
Tahar Rahim dans Un prophète (Jacques Audiard). À l’affiche le 26 février.
Surviving January. Voilà comment Peter Travers intitule son article dans le plus récent numéro de Rolling Stone. Il a bien raison. Même si le trait est encore plus prononcé aux États-Unis que chez nous, le mois de janvier est synonyme de disette au cinéma. On roule encore sur les gros titres sortis à la fin de l’année dernière (certains de ceux-là sortent en «distribution large» en janvier – The Lovely Bones), et les nouveautés semblent le plus souvent provenir tout droit d’un fond d’inventaire oublié. Les grands studios, c’est sûr, voient le premier mois de l’année comme un passage inutile et non rentable. D’où cette prolifération de comédies faciles et de films de genre sous Z.
Au Québec, nous pouvons quand même nous raccrocher à quelques titres venus d’ailleurs. Parmi ceux-là, L’affaire Farewell. De loin le film le plus intéressant que nous ayons pu nous mettre sous l’œil au cours des dernières semaines. La critique quatre étoiles du collègue Lepage est ici.
Cela dit, les choses sérieuses commencent vendredi avec l’arrivée – enfin – du Ruban blanc, Palme d’or à Cannes l’an dernier. L’ami Cassivi en a d’ailleurs fait le sujet de sa chronique ce week-end. Les sept jours du talion, déjà auréolé d’une rumeur favorable, sort aussi vendredi. Au fil du mois, Fish Tank (Andrea Arnold), Shutter Island (Martin Scorsese), Le petit Nicolas (le film français le plus populaire en France l’an dernier), La dernière fugue (Léa Pool), Oscar et la dame rose (Éric-Emmanuel Schmitt), L’enfer d’Henri-Georges Clouzot (formidable document), et, surtout, Un prophète (Jacques Audiard), notamment, prendront l’affiche.
À vrai dire, le mois de janvier est devenu, au fil des ans, à peu près le seul mois dans l’année où l’actualité cinématographique est au ralenti. Je profite d’ailleurs toujours de ce moment d’accalmie pour prendre quelques semaines de vacances. Ce qui, en passant, fait toujours bien rire mes amis. Qui ne se gênent pas pour se payer ma gueule.
Car évidemment, je vois des films quand même pendant mon mois d’hibernation. Évidemment, je sors de ma tanière quand une nouvelle d’importance pointe le bout de son nez. Ou que l’envie me prend de m’obstiner sur Avatar …
Je reprends, donc, mon rythme habituel dès lundi. Mardi (2 février) aura d’ailleurs lieu l’annonce des nominations pour la prochaine soirée des Oscars. On devrait beaucoup s’amuser. La semaine suivante, j’aurai le plaisir de vous offrir une série de reportages en provenance du Festival de Berlin. Le nouveau Scorsese (Shutter Island) y sera présenté en première mondiale. Tout comme The Ghost Writer, le nouveau film de Roman Polanski (le site officiel du film est maintenant en ligne). Hâte dites-vous?
Maintenant que nous avons tous survécu à janvier, notre année cinéma peut enfin commencer!
Ajout: Nouveau développement dans l’affaire Mesrine. On se doutait bien qu’il y avait anguille sous roche. Lisez l’article de Jean-Christophe Laurence.
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