Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Dimanche 26 juillet 2009 | Mise en ligne à 15h58 | Commenter Commentaires (61)

    Un (autre) sujet délicat…

    Fantasia tire à sa fin. Le festival montréalais clôturera mercredi sa 13e édition avec le plus beau coup de son existence, soit la présentation en première nord-américaine d’Inglourious Basterds, le nouveau film de Quentin Tarantino. L’ami Cassivi en a fait le sujet de sa chronique du week-end.

    Tout le monde reconnaît l’excellence du boulot accompli par l’équipe de Fantasia. L’appui indéfectible que lui donnent ses fidèles spectateurs en témoigne.

    Loin de moi l’idée de polémiquer, mais il y a quand même un truc qui me «turlupine» l’esprit un peu. Au-delà du fait que plusieurs admirateurs sont d’emblée prêts à lui octroyer le titre de «festival de cinéma le plus important de Montréal» (je reviendrai là-dessus un peu plus tard cette semaine), il reste que Fantasia est un festival de cinéma pratiquement non accessible aux francophones.

    Sur les quelques 120 longs métrages inscrits cette année dans la programmation, on en trouve à peine une douzaine – en incluant les moyens métrages – présentés en français (parce qu’issus de pays francophones). Tous les films étrangers, à une ou deux exceptions près, sont projetés avec des sous-titres en anglais. En se forçant un peu, on arrive à peine à dépasser la barre de 10% de longs métrages accessibles à un public franco.

    On pousse généralement les hauts cris pendant le FFM et le FNC, mais jamais n’entend-on la moindre plainte de cette nature pendant Fantasia. Pourquoi?

    Oui je sais. On me dira que les jeunes générations – dont font principalement partie les spectateurs de Fantasia – sont en majorité parfaitement bilingues (sinon polyglotes) et que nous sommes à l’ère de la grande mondialisation. On dira aussi que, qu’on le veuille ou non, la langue internationale est l’anglais. Et qu’il vaudra toujours mieux avoir accès à un film dans la langue de Shakespeare que pas du tout. Et puis, nous n’avons pas ici le même poids démographique que les Français. Qui peuvent évidemment exiger – et obtenir – de la part des producteurs des copies sous-titrées dans la langue de Molière dans leurs festivals de cinéma. Soit.

    Qu’on me comprenne bien. Je ne suis pas du tout anglophobe, au contraire. La maîtrise de l’anglais est d’ailleurs essentielle à mon sens pour avoir une meilleure compréhension du monde dans lequel on vit.

    Seulement, l’indifférence avec laquelle nous accueillons les signes de plus en plus apparents d’un glissement progressif vers une anglicisation accrue à Montréal me semble préoccupante. Mais peut-être est-ce simplement une question de perception…

    Une manifestation culturelle – qui plus est un festival de cinéma – ne constitue-t-elle pas la vitrine d’une ville et des habitants qui l’habitent?

    Je vous pose la question. En toute civilité.

    Voici le compte-rendu vidéo de la 14e journée, largement consacré à la présentation de Black (Pierre Laffargue), l’un des rares films francos de la programmation (présenté avec sous-titres anglais):


    • Je suis tout à fait d’accords avec vos propos ; la culture francophone devrait êtes davantage représenté et pas seulement lors de session de cours métrage. Malgré que le genre de cinéma, le lieu (Concordia) est davantage anglophone, la ville et la province reste francophone et je crois que ce ne devrait pas être oublié. Personnelment, même si je me déplace pour quelques projections, je trouve le FNC beaucoup plus intéressant que Fantasia tant par la diversité et la qualité des oeuvres et des genres que par sa duré, plus courte, donc nous sommes davantage dans le bain. Le nombre élevé de sélection à Fantasia fait souvent qu’on y trouve des oeuvres beaucoup plus mineures (même si cela arrive dans tout les festivaux, particulièrement à Fantasia). De plus, le FNC présente une section parallèle avec uniquement des long métrage québécois malgré sont horaire plus limité.

    • Fantasia est un festival unique et ce qu’il est devenu est impressionnant. Toutefois, n’oublions pas l’origine de Fantasia: des amateurs d’anime japonais et de films de genre plutôt obscurs voulaient se rassembler pour voir des films plus rares sur grand écran. Et, il faut bien se l’avouer, c’est plutôt rare de voir des animés japonais en français.

      Est-ce à dire que Fantasia devrait obtenir un passe-droit sur la proportion francophone? Avant, oui, car ce n’était qu’un petit festival à portée très locale. Maintenant? La première nord-américaine d’Inglorious Basterds prouve que ce n’est plus le cas, que c’est rendu un festival de films très important à Montréal et avec une nouvelle portée internationale.

      Selon moi, il commence à être important d’avoir une plus grande proportion de films francophones. Affirmer Fantasia non seulement comme un festival hors-norme, mais comme un festival québécois. Mais par la nature même du festival (les films et animés plus obscurs), il faut leur laisser le temps de le développer et avoir un certain jugement…

    • Personellement…je fuierais une traduction…Préfèrerais le voir en chinois sous-titré français(ou anglais) que doublé en français. De toutes façons je comprends très bien le point de vue des distributeurs. Si ces films ne sont pas acheté et distribué dans les marchés fancophones après ces uniques visionnement. Why bother?

    • Je crois que vous avez raison, mais sur ce sujet vous allez vous faire planter par des gens avec qui normalement vous êtes d’accord et vous faire appuyer par d’autres que vous ne voudriez pas avoir comme voisins.
      Je n’aime pas l’idée d’une cohertion tout azimut pour tout franciser, où rendre bilingue dans ce cas, mais je remarque que plus souvent qu’autrement les entités culturelles montréalaises se soucient fort peu de faire l’effort de bilinguiser ce qui n’est qu’en anglais. Le journal “The Gazette” par exemple se fait le champion du bilinguisme pour angliciser le français dans la sphère publique québecoise mais trouve généralement le moyen de défendre l’unilinguisme anglais losque celui-ci se présente. Vous ne les verrez jamais prendre l’initiative de suggèrer qu’un festival comme Fantasia devrait au moins proposer des sous-titres en français, mais il y a de bonnes chances qu’ils trouvent le moyen de justifier le fait qu’il n’y en ait pas.

    • D’accord avec vous. Tous les festivals de cinéma devraient offrir leurs films sous-titrés en français, question de respect pour la majorité et ce n’est pas tout le monde qui maîtrise la langue de Shakespeare.
      “Why bother (sic!)” ? Parce qu’un festival est un festival dont le 1er objectif est la découverte sans nécessairement une distribution par la suite…

    • Combien d’artistes francophones il y avait-il au Festival de Jazz? Honnêtement je crois que le fait le genre de film présentés à Fantasia est assez pointu pour que oui, il est droit à un passe droit. Et est-ce qu’il y a assez d’amateurs du genre qui ne peuvent aller voir ces films, because ils sont en anglais? Peut-être qu’il n’y a pas de hauts cris parce que justement, les gens perçoivent ce festival comme étant d’abord et avant tout anglophone. Je veux bien croire que Tarantino soit un fan de cette manifestation mais mis à part ceux qui portent attention à la scène culturelle montréalaise, je ne crois qu’il a une si grande notoriété, même à Montréal.

    • @ La Soldate Monsieur Lussie ne demande qu’on se mette à projeter davantage de films francophones pendant Fantasia, il demande que les films soient accessible aux francophones en offrant des projections offrant des sous-titres en Français.

      Personnellement que le film soit sous-titré en Anglais ou en Français ça m’est égal mais je sais fort bien que beaucoup de cinéphiles se privent d’assister à une projection si les sous-titres sont en anglais.

      Et effectivement, le festival pourrait se forcer pour refléter le caractère francophone de bnotre ville.

    • Fantasia est avant tout un festival à caractère international et non pas montréalais, au détriment de la ville de Montréal, normal alors que la majorité des films ne soient pas traduits en français, mais je me rallie aux gens qui affirment qu’ils devraient être au moins sous-titrés…
      ET Montréal qui voit péricliter petit à petit son ensemble francophone, alors un festival comme Fantasia occulte toute la place avec une certaine légitimité… mais je suis inquiet de voir un (autre) pourcentage de représentation francophone si faible.

    • Sujet délicat, évidemment. Étant bilingue, je n’ai pas eu de problème à Fantasia, mais par contre, je trouve dommage que les films en anglais ne soient pas sous-titrés en français… Un peu décevant.

      Mais d’un autre côté, les films Québécois que je suis allé voir n’étaient jamais sous-titrés en anglais. Et les présentations des films étaient la plupart du temps en français (sauf pour les interview, évidemment).

      Mais effectivement, c’est dur de trancher (surtout que les anglophones semblent former une partie conséquente des amateurs de Fantasia, si j’ai bien compris)

    • Je fréquente ce festival depuis quelques années, et cette année, j’y ai initié ma fille de 9 ans qui ne parle pas un traître mot d’anglais. Je lui ai fait lire le synopsis en français des films que nous avons vus ensemble, et elle s’est très bien débrouillée. En fait, elle a réalisé qu’il existait d’autres cultures, et que même les petits thailandais avaient des modules de jeux dans leurs parcs comme ceux qu’il y a dans sa propre cour d’école. Elle a déjà hâte à l’an prochain! Il manque de français dans Fantasia? Alors on n’a que les francophones à blâmer, car ce festival a été très peu couvert par la presse francophone, malgré des salles pleines presque tous les soirs, et un public très enthousiastes. Et je dirais même que la couverture dans La Presse ou à Radio-Canada (deux médias que je fréquente) a été plutôt sommaire et faite par des journalistes qui s’y connaissent très peu dans ce genre de cinéma. C’est tellement plus chouette de nous tapisser les pages du cahier cinéma avec la festival de Cannes en mai! Un festival très important, mais inaccassible quand on ne peut y accéder!
      Je suis convaincue que Fantasia se francisera quand il y aura une demande, mais ce serait, je crois, mettre les bâtons dans les roues d’un festival unique qui fait le bonheur de son public fidèle.

    • J’habite en France depuis dix ans et je peux vous garantir que la majorité de ces films existent avec sous-titrage français. Ce n’est qu’une question de volonté de la part des distributeurs et/ou organisateurs. Je prends l’exemple des séries tv: 24 (avec Sutherland) qui n’existe pas en français au Québec (ni sous-titré ni doublé) est disponible de ce côté de l’Atlantique. Peut-être cela a-t-il à voir avec les droits de doublage? Néanmoins tout un peuple est lésé par cette question de droits, si tel est le cas. J’étais dans le métro de Montréal il n’y a pas si longtemps, et j’ai constaté que même les titres des films n’étaient plus traduits désormais… A croire qu’on a vraiment envie de disparaître…

    • Un petit bémol à apporter tout de même… Je ne sais pas pour tous les films, mais je sais que pour la grande partie des films asiatiques qui se retrouvent au festival, la version dvd (Si on l’a) ne comportera même pas de sous-titres français. Alors bon, si le dvd, deux ans après n’a même pas ce luxe, je ne vois pas vraiment comment on pourrait critiquer le festival sur ce point. D’autant plus que je doute vraiment qu’il ait un pouvoir quelqu’un sur la version que les producteurs décident d’envoyer.
      Prenez Love Exposure par exemple, film qui vient de sortir en dvd au Japon et sans aucun sous-titre apparemment… Déjà beau d’en avoir ici, non?

    • Je confirme ce qu’affirme garooo, plusieurs des films vus à Fantasia et dont j’ai acheté le DVD par la suite au Québec n’avait aucun sous-titre français. En fait, je me rappelle une année où l’un des films avait à peine des sous-titres anglais. Le tout était incompréhensible et les présentations supplémentaires ont été cancellées.
      En fait, le Festival du nouveau cinéma a présenté un film de Jee-Woon Kim dans leur programation 2008, un directeur qui a eu ses films précédents présentés à Fantasia dans le passé et dont les films en DVD ne sont même pas disponibles en format nord-américain. Le FNC a présenté le film avec sous-titre anglais seulement.
      Il serait donc peut-être question de la disponibilité de ses sous-titres, plutôt que le désir du festival. Fantasia présentant une brochette de films extrêment différente des autres festivals. S’ils se limitaient… pourrais-t-ils toujours avoir un programme aussi ecclectique?
      Finalement, Fantasia fait un effort énorme pour être une vitrine de ses habitants. Le fantastique weekend du court métrage québécois(du vendredi au dimanche) présente 5 colloques tous en français uniquement et une panoplie de programmation québécoise, incluant des séances de courts métrages québécois DIY qui encouragent les réalisateurs qui en sont encore à leurs débuts. Je m’y suis rendue et les salles étaient souvent pleines!

    • Je croix que c’est peut-être a cause de la moyenne d’âge qui se présente a Fantasia.
      J’aime toujours mieux écouter les films dans la langue originale, pour les sous-titre, c’est souvent mieux traduit en anglais qu’en français, donc puisque je suis bilingue, j’aime mieux que ce sois en anglais personellement.
      Il faut aussi noté que ça pourrai peut-être coûté cher de devoir faire un traduction de tous les films qui sont présentés, d’un autre côté il pourrai peut-être rejoindre un plus grand public (qui n’est pas bilingue ou fort en anglais).

    • Petite précision: Il est évidemment question ici de sous-titres. Présenter des versions doublées dans le cadre d’un festival de cinéma est carrément impensable. Cela constituerait un vrai sacrilège!

    • Il semblerait que l’on pense que les sous-titres arrivent magiquement sur un écran. Vous savez, il faut qu’ils soient créés, puis il faut qu’ils soient diffusés sur un projecteur spécial, brûlés sur une copies 35mm ou insérés sur un HD Cam. C’est très cher!!
      Qui devrait payer pour ça vous croyez? Le festival, qui arrive déjà difficilement dans son budget? Si le FFM a des sous-titres français dans ses projections, c’est surtout parce qu’environ 100 000$ de son million de subventions va vers ça.
      Oui, dans un monde idéal, il y aurait des sous-titres français et anglais aux projections de Fantasia (et de tout les festivals), mais ça m’énerve royalement quand tout un chacun réclame des trucs irréalistes en disant que c’est la moindre des choses. Et aussi de tenter de faire une polémique avec un festival exceptionnel qui fait des miracles depuis 13 ans avec les moyens du bord…

    • J’attendais le moment qu’une personne se plaigne de ce fait. Soyons honnête, pratiquement aucun des films au festival Fantasia est disponible avec sous-titre français, et le faire sous-titrer gommerait une bonne partie du budget de Fantasia! Honnêtement, je suis écoeuré et je suis à bout de ceux qui se plaignent de tout!! Fantasia est un festival “fringe”, et j’espère qu’il va continuer sur sa lancée, comme d’autres commentateurs ont bien dit, les films anglais devraient être sous-titrés en français, mais les autres devraient rester tels quel… Je préfère avoir un sous-titre en anglais, que ne pas avoir de film du tout!!

    • Moi ce qui me turlupine, c’est qu’il y ait encore des québécois, en 2009, qui sont incapable de lire l’anglais… attention, je ne dis même pas de le parler là… simplement de pouvoir le lire!

      Notre unilinguisme est un handicap MAJEUR!

    • Tous les films de Fantasia que j’ai vu au cours des années étaient projetés dans les salles de l’Université de Concordia. Des sous-titres en anglais dans un Université anglophone, il y a comme un lien…

      Et puis bon, même les sous-titres en anglais sont pas toujours géniaux, en français ce serait le festival des aberrations. Par exemple, dans Fullmetal Alchemist, voilà deux ans, le traducteur, probablement japonais, savais même pas que ヒトラ, ça se traduit par Hilter et pas Citra. o.O

    • J’ai été a Fantasia en 1997-98, personnellement je suis bilingue, j’ai pas de problèmes avec les sous titres anglais, mais je comprend que quelqu’un qui arrive du Lac St-Jean mettons, pis qui va voir un film a Fantasia et que Mitch Davis, les cheveux longs la, un des programmeurs du festival, parle juste en anglais pour présenter le film, comme je l’ai vu faire souvent ces années-la, c,est vrai que c’est insultant un peu. Ils pourraient au moins se forcer un peu, quitte a faire comme a Blue Bonnet dans le temps. Genre…

      Le prochain film..the next feature..est un film qui nous vient de Corée…is a movie out of Corean…from the director of x movie..du réalisateur du film x.

    • @ Phazon

      Je suis parfait bilingue mais je suis quand même insulté de voir que certains soient prêts à accepter que des films soient présentés, à Montréal, sans sous-titre français.

      Votre à-plat-ventrisme est un handicap majeur et contribuera à mener à la perte du français à Montréal.

    • Personnellement, je m’en fou totalement. Je maîtrise très bien l’anglais. Qu’un film étranger soit sous-titré en anglais ou français me passe 10 pieds par dessus la tête.

    • Plusieurs cinéastes invités risqueraient de nous dire “F*** Y**”!!!

      Mais ça coûte rien de demander…

    • Y’a qu’à changer une petite lettre au nom du festival, l’appeler FANTASIO et présenter uniquement des bandes dessinées de Spirou…

      Spirou… C’est belge-francophone, non??

      Problème résolu!

    • Fantasia est limité dans ses choix par les distributeurs. Des copies sous-titrées sont sélectionées quand c’est possible, mais qu’une copie francophone existe à Paris ne la rendra pas disponible à Montréal. De plus plusieurs copies sont celles accompagnant les invités du festival ou acheminées par eux, sans entente de distribution au Canada.

      Sans Fantasia, de nombreux de ces films ne n’auraient JAMAIS été présenté ici, sur grand écran. Le festival fait des miracles avec des budgets minuscules depuis des années, est populaire et rempli ses salles – contrairement à d’autres, fats de subventions.

      Et maintenant on bitch que des copies sous-titrés en français ne sont pas dispos? C’est chercher la bête noire, non? Dites monsieur Lussier, étiez-vous à cours de sujets pour votre éditorial?

      OK. Prenons donc une partie de nos taxes, et accordons une subvention à Fantasia afin d’avoir ces copies et satisfaire une infime minorité du public interessé à Fantasia. Bonne idée, il n’y a pas de meilleur usage pour utiliser nos impôts en ce moment… Ou, limitons la portée du Festival en demandant que ces films soient proprement sous-titrés – et demandons sa fermeture si l’objectif n’est pas atteint. Au Québec on aime bien démolir nos succès.

      Quant à Mitch Davis parlant français… Bon, je connait Mitch depuis une quinzaine et je l’aime bien, mais y’a des jours ou même une cohérence de son discours en anglais est difficile à atteindre. Ce qui n’enlève rien à sa connaissance phénoménale du cinéma.

    • @catzilla

      Je suis entièrement d’accord avec vous! La couverture médiatique francophone de Fantasia est très sommaire. Je me souviens d’un texte dans la Presse du samedi, gracieuseté de Marc Cassivi il y a quelques semaines où tout ce que j’ai retenu était qu’il n’aimait pas le cinéma de genre présenté à Fantasia. Il a bien le droit. Mais c’est à peu près tout ce qu’on retient. Combien de films présentés au festival ont été critiqués?

      Pour ce qui est du débat des sous-titres en français, il est maintenant ouvert et selon moi, légitime. Mais pour combien de temps?C’est malheureux, mais on oubliera dans peu temps ce détail, comme on oublie collectivement des tas de choses beaucoup plus graves.

      Enfin, pour les véritables mordus de Fantasia, c’est sur les blogues qu’on peut retrouver le maximum d’informations au sujet du Festival. Beaucoup sont en anglais, mais plusieurs aussi en français, comme sinistreblogzine.com qui a couvert la partie horreur/fantastique du festival.

    • Dans un monde idéal, certes, ce serait bien d’avoir des sous-titres en français. Cependant, nous vivons dans un monde bien réel, pas un monde idéal, et il est trop simple – pour ne pas dire simpliste – de ramener la discussion à un «On est au Québec, une province francophone, alors il faudrait que ce soit en français.»

      1. Il s’agit d’un festival qui, peu importe l’envergure qu’il prend, vise un créneau de marché qui demeure marginal, marginalité qui est d’ailleurs très bien démontrée par l’absence quasi-totale de couverture par les médias s’adressant au grand public.

      2. La majeure partie des films au programme ne seront jamais diffusés en salle au Québec. En fait, si ce n’était pas du Web ou de Fantasia, on n’en aurait jamais vent au Québec. De demander à ce que, pour une présentation unique ici, le producteur assume les coûts de sous-titrage est aussi déplacé que c’est utopique. D’une part, la majeure partie des amateurs de ce genre de cinéma préfère qu’il soit présenté en version originale, alors oublions le doublage. D’autre part, si le producteur se voyait imposer le sous-titrage en français pour un film où la seule présentation francophone serait dans le cadre de Fantasia, il pourrait fort bien – et à raison – dire aux organisateurs d’aller se faire foutre. Il y a un marché pour ce cinéma, à l’échelle internationale, et il se satisfait fort bien de versions originales sous-titrées en anglais.

      3. S’il est essentiel que le sous-titrage soit en français pour satisfaire la police de la langue, alors que ceux qui émettent l’exigence paient la facture. Si je dois un jour me priver d’un film parce qu’il n’a pu être projeté pour des raisons linguistiques, je n’aurai pas l’impression que l’on a protégé ma culture. J’aurai plutôt l’iimpression que nous nous enfermons juste un peu plus dans un ghetto linguistique où certains semblent bien aimer se complaire.

    • Vous connaissez beaucoup d’amateurs de films de genre qui sont incapables de lire des sous-titres en anglais?

      Quand les films ne sont pas d’origine anglophone, ils sont au moins traduit en anglais… et c’est la chose intelligente à faire. Le reste du monde se moque bien des insécurités des québécois, de leurs caprices et de leurs p’tites frustrations.

      Eh puis, qu’est-ce que ça a à voir avec “l’exode” du français à Montréal? Qu’est-ce qu’un festival comme Fantasia a à voir avec la progression de l’anglais sur l’île? Est-ce que le fait de voir des films sous-titrés en anglais fait disparaitre des francophones?

      Ben non, c’est uniquement une question d’apparence. Ça ne fait que nous rappeler que parmi les grandes langues du monde, l’anglais est roi et le français est BON DERNIER et continue de perdre du terrain partout dans le monde.

      En ce qui me concerne, je ne souffre aucunement de ne pas être le nombril du monde. Est-ce de l’aplat-ventrisme? Non, je gaspille moins d’énergie à chialer et à pleurer à propos de choses qu’on ne peut changer de toute façon.

    • Je vais me faire blaster, probablement, mais effectivement, l’effort de présenter des films sous-titrés en français devrait être fait. Je ne porte aucune accusation envers organisateurs — loin de moi cette idée. Les films présentés viennent d’ailleurs, sont souvent à petits budgets et la situation n’est pas toujours facile de ce côté. Donc pas question de refuser des films qui ne satisfont pas à cette demande. Prendre la ligne dure serait contre-productive et irrespectueuse du travail des bâtisseurs de cet événement.

      Je suis aussi parfaitement bilingue (semblerait qu’il faut le dire, sinon on se fera taxer d’arriéré, notamment par Phazon…) et j’aime voir les films dans leur langue originale. Mais il ne s’agit pas ici de préférences personnelles, contrairement à ce que beaucoup de commentaires sous-entendent. C’est une problématique sociale. Il s’agit d’un festival ouvert au public dans la plus grande ville francophone d’amérique (pourtant bilingue de facto). Parler de cet aspect du festival sans nier l’excellent travail fait par celui-ci, c’est j’espère ouvrir la porte à la reconnaissance d’une situation qui devrait être améliorée. Une amélioration de ce genre pourrait aussi permettre à Fantasia de gagner un nouveau public, ce qui n’est jamais mauvais. Non seulement l’amélioration d’une situation délicate, donc, mais aussi, peut-être une opportunité à la fois culturelle et économique.

      @sinistreblogzine
      Peut-on s’attendre des médias francophones qu’ils couvrent de fond en comble un événement qui, de par la langue des films présentés, ne s’adresse à peu près pas à un public francophone ou francophile? C’est aussi ce que le billet de M. Lussier ouvre comme questionnement à mon avis…

    • “Peut-on s’attendre des médias francophones qu’ils couvrent de fond en comble un événement qui, de par la langue des films présentés, ne s’adresse à peu près pas à un public francophone ou francophile?”

      C’est surtout parce que le contenu proposé par Fantasia n’interesse pas et n’interessera jamais le grand public.

      Parait-il qu’il y a du cinéma de genre qui se fait au québec et on m’a dit qu’il y en avait du très bon. Est-ce que les médias en parlent? Ben non, sinon je serais peut-être plus au courant. C’est plus payant de parler en long et en large de Cruising Bar 2, même si c’est d’la schnoutte, parce que c’est ce que mononcle et matante veulent voir.

    • @Aubordunord: Ce festival va rester un fesitval de genre, et je ne vois pas du tout comment en donnant des sous-titres cela va aider à amener plus de personnes à aller voir le film… Et non, je ne vouls blaste pas, je suis simplement en désaccord avec vous :)

    • @carl1975
      Content que vous ne me ‘blastiez’ pas. Vive le désaccord. ;-)

      Je crois néanmoins que c’est une erreur de croire que le cinéma de genre ne vend pas et ne peut intéresser un public plus large. Le fait que Tarantino remplisse les salles, que les films inspirés d’histoire de Stephen King ou que des films tels Crouching Tigers, Hidden Dragon aient bien performés au box office permet de croire que le cinéma de genre marche en fait très bien. Les films de genres qui furent populaires pullulent dans les meilleures recettes depuis au moins dix ans (The Ring et autres Grudge, Blair Witch Project, No Country for Old Man, The Mist, etc. — sans parler du sci-fi). La différence: le marketing et les médias.

      @mathieu_a
      L’autoflagellation de votre langue comme bonne dernière ne m’intéresse pas, désolé. On ne parle pas du Tagalog, mais bien d’une des langues les plus parlée en occident et en Afrique. Mais peu importe. Le dédain que vous portez aux gens qui, à juste titre, s’inquiètent de la situation de la langue de la majorité, dont vous faites partie, parce qu’elle est à son tour en minorité ailleurs au continent me laisse pantois. Personne ne crie, ne pleure, ni ne chiâle sur qui ou quoi que ce soit; on en discute à partir d’un texte nuancé. Personne ne se prend pour le nombril du monde; on se sait en minorité et on tente de bien saisir l’enjeu, de voir s’il est possible de palier à la situation ou si c’est inévitable. Vous par contre, vous semblez mépriser ceux qui se posent des questions. Grand mal vous en fasse.

    • @Aubordunord

      Tout d’abord je tiens à préciser que le débat est tout à fait légitime. Je ne crois pas non plus qu’il faille que La Presse couvre le festival de fond en comble non plus. Je trouve cependant qu’il mériterait un peu plus d’attention.

      Je suis étonné qu’on pense encore qu’il s’agisse d’un festival s’adressant majoritairement à un public anglophone. J’ai passé plusieurs heures dans les files. Les gens autour de moi parlaient autant français que l’anglais. Lorsque j’ai fait la file pour acheter mes billets, la langue parlée autour de moi était principalement le français. Le Fantastique Week-End du Court-Métrage Québécois présentait des films majoritairement en français.

      Cependant, si nous suivons la logique ici, est-ce que La Presse devrait cesser de faire des critiques de disques en anglais? Alors pourquoi ne pas faire un peu plus de place au plus grand festival de film de genre se déroulant ici?

      Encore une fois je comprends très bien le point soulevé par M. Lussier. Pour ma part il est évident que si j’avais le choix entre des sous-titres français ou anglais, j’opterais sans hésiter pour le français.

    • Au Festival du Court Métrage de Bruxelles, en 2008 (je ne sais pas s’ils le font toujours ou s’ils l’avaient fait avant), il y avait une entente entre le festival et des étudiants en traduction, chargés de faire des sous-titres pour les films qui n’étaient pas en français. C’est peut-être un modèle importable, qui permettrait d’avoir des sous-titres en français pour des films qui n’en ont pas pour le moment.

    • @sinistreblogzine
      Bien d’accord avec vous: les médias devraient couvrir l’événement de manière plus complète. Et vous faites bien de mentionner que le public francophone est plus important qu’on le croit dans ce festival.

      Néanmoins, “l’impression” demeure qu’il s’agit d’un festival s’orientant vers un public anglophone. Pourquoi? Justemment, parce que 90% de la programmation n’est offerte qu’en anglais (et que tout se passe près de Concordia).

      Je ne crois évidemment pas qu’on devrait arrêter de faire la critique des disques anglophones…(!) Pour renverser votre intéressante analogie: demandons-nous pourquoi si peu de critiques de disques anglophones, au Québec, font mention de la sortie de disques québécois? Parce qu’ils n’ont pas l’impression que ça s’adresse à eux. Les artistes eux-mêmes (et les producteurs) n’affirmeraient probablement jamais cela, mais pourtant, l’impression est là. Idem pour Fantasia, je crois.

      Mais ça promet de changer. Le festival grossit et est ouvert à pleins de choses. On lui souhaite tous longue vie. (Intéressante proposition de newflesh, en passant.)

    • Erratum: je voulais bien entendu dire “…font mention de la sortie de disques francophones?”

    • Il y a quand même 60% de la clientèle qui est francophone, donc près de 50000 billets vendus. Pour un festival qui ne s’adresse pas à eux, c’est quand même pas si mal.

      Mais sérieusement… Le festival s’adresse surtout aux passionnés du genre, peu importe la langue utilisée en sous-titres. On parle quand même du plus gros festival du type en Amérique, et une bonne partie de sa clientèle est étrangère. Le festival ne se renferme pas sur une clientèle, mais la garde plutôt très ouverte (Si, encore une fois, il avait un pouvoir sur la question…)

      Concernant les films de genre au box-office, autre bémol: La grande, très grande partie est nord-américaine, donc faite pour être accessible à ce public. Ou sinon, on fait un remake avec des acteurs connus d’ici, comme The Ring ou The Grudge. Le marketing est donc beaucoup moins risqué. Mais des films qui ne présentent aucun visage connu, qui sont sous-titrés et qui, culturellement, sont complètement différents d’ici? Tout pour être un flop au box-office.

      Bon, il y a bien Crouching Tiger et Hero, mais encore une fois, ce sont surtout des visages familiers qui sont présentés, avec un gros distributeur pour les supporter. C’était d’ailleurs la raison pourquoi un casting majoritairement chinois avait été utilisé pour Geisha. Une absurdité très nord-américaine…

    • Tout à fait d’accord avec vos propos mais au-delà de ce festival, on peut aussi déplorer que les cinémas commerciaux continuent de bouder les versions sous-titrées des films à succès américains.

      Tout comme le festival, le dernier cinéplexe du centre-ville de Montréal (Paramount/Banque Scotia) est aussi en quelque sorte une vitrine de la ville mais demeure inaccessible aux francophones unilingues (et je rappelle que la majorité des francophones de la région montréalaise le sont encore). Il me semble la présentation sur quelques écrans de films à succès avec sous-titres en français permettrait de continuer d’attirer les publics anglophone et francophone bilingue en plus des francophones unilingues : une solution qui conviendrait parfaitement au centre-ville de Montréal.

    • (et je rappelle que la majorité des francophones de la région montréalaise le sont encore)

      C’est désolant si c’est le cas, on baigne tout de meme dans un océan de 300 millions d’anglophones…les gens regardent juste TVA,Rad Can et TQS ??

    • @teddybear
      On peut bien le déplorer mais c’est la réalité et ce n’est sûrement pas le doublage des films qui changera la donne. Pour ma part, le fait d’être trilingue ne m’empêche quand même pas de m’identifier comme francophone et de préférer voir des sous-titres en français à Montréal.

    • Pour ma part, le fait d’être trilingue ne m’empêche quand même pas de m’identifier comme francophone et de préférer voir des sous-titres en français à Montréal.

      Tu veut dire que tu es trilingue pis quand un film sort en anglais, tu va voir la version francaise ?

    • Il y aurait lieu d’augmenter le nombre de films sous-titrés.

    • Si par version française, vous voulez dire doublée, non, j’évite toujours les versions doublées… J’ai écrit “des sous-titres en français” car je ne regarde justement pas que des films américains.

    • Alors organisez-vous pour avoir un festival de films d’horreur et fantaisistes en Français, avec un répertoire beaucoup plus réduit comparé à Fantasia.

      Ou bien imposez un pourcentage minimum de films francophones à Fantasia, au risque de voir certains films être omis à cause qu’ils ne sont pas en Français, une belle façon de tuer le festival.

      Soit qu’on laisse les festivals suivent leurs propres chemins, soit on impose les lois selon la majorité. Point filnal. Et arrêtons de fournir des excuses comme: “Qu’on me comprenne bien. Je ne suis pas du tout anglophobe.”

      En passant, l’équipe de programmation de Fantasia est composée de francophones. Et on veut blamer les anglais.

      (lien: http://www.fantasiafest.com/2009/fr/about/ en bas de la page)

    • Débat intéressant. Merci à ceux qui y participent.

      Les commentaires de certains intervenants sont d’ailleurs assez éclairants. Et font écho au caractère «marginal» d’un festival de cinéma archi-spécialisé. À ce titre, Fantasia peut bien mener sa barque comme elle l’entend et présenter toute sa programmation avec des sous-titres anglais. Aucun problème avec ça. De cette façon, peut-être ce festival se positionne progressivement sur l’échiquier nord-américain et qu’il deviendra un rendez-vous incontournable pour les intervenants du milieu du cinéma de genre. Un peu comme le fait Just for Laughs dans le domaine de l’humour anglo.

      Là où le problème se pose, c’est dans cette volonté de faire sortir ce festival de sa marginalité pour lui prêter une vocation plus «mainstream». C’est là qu’intervient la problématique de l’accessibilité.

      La force de Fantasia, à mon humble avis, réside justement dans son caractère plus marginal. Lui prêter une vocation autre serait le dénaturer. Cela dit, il faut aussi assumer sa nature. Réclamer des médias généralistes francophones une couverture mur à mur d’un événement auquel assistent un public déjà très ciblé, et dont à peine 10% de la programmation est présentée dans la langue de ses lecteurs ou de ses auditeurs, c’est irréaliste.

      On aura beau claironner sur tous les toits que n’importe quel cinéphile peut trouver son compte dans cette programmation, nous savons bien que c’est faux.

    • @Marc-André Lussier

      “On aura beau claironner sur tous les toits que n’importe quel cinéphile peut trouver son compte dans cette programmation, nous savons bien que c’est faux.”

      Vraiment? Bon, peut-être pas ‘n’importe quel’ cinéphile… Mais comme vous le mentioniez, il s’agit de partir du principe que Fantasia est maintenant capable d’obtenir Inglorious Basterds en première nord-américaine (dans sa nouvelle version en tout cas). On parle donc d’un cinéma qui a le potentiel d’aller chercher un auditoire beaucoup plus grand. Et est-ce à dire que de viser plus large reviendrait à dénaturer l’événement même si on gardait l’aspect marginal de plusieurs de ses choix de films?

      Dire cela me fait penser aux gens qui reprochent — à chaque année — au Festival de Jazz d’avoir autre chose que du jazz dans sa programmation pour attirer plus de gens (je ne dis pas que c’est votre cas, rassurez-vous). Pourtant, certains découvriront le jazz en étant amené à ce genre via d’autres styles connexes. Pourquoi ne pourrions-nous pas voir Fantasia faire de même? Garder le côté quelque plus underground du festival est-il incompatible avec un volet qui serait ouvert à des films moins archi-spécialisés? Si on en croit le ‘buzz’ créé par la venue de Tarantino, non.

      C’était essentiellement ce que je voulais dire auparavant… Et si le public se voyait élargi en raison d’une programmation qui le serait aussi, le sous-titrage français des films aiderait sur tous les plans — tant social que médiatique, tant publicitaire que d’achalandage.

      Mais peut-être suis-je trop naïf et enthousiaste…

    • @kakey
      Personne ne “blâme les anglais”…
      Et votre faux dilemme entre deux lignes dures n’est pas soulevé par grand monde je crois. Des compromis, ça existe…

    • @ Aubordunord

      Bien sûr, Inglourious Basterds constitue le coup le plus éclatant de l’existence de Fantasia. Le match est parfait dans ce cas-ci. Mais un tel alignement de planètes relève du cas d’exception. Et le fait est que Fantasia ne sera probablement jamais un festival «comme les autres», dans la mesure où il s’inscrit dans un créneau bien précis.

    • @Marc-André Lussier: Je suis d’accord avec vous, pour moi le festival Fantasia devrait continuer a rester dans son domaine d’expertise, et non essayer de plaire au public généraliste, car je crois que cela tuerait surement le festival…. ce qui est présent à ce festival n’est pas du goût de tous, et je crois que ca devrait rester le cas, de peur d’y perdre de sa magie… De toute façon, comme vous le dites si bien, si ce festival pouvait devenir la réference nord-américaine dans son domaine ce serait surement un grand plus pour Montréal…

    • Si jamais Fantasia atteint la même notoriétié que le Comi-Con qui se déroule à San Diego en ce moment, il aura assez de poids pour exiger que des copies avec sous-titre soient fournies par les distributeurs ou aura les fonds pour le faire. Mais en ce moment je crois qu’il est encore assez marginal que ça ne sois pas possible. Si jamais ce festival aspire vraiment à un fréquentation par un public plus large, j’imagine qu’il ira chercher les subbentions nécessaires pour payer la note mais je me le demande encore, est-ce qu’il y a assez d’amateurs unilingues francos qui s’intéressent aux genres présenté à Fantasia pour en justifier les coûts.

      Par contre, l’idée de Newsflesh est intéressante: demander à des étudiants (ou mêmes des amateurs pourquoi pas?) de faire le sous-titrage.

    • J’ai participé au Festival en tant que réalisateur d’un court-métrage qui a été présenté au ”Fantastique weekend du court-métrage Québécois” et ce que je peux dire c’est que j’ai été un peu déboussolé de voir des bénévoles qui ne parlaient qu’anglais… mais quel beau festival! Beaucoup plus joviale comme ambiance à comparer avec celle du FFM ou des Rendez-vous…

    • Très d’accord avec vous mais ce n’est pas un glissement mais un dérapage vers l’anglicisation. La preuve, Black, un film franco avec un titre anglo???

    • @Aubordunord

      Des compromis, ça seraient de parler des films qui y ont été présentés, au lieu de tout tourner en débat linguistique.

      Oui, Inglourious Basterds était un coup fumant. Cela permet plus de visibilité pour pouvoir assurer le financement des commandites, et surtout, du gouvernement car souvenez-vous que le festival avait de la difficulté d’en obtenir. Sans ce film, Fantasia passerait sous les radars des quoditiens francos et continuera d’attirer les foules et les cinéastes dans ces genres pointus, moins les niaseries existensielles et linguistiques. Car l’esprit de ce festival, c’est pour avoir des cheap thrills extrêmes des films obscures ridicules d’étrangers, au diable le politically correct.

    • Je reviens de la projection de Inglourious Basterds, qui clôturait le festival, et il est important de souligner que la majorité du discours de présentation était fait en français. Pour le reste, Mitch Davis a tout de même adressé le public en français (on ne pouvait pas trop en demander à Eli Roth non plus ; ) . Je crois qu’un réel effort est fait pour rendre le festival le plus attrayant possible dans les 2 langues et qu’on verra de plus en plus de films à contenu francophone (que ce soit la trame sonore ou les sous-titres) à l’avenir. Cependant, les organisateurs doivent faire des pieds et des mains pour obtenir la permission de présenter certains films que les festivals s’arrachent l’un l’autre, et ils ne pourront donc pas toujours en rajouter et exiger une version franco par dessus le marché.

    • Je n’aime pas quand on dit que les films sont inaccessibles aux francophones. Ils sont inaccessibles aux francophones unilingues! En tant que francophone bilingue, je n’ai aucun problème à regarder un film étranger sous-titré en anglais. Tout les films étrangers que j’ai vu (et j’en ai vu un paquet!) étaient sous-titrés en anglais. C’est ça, le domaine du film étranger/répertoire!

    • Je suis un grand fan francophone de Fantasia depuis ses débuts. J’y vois en moyenne de 40 à 50 films par année.
      L’une des forces de Fantasia est que c’est un festival qui nous présente des films de genre, en version originale, avec sous-titre. C’est un festival qui ose prendre des risques.
      Félicitation à Fantasia qui nous à fait deux gros coups fumants cette année! Oui, le dernier Tarantino, mais aussi, le superbe Thirst de Chan-Wook Park qui a gagné le prix du Jury à Cannes.
      Le fait que les sous-titres soient en Français ou en Anglais importe peu. Ce qui est important, selon moi, c’est que ca nous donne la chance de voir des films qu’autrement nous n’aurions jamais eu la chances de voir! Et quel plaisir, au fil des ans, de nous avoir fait découvrir le travail des Johnnie To, Takahishi Miike, Chan-Wook Park, Shinya Tsukamoto, et plein d’autres…
      Un autre plaisir, c’est que le festival est beaucoup moins guindé que le FFM de Losique… Avoir la chance de pouvoir échanger avec des réalisateurs chinois, thai, japonnais, allemand, coréen, belge, francais, etc. J’y ai fait des rencontres superbes qui m’ont laissé des souvenirs magnifiques!
      Que les sous-titres soient en Francais ou en Anglais, est-ce que c’est vraiment important?

    • À une époque tout cela me touchait, mais on finit par baisser les bras. Fantasia, Osheage, festival reggae, Festival des films du monde, Pop Montréal, Festival de jazz… nous sommes submergés par les festivals anglosaxons.
      Avoir la capacité de comprendre l’anglais n’est pas la question. La question est : Souhaitons-nous vivre dans une ville dont le visage est chaque jour un peu plus anglophone? Mais pour y arriver il faut une volonté politique. Et si on veut une volonté politique, il faut une volonté populaire. mais tout le monde s’en fiche.
      M. Lussier, une question. Dans « Le plus grand quotidien francophone d’Amérique », pourquoi dans les critiques les titres de films sont-ils en anglais? Ne croyez vous pas que vos francophones de lecteurs, lorsqu’ils vont au cinéma, vont généralement voir les films dans leur langue?

    • @ PhilippeHemond

      À La Presse, nous privilégions effectivement les titres dans leur langue originale afin de respecter l’intégrité artistique des oeuvres commentées. Cela dit, nous ajoutons toujours aussi le titre de la version française s’il y a lieu (et même si, bien souvent, ce titre ne reflète pas le sens du titre original).

      Dans le cas des langues utilisant un alphabet différent du nôtre, nous faisons bien entendu alors exception…

    • Alors pourquoi les livres sont-ils présentés avec le titre qui leur est donné par leur traducteur?

    • @ PhilippeHemond

      Je parlais bien entendu de notre politique en matière de cinéma. Je laisserai le soin à mes collègues du cahier lectures de vous répondre.
      Pour le cinéma, il y a probablement aussi une question de proximité qui entre en jeu. Comme nous faisons partie du marché intérieur américain, les films prennent l’affiche chez nous simultanément. C’est dire que le public est déjà très exposé aux titres originaux et peut très bien faire les liens qui s’imposent, d’autant que l’attention médiatique est énorme.
      Quand un livre américain nous parvient en français, parfois des mois, sinon des années après sa publication dans sa langue d’origine, le titre anglais est beaucoup moins présent dans l’esprit des gens.

      Mais encore là, je le répète, il faudrait poser la question à nos littéraires…

    • Comment font FantasticArts?

      Ha et puis moi, le monde qui ne juge que par Fantasia ou exige du sang et de l’action dans chacun des films qu’ils vont voir: pas capable! (bien qu’un cinéphile n’est pas complet si il ne connait pas certains des meilleurs films de Fantasia).

      Mais la chose que je reproche le plus à Fantasia c’est de s’être établi dans la salle “cheap” (soulignons l’anglicisme) de Concordia. Misère!

      Et aussi, de jouer en plein juillet. Quel calvaire! Non mais j’ai peut-être envie d’aller me promener aux Nuits D’Afriques ou Festival Pourri?

      Fin juin, me semble que ça serait mieux. Ou dans un temps mort,. comme Février. Personne n’ose Février! Il est tellement platte c’te mois là! Faites quelque chose!

      Sultitan

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