Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Vendredi 26 février 2010 | Mise en ligne à 15h43 | Commenter Commentaires (21)

    La critique est unanime!

    Un prophète - 2

    Un prophète a enfin pris l’affiche au Québec. Assurément l’un des meilleurs films que vous verrez cette année. La critique est unanime. Chez nous comme ailleurs. Médiafilm lui accorde même la cote «2» (remarquable), fait rarissime pour une nouveauté.

    La plupart d’entre vous n’avez pas encore vu le film de Jacques Audiard. Peut-être irez-vous ce week-end. Ou plus tard. Ou pas du tout. Je serais curieux de savoir quelle est votre sentiment face à un tel enthousiasme de la critique. Voilà d’ailleurs l’une des questions que je soulève dans ma chronique hebdomadaire.

     J’avoue que je crains toujours un peu l’effet de ressac quand vient pour moi le moment d’écrire ou de parler d’un film qui, à mes yeux, se révèle exceptionnel. D’autant plus qu’on vous rabat les oreilles depuis déjà plusieurs mois avec ce prophète. Cela dit, les raisons de s’enthousiasmer vraiment pour un film ne sont pas si fréquentes dans une année…

    Étant présentement à New York (dans la neige et la sloche) pour quelques rencontres de presse, je ne pourrai suivre en direct la 35e Cérémonie des César. Normalement, Un prophète devrait triompher (Welcome pourrait quand même venir mêler les cartes). Je commenterai toutefois les résultats sur ce blogue demain soir.

    Je vous rappelle que la cérémonie est diffusée sur les ondes de TV5 le 27 février à 16h30, soit en différé de 90 minutes (voir chronique pour explication).

    Lisez ce point de vue intéressant de la collègue Helen Faradji sur les César.

    À demain.

     

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    • Personnellement, les critiques unanimes sur le génie d’une oeuvre m’inquiètent! Même si j’accordes très peu d’importance aux critiques, lorsqu’elles sont unanimes, mes attentes deviennent trop élevées! Des attentes trop élevées, c’est difficile à combler mais j’irai certainement le voir et j’essaierai de réduire mes attentes mais si, inconsciemment, elles seront bien présentes!

    • Moi aussi. Simple comparaison, je suis incapable de visionner “de père en flic” et “j’ai tué ma mère” en DVD parce que justement on en a trop parlé, on les a trop encensé. Il arrive dans ces cas-là que l’effet désiré est tout le contraire. Je me demande si la même chose ne se reproduira pas avec “les sept jours du talion”. On le trouve partout, partout.

    • Normalement lorsque les “critiques” encensent un film je fais le contraire. Je pars à courir dans l’autre sens! Dans le style : la graine et le mulet… :-)

    • http://www.krinein.com/cinema/graine-mulet-7227.html

    • Oui pour moi les bonnes notes des critiques c’est un bon signe tout comme les nominations, prix et récompenses…

      Cela peut cependant créer des attentes qui parfois ne sont pas réalisées, cela arrive. Il y a la qualité du fim, mais il y a aussi nos goûts et ce qui nous attire et si cela nous convient.

      Ce qui peut encourager les critiques ici c’est que je vois les 34 votes du public à côté de vous et ils ont mis 4,6 étoiles sur 5. Cela débute bien pour la concordance. Mais ils l’ont déjà vu ?

      Pour la diffusion et distribution c’est à Montréal chez AMC Forum 22 et au Quartier Latin Cineplex.

      Il y a la cote mais il y a aussi les publics pour différents genres de films et selon vos goûts.

    • Personnellement, je n’ai jamais compris l’animosité créée par les critiques. On les traite de tous les noms, sous-entendant l’élitisme la plupart du temps. D’autres diront qu’ils ne sont pas sous l’influence de ceux-ci, soit se croyant ‘libre-penseur’ ou alors prétendant à un relativisme adolescent du genre “tous les goûts se valent, vous êtes qui pour me dire ce que je dois aimer”…

      Or, bien que je ne sois pas toujours d’accord avec les critiques (bien sûr) je me dis que quelqu’un qui fait de voir des films son métier a (ou se doit d’avoir, à tout le moins) une connaissance de l’histoire du cinéma, des industries nationales, bref, de tout ce que le cinéma implique pour mettre les nouveauté en perspective. Lorsque c’est le cas (c’est-à-dire, lorsque le critique possède ces atouts), je ne vois pas pourquoi le jugement de ce dernier ne me guiderait pas, même si, encore une fois, on ne peut être d’accord à chaque fois.

    • @chat65

      hahaha :)

    • Je suis une fan inconditionnelle de Audiard, j’ai vu et revu plusieurs de ces derniers films. Mais, pas vendu pour autant.

      Je lis certaines ”critiques” toujours mais, me réjouis très longtemps d’avance de la sortie du film. J’anticipe. Je l’espère. Et, de même, fait durer l’attente. Le temps de me préparer à ce qui m’attends, je lis, me documente et trouve sur le Web ce qui peut m’instruire et me renseigner. Pour moi, le cinéma est une expérience intime. Le film m’habitera très longtemps, une mauvaise expérience ou de mauvaises impressions, me hanteront pendant un certain temps… parfois, je me reprocherai de ne pas avoir trop accordé de préparation (lecture, visonnement, questionnement sur l’auteur et la période historique ou les faits relatés). Je relis ou lis les critiques suite au visonnement et, si je peux je me procure le film ou le loue en boucle….

      J’ai fait une mauvaise expérience dernièrement, et , le seul reproche me revient de par ma paresse intellectuelle. J’avais depuis longtemps désiré voir Le ruban blanc. Bien, que j’avais avoir lu beaucoup sur le sujet et le film, j’ai négligé de me préparer mentalement et intellectuellement à cette expérience cinématographique. Pourtant, je devais avoir appris avec La pianiste… Difficile, comme la dernière fois, et beaucoup de frustation. J’y reviendrai et mieux armé, on ne prend pas de chance avec ce type.

      Ce soir j’avais prévu de la voir, mais, j’ai changé d’idée, trop de fatigue et de stress. Je me réserve quelques heures avec mon cinéaste fétiche. Le pied quoi!

    • Si le fait de lire des critiques positives fixe la barre trop haute, la solution est très simple : vous n’avez qu’à ne pas en lire!

      Découvrir un film par soi-même, c’est si merveilleux, contrairement à se le faire mâcher d’avance!

    • Bien moi, je trouve qu’Un Prophète est un très bon film, mais bien trop conventionel pour que j’en parle comme d’un chef d’oeuvre. Non, avoir
      été jury à cannes, il est clair que j’aurais voté Das Weisse Band avant Un
      Prophète, et je me demande bien si j’aurais pas mis Fish Tank en deuxième,
      film qui m’a agréablement surpris.

      Remarquez que je ne suis pas friand des films de mafia. Je pense quand même
      que c’est un film qui plaira à beaucoup de monde, car c’est accessible sans
      être commercial ou bourré des clichés des films de genre. Ça ne m’a pas ému ou bouleversé, mais l’acteur est vraiment très bon.

      J’aimerais en profiter puisqu’on approche des Academy Awards pour souligner que le film Julie And Julia m’a aussi fortement surpris. Je ne m’attendais pas à un si bon film vu la liste de parcours de Nora Ephron. Le sujet est assez original, et la cassure entre les deux mondes dépaysante pour un film si grand public. Mon vote va à Meryl Streep pour l’oscar, car franchement, je veux bien croire que Bullock fait un rôle de composition tout en subtilités, mais Meryl Streep incarne tellement cette icone qu’est Julia Child. Quel talent incroyable, ce serait un crime de l’ignorer.

      6.5 sur Metacritic, je lui donne volontier un 8.5, à ce film. J’ai eu du fun à regarder çà. Du vrai cinéma!

    • Le hic dans tout ça c’est de vendre le film. Un film potiellement potable pour une certaine élite élimine les chances d’être vu par un public plus large. Un film dit populaire et qui n’est pas dans les cordes des premiers, provoquera une ruée à coup sûr chez les seconds. Les critiques ont à coeur de faire un travail qui parfois peut brimer leur carrière.

      La publicité est un couteau à deux tranchants; ou bien on porte aux nues ce qu’on appelle un chef-d’oeuvre ou bien l’élimination se fait d’elle-même. Comme une punition directe infligée au réalisateur qui n’a pas su se montrer digne de son oeuvre. Résultat: bien souvent jamais on n’entendra parler du film en question, ou encore on le trouvera peut-être par hasard perdu dans une montagne de DVD en solde i.e. le “Médée” de Pasolini que je revisionne au besoin et que j’estime très potable même si le film a été démoli à sa sortie par une clique homophobe.

    • Jacques Audiard est un génie. J’ai vu la plupart de ses réalisations et elles m’ont toujours enchanté. Il n’y a pas de raison que ce soit différent pour ‘Un prophète’ que je me propose de voir très bientôt :)

    • @sultitan

      Un Prophète trop conventionnel?? Ça ne réinvente pas le genre, mais quand même: ne serait-ce que pour le traitement de la violence sans glorification et le fait de mettre un arabe dans le rôle principal et de le consacrer en héros, le film se distingue aisément de la très grande majorité des films de montée sociale du petit voyou. Les chefs d’oeuvre sont souvent plus dans les nuances de la mise en scène et du scénario que dans le simple fil du récit, qui lui peut bien être conventionnel. En fait, dans Un prophète, la psychologie du personnage principal et le travail sur l’identité remet pas mal en question le genre et ce qui peut apparaître plus conventionnel. Ce n’est peut-être pas un chef d’oeuvre, mais c’est un très grand film (ceci dit, j’y préfère aussi le Ruban Blanc).

    • joseth : Très drôle, vous êtes bien drôle ! “L’expérience ” comme substrat à la réalité, le fait de se préparer m’a bien fait rigolé. Moi j’y vais de ce pas, je vais aller revoir Antéchrist, la première fois je ne connaissais pas intimement les effets d’une défenestration. Je l’essaie et me voilà tout bien préparé “à savourer” le fruit de mon travail. Ah ! Ah ! Ah !

      Pour Ordet, apprenez à crier à travers la lande, pour La femme des sables, enfermez-vous en vous-mêmes, pour 8 1/2, apprenez impérativement l’italien et aussi la biographie de Fellini par coeur. J’ai rarement vu du n’importe quoi de quelqu’un qui se prend tant au sérieux et qui accouche d’une souris.

    • La critique unanime crée des attentes irréalistes, j’ai été voir le film hier a sa sortie, j’ai aimé, mais comme je m’attendais a un chef d’oeuvre intemporel, j’ai forcément été déçu…

    • L’unanimité m’inquiète toujours mais c’est un film que je souhaitais voir depuis longtemps.

      Vous avez regardé les César quelqu’un?

      Adjani toujours aussi lumineuse. La robe de Casta… seule Casta peut se le permettre tout en gardant une allure aussi naturelle genre je-fais-mon-épicerie-habillée-comme-ça :-) Marc-André Grondin avait un joili accent français Ha ha ha Il va se faire lapider par certains :-) Mignon comme tout. J’ai tué ma mère avait une FORTE concurrence. Aucune chance. C’est bien ainsi.

    • La critique appartient aux citoyens, c’est eux qui ont le dernier mot sur un film et ceci peu importe la critique des experts. Le bouche à oreille, c’est ce qui fait sans doute le succès pour un film et les entrées.

    • Cinematographe:

      Je ne sais pas si l’identité arabe est si pertinente au protagoniste du Prophète,
      car je le vois comme un existentialiste vraiment dépassé par (ou plutot qui a dépassé) ces questions.

      Un vrai héro arabe serait plutot Ibrahim Labyad du film du même nom, assez moyen d’ailleurs, mais contenant des bonnes scènes d’actions digne d’un blockbuster américain du genre (violence à la pelle).

    • @sultitan

      Oui, l’identité arabe est importante, c’est même l’un des moteurs du film. Quand il arrive en prison, Malik n’a pas d’identité: pas de parents, indifférent à la religion (on lui demande s’il mange du porc et bafouille une réponse), pas d’éducation (ne sait pas lire), etc. L’utilisation d’un acteur inconnu va aussi dans ce sens. Son ascension sociale dans la prison correspond aussi à une reconnaissance de son identité arabe: il s’associe d’abord aux Corses, parce qu’il n’a pas le choix au début, mais ensuite parce qu’il peut s’intégrer à n’importe quel groupe culturel, étant “vierge”. Il les délaisse peu à peu pour se tourner vers les Arabes. Bien sûr, son regard sur la question identitaire est neuf, il ne se laisse pas aller au même racisme que ses confrères (il ne comprend d’ailleurs pas les insultes racistes qu’il reçoit, mais il ne les accepte pas pour autant), mais il n’est pas anodin qu’il se taille une place dans la société en même temps qu’il rejoint sa communauté. Audiard l’a dit en entrevue: il veut donner un nouveau visage aux arabes au cinéma, qui sont d’habitude relégués soit à des rôles de terroristes, soit à un réalisme social qui les collent à leur misère quotidienne. Bon Audiard ne crée pas une idole parfaite de film d’action, ce n’est pas Rambo, le personnage est plus complexe, mais il s’agit à la fin d’un héros arabe.

    • Cinématographe:

      +++Audiard l’a dit en entrevue: il veut donner un nouveau visage aux arabes au cinéma.

      Hmmm.. Je me demande ce que Kechiche pense de cela…

    • Un prophète, un des très bons films qu’il m’ait été donné de voir mais je devrai le visionner une 2e fois pour tout intégrer et comprendre. Je baissais souvent les yeux et me bouchait meme les oreilles dans les moments les plus durs… Tout au long du film, j’avais le coeur serré comme dans un étau. Je ne m’attendais pas à ça.

      Un prophète. OUF. Un film dense, gros et subtil à la fois. Malik symbolisé par un daim, très fort. Les 40 jours et 40 nuits dans le “désert”, un lien absolument brillant.

      @ cinematographe (21h29)

      Je pense que Malik est très conscient de son identité arabe mais il la camoufle pour sauver sa peau. D’ailleurs, on voit bien qu’il hésite avant de répondre s’il mange du porc et en d’autres scènes où il est question de références identitaires.

      Il s’associe aux Corses car il sera tué s’il ne le fait pas. Point. Si je le révèle c’est que cela se sait dès les premières minutes du film. Malik est doublement prisonnier. Prisonnier de l’état et prisonnier de César. Peut-être que si César ne l’avait pas approché, il aurait tout bonnement fait son temps pour sortir de la prison et retourner à sa petite vie de petit malfaiteur.

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