremy Irons. Je n’ai pas encore vu l’oeuvre citée ci-haut.

    • À quand un grand rôle pour De Niro maintenant? Le dernier bon film dans lequel il a joué est sans doute Jackie Brown (1997). J’ai bien aimé The Good Shephard qu’il a réalisé mais il n’y tenait qu’un troisième rôle…

    • @ vlrglqqf

      À moins que je ne fasse erreur, la carrière en salle de The Merchant of Venice a été extrêmement brève dans les salles à Montréal. Je me demande même s’il est jamais sorti chez nous…

    • Je viens tout juste de prendre commande (pour acheter) à la Boîte Noire Le Marchand de Venise car le film est disponible sur DVD. Selon le dicton, ce n’est pas aujourd’hui que je vais mourir puisque j’ai appris quelque chose. Super!

    • Vérification faite, The Merchant of Venice a pris l’affiche à Montréal le 21 janvier 2005. Voici la critique qu’a signée ma collègue Sonia Sarfati à l’époque:

      Le Marchand qui marche sur des oeufs

      MERCHANT OF VENICE

      Drame de Michael Radford. Avec Al Pacino, Jeremy Irons, Joseph Fiennes, Lynn Collins. 2 h 11.

      En 1596 à Venise, un marchand emprunte de l’argent à un Juif pour permettre à un ami de courtiser une riche héritière. S’il ne peut rendre la somme au jour dit, il s’engage à donner une livre de sa propre chair à son créancier. Par malchance, le débiteur ne pourra rembourser sa dette à temps…

      Bonne adaptation de cette pièce de Shakespeare considérée comme sa plus ” problématique “. Elle ne l’est pas moins en passant au grand écran.

      ***

      Venise, 1596. L’intolérance envers les Juifs est telle que ces derniers vivent dans un ghetto. Ils y sont enfermés une fois la nuit tombée. Et quand, dans la journée, ils en franchissent les limites, ils doivent porter un chapeau rouge. De plus, ils ne peuvent rien posséder en propre. Sauf l’argent. Qu’ils prêtent aux Chrétiens, avec intérêts.

      Parmi eux, relate William Shakespeare’s The Merchant of Venice adapté et réalisé par Michael Radford, se trouve Shylock (Al Pacino), sur lequel Antonio le marchand (Jeremy Irons) a craché avant de le traiter de chien. Or Antonio, bientôt, aura besoin de 3000 ducats. Pour le prêter à son ami Bassanio (Joseph Fiennes), ruiné, afin qu’il puisse courtiser la belle et riche Portia (Lynn Collins). Antonio se tourne donc vers Shylock. Qui lui prête la somme en question. Sans intérêts. Mais à une condition. Si le marchand ne peut lui remettre l’argent au jour dit, il devra le rembourser à même sa chair. Une livre exactement, que le Juif prélèvera là où bon lui semble.

      Antonio ne s’inquiète pas. Il aurait dû. Le bateau qui devait lui rapporter une fortune en marchandises a coulé. Il devra donc rembourser Shylock… autrement. Ce dernier n’en démord pas. An oath is an oath. Un serment est un serment.

      Le Marchand de Venise est classée parmi les comédies de Shakespeare. À l’époque, Shylock était interprété par un acteur portant un gros faux-nez et jouant avec un accent appuyé. C’était au 16e siècle et le parti pris était vraiment celui du comique. Difficile d’imaginer tel traitement aujourd’hui. Et la comédie n’en devient plus une. La légèreté des moeurs vénitiennes, les événements qui se déroulent à la cour de Portia- où les prétendants sont soumis à l’épreuve des trois coffrets (pour gagner la main de la belle, ils doivent deviner dans lequel, celui de plomb, d’argent ou d’or, se trouve son portrait)- et, enfin, la manière dont Portia se jouera des lois et des autorités de la ville, tout cela virevolte autour… d’un os qui reste en travers de la gorge.

      D’autant qu’Al Pacino, le regard de charbon, tout en retenu dans une colère qui n’en gronde pas moins, est particulièrement convaincant dans le rôle de ce Shylock bafoué, trahi jusque par sa propre fille, qui demande justice et exige ainsi l’injustifiable. Qu’il devient facile de le haïr! Surtout lorsqu’il se dresse devant Antonio, à qui Jeremy Irons, crédible jusque dans la moindre goutte de sueur qui coule sur la poitrine vers laquelle se tend le couteau de son bourreau, prête toute l’intensité dont il est capable.

      Un nuage d’antisémitisme flotte depuis des décennies sur cette oeuvre que l’Histoire sert mal. Bien interprété par une distribution en général à l’aise avec la langue de Shakespeare et servi par une reconstitution remarquable, le film de Michael Radford- malgré ses qualités… ou à cause d’elles- ne fait rien pour le dissiper.»

    • “A l’exception de sa performance dans Scarface, Al Pacino demeure l’un des plus grands en ce moment presqu’à égalité avec Jeremy Irons. Je n’ai pas encore vu l’oeuvre citée ci-haut.”

      Sa performance dans Scarface dépasse tout ce qu’il a fait dernièrement (et tout ce que Jeremy Irons a pu faire dans sa carrière).

    • D’après ce que vous affirmez et en regardant la bande-annonce Pacino semble effectivement en grande forme. Peut-être que ce projet était plus stimulant que les douteux choix de films auxquels il a participé ces dernières années.

      Avec ce film You Don’t Know Jack, je pourrai peut-être enfin constater qu’il s’est affranchi de ses tics du personnage qu’il a incarné dans Parfum de femme.

    • À mon point de vue, côté acteurs, il y a Pacino…et il y a les autres.

      Même une performance moyenne (”pilote automatique”) de sa part dépasse (et de loin) celle de bien d’autres…

      Quelqu’un a dit qu’aux Oscars, il devrait y avoir la catégorie “Meryl Streep” et que cette dernière devrait recevoir automatiquement une statuette “hors compétition” pour chaque performance.

      Côté masculin, je suis du même avis en ce qui concerne Pacino. Mais par contre, je reconnais qu’il n’a pas toujours des rôles à la mesure de ses capacités…Que voulez-vous, “Le Parrain” ne se tourne pas tous les ans…

      Mais Meryl Streep aussi, ne fait pas toujours les meilleurs choix…”Mamma mia”…

    • Sa l’air bon sa! Doctor dead :)

    • J’ai toujours aimé Al Pacino mais là depuis ses chirurgies esthétiques, ça me dérange. Il faut dire que le dernier film que j’ai vu avec lui était le Ocean. Misère!

    • En fait Al Pacino est superbe dans Scarface. Cependant le sujet de la cocaïne (ou de la drogue en général) est un univers abstrait pour moi esthétiquement parlant. J’éprouverais de la difficulté si je devais accorder un pointage pour la démarche. On en a tant vu des trucs sur la drogue, des gens en souffrir à cause de la déchéance et de l’exclusion etc. Alors forcément, le sujet en tant que tel me laisse pour ainsi dire quasiment indifférent, d’où ce jugement trop hâtif sur Al Pacino dans mon premier commentaire.

      Par contre Jeremy Irons est un acteur typiquement cérébral. Physiquement il ne casse pas des briques, mais son talent réside dans son attitude, ses mouvements et surtout ses yeux. Ce sont deux grands acteurs de notre temps.

    • Parlant de cinéma et de ses dérivés, voici ce que je viens de trouver: Une erreur tombée dans le domaine public n’en sort jamais; les opinions se trasmettent héréditairement. Cela finit par faire l’Histoire. (Remy de Gourmont)

    • Pour ma part, dans The Merchant of Venice Pacino m’a paru sombrer dans la veine d’excès de cabotinage et de “scenery chewing” (littéralement bouffer les décors) qui lui est propre et qu’il semble même avoir breveté (voir aussi …And Justice for All ou Scent of a Woman). Par contre dans Insomnia ou Angels in America par exemple, il se rachète totalement.

    • La meilleure performance de Pacino? Celle de DOG DAY AFTERNOON, bien sûr!

    • Je suis d’accord avec toi Astyanax

    • @ ingmar

      voici un lien qui risque de vous donner espoir.

      http://www.toutlecine.com/cinema/l-actu-cinema/0001/00015815-robert-de-niro-martin-scorsese-l-espoir-renait.html

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