Sur la route du Mississippi

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À la veille des élections américaines, la journaliste Isabelle Audet et le caméraman Frédéric Guiro parcourront la vallée du Mississippi du nord au sud, à la rencontre des Américains. Un projet interactif, ouvert au public.

Sur la route du Mississippi

Lundi 22 octobre 2012 | Mise en ligne à 17h08 | Commenter Aucun commentaire

La fin, et le début de quelque chose

Isabelle Audet

Nous sommes à l’aéroport. Direction Atlanta, et dans quelques heures, nous serons avec notre famille.

C’est un long voyage qui se termine, un voyage extrêmement enrichissant au point de vue professionnel, et personnel aussi. On a travaillé comme des fous. La rencontre de dizaines de personnes, la très grandes majorité hyper généreuses de leur temps, nous a permis de nous faire une meilleure idée de l’Amérique. Un projet emballant.

Je reviendrai au cours des prochains jours, cette semaine, sur quelques événements marquants de ce voyage. Mais voilà, l’heure est présentement au bilan! Voici, en vrac, avant l’embarquement, des moments mémorables du voyage…

L’entrevue la plus marquante : Montez, ce jeune qui tente de se sortir de la pauvreté à East Saint-Louis.

L’entrevue la plus déstabilisante : la danseuse de bounce, Reedy, à la Nouvelle-Orléans, qui s’est mise à chanter des chansons avec nos prénoms en pleine entrevue, tout en nous demandant de nous « toucher ». Léger malaise…

La route la plus agréable : le Natchez Parkway Trace.

Le meilleur repas : le restaurant Sukho Thaï, dans le quartier français, à la Nouvelle-Orléans. Un repas sur le pouce, car nous n’avons pas eu le temps d’aller dans un des bons restaurants de la ville. Faudra y retourner. Mention spéciale au restaurant végétarien Brewed Awakening, de Grand-Rapids, au Minnesota.

Autres découvertes culinaires : du gruau au cheddar ( !), le poisson-chat frit, au Mississippi, les fromages locaux du Minnesota.

La chanson ayant le plus souvent joué à la radio : étonnamment, Nothing compares to you, de Sinead O’Connor à la station «années 80» de la radio satellite.

La découverte musicale du voyage: Lynx, une chanteuse que nous avons croisé dans un bar de la Nouvelle-Orléans, pendant notre reportage sur le bounce.

L’expérience anthropologique du voyage : la fête d’avant-match et la partie de l’équipe de football les Vikings du Minnesota, à Minneapolis.

Les villes où Isabelle aimerait retourner, dans l’ordre : Nouvelle-Orléans, le gîte à la ferme, à La Crosse, et Natchez pour refaire le Natchez Parkway Trace.

Les villes où Frédéric aimerait retourner, dans l’ordre : Nouvelle-Orléans et East Saint-Louis.

On nous appelle! À bientôt!

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Samedi 20 octobre 2012 | Mise en ligne à 13h30 | Commenter Commentaires (13)

Nouvelle-Orléans: une nuit en boîte

Katey Red

Katey Red

Isabelle Audet

Nous avons posé hier soir nos bagages dans le dernier gîte de notre périple. Nous séjournerons ici, dans cette magnifique maison victorienne de la Nouvelle-Orléans, jusqu’à notre départ pour Montréal, lundi.

Coup de coeur pour cette ville à la fois belle et chaotique, et qui sait (définitivement) faire la fête. Nous sommes arrivés par les bayous, en fin d’après-midi ce vendredi. Une route superbe, avec le soleil qui miroite dans l’eau.

Nous avons presque immédiatement filé vers notre premier rendez-vous.  Et quel rendez-vous! Nous avons passé la soirée et une partie de la nuit avec l’inimitable Katey Red, star du sissy bounce, un style musical qui a retenu notre attention. En Nouvelle-Orléans, des artistes noirs, et transsexuels, ou encore gays, attirent des foules immenses en déboulonnant les critères machos du hip hop. L’objectif de leur musique: amener le public à se déhancher comme rarement on a vu un public se déhancher. Et ça fonctionne. Gays, hétéros, noirs et blancs fusionnent sur la piste de danse. Au diable les stéréotypes. Un terrain neutre dans un État, encore une fois, très conservateur. Un style qui fait aussi du chemin, et qui sort peu à peu de la Louisiane.

Voilà le sujet que nous allons fouiller au cours des prochains jours!

**

Enfin, comme nous en sommes à la dernière étape, nous étions curieux de savoir combien nous avons avalés de kilomètres depuis le départ…

Milles au compteur de notre Dodge au départ: 45 308.

Milles au compteur maintenant: 48 075.

Total: 2767 miles.

C’est 4453 kilomètres, et il nous en reste encore quelques dizaines à ajouter d’ici lundi, avant de quitter pour l’aéroport. C’est un calcul sommaire, mais j’estime que nous avons passé environ 50 heures dans la voiture. Sans compter les nombreuses fois où nous nous sommes garés devant des chaînes de restauration rapide, ou des cafés pour utiliser la connexion internet. Autant d’heures à taquiner Fred avec des tubes des années 80 et 90. Mille et un plaisirs coupables sur la radio satellite, le son dans le tapis («I don’t wanna miss aaaaaaa thiiiing…»). Il vous dira qu’il a eu envie d’appeler à l’aide, mais j’ajouterai qu’on a eu un plaisir réel à faire cette route. Et à découvrir des États qui défraient peu la manchette.

Il nous reste deux jours à faire en Louisiane. Ensuite, retour à Montréal. Notre samedi sera entièrement consacré à notre reportage, mais nous espérons pourvoir honorer une de vos suggestions de restaurants ce dimanche soir.

Je retourne à nos montages, et je vous laisse sur cette chanson de Joplin que j’écoute en boucle depuis deux jours.

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Jeudi 18 octobre 2012 | Mise en ligne à 18h57 | Commenter Commentaires (5)

Natchez: magnifiques routes américaines!

Isabelle Audet

Après le lancement du projet, en août, les lecteurs ont été si nombreux à nous proposer d’emprunter la route Natchez Trace Parkway, au Mississippi, que je ne peux tous les nommer ici. Mais si vous vous reconnaissez, je vous remercie chaleureusement! Quelle belle journée ce fut, en pleine nature!

Nous n’avons pas emprunté la route dans sa totalité, car nous avions des impératifs de production. Nous mettons aujourd’hui l’emphase sur le «rêve américain», ces vidéos que vous pouvez voir sur ce site. Nous vous en réservons de nouveaux pour la semaine prochaine. Néanmoins, nous avons fait quelques détours pour découvrir une Amérique encore une fois magnifique.

Au départ de Greenville, nous avons emprunté la route 61, celle que chante Bob Dylan, qui borde le Mississippi, puis nous avons bifurqué dans la campagne, pour finalement atteindre cette route qui a 10 000 ans d’histoire. Cette route était à l’origine une piste d’environ 700 kilomètres, entre Natchez en bordure du Mississippi, et Nashville (en fait, juste au sud de la ville), près de la rivière Cumberland. Au départ, elle était utilisée par les Amérindiens, puis par des explorateurs, et aussi parfois par des brigands, et autres voleurs de grands chemins!

Aujourd’hui, c’est un attrait touristique majeur dans la région, et il est possible d’y consacrer plusieurs journées tant les sites historiques sont nombreux. La totale? Parcourir cette route en vélo. La circulation automobile y était presque inexistante aujourd’hui, donc les cyclistes avaient la voie libre.

Alors voilà, une belle entrée en matière vers Natchez. Nous sommes arrivées par la route, et demain, nous prendrons la voie… des airs. Le hasard fait bien les choses, et nous sommes de passage ici juste au moment où a lieu la course de mongolfières annuelle. On a appelé les organisateurs, et hop, nous pourrons voir le Mississippi d’en haut à l’aube ce vendredi. On fait un merveilleux métier.

En attendant, nous dormons dans un gîte où vit un homme captivant. Nous nous trouvons à la maison Stone , une demeure historique de Natchez, qui appartient à la même famille depuis près de deux siècles. Le propriétaire est aussi un collectionneur de cartes anciennes. Sur un mur, on peut voir ici l’évolution de la cartographie de l’Amérique, donc celle de la Nouvelle-France. Et notre hôte était bien au fait des courbettes de l’explorateur canadien-français, Cavellier de La Salle, qui avait falsifié la carte du Mississippi, afin de convaincre la France de le nommer gouverneur de la Louisiane. Comme, sur sa carte, le fleuve était près de la Nouvelle-Espagne, il devenait intéressant de coloniser ce territoire. En réalité, le Mississippi se situait beaucoup plus à l’est.

Et, on le voit bien sur les cartes anciennes, les cartographes ont répété l’erreur pendant des dizaines d’années. Captivant, je disais!

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