Marc-André Lussier

Vendredi 29 août 2014 | Mise en ligne à 14h47 | Commenter Commentaires (9)

FFM : une mise au point de Roland Smith

Roland Smith - 1

Roland Smith
(photo : archives La Presse)

Un peu avant que le FFM ne lance sa 38ème édition, nous avons publié dans La Presse un dossier sur l’état des lieux. Nous avons en outre remonté le cours de l’histoire en relevant quelques dates plus marquantes, tant pour le Festival des films du monde que pour le Festival de Toronto (TIFF).

FFM et TIFF : Quelques dates importantes.

À la suite de la publication de cet article, Roland Smith, homme de cinéma célèbre au Québec, a tenu à faire une petite mise au point. Je la reproduis ici dans son intégralité.

Bonjour Marc-André,

Le public de votre journal semble aimer un peu d’histoire puisque vous leur en avez servi dans l’édition d’avant-hier à propos du FFM, mais je tiens à vous souligner que vous avez omis un fait important : vous avez oublié de mentionner le 4e festival de 1977 dans votre énumération, pas n’importe quel puisqu’il se déroulait dans quatre villes québécoises en même temps.. Voilà pourquoi je me permets d’ajouter ceci pour que l’histoire ne soit pas réécrite. Je profite de cette mise au point en exprimant brièvement quelques opinions dissidentes sur le FFM.

Quatre festivals généralistes de cinéma à Montréal en 1977

Au départ, bien avant la création du FFM, à l’été 1976 j’ai organisé une soirée-rencontre avec des représentants du milieu cinématographique québécois à la Maison Explo-Mundo, rue Alexandre-DeSève, avec le but avoué de faire revivre un grand festival de cinéma. Nous avions eu le FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE MONTRÉAL (de 1960 à 1967) qui s’était sabordé, suite à un conflit entre le Comité d’organisation et le Comité de programmation. Pas facile la vie d’un festival de cinéma.

Étaient conviés ce soir-là en 1976, des propriétaires de salles de cinéma, des distributeurs, des producteurs, des réalisateurs, des techniciens, des professeurs de cinéma, des critiques de cinéma… et deux cinémathèques : La Cinémathèque Québécoise et le Conservatoire d’Art Cinématographique de Concordia. Tout ce beau monde a confirmé l’urgence de mettre sur pied un festival d’envergure pour corriger nos lacunes en matière cinématographique et après quelques heures de discussions, chacun chez soi est reparti avec des vœux pieux et ne s’est jamais plus réuni.

À l’été 1977, l’Association des Critiques organisa son festival. Du 19 au 28 août, le premier FFM est arrivé …et du 29 septembre au 10 octobre 1977, j’ai entièrement financé (sans aide gouvernementale) une manifestation cinématographique simultanément dans quatre villes québécoises, dans mes quatre salles : LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM 1977 à l’Outremont (à Montréal), au Cartier (à Québec), au Festival (à Sherbrooke) et au Lumière (à Trois-Rivières, avec trois invités internationaux, Agnès Varda, Luigi Comencini et Bay Okan (de Turquie), des films inédits d’Ettore Scola, un John Cassavetes, Bo Widerberg, Peter Weir, Victor Erice, Marco Bellocchio furent en autres, au rendez-vous. À Montréal et à Québec, l’événement fut un succès populaire et financier. Dans les deux autres villes, par manque de visibilité dans les médias, le festival fut très peu fréquenté et ce fut la seule année de son existence. Claude Chamberlan a tenu son FESTIVAL DU NOUVEAU CINÉMA, un mois plus tard.

Si le milieu s’était pris en mains, s’était à vrai dire tenu debout, nous n’aurions pas eu avec le FFM trente-huit années de misère, de pleurs et de grincements de dents car à chacune des années le FFM a toujours créé par son action et dans certains cas son inaction, des controverses néfastes de tous genres, le rapport Secor avait tellement vu juste dans son rapport noyé dans l’eau du bain comme tellement d’autres enquêtes et commissions…

Il aurait fallu que le milieu du cinéma (tous les intervenants que j’avais convoqué à cette réunion de 1976 …et d’autres) soient ensemble le vrai promoteur d’un seul festival de film généraliste et rassembleur à Montréal, en organisant collectivement une manifestation avec l’envergure du Festival de Toronto, qui répond aux véritables besoins de la population de Montréal et des environs.

À Toronto il y a 20 programmateurs super compétents pour les six continents, contrairement à la rumeur persistante que M. Losique fait courir, ce festival ne présente pas que des films des grands studios américains. TIFF est un festival respecté par toute la profession mondiale et par le grand public torontois car l’offre est abondante et variée. Les salles sont bondées et pleines pour la plupart des séances publiques et celles qui s’adressent aux journalistes et à des professionnels de l’industrie cinématographique.

J’ai toujours en tête les propos de votre consoeur du Devoir qui écrivait en 2012 (il n’y a pas si longtemps), à propos de la sélection des films au FFM et de son public : “Des films plus ou moins bons, rarement transcendants, servis en vrac, aucune ambiance, mais une audience encore fidèle qui mériterait pourtant bien mieux. On rêve à des révolutions qui tardent…”

Marc Cassivi se réjouissait récemment de la décision de la SODEC de couper les subventions au FFM, entrainant ainsi d’autres subventionneurs et commanditaires à faire de même, avec raison. Fini l’ère Losique, qu’il cède sa place à d’autres (plus jeunes et dynamiques) qui sauront donner à Montréal un peu de fierté dans l’organisation d’un nouveau festival ou en donnant plus de subventions au Festival du Nouveau Cinéma, il en a besoin.

J’irai quand même voir quelques films à Montréal avant d’aller à TIFF le 3 septembre. Ensuite, le mois prochain, je serai à Vancouver pour le VIFF, on m’a invité comme membre du Jury International. Je me souhaite des découvertes, plusieurs grands moments de cinéma et des coups de cœur tels que vus à Berlin et à Cannes, depuis quarante ans. Ils sont si rares au FFM et les montréalais ont raison de vouloir une programmation bien différente, une véritable fête du cinéma, oubliée en chemin.

-Roland Smith
Consultant artistique indépendant

Si Serge Losique, grâce à son festival, a pu faire naître bon nombre de vocations de cinéphiles à Montréal, on peut en dire tout autant de Roland Smith.

Par ailleurs, le 38e FFM tire à sa fin. Alors que plusieurs croient qu’il s’agit du dernier FFM sous l’ère Losique-Cauchard, je vous pose une question : ce festival doit-il survivre ? Cette question, bien sûr, en amène d’autres : Est-ce que l’offre disponible aux cinéphiles via les autres festivals montréalais (Fantasia, FNC, Cinémania, Vues d’Afrique, Rencontres internationales du documentaire, Festival du film sur l’art et j’en passe) est déjà assez riche ? Le FFM remplit-il un rôle unique dans le paysage culturel montréalais ? Un renouveau, sous une nouvelle direction, est-il envisageable ?

Bon cinéma.

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Mercredi 27 août 2014 | Mise en ligne à 8h03 | Commenter Un commentaire

B.a. de Samba, nouvelle comédie de la bande d’Intouchables

Samba - Affiche

C’est tout chaud. Gaumont vient de mettre en ligne la bande annonce de Samba. Le nouveau film du tandem Éric Toledano – Olivier Nakache, à qui l’on doit Intouchables, met en vedette Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim et Izia Higelin. Le festival de Toronto présentera le film en primeur mondiale dans quelques jours.

Au Québec, les droits d’exploitation de Samba sont détenus par Films Séville. La date de sortie n’est pas encore fixée mais on vise l’hiver 2015.


Lien Youtube.

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Oscars - langue étrangère

Quelques candidats potentiels aux Oscars selon Indiewire

Quand il s’agit des Oscars (ou de n’importe quelle cérémonie importante à vrai dire), les médias spécialisés américains adorent se livrer au jeu des spéculations. Chez Indiewire, on s’est en outre prêté à un exercice fort intéressant. Dans ce qu’on présume être la première partie d’un imposant reportage consacré aux cinématographies issues de tous les continents, le journaliste Carlos Aguilar mesure les chances des films qui, dans leur pays respectifs (d’Amérique cette fois), pourraient décrocher une candidature dans la prochaine course aux Oscars.

Ce survol fait en tout cas valoir le dynamisme de chaque cinématographie nationale, particulièrement dans certains pays d’Amérique latine.

Oscars 2015 : Best Foreign Language Film Contenders – The Americas.

Pour le Canada, Indiewire estime que Mommy (Xavier Dolan) devrait, logiquement, décrocher la candidature haut la main. Le règne de la beauté (Denys Arcand) serait sur papier le rival le plus sérieux à ses yeux, mais le film commencera sa carrière internationale seulement au TIFF, après un tour de piste pour le moins décevant au Québec.

Parmi les autres candidats potentiels, Indiewire cite Tu dors Nicole (Stéphane Lafleur), Le démantèlement (le très beau film de Sébastien Pilote est admissible aux Oscars cette année), de même que… Tom à la ferme, un autre film signé Xavier Dolan. Le titre du film qui représentera le Canada aux Oscars sera dévoilé le mois prochain.

Mommy prend l’affiche chez nous le 19 septembre. Voici la bande annonce «sous-titrée en français» que vient de mettre en ligne la société Mk2. «Sayonara ma guedaille» devient «Sayonara ma pétasse» ;)

Lien YouTube.

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