
Comme vous le savez, Marc-André Grondin a obtenu hier à Paris le César du meilleur espoir masculin grâce à sa performance dans Le premier jour du reste de ta vie.
Dans la plupart des reportages que j’ai entendus à la télé ou à la radio au Québec, dans quelques articles que j’ai pu lire aussi, un élément revient de façon récurrente: «Rassurez-vous, nous dit-on, Marc-André n’a pas l’intention de s’installer à Paris!». Ici même sur ce blogue, un intervenant demandait si le jeune acteur allait faire «une Marie-Josée Croze de lui-même».
Excusez-moi, mais je ne comprends pas.
D’où vient cette espèce de peur panique à l’idée que «nos» artistes puissent aller faire carrière dans un pays où il se produit pratiquement dix fois plus de films qu’ici? Pourquoi prend-on comme une trahison nationale le fait qu’un acteur ou une actrice emprunte l’accent français afin de camper des personnages qui ne sont pas seulement définis par leurs origines? À ce que je sache, personne en Belgique ne reproche à Olivier Gourmet de s’être installé à Paris et de gommer son accent belge quand vient le moment de jouer dans des films français. Même chose pour le très suisse Vincent Perez. Pourquoi cela nous heurte-t-il autant? Expliquez-moi, je ne comprends pas.
Si une actrice comme Marie-Josée Croze, dont la carrière n’allait pratiquement nulle part au Québec avant Les invasions barbares, s’épanouit désormais en campant des personnages dans des univers qui correspondent davantage à sa propre sensibilité artistique, où est le problème?
«Oui mais elle emprunte l’accent français même quand elle ne joue pas!» Ouan, pis?
Personnellement, je n’ai pas besoin d’être «rassuré» par rapport aux intentions de Marc-André. Et s’il décide un jour d’aller s’installer dans la Ville lumière parce que les offres intéressantes se multiplient, je le comprendrai tout à fait. Et je ne me sentirai pas «trahi».
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