
Robert Morin incarne Jean-Marc Phaneuf dans Journal d’un coopérant.
Pour ceux que cela intéresse, une autre petite visite dans les coulisses du métier.
J’ai vu Journal d’un coopérant, dont la sortie est prévue le 26 mars. J’ai rencontré le cinéaste Robert Morin afin de rédiger un article, lequel paraîtra dans notre cahier Cinéma de samedi, soit six jours avant la sortie du film. Rien de bien particulier là-dedans, me direz-vous. En effet.
Sauf qu’en rédigeant l’article en question, j’ai dû faire face à un réel dilemme. Je m’explique.
Depuis que Robert Morin a annoncé son projet – et toute l’opération qui a suivie sur le web – on sait que son film propose une vue de l’intérieur du monde de la coopération internationale. Le cinéaste y incarne lui-même le personnage principal du film, Jean-Marc Phaneuf, un électronicien célibataire qui se rend en Afrique pour la première fois de sa vie à titre de coopérant pour une ONG, Radio du monde. Sur place, Phaneuf se filme un journal de bord et découvre une réalité moins reluisante que celle que laisse entrevoir habituellement le domaine de l’aide humanitaire.
Tel est le premier sujet du film; celui qui a été mis de l’avant depuis le début.
Or, il y a un autre sujet dans ce Journal d’un coopérant. Très fort. Or, l’effet qu’a sur le spectateur l’arrivée de ce nouveau thème dans le récit est beaucoup dû à son aspect plus inattendu. Personnellement, j’ai l’impression que l’impact du film risque de s’amoindrir si le spectateur sait d’avance de quoi il s’agit. Le plus déchirant, c’est que le cinéaste a un point de vue intéressant à exprimer sur ce sujet.
Que faire? Dévoiler ce dont il s’agit en risquant de gâcher la qualité du rapport entre l’œuvre et son spectateur potentiel?
J’ai demandé conseil à Robert Morin. Il m’a regardé en riant, visiblement fier de son coup. «Si tu décides de ne pas vendre la mèche, je vais avoir hâte de te lire en maudit! Va falloir que tu patines!» J’ai compris dans son attitude et son propos qu’il préférait cette discrétion.
Même si je sais très bien que l’info reste facile à obtenir pour quelqu’un qui souhaite savoir tout de suite; même si je sais que des collègues dans d’autres médias choisiront probablement une autre voie que la mienne, j’ai décidé de patiner. Je ne révèlerai rien (ou si peu) de cet aspect du film dans mon article. Peut-être fais-je une erreur. Mais j’assume.
Ce qui me rassure, c’est que Robert Morin est toujours intéressant, avec ou sans choses à cacher.
En attendant de lire cette interview, encouragez-moi pendant que j’exécute mon quadruple axel suivi d’une triple boucle piquée…
Voyez la plus récente bande-annonce.
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