Marc-André Lussier

Mercredi 2 septembre 2015 | Mise en ligne à 8h27 | Commenter Aucun commentaire

Quel film nous représentera aux Oscars ?

Felix & Meira - Affiche

L’affiche américaine de Félix & Meira

Même si la 88ème Soirée des Oscars a lieu seulement dans quelques mois, il y a déjà beaucoup de mouvement dans les coulisses, particulièrement dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. Les pays désirant soumettre une candidature dans cette catégorie ont jusqu’au 1 octobre pour choisir un titre. L’an dernier, 83 longs métrages – un record – ont été proposés à l’Académie.

Plusieurs pays ont déjà annoncé leur candidat. La Hongrie, par exemple, n’a pas hésité. Saul Fia, Grand Prix du jury du Festival de Cannes, sera sans doute l’un des favoris de la course. La Suède vient d’annoncer que Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence de Roy Andersson, Lion d’or de la Mostra de Venise l’an dernier, sera de la course. Pour une deuxième année consécutive, la Chine soumet un film réalisé par un cinéaste français. Il s’agit du film de Jean-Jacques Annaud Le dernier loup, lequel a fait l’objet d’une présentation au FFM samedi dernier. Il prend l’affiche en salles chez nous le 11 septembre.

Et qu’en sera-t-il du Canada ? L’annonce sera faite plus tard au cours du mois. Il y a fort à parier que le choix du comité de sélection s’arrête sur le film de Maxime Giroux Félix et Meira. Non seulement s’agit-il d’un excellent film, mais en plus des lauriers glanés ici et là (dont celui remis au meilleur film canadien présenté au TIFF l’an dernier), Félix et Meira connaît aux États-Unis un vrai beau succès dans le circuit dit «spécialisé».

Y aurait-il d’autres candidats sur les rangs ? Sans doute. On peut penser au magnifique film de François Delisle Chorus (lancé à Sundance), ou même à Corbo. Le film de Mathieu Denis a en outre été présenté à la Berlinale. Il ne faudrait pas négliger non plus La passion d’Augustine. Même s’il n’a pas été  lancé dans un grand festival international, le très beau film de Léa Pool pourrait très bien séduire les membres de l’Académie. Par ailleurs, on pourrait aussi inclure dans la liste le premier long métrage de François Péloquin Le bruit des arbres. Mais ses chances semblent plus minces.

Qu’en est-il de Guibord s’en va-t-en guerre alors ? Philippe Falardeau étant déjà connu à Hollywood, il est certain que les membres de l’Académie pourraient prêter un oeil plus attentif à son nouveau film. Cela dit, ce long métrage n’est pas admissible dans la course cette année. Le règlement stipule en effet que le titre soumis doit impérativement avoir été à l’affiche dans son pays d’origine pendant au moins une semaine avant le 30 septembre. Or, Guibord s’en va-t-en guerre prend l’affiche chez nous le 2 octobre.

Mais bon, nous ne sommes jamais à l’abri d’une surprise.

Voici un extrait du Fils de Saül de László Nemes. Le candidat hongrois, l’un des favoris à mon sens, sortira en salles au Québec le 15 janvier 2016.

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Vendredi 28 août 2015 | Mise en ligne à 20h40 | Commenter Commentaires (14)

Une relance du FFM est-elle possible ?

FFM - Coderre - 1

Serge Losique et Denis Coderre
(Photo : Martin Chamberland – La Presse)

«Nous allons avoir des rencontres après le festival. On va se parler. Je veux que les choses fonctionnent et nous allons trouver des solutions». Voilà ce qu’a déclaré le maire de Montréal Denis Coderre hier lors de la soirée d’ouverture du 39e Festival des films du monde.

La veille, Gilbert Rozon, pdg de Juste pour rire, et Maxime Rémillard, pdg de V et Remstar, s’étaient dit intéressés à prendre éventuellement le relais, en autant qu’ils obtiennent l’accord de Serge Losique. Ils n’auraient pas le choix de toute façon. Le président et fondateur du Festival des films du monde est propriétaire à part entière de son festival. Qui est sa création. Et malgré toutes les tentatives faites au fil des ans pour l’encourager à céder la place, ou à le déloger carrément, l’homme est toujours là, envers et contre tous, à diriger un festival qui est sa raison de vivre. «S’il y avait des Jeux olympiques des survivants, j’obtiendrais la médaille d’or ou d’argent !», a-t-il déclaré sur la scène du Cinéma Impérial.

On ne reviendra pas sur toutes les polémiques qui ont marqué le FFM au fil des ans. Nous en aurions pour des pages et des pages. Mais le fait est que la tâche de relance se révélera colossale pour qui comptera s’y attaquer. Lors d’un entretien avec Paul Arcand à la radio, Gilbert Rozon affirmait en outre qu’il faudra dix ans pour redonner du lustre à un grand festival de cinéma montréalais sur le plan international.

Que faudrait-il faire pour amorcer cette relance ? Voici, bien modestement, quelques pistes.

Un changement de dates

Le calendrier des grands festivals internationaux étant sursaturé, le FFM devrait impérativement se positionner ailleurs s’il veut retrouver son équilibre et avoir accès à des titres plus attirants pour les cinéphiles. Tant qu’il aura lieu à peine quelques jours avant la Mostra de Venise (2 au 12 septembre), le festival de Telluride (4 au 7 septembre) et le TIFF (10 au 20 septembre), la voie sera sans issue. Aucun pays au monde n’est en mesure de présenter un grand festival international de cinéma en ses terres dans deux villes distantes d’à peine 500 kilomètres, à trois jours d’intervalle. Or, le TIFF est le deuxième plus grand festival de cinéma du monde après Cannes. Le festival de Montréal restera dans les ligues mineures tant et aussi longtemps qu’il ne se trouvera pas une position plus favorable dans le calendrier.

Rétablir les ponts avec les distributeurs locaux

Tous les distributeurs québécois, sauf quelques rares exceptions, font comme si le FFM n’existait plus. Il n’est pas normal qu’un film comme Le journal d’un vieil homme (Bernard Émond) ou La Terre et l’ombre (César Acevedo), un film colombien remarquable – parfaitement calibré pour le FFM – prennent l’affiche en salles comme si rien n’était.

Rétablir les ponts avec la presse internationale

La pertinence d’un festival se mesure aussi à la présence de journalistes étrangers. Or, la presse internationale dite «de référence», c’est à dire, capable de provoquer une rumeur qui se répand dans tous les coins de la planète cinéma (Variety, The Hollywood Reporter, Indiewire, Le Monde, Libé, The Guardian, nommez-les.) est virtuellement absente du FFM depuis maintenant plusieurs années.

Rassembler les intervenants

Montréal regorge maintenant de festivals «de niches», qui, plus souvent qu’autrement, fonctionnent sur un mode compétitif les uns envers les autres. Cette division n’est guère stimulante aux yeux des intervenants internationaux. Mais qui cédera le moindre pouce de terrain ?

Il faudra se souhaiter la meilleure des chances.

Quelques liens :

Pour les nostalgiques : Le FFM a 35 ans !

39ème FFM : place au 7e art ! (André Duchesne)

Rozon et Rémillard pourraient prendre le relais (Vincent Brousseau-Pouliot et Vincent Larouche)

Denis Coderre souhaite un changement de cap (Pierre-André Normandin)

Paul Arcand discute avec Gilbert Rozon (émission du 27 août).

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Mardi 25 août 2015 | Mise en ligne à 7h42 | Commenter Commentaires (11)

FFM : la bande annonce de Muhammad

FFM - Affiche 2

Le 39e FFM commence jeudi

Depuis que la direction du Festival des films du monde a annoncé la sélection du film iranien Muhammad en guise de film d’ouverture, au début du mois de mai, on cherchait désespérément des images de cette superproduction onéreuse, la plus chère jamais fabriquée en Iran. L’AFP évoque aujourd’hui un budget d’environ 40 millions de dollars.

Une bande annonce est finalement apparue sur le web. Muhammad prend en effet l’affiche dans plus d’une centaine de salles en Iran demain. Du coup, le FFM perd le statut de «première mondiale» pour l’échanger contre celui de «première internationale».**

L’agence France Presse publie aujourd’hui une interview avec le cinéaste Majid Majidi.

«Ces dernières années, une mauvaise lecture de l’islam dans le monde occidental en a donné une image violente qui n’a strictement aucune relation avec sa vraie nature», affirme-t-il.

A ses yeux, cette «mauvaise lecture» vient «de groupes terroristes» comme l’Etat islamique qui n’ont pas de lien avec l’islam «dont ils ont volé le nom» et qui veulent en projeter «une image terrifiante dans le monde».

«En tant qu’artiste musulman (…) mon objectif était de créer une vision (de l’islam) qui change de celle qu’a l’Occident et qui se résume souvent à un “terrorisme islamique attaché à la violence», affirme le cinéaste. Or, selon lui, «l’islam c’est la concertation, la bonté et la paix».

«Dans ce film, nous avons rendu hommage à d’autres religions, y compris le christianisme et le judaïsme», ajoute-t-il.

Interrogé sur la polémique et les violences que pourrait provoquer son long-métrage dans le monde musulman qui proscrit toute représentation du prophète, Majid Majidi se veut confiant.

«Des pays comme l’Arabie saoudite auront des problèmes avec ce film mais beaucoup d’autres pays musulmans l’ont réclamé», affirme-t-il.

Au début de l’année, le grand imam de l’université Al-Azhar du Caire, Ahmed al-Tayeb, une des plus hautes autorités de l’islam sunnite, avait rappelé son opposition à toute représentation du prophète, affirmant que cela équivalait «à rabaisser son statut spirituel».

«Mahomet ne dépeint pas le prophète lui-même mais le monde tyrannique qui l’entoure tel qu’il le voit à travers ses yeux d’enfant, de sa naissance à l’âge de 13 ans», insiste le cinéaste.

Par un jeu d’effets spéciaux, son visage n’apparaît jamais, «mais on voit sa silhouette et son profil». «Cela peut être dénoncé par les plus radicaux», reconnaît le réalisateur.

Il pense que son film doit «unir» et non diviser les musulmans sunnites et chiites qui se déchirent pourtant dans plusieurs pays de la région, de l’Irak au Yémen en passant par la Syrie. «Il n’y avait pas de querelle à cette période» entre les deux grands courants à l’époque de Mohammet, précise-t-il.

Rappelons que jeudi, la toute première projection de Muhammad au FFM aura lieu lors de la soirée d’ouverture, sur invitation. Il n’y aura pas de projection préalable dans la matinée. La seule autre séance prévue au programme aura lieu vendredi au Quartier latin.

L’article de l’AFP.

Muhammad Set for Screening in August (Financial Tribune)

** Précision : Le service des Communications du FFM affirme qu’après vérification auprès des producteurs iraniens, Muhammad prend l’affiche en Iran seulement vendredi. Le statut de primeur mondiale à Montréal n’est pas remis en cause.

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