Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Dimanche 17 août 2008 | Mise en ligne à 12h03 | Commenter Commentaires (25)

    Le FFM envers et contre tout…

    Le FFM commence jeudi. Vous pouvez vous procurer les billets pour les différentes séances depuis hier. Les cinéphiles fidèles et les amis issus des communautés culturelles seront bien sûr au rendez-vous. Et ils se demanderont de nouveau pourquoi les médias sont en général aussi sévères envers ce festival de cinéma qu’ils aiment et qui, estiment-ils, est encore plus nécessaire qu’auparavant.

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    Nic Balthazar et Claude Miller, réalisateurs de Ben X et d’Un secret, les deux films lauréats l’an dernier du Grand Prix des Amériques. Photo: Sylvain Légaré pour le FFM.

    Bon. Par où on commence?

    D’abord, je précise d’entrée de jeu que je fais moi-même partie des fidèles du FFM. Ce festival a largement contribué à mon éducation de cinéphile. Au cours des années 80, une époque où il fallait nécessairement se présenter à un guichet pour obtenir des billets de spectacles, je me suis prêté pendant des années au rituel du «samedi matin».

    Le jour où la programmation était rendue publique – et que les billets étaient mis en vente (le samedi précédant l’ouverture du festival) –, nous étions une poignée d’irréductibles à se retrouver dès 6h30 dans la file d’attente. Devant le Parisien, celle-ci s’allongeait d’ailleurs au fil des heures pour se rendre pratiquement sur la rue Union près de Cathcart!

    J’achetais deux carnets de 10 coupons mais je ne pouvais choisir mes séances tant que le foutu catalogue n’était pas disponible. En rôdant le vendredi soir aux abords du Parisien, nous pouvions parfois être chanceux et mettre la main dessus, encore tout chaud. Certaines années, il fallait attendre le matin même.

    Pour ne choisir que 20 films dans cette programmation foisonnante, il fallait d’abord repérer les incontournables, les valeurs sûres, et se garder ensuite quelques séances pour les découvertes. À cette époque, le FFM comptait encore sur l’échiquier international. À titre de comparaison, je me suis amusé à consulter le catalogue du 12e Festival des films du monde, celui qui s’est tenu en 1988, il y a 20 ans…

    Pas besoin d’en parcourir toutes les pages pour découvrir qu’à cette époque, le who’s who de la planète cinéma s’y donnait rendez-vous.

    Quelques noms en compétition officielle:
    Marco Bellochio (La sorcière), Jean-Claude Brisseau (De bruit et de fureur), Michel Deville (La lectrice), Agnieszka Holland (To Kill a Priest), Im Kwon-Taek (Adada), Mira Nair (Salaam Bombay), Helma Sanders-Brahms (L’amour divisé).

    Et ça c’est rien. Voyez un peu dans les sections «parallèles»:
    Theo Angelopoulos (Paysage dans le brouillard), Vincente Aranda (El Lute – Camina o revienta), Gérard Corbiau (Le maître de musique), André Delvaux (L’œuvre au noir), Jacques Doillon (L’amoureuse et Comédie!), Bob Hoskins (The Raggedy Rawney), Chen Kaige (Le roi des enfants), Krysztof Kieslowski (Tu ne tueras point), Jeanne Labrune (De sable et de sang), Daniele Luchetti (It’s Happening Tomorrow), Chris Menges (A World’s Apart), Manoel de Oliveira (Les cannibales), Ermano Olmi (La légende du Saint Buveur), Léa Pool (À corps perdu), Alan Rudolph (The Moderns), Ken Russel (Lair of the White Worm), Carlos Saura (El Dorado), Claude Sautet (Quelques jours avec moi), Fernando Solanas (El sur), Istvan Szabo (Hanussen), Agnès Varda (Kung Fu Master), Paul Vecchiali (Encore), Margarethe von Trotta (Trois soeurs), Zhang Yimou (Le sorgho rouge), Andrzej Zulawski (Le globe d’argent), Mika Kaurismaki (Helsinki Napoli), Erik Clausen (Rami et Juliette), Catherine Corsini (Poker), Terence Davies (Distant Voices, Still Lives), Raymond Depardon (Urgences), Peter Greenaway (Drowning by Numbers), Eric Rohmer (Quatre aventures de Reinette et Mirabelle), George Sluizer (L’homme qui voulait savoir), sans oublier les inévitables «sulfureux» Frank Ripploh (Taxi Nach Cairo) et Rosa Von Praunheim (Anita: Tanze des Lasters)

    Cela me fait toujours un peu sourire quand les bonzes du FFM s’impatientent aujourd’hui dès qu’on leur demande pourquoi les titres qui circulent déjà sur le circuit des grands festivals ne s’arrêtent plus au FFM. «Il n’y a aucun intérêt à présenter les mêmes films qu’à Cannes», répondent-ils. Visiblement, le virage idéologique est radical. En 1988, au moins 12 des films inscrits en compétition officielle sur la Croisette faisaient partie de la programmation du FFM. Et ce, sans même compter les titres récupérés dans les sections parallèles cannoises.

    Plusieurs facteurs expliquent le déclin du FFM: multiplication des festivals de cinéma, chasse aux primeurs, et, évidemment, ascension fulgurante du Festival de Toronto dès la fin des années 80. Le TIFF fait depuis partie du carré d’as des plus grands festivals internationaux (avec Cannes, Berlin et Venise).

    À cette concurrence féroce s’ajoute désormais un problème de branding. Le FFM aurait accès aux meilleurs films du monde qu’il aurait encore probablement un problème d’image à gérer. Sa réputation est à refaire complètement auprès des médias internationaux. Sa compétition n’a par ailleurs plus beaucoup de résonance sur la planète cinéma, bien que le FFM soit «le seul festival de cinéma compétitif de catégorie A en Amérique du Nord».

    Pour La Presse, je couvre la compétition du FFM dans son intégralité. Il n’ y a plus que ma collègue Odile Tremblay du Devoir qui en fait autant. Les autres médias ont quitté le navire il y a longtemps. C’est dire que je passe mes journées au Cinéma Impérial ou au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, dans des salles plutôt clairsemées, en compagnie d’irréductibles qui commencent tout autant que moi à compter leurs cheveux gris. On me dit que c’est plus dynamique au Quartier latin et que les salles y sont pleines. Tant mieux.

    Quand ils nous voient avec notre carte de presse, ces irréductibles nous abordent parfois. Certains même de façon un peu agressive. Dans leur esprit, les déboires du FFM sont principalement dus aux médias et à leurs critiques sévères. On leur fait valoir alors les différences avec les éditions du passé (auxquels ils ont assisté); on évoque des points de comparaison, et ils se rendent généralement à l’évidence. «C’est vrai que ce n’est plus comme avant mais vous ne devriez pas en parler!», m’a dit une festivalière l’an dernier. Désolé, mais la Chine est à 13 heures de vol…

    Si on décode les propos des organisateurs au fil des ans, le FFM ne serait rien de moins que le deuxième festival en importance au monde après Cannes. Peut-être faudrait-il rectifier le tir dans le discours officiel pour être un peu plus en phase avec la réalité. Cela dit, cette dévotion – cet aveuglement? – mérite, d’une certaine façon, notre admiration. Qui d’autre aurait pu penser à programmer un cycle consacré à la comédie musicale russe de l’époque soviétique? Je vous le demande.

    À ceux qui me demandent conseil pour faire des choix dans cette programmation boursouflée, il m’est bien difficile de vous répondre de façon éclairée. Comme vous, je suis dans le noir obscur. À quelques exceptions près (Vicky Cristina Barcelona, Faubourg 36, Sagan et quelques autres), les titres qui meublent cette sélection sont inconnus au bataillon.

    Les gros canons attendus seront plutôt présentés au Festival du nouveau cinéma en octobre, et à Cinémania en novembre. En attendant, on ira de découverte en découverte au FFM. En souhaitant qu’elles se révèlent agréables.

    Serez-vous au rendez-vous?

    Voici la bande annonce de Faubourg 36. Le nouveau film de Christophe Barratier (Les choristes) ouvrira le FFM jeudi.


    • Mais le déclin du FFM..est-ce la faute des organisateurs qui se sont assis sur leurs lauriers au fil du temps et se sont fait damer le pion par Toronto ou si c’est une question de gros sous ??

      A ce qu’ont dit, il parait que les vedettes préféreraient venir a MTL,mais que l’argent est a Toronto..le but etant de vendre leur film.

    • Pour moi; le vrai problème, c’est que Serge Losique et Danielle Cauchard n’ont jamais pensé à préparer leur succession. C’est exactement le même tandem qui dirigeait le premier festival au moment de sa création. Combien de festivals d’envergure sont-ils sous le contrôle des mêmes personnes qu’en 1978 ? Cannes ? Venise ? Berlin ? Locarno ? Aucune de ces réponses ? On ne s’improvise pas directeur de festival. Alors pourquoi, au fil des années, les grands timoniers ne se sont-ils pas adjoints les services d’une équipe à qui ils auraient progressivement transmis le relais ? Ce qui ne veut pas dire tirer sa révérence. Juste, partager le pouvoir décisionnel. Quelle est la personne ayant grandi au sein du FFM, connaissant bien le milieu du cinéma d’ici, et susceptible de représenter le festival au niveau international ?

      Bien sûr, le Festival nous a donné de grands moments. L’édition de l’an passé nous a montré que le vieux tandem est encore capable de sortir des lapins de son chapeau. Tant mieux. Souhaitons-nous la même chose pour cette année. Mais il est loin d’être certain que le FFM soit capable de survivre à ses créateurs. Peut-être n’est-ce pas pour ça qu’il était conçu.

    • Excellente bande-annonce de Faubourg 36..voila un film que j’ai envie de voir

    • Dans une économie ultralibérale, la culture ne peut exister que si elle rapporte de l’argent.

      En dehors des grosses explosions, point de salut.

      Voilà pourquoi au Canada on coupe dans tout les budgets culturels qui ne rapportent pas court terme.

      Voilà pourquoi il n’y a plus que 4 festivals qui marchent.

      Cette explication est simple, mais pas complète.

      Quid des réalisateurs de films ‘indépendants’ français, québécois, italiens, allemands?

      Et bien ils se regardent le nombril!

      Un petit film sur la vie d’un berger au Maroc (c’est tellement agréable de tourner un film près de Marrakech)

      Un film sur la vie amoureuse de Roger et Paul qui veulent se marier et ‘combattent’ les préjugés. Leur rêve? Ëtre plus conformistes que la société déjà ultra-conformiste. Le moment ‘intense’ du film va être le choix de l’assaisonnement pour le BBQ: mayo ou ketchup?

      On est loin de Brando qui encu** sa partenaire après lui avoir mis une couche de beurre sur la rose (réveil de la salle garanti!)

      On a aussi d’autres variations, comme les tribulations de bobos qui ‘philosophent’ sur l’Afrique en se regardant le nombril, ou alors des films sur le combat courageux d’un homme prisonnier de son corps ou d’une femme qui veut qu’on lui confirme qu’elle a plus de 2 neurones pendant 2 heures de pellicule.

      Bref, que des films nombrilistes, faits par des réalisateurs politiquement corrects qui n’osent s’engager sur rien.

      Où sont passés les films virulents, insultants, parfois incendiaires des années 70?

      Où sont passés les grandes questions politiques, les vrais débats, les vraies revendications?

      Où est passé le cinéma engagé d’un Fassbinder, d’un Pasolini?

      Et vous voudriez, Monsieur Lussier, remplir des salles de cinéma avec des petites fables comme ‘La graine et le mulet’?

      Avec des petits films sans conséquences qui provoquent un peu d’émotion, mais pas plus qu’un petit chatouillement dans les trippes?

      Vous voudriez que ces festivals marchent avec des films nous racontant des petits faits sociaux sans importance?

      Mais c’est la VIE qu’il faut filmer, Monsieur Lussier, si vous voulez intéresser les gens autrement que par des explosions.

      Et les gens sont tout aussi vivants et ont tout autant envie de crier qu’il y a 30 ans, mais plus personne n’ose aborder aucun sujet qui puisse soulever la moindre vraie controverse.

      Tous ces écrivaillons, réalisateurs et artistes bloqués par le politiquement correct mais ‘marchandisés’ par les médias comme de ‘grands artistes immortels’ disparaîtront dans les limbes de l’oubli.

      Quant aux festivals qui présentent ces films, ils sont déjà morts, même si vous ne sentez pas encore l’odeur, protégé par votre mouchoir parfumé.

    • Pour appuyer mes dires:

      Nic Balthazar et Claude Miller, réalisateurs de Ben X et d’Un secret, les deux films lauréats l’an dernier du Grand Prix des Amériques.

      “UN SECRET”:
      sujet – un adolescent de 15 ans découvre un terrible secret de famille

      Beaucoup de gens se sentiront immédiatement concernés…et se précipiteront au ciné…pardon, au Banque Scotia voir Batman

      “BEN X” :
      sujet – Pour ne plus se faire chahuter à l’école, un adolescent AUTISTE se réfugie dans le monde des jeux de rôle

      Et notre monde à nous, nos malheurs et nos rêves, sur la planète TERRE, ça intéresse un réalisateur quelque part?

    • Toute cette soit-disante “production culturelle” ne mérite pas d’être financée par nos impôts.

      C’est du Harlequin avec une couverture de la Pléiade (la couverture médiatique).

      Cela me fait penser à ce Pape dans les Rois maudits qui, de peur d’être empoisonné, ne mangeait que des aliments blancs, riz blanc, poisson blanc, lait, blancs d’oeufs.

      Bref, tout ce qui est fade…comme le politiquement correct

      La “culture” et le “cinéma” d’aujourd’hui ont besoin d’une bonne dose de cyanure s’ils ne veulent pas disparaître terrassés par Batman

    • En fait, le FFM devrait être rebaptisé le FFCEAPC, ou Festival des films choisis par une élite artistique politiquement correcte.

      Cette année, on aurait dû mettre Balthazar et Miller dans le jury pour qu’ils renvoient l’ascenseur en decernant le prix aux copains qui leur ont décerné le prix l’année dernière.

      Le tout sous les applaudissements nourris des médias.

    • Médias dont les journalistes, tels des Oedipes modernes sur pilote-automatique, se sont percés les yeux pour ne plus voir le néant culturel qu’ils contribuent à créer

    • Germanicus, je suis 100% d’accord avec vous. Pour l’élite culturelle et les médias du Québec, le cinéma en dehors des Etats-Unis doit se résumer à des films d’auteurs avec des intellos qui se regardent le nombril. Si un film non-Américain n’est pas un film d’auteur avec des intellos qui se regardent le nombril, on en parle pas.

      Un exemple : en 1997, Michael Haneke avait réalisé Funny Games, une brillante réflection sur le voyeurisme des médias, le film à fait le tour de tous les festivals de films de la planète et a lancé la carrière de son réalisateur. Ici on en a presque pas parlé. Mais lorsque, les Américains en ont fait remake en 2007, tous les médias ont parlés du remake.

      Un autre exemple, depuis des année les Asiatiques font des tas de films d’horreur qui font le tour du monde et les Américains en font régulierement des remakes : les medias parlent des remakes et pas des orignaux. Signalont que les Européens aussi en font de plus en plus, mais ici, ont parle pas parcequ’il n’y pas d’intellos qui se regardent le nombril dedans.

      En 2005-2006, le film 13 Tzameti, un thriller qui est une brillante reflexion sur le capitalisme sauvage, a fait le tour des festivals de la planète. Ici, la plupart des medias n’en on pas parlé. Il est question d’en faire un remake Américain avec Brad Pitt. Si c’est le cas, tous les médias vont parler du remake.

    • @wwwwww

      Exactement ça. Tous ces “journalistes” nous vendent un bien mauvais gruau culturel.

      Par exemple aujourd’hui, Patrick Lagacé, dans son blogue, fait la promotion d’une bonne chum à lui en criant, tel un poissonnier marseillais:

      ATTENTION, CULTURE!

      Extrait de son blogue du 18 août:
      “La sublime Geneviève Lefebvre, qui blogue sous le « pseudonyme » Chroniques blondes (…) a une plume d’enfer (un grand, grand texte, pour vous initier), dont elle vit, d’ailleurs (moi, je l’envie secrètement, cette plume)”
      http://www.chroniquesblondes.com/2007/10/06/rumble-in-the-jungle/

      Alors moi, évidemment, je clique sur le lien proposé par Lagacé. Quelle peut bien donc être cette “plume d’enfer”?

      Une émule de Dostoievsky, de Joyce, de Wilde? Balzac est de retour?

      Et non, juste une autre soupe de magazine féminin du type ‘Journal de Bridget Jones’, comme il y en a des centaines depuis 10 ans.

      Les angoisses nombrilistes d’une matrone, le tout dégoûlinant sur une page d’écriture ampoulée, façon les “précieuses ridicules du XXIe siècle”

      Aucun vrai sujet, juste son fils, sa belle-mère, son sac d’épicerie et son nombril. Rien qui puisse fâcher, rien que du mou.

      Et c’est cette “culture-yogourt-industriel” que Lagacé, avec d’autres “journalistes”, veut vendre à nos enfants! Promotion du vide total!

      On veut nous faire croire que c’est ça la “culture”, le “génie littéraire”, que les seuls “sujets intéressants” tournent autour du nombril de mémère.

      Extrait de Matante Genevière, nouveau génie littéraire des médias:

      ” Addendum: A son grand dam, la mère de ce billet ne peut en aucun cas revendiquer quelque gloire que ce soit dans cette histoire. Elle est la première stupéfaite devant cette preuve par dix que nos enfants ne nous appartiennent pas, qu’ils suivent leur nature et qu’ils ne nous doivent rien du tout.
      Elle qui s’est inquiétée que Fils soit un faible, un timoré, un trop fragile pour affronter le monde. Elle qui voyait dans sa douceur un manque de combativité… elle l’a en pleine face. Solide.
      Tout ce temps là, elle n’a pas vu que, comme disait James Dean “seuls les tendres sont vraiment fort”.
      Comme dirait l’autre, it’s a humbling experience…”

      On dirait un extrait des livres d’école de leçon de morale de nos grand-parents avec comme “référence littéraire moderne” : James Dean.

      Consternant…

      Voilà comment dans les médias on nous vend du Marc Levy comme si c’était le nouvel Alfred de Musset, le nouveau Flaubert. Risible!

    • Si vous voulez un exemple de vraie littérature moderne, lisez cet extrait de MEN, auteur controversé mais dont l’écriture et le talent sont tellement plus géniaux.

      Jugez par vous même si ça ne fait pas plus réfléchir que Matante Geneviève:

      “La Gay Pride, c’est Homo-Disney. Une caricature de fête. Se déguiser, c’est se cacher plus encore. L’exhibition n’est pas la liberté. Lundi, ils reprendront tous le chemin de la société “normale”. Démaquillés, sans hauts talons, et bien raisonnables, ils redeviendront de bons petits cadres. Peut-être deux ou trois confettis leur tomberont de la poche quand ils paieront leur carte orange…
      (…)
      Ils auraient tous eu honte, les Wilde, les Copi et autres tapettes flamboyantes qui ont souffert pour une communauté si conformiste!
      (…)
      Tous les combats artistiques de jadis pour obtenir une carte de couple? Pour que deux abrutis payent moitié prix lorsqu’ils iront en TGV voir leur tantine! C’est dérisoire, c’est social. C’est pas très “trash”… C’est ça l’idéal des transgressifs? La beauferie du couple gnan-gnan, la singerie de ce qui peut arriver de pire à deux êtres humains: s’aimer.
      C’est à vous dégoûter d’être écoeurer par les femmes!”
      NON, p.242

      ou encore

      “Ma tendresse va aux grandes Tantes de l’Art (…). Je ne connais qu’un exemple de mariage réussi entre un homosexuel et une femme, c’est celui du cinéaste allemand Rainer Werner Fassbinder avec son actrice et amie Ingrid Caven. La nuit de noces même, l’ogre barbu s’enferma dans la chambre nuptiale avec son témoin, pendant que son épouse tambourinait à la porte en le traitant de “sale pédé!” ”
      Coups d’épée dans l’eau, p.374

    • ou encore:

      “Cette avidité à être médiatisé en tant qu’ “écrivain” est symptomatique du complexe que les littérateurs trimbalent. Ils passent les trois quarts de leur temps à consolider leurs réseaux dormants entre deux romans ronflants.

      Ils torchent d’insipides chroniques dans les journaux, avec juste ce qu’il faut de politiquement incorrect pour ne pas trop choquer les politiquement corrects!

      Plus c’est petit, plus ça passe…

      La chronique est une maladie chronique! Et contagieuse… Radio, télé, presse alimentent les “chroniquers”! VRP du bon sens!

      La chose à penser, c’est ce que tout le monde dit.”

      Lueur d’espoir, p.119

    • Ya vraiment pas à dire : le café de Germanicus n’est pas blanc.

    • Hé Germanicus !

      T’aurais pas des suggestions de films «coup de poing» à nous donner ?

      (mais plus récents que 1972, année du DERNIER TANGO !)

    • Au moins à Fantasia il y a des liens aux bandes annonces des films présentés, et le programme coûte 5$ et permet de faire des choix éclairés. D’ailleurs toute l’information du programme de Fantasia est disponible sur le net.

      Je voulais aller voir des films au FFM cette année, mais c’est beaucoup trop compliqué trouver de l’information sur les films. Les organisateurs de ce festival sont dépassés point.

    • En plein coeur c’est un film intéressant ?

      Probablement.

      http://www.ffm-montreal.org/cgi-bin/ffmfilms?Action=fest_detail&num=24664&lng=FR

      Intéressant, l’histoire suivante :

      http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/nouvelles/nouvelle-cinema/2007-Stephane-Gehami-vend-son-condo-pour-tourner-iEn-plein-coeuri.html

      Si j’avais à aller voir un film d’ici pour ce festival, ce serait probablement celui-là…

    • Il y a trop de festivals de films à Montréal. Par exemple, il a des flims qu’on présente a Fantasia ici (ce qui signifie que les médias en parlent peu) alors qu’a Toronto, on les présente au festival des films de Toronto (et les médias en parlent davantage). Il faudrait qu’il n’y ait qu’un seul festival de films. Cela donnerait au grand public une vision plus réaliste du cinéma mondial.

      @eraserhead

      Il y a des films coups de poing faits en Europe, j’en ai cités deux. On pourrait rajouter à cela des films comme Seul Contre Tous et Irréversible de Gaspard Noé. Ou encore A l’interieur/Inside de Alexandre Bustillo
      & Julien Maury.

    • Merci wwwwwww !!

      Oui, en effet, IRREVERSIBLE est un des derniers films qui m’ait vraiment «rentré dedans» ces dernières années (avant cela, je dois remonter à FIGHT CLUB, APOCALYPTO, SCHINDLER’S LIST, STRAW DOGS et même DELIVERANCE pour trouver un film qui me touche à ce point. Je dois conclure que le thème de la violence (physique et psychologique) est un sujet qui vient me chercher !).

      J’ajouterai donc FUNNY GAMES et 13 TZAMETI à ma liste de films à voir !

      D’autres titres «coups de poing» à me suggérer, chers cinéphiles qui peuplez ce blogue ??

    • Le FFM est un festival comme on n’en voit presque plus en cette ère d’événements sur-encadrés et d’organisateurs obsédés par l’image. J’adore ce petit côté brouillon, latin, bordélique, foisonnant. Le catalogue est extrêmement touffu, ça prend des heures et une patience infinie pour passer à travers. On finit toujours par prendre quelques films totalement au hasard, selon l’humeur du jour, l’exotisme de ses origines, le thème saugrenu ou la sonorité du titre. C’est ainsi que j’ai vu autant de navets prétentieux que de véritables petits bijoux.

      Le “branding” du FFM ne pourra évoluer qu’après un changement de garde au sommet. Patience. Cela pourrait prendre 5 à 10 ans encore et le festival ne disparaîtra pas demain matin. Quoique… j’aime bien l’aspect de plus en plus underground de la liste de films.

    • En passant, aujourd’hui les organisateurs du festival Fantasia déclaraient que face à un financement inadéquat, cet événement pourrait être en danger. Cela soulève deux questions importantes.

      1. Où sont passés les mécènes québécois, ces gens riches qui aiment les arts et sont prêts à verser de l’argent à des événements culturels?

      2. Serait-il possible d’envisager de “fédérer” ou de carrément fusionner les divers événements cinématographiques de Montréal, pour qu’ils partagent une même scène (en quelque sorte), un horaire harmonisé et complémentaire, un espace médiatique commun? Après tout, la diversité d’un festival attire beaucoup de gens, alors que la fragmentation n’est pas nécessairement souhaitable. Avec un seul festival qui se subdiviserait en 3 ou 4 thèmes essentiels (FFM, Fantasia, Films pour enfants, Court-métrages) et une billetterie commune, tous pourraient en ressortir plus forts.

      En évitant évidemment la bureaucratie et les guerres de pouvoir.

    • C’est tranquille en ce moment…. Allons-y pour un tout petit grain de sel.

      @hdufort

      1. Fantasia, c’est surement très chouette. Je ne voudrais pas parler de ce que je connais pas, mais ça me semble un peu “pointu” comme événement, et très orienté vers les jeunes. Pas des raisons pour refuser du financement, mais les “mécènes” lorgnent généralement vers des événements plus traditionnels. Une subvention, j’ai pas de problème avec ça, mais je ne vois pas la Banque Nationale ou MacDonald mettre leur logo là-dessus. Peut-etre une micro-brasserie?

      2. Fédérer des événements culturels? Ouch! En théorie, pourquoi pas, mais dans les faits, il n’y a rien de plus indépendants que les trucs culturels dans ce genre-là. Tout comme le communautaire et les OSBL en général. Tout le monde a sa chasse-gardée. Et c’est probablement très bien comme ça, ça assure la diversité et la variété. L’efficacité est rarement un critère chez les passionnés de la culture underground…

    • Pauvre vous, monsieur Lussier. Vos employeurs sont méchant de vous obliger à vous taper tous les films de la compétition. Moi je vous aurais envoyé à l’air libre, avec la simple exigence d’écrire une courte critique d’un paragraphe pour chacun des 4 ou 5 films vu chaque jour (à votre choix).

      En fait, en tant que lecteur, je précise à la direction que c’est le genre de couvertur que je préfère: le plus de films possible, avec de courtes critiques.

    • En fait un des plus importants commanditaires de Fantasia ces dernieres années était Burger King, le principal compétiteur de Mcdonald. C’est la preuve que Fantasia A BESOIN des subventions. Si Fantasia venait qu’a disparaitre ce serait une tragedie pour la province de Quebec. On abandonnerait le public 16-35 ans qui composera le public principal de demain lorsque les babyboomer se pousseront dans le sud pour deserter une province qui n’est plus l’ombre de ce qu’elle a deja été. Montreal est un point de rencontre de diversité culturelle et le festival Fantasia est une démonstration de cet ecclectisme qui fait que chacun a sa place. Ces jeunes ne s’en remettront pas “par magie” au FFM qui s’adresse à un public totalement différent. Stephen Harper doit etre content d’etre parvenu a creer cette diversion qui fait que les artistes doivent arreter de travailler pour commencer a chialer. Le scandale Bernier/ Couillard lui ont fait perdre du temps alors il se reprend en faisant perdre du temps aux autres… C’EST N’IMPORTE QUOI !

      En voyant le sondage cyberpresse daujourdhui qui montre qua peu pres 30% des gens sont daccord avec les coupures dans la culture, jai le gout de quitter cette civilisation composée à 30% d’abrutis insensibles et fascistes.

    • @allan_tremblay

      Il est essentiel de fusioner les festivals de films de Montréal. Pas pour concurrencer Toronto. Mais pour permettre au public de connaître davantage ce qui ce fait comme films à l’exterieur des Etats-Unis. Trop de gens pensent que le cinéma mondial se résume a des films Américains comme Batman.

      @vicoddin

      Je suis d’accord avec vous. Le public cible des médias du Québec est principalement composé de Baby-Boomers qui pensent que la culture mondiale se résume à Céline Dion et Batman.

    • Moi j’aime bien qu’il y ait 2 festivals de cinéma à Montréal, mais je comprends la problèmatique décriée ici (qui n’a rien à voir avec le fait que le cinéma international n’est pas représenté à Montreal).

      Pour unir les 2 festivals, il faudrait signer un contrat avec Mr. Chamberland (du FNC) qui lui assurerait le poste de directeur de la programmation pour 50 ans. Il faudrait ensuite le convaincre de garder
      le nom World Film Festival qui a bien plus de clinquant (c’est le plus beau nom de festival de film au monde) que celui de Nouveau Cinéma, même si une section “Nouveu Cinéma” serait fort souhaitable dans sa programmation.

      Il faudrait laisser les employés du FNC s’occuper de plusieurs domaines, comme le design, les invités, et la logistique. Il faudrait quand même garder les membres du FFM (Cauchard et Losique) dont le travail de gérance a fait ses preuves (ils ont survécu à de grandes coupures).
      À mon avis la force du FFM c’est la gérance puisque pour la programmation, c’est plutôt un fourre-tout. De plus, le FFM engage n’importe qui pour venir présenter les films et les invités. Au FNC, le directeur de programmation vient lui-même très souvent rencontrer son public. Il n’y a pas de comparaison.

      Losique est beaucoup plus un producteur d’événement qu’un cinéphile, à mon avis. Le FFM, c’est gros. C’est plus d’une douzaines de salles par jour. Gérer cela à l’encontre des fonds publiques et de la critique, c’est remarquable. Dans une union probable ou improbable, Cauchard serait assistante à la programmation, je ne sais pas. Je ne la connais pas assez bien pour savoir d’où elle arrive comme programmatrice principale du FFM. D’un autre coté, le FNC change de directeur à tous les 2 ans depuis quelques années, prouvant l’instabilité de ce poste. Vous voyez bien qu’il y de la place pour un peu d’engrenage la-dedans?

      Finalement, si les festivals étaient réunis, Il faudrait revoir aussi l’ancienneté, en permettant au présent FNC de tricher les chiffre en reprenant les leurs. Why not? Laissez les écrire le catalogue.

      L’automne me semble une date idéale, mais ça ce n’est pas moi qui est en place de le savoir.

      Le festival de Toronto est jeune et s’est permi de damer le pion à Montreal. Je ne vois aucun mal à ce que Montreal un jour tente de reprendre sa place. Mais vous savez, moi finalement je vogue un peu avec la vague. Faites ce que vous voulez, je vais vous suivre comme un petit chien.

      Caspesyan

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