Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Jeudi 29 janvier 2009 | Mise en ligne à 20h50 | Commenter Commentaires (8)

    Rédiger une critique: pas toujours évident!

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    Régulièrement, je reçois des courriels d’étudiants qui veulent en connaître un peu plus sur mon métier. Ils veulent savoir comment ça se passe dans la pratique. Certains veulent même me suivre pendant une journée pour vivre «de  l’intérieur» l’aventure trépidante d’un journaliste sur le «beat» du cinéma. En passant, je refuse ce genre de requête. Désolé. Tout simplement parce que j’estime que l’écriture –  qui est l’essence même du métier que j’exerce – n’a rien de bien «glamour» à offrir dans son exécution.

    On me demande aussi souvent comment on fait pour rédiger une critique.

    Que répondre à cette question? Il n’y a pas de formule, pas de mode d’emploi. Du moins, je n’en connais pas. S’il en existait, il est certain que j’aurais utilisé volontiers l’une ou l’autre au cours des derniers jours. Parce que j’ai eu un mal de chien à accoucher de la critique de Polytechnique.

    Dans un cas de figure comme celui-là, il est en effet toujours plus difficile de composer avec sa propre émotivité. Qu’il le veuille ou non, un critique est forcément un produit de la société dont il est issu. Sa perception d’une oeuvre en sera le reflet, même s’il essaie de se maintenir à distance.

    Depuis deux jours, je planche sur le texte. Depuis deux jours, je bute sur les mots, la façon d’évoquer les images. J’écris un bout. Je laisse. Je doute. J’efface. Je reprends. Je relaisse. Je passe à un autre dossier. Je reviens. Avec, toujours, cette boule bien logée dans l’estomac, présente à force de replonger sans cesse dans un film qui nous fait revivre aussi frontalement le drame d’il y a 19 ans. J’ose à peine imaginer comment ont dû se sentir les artisans à chaque étape de l’élaboration de ce film. Et comment se sentiront ceux qui furent plus directement impliqués dans le drame.

    Au bout du compte, je ne sais pas si j’ai accouché d’une «bonne» critique. Vous en jugerez au moment de sa publication la semaine prochaine. Mais j’y ai enfin mis le point final. Et je peux désormais respirer un peu mieux…

    Dans un autre ordre d’idées, vous avez probablement pu constater que tous les blogues de Cyberpresse sont maintenant modérés. Dorénavant, les commentaires vont tomber dans une liste en attente d’approbation, ce qui peut entraîner un délai entre l’envoi du message et sa mise en ligne. Cette décision a été prise par la direction de l’entreprise dans le but d’éviter les abus. Si vous voulez discuter de cette question, je vous invite à vous rendre sur les blogues de mes collègues Sophie Cousineau et Paul Roux.

    Je ferai de mon mieux pour que vos commentaires soient mis en ligne le plus rapidement possible. Tout cela, évidemment, au gré de mes horaires et de mes déplacements. Cela dit, je ne suis jamais très loin d’un ordi!


    • J’aurais bien aimé être, en partie, la cause de toute cette modération. Ça aurait fait de moi une vedette de l’internet!

      Plus sérieusement, j’ai déjà écrit quelques critiques pour l’université, et c’est quelque chose de très agréable à faire. C’est vrai que ça peut être très difficile, quoi que certains films nous inspirent plus que d’autres. Le texte sur Mister Lonely a été écrit en moins d’une heure, alors que celui sur It’s a free world m’avait pris beaucoup plus de temps. Bref, bonne chance pour le texte sur Polytechnique, ça ne doit pas être évident.

    • Pas toujours évident la critique ? Fort bien toutefois, je gage que bien des gens y compris moi-même donnerait beaucoup pour être à votre place. Cela dit, il va de soi que rédiger un texte qui touche sa cible à coup sûr n’est pas nécessairement facile néanmoins, ce sont les risques du métier et je suis persuadé qu’en bout de ligne, chacun y trouve son compte. Pour le reste, on peut écrire avec son coeur, sa tête ou s’en remettre à des formules pré-établis bref, tout est possible. Reste simplement à voir qui nous étonnera et qui saura venir chercher le petit quelque chose qui fait que les lecteurs(trices) adorent…

    • Un coup de pouce pour votre critique de Polyteck? Comparez-le à “Bowling for Columbine” de Moore. Ça vous détachera; pour peu qu’il puisse-t-être possible de se “détacher” de tels événements.

    • Non monsieur je n’aimerais pas être à votre place, surtout quand il s’agit de faire la critique d’un film dont on a plus ou moins envie de parler, mais comme tout le monde en parle, c’en devient presque un devoir moral de le faire, et de partager le bon grain et l’ivraie d’un côté, et de ménager la chèvre et le chou de l’autre, tout un exercice d’équilibre et de voltige dont dieu merci je suis exempté (mais ça ne m’empêchera pas de lire avec curiosité et sympathie votre exercice de corde raide).

    • Ce que je m’attends d’un critique:
      - le résumé du scénario
      - l’appréciation de la réalisation, l’interprétations, le scénario, la cinématographie…
      - votre vraie appéciation, sans influence externe.

      Ce que je déteste des critiques, ce sont ceux qui ajoutent des adjectifs qui n’ont rien à voir avec le film, ex: ”un film puissant”, c’est quoi ça un film puissant? ou la critique de Voir sur le film Entre les murs: ” un oeuvre vivante, chalereuse, plein d’espoir”. C’est de la bull…

    • Critique ! Le mot devrait être redéfini ! C’est péjoratif au départ !

    • Le drame de Poly. J’avais 17 ans à l’époque. Je ne connais personne de près ou de loin qui y a été associé. Ayant usé mon fond de culottes un bout de temps sur les bancs d’école, j’en reviens à cette question : Est-ce qu’on va à l’université pour se faire tuer? Grosse, grosse boule dans la gorge. Irai-je ou non voir le film? Ça penche fort vers le non. Trop fort, le sujet. Je n’ai aucune difficulté à vous imaginer bûcher sur la critique de ce film. Ça me rend émotif d’en parler dans un blogue qui n’y est même pas consacré…

    • Ce n’est pourtant pas une critique difficile à faire : encore des gens du milieu du cinéma qui exploitent la douleur des uns et le chagrin des autres. Faute d’avoir de vraies idées, on puise dans l’histoire collective pour faire sangloter quelques idiots prêts à dépenser pour l’usurpation de pauvres victimes. Regardons seulement le “cinéma” américain des dernières années après ces United 93 et WTC.

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