Marc-André Lussier

Archive, août 2009

Lundi 31 août 2009 | Mise en ligne à 8h29 | Commenter Commentaires (4)

FFM: ça se poursuit…

Les commentaires sur les films, mais aussi sur la bonne (ou mauvaise) marche des choses sont les bienvenus. On me rapporte certains problèmes à l’entrée de certaines salles, notamment pour les détenteurs de passes…

MÈRES ET FILLES (HC)

Audrey (Marina Hands) vit à Toronto. Forte, libre, indépendante, elle revient passer quelques jours avec ses parents. Enceinte, elle cherche dans le récit de ses origines l’explication à la dureté de sa mère et à son propre acharnement à être libre. Martine (Catherine Deneuve) voit les allées et venues de sa fille Audrey dans la maison de son enfance d’un mauvais œil. Martine n’a jamais pardonné à sa mère (Marie-Josée Croze) d’avoir quitté le foyer sans jamais revenir. Entre l’enquête familiale et l’esquisse de névroses familiales, la cinéaste Julie Lopes Curval brosse le portrait de trois femmes, entre liberté et familles. Marina Hands s’y révèle fragile. Face à une Deneuve au bord de l’implosion.
Anabelle Nicoud

Mères et filles de Julie Lopes-Curval. Aujourd’hui 19 h; demain 14 h 50 au Quartier latin.

A + D (REG)

Alice aime Daniel. Daniel aime Alice. Ils font l’amour. Ils apprennent à se connaître et… à se détester. Alice quitte Daniel. Daniel pose un lapin à Alice. Raconté ainsi, ce court long métrage britannique paraît d’une simplicité désarmante. Mais il s’agit d’un leurre. Surprenant, A + D l’est sur plusieurs plans. D’abord, sa sélection dans un festival grand public étonne; ensuite, son traitement non conventionnel séduit, utilisant un style documentaire de cinéma direct, différentes caméras numériques, mêlant aussi présent et futur, intimité et vie publique; puis, certains passages, très crus, saisissent. Le talent de la réalisatrice Amber Sealy, qui joue également le rôle principal féminin, impressionne. Son collègue Anton Saunders, plus cabotin, réussit plus difficilement à tirer son épingle du jeu puisque les contours de son personnage sont malheureusement moins bien définis. Mais le tout se laisse regarder avec plaisir. Le regard de la cinéaste sur la vie de couple est empreint de justesse et de lucidité, celle qui fait détourner le regard, parfois, tellement on croirait s’y reconnaître. Tendresse et désillusion.

Mario Cloutier

A + D d’Amber Sealy. Ce soir 21h20; demain 13h au Quartier latin.

QUESTIONS NATIONALES (DOC)

Bel effort que ce Questions nationales, de Jean-Pierre Roy et Roger Boire. Loin des polémiques ponctuant l’actualité, le film aborde la question de la souveraineté de façon analytique plus qu’émotive. Pourquoi, alors que le PQ existe depuis 40 ans, le Québec n’est-il toujours pas devenu un pays? La souveraineté est-elle aussi difficile à faire que le prétendent les tenants du “non” ou une révolution de velours est-elle possible, comme le prétendent les partisans du “oui”? Questions nationales soulève bien des questions et ouvre des portes intéressantes de réflexion quant aux difficultés de la séparation du Québec du reste du Canada. La comparaison avec l’Écosse et la Catalogne, où a été en partie tourné le film, amène un éclairage intéressant sur les entrevues menées au Québec par les réalisateurs. À cet égard, il faut noter l’excellente entrevue menée par les réalisateurs avec l’ex-premier ministre Bernard Landry (on peut la visionner en intégralité sur le site du film: www.questionsnationales-lefilm.net).

Anabelle Nicoud

Questions nationales de Rober Boire et Jean-Pierre Roy. Ce soir à 19h; 2 septembre 13h au Quartier latin.

WAFFENSTILLSTAND (CESSEZ-LE-FEU) (CM)

À la façon d’un reportage tiré sur le vif, le cinéaste allemand Lancelot Von Naso nous plonge dans l’enfer irakien au lendemain de la prise de Bagdad par les troupes d’occupation américaines. Waffenstillstand (Cessez-le-feu) s’attarde à décrire l’expédition d’un journaliste et d’un caméraman de la télé allemande qui, à la faveur d’un cessez-le-feu d’une durée de 24 heures, décident d’accompagner un convoi humanitaire se rendant à Fallujah, en pleine zone de combat entre les rebelles et les envahisseurs. Le but? Transporter des unités de sang et des médicaments à un hôpital n’ayant plus aucune ressource. La mission se révèle ultra dangereuse. La tension est constante. Ils sont cinq. En plus des deux reporters, un médecin dégoûté, resté en zone de combat (Matthias Habbich); l’organisatrice de l’expédition; et le guide-chauffeur irakien. Avec eux, le spectateur découvre peu à peu l’ampleur du drame. Jusqu’à l’arrivée à Fallujah. Où la situation est encore pire que tout ce que nous aurions pu imaginer. À la sortie de la projection, l’auteur cinéaste, qui signe ici un premier long métrage, confiait s’être inspiré de différents faits véridiques, colligés au fil d’une année de recherches, pour accoucher de cette histoire fictive. Disposant d’un budget modeste, Von Naso a aussi fait du repérage pendant trois mois au Maroc afin de trouver des paysages et des bâtiments similaires à ceux de l’Irak. L’effet est si saisissant qu’on s’y croirait. À n’en pas douter, Waffenstillstand est jusqu’à maintenant le meilleur film de cette compétition.

Marc-André Lussier

Waffenstillstand de Lancelot von Naso. Aujourd’hui 14h au Cinéma Impérial.

DIE STANDESBEAMTIN (WILL YOU MARRY US?) (CM) 

Die Standesbeamtin (Will You Marry Us?) n’a pas sa place dans la compétition d’un grand festival international de cinéma. Cette sous-copie de comédie romantique à l’américaine, réalisé par le Suisse Micha Lewinsky, n’en finit plus d’égrener des gags éculés, pour la plupart télégraphiés dix kilomètres à l’avance, et de manier tous les clichés d’usage. À l’«applaudissomètre», Die Standesbeamtin, qu’on compare à My Best Friend’s Wedding, The Best Man et 27 Dresses dans les notes de production (bonjour l’ambition!), a pourtant marqué le plus haut score. Allez comprendre… 

Marc-André Lussier

Die Standesbeamtin (Will You Marry Us?) de Micha Lewinsky. Aujourd’hui 16h30 au Cinéma Impérial.

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Dimanche 30 août 2009 | Mise en ligne à 7h24 | Commenter Commentaires (7)

FFM – Jour 4

Films déjà vus figurant au programme du FFM aujourd’hui. N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions et découvertes (bonnes ou mauvaises!).

DISTANZ (DISTANCE) (REG)

Premier long métrage présenté lors du Festival de Berlin, Distance se distingue par une certaine poésie du réel, sa beauté dans l’horreur. Daniel Bauer (troublant Ken Dunken) est un asocial typique : silencieux, étrangement méticuleux et indéniablement renfermé, il cède peu à peu à ses pulsions assassines. Thomas Sieben montre, de façon crue, comment Daniel devient un chasseur urbain ou émule allemand d’un sniper fou. Seules respirations dans cette spirale de violence, la relation naissante entre Daniel et Jana (Franziska Weisz). Là où Gus Van Sant et Denis Villeneuve misaient sur une esthétique onirique, Thomas Sieben se contente d’un dépouillement très réaliste pour les scènes où Daniel est seul. La photographie de René Dame donne aux scènes amoureuses de Daniel et Jana un caractère idyllique, tranchant franchement avec le ton froid adopté par le film. Dépassant la simple mise en scène du tueur fou, Thomas Sieben crée des personnages complexes, et humains après tout. Déstabilisant.

Anabelle Nicoud

Distanz (Distance) de Thomas Sieben. 30 août 10 h et à 21 h 40; 31 août 19 h 20 au Quartier latin.

JE TE MANGERAIS (PRE)

Marie (Judith Davis), jeune fille de la campagne, emménage dans l’appartement bourgeois de Lyon d’Emma (Isild le Besco). Le contraste entre les deux jeunes filles ne pourrait être plus saisissant : l’une est terrienne et charnelle, l’autre est froide et maigre ; l’une vient d’un milieu modeste, l’autre a tout l’attirail de la jeune fille de bonne famille ; l’une est seule, l’autre pas ; l’une est artiste, l’autre est cérébrale. Dans son premier long métrage, la Française Sophie Laloy réunit tous les ingrédients nécessaires à l’établissement d’une relation malsaine entre Emma, une fille pour le moins contrôlante, et Marie, une fille ingénue (ou du moins le croit-on). C’est l’attirance qui lie les deux filles d’amitié, puis la répulsion qui s’installe. À partir de ce canevas assez classique, en apparence, Sophie Laloy mène la relation entre Marie et Emma vers un dénouement fatal mais non moins inattendu. Ce pourrait être un roman d’apprentissage de la perversion ; un essai poussant à l’extrême les amitiés des jeunes filles. C’est un premier film qui parvient à glacer comme à séduire – grâce notamment au physique très Liv Tyler ou Eva Green, chez Bertolucci, de mademoiselle Davis. Servi par deux actrices redoutables et des seconds rôles tout aussi remarquables (Édith Scob), Je te mangerais est un premier film prometteur.

Anabelle Nicoud

Je te mangerais de Sophie Laloy. 30 août 19 h 30; 31 août 19 h 20 au Quartier latin.

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Samedi 29 août 2009 | Mise en ligne à 20h30 | Commenter Un commentaire

Jafar Panahi: dire l’Iran haut et fort. Et en vert!

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 Jafar Panahi lors de la soirée d’ouverture du 33e FFM. Photo: André Pichette, La Presse.

Je rentre tout juste d’une interview fort intéressante que m’a accordée le président du jury, Jafar Panahi. Le cinéaste iranien, qui fut arrêté à Téhéran le 30 juillet pour avoir assisté à une cérémonie commémorant la mort de Neda Agha-Soltan, parle très ouvertement de son opposition au régime et refuse de censurer sa pensée. 

Vous aurez évidemment l’occasion de lire bientôt l’article que j’ai tiré de cette interview, mais sachez que monsieur Panahi est parfaitement conscient du fait que le retour dans son pays risque d’être difficile.

«Je n’ai eu aucune difficulté à quitter l’Iran car je dispose de tous les papiers. Je possède un passeport en règle et le Canada a délivré un visa. Chez nous, ce n’est pas quand on part que commencent les problèmes, c’est quand on revient! Je sais que je subirai des interrogatoires. Mais je ne veux pas me taire. D’autant plus que les problèmes que j’aurai au retour n’ont rien à voir avec ceux que rencontrent les protestataires anonymes. Le vrai courage, ce sont eux qui l’ont. Dans mon cas, la notoriété dont je dispose sur le plan international me donne une certaine immunité.»

Le cinéaste, révélé au monde grâce au Ballon blanc en 1995 (Caméra d’or au Festival de Cannes), fut en tout cas très touché par l’esprit de solidarité dont ont fait preuve les autres membres du jury, de même que ses jeunes compatriotes lors de la soirée d’ouverture. «Il y a même des extraits sur You Tube!» dit-il fièrement.

En effet. La preuve:

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