Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Lundi 31 août 2009 | Mise en ligne à 8h29 | Commenter Commentaires (4)

    FFM: ça se poursuit…

    Les commentaires sur les films, mais aussi sur la bonne (ou mauvaise) marche des choses sont les bienvenus. On me rapporte certains problèmes à l’entrée de certaines salles, notamment pour les détenteurs de passes…

    MÈRES ET FILLES (HC)

    Audrey (Marina Hands) vit à Toronto. Forte, libre, indépendante, elle revient passer quelques jours avec ses parents. Enceinte, elle cherche dans le récit de ses origines l’explication à la dureté de sa mère et à son propre acharnement à être libre. Martine (Catherine Deneuve) voit les allées et venues de sa fille Audrey dans la maison de son enfance d’un mauvais œil. Martine n’a jamais pardonné à sa mère (Marie-Josée Croze) d’avoir quitté le foyer sans jamais revenir. Entre l’enquête familiale et l’esquisse de névroses familiales, la cinéaste Julie Lopes Curval brosse le portrait de trois femmes, entre liberté et familles. Marina Hands s’y révèle fragile. Face à une Deneuve au bord de l’implosion.
    Anabelle Nicoud

    Mères et filles de Julie Lopes-Curval. Aujourd’hui 19 h; demain 14 h 50 au Quartier latin.

    A + D (REG)

    Alice aime Daniel. Daniel aime Alice. Ils font l’amour. Ils apprennent à se connaître et… à se détester. Alice quitte Daniel. Daniel pose un lapin à Alice. Raconté ainsi, ce court long métrage britannique paraît d’une simplicité désarmante. Mais il s’agit d’un leurre. Surprenant, A + D l’est sur plusieurs plans. D’abord, sa sélection dans un festival grand public étonne; ensuite, son traitement non conventionnel séduit, utilisant un style documentaire de cinéma direct, différentes caméras numériques, mêlant aussi présent et futur, intimité et vie publique; puis, certains passages, très crus, saisissent. Le talent de la réalisatrice Amber Sealy, qui joue également le rôle principal féminin, impressionne. Son collègue Anton Saunders, plus cabotin, réussit plus difficilement à tirer son épingle du jeu puisque les contours de son personnage sont malheureusement moins bien définis. Mais le tout se laisse regarder avec plaisir. Le regard de la cinéaste sur la vie de couple est empreint de justesse et de lucidité, celle qui fait détourner le regard, parfois, tellement on croirait s’y reconnaître. Tendresse et désillusion.

    Mario Cloutier

    A + D d’Amber Sealy. Ce soir 21h20; demain 13h au Quartier latin.

    QUESTIONS NATIONALES (DOC)

    Bel effort que ce Questions nationales, de Jean-Pierre Roy et Roger Boire. Loin des polémiques ponctuant l’actualité, le film aborde la question de la souveraineté de façon analytique plus qu’émotive. Pourquoi, alors que le PQ existe depuis 40 ans, le Québec n’est-il toujours pas devenu un pays? La souveraineté est-elle aussi difficile à faire que le prétendent les tenants du “non” ou une révolution de velours est-elle possible, comme le prétendent les partisans du “oui”? Questions nationales soulève bien des questions et ouvre des portes intéressantes de réflexion quant aux difficultés de la séparation du Québec du reste du Canada. La comparaison avec l’Écosse et la Catalogne, où a été en partie tourné le film, amène un éclairage intéressant sur les entrevues menées au Québec par les réalisateurs. À cet égard, il faut noter l’excellente entrevue menée par les réalisateurs avec l’ex-premier ministre Bernard Landry (on peut la visionner en intégralité sur le site du film: www.questionsnationales-lefilm.net).

    Anabelle Nicoud

    Questions nationales de Rober Boire et Jean-Pierre Roy. Ce soir à 19h; 2 septembre 13h au Quartier latin.

    WAFFENSTILLSTAND (CESSEZ-LE-FEU) (CM)

    À la façon d’un reportage tiré sur le vif, le cinéaste allemand Lancelot Von Naso nous plonge dans l’enfer irakien au lendemain de la prise de Bagdad par les troupes d’occupation américaines. Waffenstillstand (Cessez-le-feu) s’attarde à décrire l’expédition d’un journaliste et d’un caméraman de la télé allemande qui, à la faveur d’un cessez-le-feu d’une durée de 24 heures, décident d’accompagner un convoi humanitaire se rendant à Fallujah, en pleine zone de combat entre les rebelles et les envahisseurs. Le but? Transporter des unités de sang et des médicaments à un hôpital n’ayant plus aucune ressource. La mission se révèle ultra dangereuse. La tension est constante. Ils sont cinq. En plus des deux reporters, un médecin dégoûté, resté en zone de combat (Matthias Habbich); l’organisatrice de l’expédition; et le guide-chauffeur irakien. Avec eux, le spectateur découvre peu à peu l’ampleur du drame. Jusqu’à l’arrivée à Fallujah. Où la situation est encore pire que tout ce que nous aurions pu imaginer. À la sortie de la projection, l’auteur cinéaste, qui signe ici un premier long métrage, confiait s’être inspiré de différents faits véridiques, colligés au fil d’une année de recherches, pour accoucher de cette histoire fictive. Disposant d’un budget modeste, Von Naso a aussi fait du repérage pendant trois mois au Maroc afin de trouver des paysages et des bâtiments similaires à ceux de l’Irak. L’effet est si saisissant qu’on s’y croirait. À n’en pas douter, Waffenstillstand est jusqu’à maintenant le meilleur film de cette compétition.

    Marc-André Lussier

    Waffenstillstand de Lancelot von Naso. Aujourd’hui 14h au Cinéma Impérial.

    DIE STANDESBEAMTIN (WILL YOU MARRY US?) (CM) 

    Die Standesbeamtin (Will You Marry Us?) n’a pas sa place dans la compétition d’un grand festival international de cinéma. Cette sous-copie de comédie romantique à l’américaine, réalisé par le Suisse Micha Lewinsky, n’en finit plus d’égrener des gags éculés, pour la plupart télégraphiés dix kilomètres à l’avance, et de manier tous les clichés d’usage. À l’«applaudissomètre», Die Standesbeamtin, qu’on compare à My Best Friend’s Wedding, The Best Man et 27 Dresses dans les notes de production (bonjour l’ambition!), a pourtant marqué le plus haut score. Allez comprendre… 

    Marc-André Lussier

    Die Standesbeamtin (Will You Marry Us?) de Micha Lewinsky. Aujourd’hui 16h30 au Cinéma Impérial.


    • Cessez le feu est un très beau film, il va surement gagner. Le court métrage d’animation l’ayant précédé était aussi très bon.

    • J’ai vu l’affiche de “UN CARGO POUR L’AFRIQUE”. C’est vraiment une des affiches les plus laides que j’ai vues. Je ne comprends même pas pourquoi certains critiquaient le poster promotionnel du festival; celle du film de Roger Cantin la dépasse largement. J’aurais pu faire mieux!

    • Mon coup de coeur du festival c’est…euh… des actuelles palpitations cardiaques. Youppi! J’ai du m’absenter du festival pour quelques heures et je vais être pris pour modérer ma présence.

      Mais comme je rate tous les coups de coeur des autres (Redland, Ward No. 6, etc..), bien forcément je ne vois pas les même films, et donc vous n’aurez probablement pas vu mon meilleur film du festival jusqu’à maintenant: il s’agit de Morphia d’Alexey Bababanov. Qui dit mieux?
      Il s’agit d’un film accessible qui ne changera pas l’histoire du cinéma, illustrant le journal de la vie d’un médecin de campagne du début du 20ième siècle qui s’éprend un peu trop de la morphine, mais soyez tout e même avisés que c’est surement un des 3 meilleurs films sur le sujet de l’addiction aux drogues que j’ai vu dans ma vie. C’est d’abord le cadrage qui est intéressant, une Russie dans les débuts de la révolution (commentaire politique en sourdine?) telle qu’on s’y croirait, grace à une production artistique soignée et à la riche utilisation de musique authentiques de l’époque (amateurs de 78 tours, à vos marques). Les événements sont présentés par “épisodes” (c’est la mode cette année), en épousant à la fois la forme du journal intime et des Newsreel des premières années du cinéma. Malgré tout on admire le balancage d’un scénario qui évolue en ligne droite tout en variant les anecdotes, toujours assez captivantes pour soutenir en haleine le spectateur (il faut souligner des scènes d’opération qui ont fait tourné dans leur chaises plus d’un spectateur). Malgré quelques conventions qui achalent, Je mettrais surement un 4 étoiles à ce film car je ne suis pas ennuyé du tout. Solide!

      Un des thèmes récurrent cette année au FFM sont les troubles de Santé (spectateur: pouvez-vous toussez plus fort à grand déploiement sans
      boucher votre bouche qu’on attrappe votre H1N1?). J’ai vu le film en compétition Weaving Girl de Wang Quan’an car cela semblait un film prometteur. Mais bon, je résumerais ce film à quelques cartes postales visuelles vraiment réussies (la scène d’intro à l’usine, les touristes sur la
      plage-désert, et surtout la splendide scène de vélo de groupe) qui parsèment un film aux bonnes intentions (raconter le désarroi d’une femme chinoise cancéreuse dans un pays où peu de gens ont accès à des soins adéquats) mais truffé de longeurs (la protagoniste cancéreuse prends beaucoup de temps à partir en voyage et s’arrête longtemps aux stations) et de moments dramatiques qui ne lèvent pas (peut-on plus morne et ennuyant que la rencontre avec l’ex amant taciturne de celle-ci). On serpente ainsi entre les moments ennuyants et les moments de graces à travers une structure narrative assez conventionelle, mais on garde quand même avec nous l’impression d’avoir voyagé au premier plan de la Chine d’aujourd’hui, et donc le film conserve un certain intéret scolaire là ou la tension dramatique échoue (peut-être à force de trop avoir voulu nous faire ressentir les élans intérieurs des personnages sans trop fournir de repaires: pourquoi tant de solitude?).

      En fin de soirée, j’aurais pu aller voir A Plus D (comment çà, “sa sélection étonne”? Y a toujours eu quelques “Cinémas De Demain” au FFM même si la catégories est morte. Le but c’est de les dénicher.)

      Je disais donc, j’aurais pu aller voir A Plus D, mais je me suis dit “ah la critique s’emballe, le film va surement être acheté et montré en salle ou lancé DVD”. Alors j’ai opté pour une fois de plus pour l’obscurité: Guard no. 47 de Filip Renc. Mélodrame ultra-léché qui a été un favori dans son pays d’origine (la “Tchéquie” ou République Tchèque), le film raconte le désarroi d’un guardien de chemin de fer souffrant d’effets post-traumatiques de guerre et qui soupçonne sa femme de le tromper. C’est un film ni excellent ni mauvais, qui se démarque par sa photographie (ah les beaux trains sou la neige!) et son montage (les moments de crises du protagoniste sont très soulignés par celui-ci). La trame narrative de base est un peu conventionnelle (l’éternel triangle amoureux), et je crois que le film insiste trop sur la répétition des flashbacks pendant les crises traumatiques dans la première moitié du film (la production ambitieuse des scènes de guerre a fait le réalisateur vouloir trop en insérer). On se tourne un peu les pouces avant que le scénario se mue durant la deuxième moitié du film qui se digère mieux. Hélas, certains clichés dans les moments clés du film (un simple éclair de tonnerre m’a fait sourire) font manquer la cible de ce qui avait été bien construit jusque là. Finalement, Il faudrait peut-être revenir à un temps où le cinéma tchèque était synonime d’avant-garde plutôt que de miser sur le mélodrame classique.

      Coudonc, y a pas beaucoup de monde qui écrivent ici? Pourtant les salles sont assez pleine.

    • Petits pépins avec la santé = je n’ai vu que deux films aujourd’hui. Misére…. Si je ne reviens pas dans ces pages bien c’est que j’aurai pris un congé forcé.

      Aujourd’hui j’ai vu I AmYours de Srdjan Dragojevic, et bref j’appuie la critique de Marc-André et je vais en rajouter: c’est “trop” théatral. Pourtant le réalisateur a beaucoup fait pour éliminer cet effet avec des scènes flashback et une caméra mouvementé, mais il reste que c’est un film qui contient beaucoup de dialogues en huis-clos, et bien que la tension monte au fur et à mesure que le film avance, j’ai resenti quelques longueurs, et malgré que le réalisateur expose longuement le profil psychologique des personnages (les événements qui les ont amenés à agir comme ils agissent), je ne parviens pas à saisir toutes la logique ou les nuances de ces réactions. Film déprimant? (c’est l’auteur qui le dit). Mais, oui, d’accord, mais ce n’est pas du Sarah Kane. Les acteurs sont tous excellents, il y a peut-être un trophé la-dedans. Mais meilleur film du festival? Hmmmm… Vraiment je me dis, ça devait être très très bon au théâtre, mais justement parfois il faut laisser sa place au théâtre.

      J’ai vu aussi Strayed de Akhan Stayev en compétition. Étonnament c’est un film de genre. Ça ressemble à un film d’horreur. Les images du désert Kazakhstanien, désert dans lequel une petite famille se retrouvera vite coincé, sont magnifiques. J’ai pensé à certains films japonais en voyant ce film. Aussi, certains personnages ont un caractère Lynchéen. La première impression qui vient après une demi-heure de visionnement c’est “wow, cool comme film du Kazakhstan”. Le montage est saccadé presque comme dans un film de la série Saw (ok, J’en met), l’utilisation du son est parfois angoissante, et vraiment on se pose un tas de questions pendant une bonne partie du film. Là ou le bat blesse sont dans les longueurs et les répétitions. On a voulu faire un long métrage avec un scénario qui en méritait un moyen. Le jeu d’acteur du protagoniste n’est pas toujours à la hauteur (il en met trop). Parcontre j’ai trouvé les autres acteurs splendide, et… quel “looks”!!). Bref on sort du film en se disant que c’est une belle tentative (l’aspect moralisateur ne m’a pas dérangé du tout), mais je crois que ce jeune cinéaste sera capable de mieux. Un nom à surveiller.

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