Marc-André Lussier

Archive du 8 mars 2010

Bigelow Oscars-1

 Kathryn Bigelow sur la scène du Kodak Theatre

(Photo: Reuters)

C’était écrit dans les astres. Quand Barbra Streisand s’est avancée sur la scène du Kodak Theatre pour remettre l’Oscar de la meilleure réalisation, il ne faisait alors plus aucun doute que Kathryn Bigelow allait être consacrée. Streisand a tellement milité pour que les femmes aient aussi leur place à Hollywood que sa présence hier soir à la cérémonie ne pouvait relever d’une simple coïncidence.

«The time has come!», a-t-elle dit avant de révéler le nom de la lauréate.

Oui, Kathryn Bigelow est entrée hier dans l’histoire en devenant la première femme à mettre la main sur l’Oscar de la réalisation en 82 ans d’existence.  Alors que s’amorçait tout juste la journée internationale de la femme, on ne pouvait qu’applaudir.

Certains verront dans ce sacre une véritable avancée pour la cause des réalisatrices. J’aimerais souscrire à cet enthousiasme mais je n’en suis pas si convaincu. Comme je le relève dans une chronique publiée ce matin, la réalisatrice de Point Break n’a jamais porté sur son art un regard «féminin», du moins pas de la façon dont on l’entend habituellement.

Ce n’est pas dans l’exécution que les réalisatrices – moins nombreuses il est vrai – ont plus de difficulté à se faire valoir. Mais plutôt dans les projets qu’elles soumettent. C’est à ce niveau qu’elles ont parfois du mal à s’imposer, producteurs et institutions estimant probablement – souvent à tort – que les thèmes spécifiquement «féminins» ne peuvent attirer les foules. C’est absurde. Mais c’est comme ça.

Kathryn Bigelow ayant fait l’histoire, on passera maintenant à autre chose. Si la réalisatrice a pu démontrer hier que l’art n’est surtout pas une question de genre, ce sera bien là sa plus grande victoire.

Notre compte-rendu de la soirée.

La chronique de Marc Cassivi.

Petite note hors contexte:
Métropole Films nous apprend ce matin que El secreto de sus ojos (Dans ses yeux), lauréat «surprise» de l’oscar du meilleur film en langue étrangère, prendra l’affiche à Montréal le 16 avril. L’un des précédents films de Juan José Campanella, El Hijo de la novia (Le fils de la mariée) avait obtenu le Grand prix spécial du jury au Festival des films du monde en 2001.

Suivez-moi sur Twitter. Cassivi y est aussi.

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