
Gérard Depardieu a remis le César à Isabelle Adjani (Photo: Reuters)
Un prophète a pratiquement tout raflé à la soirée des César. C’est amplement mérité. Du coup, un film aussi dominant laisse forcément des concurrents de qualité sur la ligne de touche. Cité dix fois, Welcome est reparti complètement bredouille. J’aurais cru qu’à partir du moment où Tahar Rahim décrochait le César du meilleur espoir masculin, la porte était alors ouverte pour Vincent Lindon, jamais récompensé aux César, dans la catégorie du meilleur acteur. Et bien non. Le jeune Rahim, stupéfiant dans le film d’Audiard, a écrit l’histoire en enlevant AUSSI ce César-là.
Étant toujours en reportage à l’extérieur, je n’ai pu attraper qu’un petit bout de la cérémonie. Après avoir renoncé à offrir ce service depuis plusieurs années, Canal Plus a diffusé ce soir les César en direct sur son site web. Avoir su, je vous aurais prévenus!
Je vous avouerai bien honnêtement qu’en voyant Isabelle Adjani monter sur scène, étranglée par l’émotion, j’ai ressenti un certain malaise. Un peu du genre de celui qui avait marqué le sacre d’Annie Girardot il y a quelques années quand l’actrice avait été récompensée pour sa performance dans La pianiste de Haneke. Avant ce soir, Isabelle Adjani avait déjà obtenu le César de la meilleure actrice quatre fois (Possession en 1981; L’été meurtrier en 1983; Subway en 1985; et La reine Margot en 1995). Il est clair que celui qu’elle a obtenu cette année grâce à sa performance dans La journée de la jupe (un film très discutable à mon avis), revêtait à ses yeux une signification particulière. Et bouleversante. Le contraste était en tout cas frappant avec Tahar Rahim. Et illustrait avec éclat qu’un trophée de la sorte ne signifie pas du tout la même chose quand on le reçoit au début d’une carrière plutôt qu’après plusieurs décennies de fiers et loyaux services… Cela dit, n’ayant pas vu ce qui s’est passé avant, peut-être ce moment d’émotion s’inscrivait-il de belle façon dans la soirée. Je reverrai l’enregistrement.
À part ça, pas beaucoup de surprises. Je me réjouis du César qu’a obtenu Les beaux gosses (meilleur premier film) mais j’aurais préféré Noémie Lvovsky à Émmanuelle Devos comme meilleure actrice de soutien.
Et puis, il faudra aussi que quelqu’un m’explique comment Gran Torino a pu surpasser Le ruban blanc dans la catégorie du meilleur film étranger…
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teddybear
27 février 2010
21h23
Et puis, il faudra aussi que quelqu’un m’explique comment Gran Torino a pu surpasser Le ruban blanc dans la catégorie du meilleur film étranger…
Bah l’américanophilie des Francais j’imagine, j’ai apercu, a moins que je me trompe, Harrison Ford dans l’assistance, qu’est-ce qu’il faisait la ?
marcandrelussier
27 février 2010
21h27
@teddybear
Si je ne fais pas erreur, Harrison Ford était là pour recevoir un César d’honneur.
teddybear
27 février 2010
21h31
Et Depardieu, pas vraiment classe son accoutrement pour un gala, on aurait dit qu’il présentait un Jutra.
teddybear
27 février 2010
21h35
César d’honneur ok je comprend, est-ce moi ou Isabelle Adjani a des airs de famille avec Monica Belluci ?
trucmuch
27 février 2010
22h20
teddybear tu devrais lire d’avantage pour te mettre au parfum
trucmuch
27 février 2010
22h21
teddybear… je trouve que ce petit pseudo te vas très bien
trucmuch
27 février 2010
22h27
http://www.parismatch.com/Culture-Match/Cinema/Photos/Les-plus-belles-images-des-Cesar-2010/Harrison-Ford-Cesar-d-honneur-170845/
teddybear
27 février 2010
23h09
l’ai pas vue le gala trucmoche, juste vu la fin quand Adjanie a gagner son César.
monsieur1979
28 février 2010
01h55
Je vous explique comment (et non pourquoi) Gran Torino a pu surpasser Le Ruban Blanc aux Césars. Premièrement, les Français aiment les Américains. Sont tous des petits BHL. Ensuite, avoir Clint Eastwood aux Césars, ça flashe pas mal plus que d’avoir Haneke (facteur glamour). Pis finalement, Haneke a fait plein de films en France. Ça fait bizarre de le voir en nomination pour le meilleur film étranger.
duran
28 février 2010
08h42
Un Prophète est excellent pour le jeu des acteurs et l’aspect cinématographique. Instructif sur l’univers de la mafia et le monde carcéral. Hélas comme c’est pénible à voir toute cette violence. Coeurs sensibles s’abstenir.
vlrglqqf
28 février 2010
10h05
Tout comme le film “le silence des agneaux” où Hollywood avait fait triompher la folie meurtrière d’un psychopathe, hier à Paris, on a glorifié la violence du milieu carcéral avec le film “un prophète”. Similitude ou pas?
Ousse qu’on s’en va? se demandait Clémence Desrochers dans l’un de ses monologues. C’est à n’y rien comprendre du tout.
pasrap
1 mars 2010
08h41
Que le Ruban Blanc ne gagne pas, c’est prévisible et en quelque sorte normal parce que ça fait bizarre pour les français j’imagine de mettre Haneke dans ‘film étranger’.
Ce qui me surprend c’est Gran Torino!
Mais il faut quand même rendre à César ce qui lui appartient (ha! non-intentionnel), ils ne se laissent pas influencer par les nominations internationales. Gran Torino est nulle part dans les prix de fin d’année, mais les français ne se gênent pas pour le nommer. C’est vachement intègre et bien ça.
scotch
1 mars 2010
13h29
J’ai fait de la suppléance pendant 12 ans à la CSDM. Si j’avais fait une prise d’otages, j’aurais demandé pas mal plus que la journée de la jupe à la ministre de l’éducation et pas mal plus que ce que demande les syndicats de profs masochistes en ce moment. Mais j’ai aimé le film quand même. Il faudrait qu’Isabelle Adjani lâche la chirurgie esthétique ou qu’elle change de chirurgien.