Marc-André Lussier

Mercredi 29 mars 2017 | Mise en ligne à 9h07 | Commenter Commentaires (35)

Clap de fin pour ce blogue

Clap de fin

Le 25 avril 2008, il y a bien près de neuf ans, ce blogue fut créé. Près de 1500 entrées plus tard, ponctuées souvent de discussions très animées, le moment est venu d’y mettre un terme.

Je tiens à remercier tous les fidèles qui ont alimenté ce blogue au fil des ans, de même que tous les intervenants du milieu qui, parfois, ont choisi ce canal pour faire une annonce en primeur, ou réagir publiquement à un événement.

Vous pourrez évidemment continuer à me lire sur votre tablette, au fil de reportages, critiques et interviews publiés dans La Presse +.

Pour ceux et celles que ça intéresse, sachez que je suis aussi très actif sur les réseaux sociaux.

À cet égard, je vous invite à me suivre sur ma nouvelle page Facebook professionnelle.

Lien Facebook.

Compte Twitter : @MALussier

Merci encore pour cette belle aventure.

Amitiés,

M-A.

Lire les commentaires (35)  |  Commenter cet article

 

Vendredi 24 mars 2017 | Mise en ligne à 10h49 | Commenter Commentaires (28)

L’effet dévastateur de la tomate pourrie…

Rotten Tomatoes

« La pire chose que nous ayons aujourd’hui dans la culture du cinéma est Rotten Tomatoes ! »
- Brett Ratner

Selon ce que rapporte le magazine Entertainment Weekly, Brett Ratner, dont le plus haut fait d’armes à titre de réalisateur est la série des Rush Hour, n’a pas mâché ses mots la semaine dernière à la faveur d’une présentation au festival de Sun Valley. Le cinéaste, dont la feuille de route est encore plus garnie à titre de producteur, a en outre dénoncé les sites de compilations d’avis critiques – le plus célèbre étant Rotten Tomatoes – qui, selon lui, sont en train de détruire l’industrie du cinéma.

« La pire chose que nous ayons aujourd’hui dans la culture du cinéma est Rotten Tomatoes, a déclaré Ratner, dont la société RatPac Entertainment a cofinancé Batman vs Superman: Dawn of Justice (parmi des dizaines d’autres titres de Warner Bros.). Je pense que nous assistons à la destruction de notre industrie. J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour les critiques de cinéma, cela dit. À l’époque où j’ai grandi, la critique était un art, un véritable exercice intellectuel. Vous pouviez alors lire les critiques de Pauline Kael, ou d’autres, mais cela n’existe plus. Ne compte maintenant que le nombre. Un nombre composé d’avis positifs et négatifs. C’est triste. Le score de Batman vs Superman était si bas sur Rotten Tomatoes qu’il a assurément nui à un film qui était pourtant une réussite. »

(…) C’est juste fou. Ça amène les gens à éviter de voir un film. L’Américain moyen se dit : « Oh, le score de Rotten Tomatoes est bas, donc, je n’irai pas voir le film car il doit être pourri. Mais ce nombre est un agrégat. Personne ne peut comprendre exactement ce qu’il signifie, et il n’offre pas toujours un portrait exact non plus. J’ai vu de grands films avec des scores vraiment abominables. C’est vraiment triste que la critique de cinéma ait disparu. Vraiment triste. »

La réponse du vice-président de Rotten Tomatoes, Jeff Voris, au Entertainment Weekly :

« Chez Rotten Tomatoes, nous sommes tout à fait d’accord pour dire que la critique de cinéma est précieuse et importante. Plus que jamais, nous facilitons l’accès pour les fans à des centaines d’avis professionnels. Le score Tomatometer, qui est le pourcentage de critiques favorables publiées par des critiques professionnels, est devenu un outil utile pour les cinéphiles. Nous croyons toutefois qu’il s’agit seulement d’un point de départ pour commencer une discussion, débattre et partager les opinions. »

Un effet réducteur

J’aurais plutôt tendance à souscrire à la vision de Brett Ratner, même si je n’irai pas jusqu’à emprunter un discours aussi alarmiste. Un mauvais film reste un mauvais film. Cela dit, il y a dans ces modèles d’agrégation un aspect extrêmement réducteur, dans la mesure où la perception critique générale d’un film est confinée à un seul pourcentage. Le verdict, souvent sans appel, tombe ainsi très rapidement. Combien d’internautes prendront la peine d’aller lire les critiques en question ? Force est aussi de constater qu’en colligeant uniquement les critiques publiées dans des publications anglophones, il ressort souvent de cette cote collective le reflet d’un perception unique d’une œuvre, très anglo-saxonne en l’occurrence.

Je ne sais si la sortie de Brett Ratner provoquera une réflexion dans le milieu du cinéma, mais il est clair qu’il a le mis le doigt sur un certain malaise.

Quelques liens :

Rotten Tomatoes is «the destruction of our business» (EW)

Maudits critiques, énième chapitre…

Présentement, Get Out est le film dont la cote (99 %) est la plus haute. Le thriller de Jordan Peele a pris l’affiche seulement en anglais au Québec.

Get Out : le succès que personne n’attendait

Lien YouTube.

Compte Twitter : @MALussier

Lire les commentaires (28)  |  Commenter cet article

 

Mardi 28 février 2017 | Mise en ligne à 8h16 | Commenter Commentaires (21)

Oscars : Villeneuve, science-fiction et post mortem

Oscars - Photo 1

Photo : Lucy Nicholson (Reuters)

Commençons sur une note positive. Oui, le meilleur film a gagné. Moonlight est un film remarquable. Et l’on a bien senti, au cours des dernières semaines, la belle unanimité envers La La Land commencer à fléchir un peu. Au point de faire basculer le vote ? Soyons francs : peu de gens y croyaient. Et l’incroyable imbroglio entourant l’annonce du lauréat n’a fait qu’ajouter incrédulité et confusion. Nous y reviendrons.

Comme j’étais à Los Angeles au cours des derniers jours, j’ai eu l’occasion de rencontrer Denis Villeneuve à quelques reprises. Le cinéaste, très pris par la post production de Blade Runner 2049, se tient un peu à l’écart des journaux spécialisés et des médias sociaux. Quand on lui demande quel est le sentiment qui l’anime à l’idée d’être désormais considéré comme le grand spécialiste des films de science-fiction, il reste incrédule.

« Ça me fait sourire parce qu’il n’y a encore qu’un seul film du genre qui est sorti jusqu’à maintenant. Peut-être suis-je très naïf. Mais honnêtement, je ne m’attendais vraiment pas à ce que l’annonce à propos de Dune fasse autant de bruit ! »

Le point sur Dune et Blade Runner 2049

Le cinéaste n’ayant pas vraiment eu l’occasion d’en parler publiquement encore, nous avons évidemment évoqué ce projet d’une nouvelle adaptation du roman culte de Frank Herbert, laquelle pourrait se décliner en une série de films. « J’ai signé pour un film, avec la possibilité d’en faire d’autres ensuite, indique-t-il. Mais la vérité est que nous n’avons même pas encore eu un meeting pour en discuter. Il n’y a rien d’écrit. Un scénariste a été approché mais tout cela est encore en négociation. De mon côté, je ne veux pas entrer en pré production tout de suite à l’automne. J’ai besoin de réfléchir, de me reposer. On en discutera après les Oscars, et après que j’aurai présenté ma version de Blade Runner 2049 aux producteurs, ce que je devrais faire bientôt. »

Parlant de Blade Runner 2049, Denis Villeneuve avait déjà révélé à la Mostra de Venise que les effets en 3D, auquel tient le studio Warner, seraient ajoutés en post production. Aussi avons-nous parlé de la notion du final cut, étant donné qu’il présentera bientôt sa version à ses producteurs. S’il n’a pas l’autorité sur le montage final de cette superproduction, le cinéaste n’en garde pas moins l’autorité « morale ».

« Je n’avais pas droit au final cut pour Prisoners ni Sicario, mais, dans les deux cas, les producteurs n’ont pas retouché ma version du tout. J’avais le final cut pour Arrival mais finalement, je me rends compte que tout ça ne veut rien dire. Cette clause est comme un contrat de mariage. C’est là uniquement pour les cas où ça merde. Si t’en es rendu à devoir sortir ton contrat pour revendiquer ton final cut, c’est que ça va vraiment mal. L’important, c’est la relation de confiance entre les producteurs et le réalisateur. Ce sont ceux avec qui j’ai travaillé pour Prisoners qui produisent Blade Runner 2049. Pour l’instant, tout va très bien ! »

Rappelons qu’Arrival a été inscrit au tableau d’honneur grâce à Sylvain Bellemare. Ce dernier a remporté l’Oscar du meilleur montage sonore.

Une bourde historique

Revenons à la fameuse bourde de dimanche, maintenant. Oui, c’était bel et bien une erreur historique…

J’ai reçu des courriels de lecteurs  – je constate que la question circule aussi sur les réseaux sociaux – dans lesquels on me demande pourquoi accorder autant d’importance au mélange d’enveloppe survenu lors de l’annonce de l’Oscar du meilleur film. « L’erreur est humaine, après tout. Revenez-en ! ». Oui, bien sûr.

Sauf qu’on parle quand même ici des plus prestigieuses récompenses attribuées dans le monde des arts. Et du prix le plus important d’entre tous.

Dans l’imaginaire collectif mondial, un Oscar reste l’ultime récompense, le symbole de la plus suprême des reconnaissances. Je me souviens avoir vu, à l’aéroport d’Orly en 2011, Jean Dujardin rentrer de Cannes avec son prix d’interprétation dans la plus totale discrétion (pour ne pas dire indifférence). Des mois plus tard, des centaines d’admirateurs l’attendaient à Charles de Gaulle pour l’accueillir le lendemain de son triomphe aux Oscars grâce à The Artist. Dans l’esprit de la plupart des gens, ça n’a aucune commune mesure.

L’Académie des arts et des sciences du cinéma, qui organise la soirée des Oscars, est l’une des organisations les plus sérieuses et les plus rigoureuses qui soient. Des règlements à n’en plus finir, assez pour remplir au moins deux bottins téléphoniques. Le protocole, habituellement sans faille, ne tolère aucun écart. L’accréditation d’un journaliste qui aurait le malheur de photographier son badge pour le diffuser sur les réseaux sociaux lui est retirée sur le champ.

Ce qui est survenu dimanche soir est tout simplement inimaginable dans ce contexte. D’où l’énormité de la chose. Cette bourde a aussi fait plusieurs victimes collatérales. La première est bien sûr l’équipe de Moonlight, production lauréate de l’Oscar du meilleur film. Qui n’a pas eu droit à son « vrai » moment.

C’est aussi malheureux pour l’équipe de La La Land. Dans ces drôles de circonstances, Damien Chazelle n’a pas vraiment pu savourer sa victoire dans la catégorie de la meilleure réalisation non plus. Le cœur n’y était plus. De surcroît, le producteur Jordan Horowitz a eu la tâche – plutôt odieuse – d’annoncer à tout le monde que, non, son film La La Land n’était pas le vainqueur et qu’il remettait la statuette à Moonlight. Cet homme, reconnaissons-le, a été d’une élégance exemplaire.

On aura ensuite une pensée pour Faye Dunaway et Warren Beatty, sur scène pour souligner le 50ème anniversaire de l’un des films phares de la cinématographie américaine : Bonnie & Clyde. Même s’ils n’y sont pour rien dans cet incroyable imbroglio (les commentaires teintés d’âgisme n’ont pas tarder à circuler), ce navrant épisode leur collera désormais toujours à la peau. Et ça c’est triste aussi. « Oui mais ils auraient quand même pu s’en rendre compte qu’ils avaient la mauvaise enveloppe ! ». Oui, ils auraient pu. Mais dans la fébrilité du moment, alors que des millions de spectateurs retiennent leur souffle, qui sait comment réagir ? Et pourquoi a-t-on mis autant de temps à agiter le drapeau rouge ? On en pour des années à en parler…

Bien sûr, tous ces artisans s’en remettront assez rapidement. Et ce cauchemar – qui a produit un moment de télévision hallucinant – ne reviendra plus hanter que l’organisation de l’Académie, et, surtout, la firme comptable PriceWaterhouseCoopers. Dont on ne donnera probablement plus très cher de la peau.

Maintenant, la plus belle fleur qu’on pourrait faire à l’équipe de Moonlight, un film réalisé par Barry Jenkins, serait d’aller voir (ou revoir) cette oeuvre extraordinaire, au sommet de ma liste personnelle des dix meilleurs films de 2016.

En attendant les Oscars l’an prochain…

Moonlight : remarquable à tous points de vue.

Tarell Alvin McCraney : dramaturge engagé, plus que jamais (interview)

Denis Villeneuve : enthousiaste et réaliste.

Perruque, fausses dents, sous-marin et politique.

Lien YouTube.

Compte Twitter : @MALussier

Lire les commentaires (21)  |  Commenter cet article

 

publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    octobre 2017
    L Ma Me J V S D
    « mar    
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Archives