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Archive du 23 juillet 2012

Lundi 23 juillet 2012 | Mise en ligne à 22h22 | Commenter Commentaires (5)

Challenger: les filles méritent mieux

Après avoir fait courir les foules tout au long de la semaine, Eugenie Bouchard a reçu moins de 3000 $ pour son triomphe à Granby. (photo Marie-Noëlle Lajoie)

Après avoir fait courir les foules tout au long de la semaine, Eugenie Bouchard a reçu moins de 3000 $ pour son triomphe à Granby. (photo Marie-Noëlle Lajoie)

Le 17e Challenger Banque Nationale de tennis, on l’a dit, a été une semaine exceptionnelle pour le tennis canadien. Avec un triomphe unifolié en simple masculin, en simple féminin, en double masculin et en double féminin, il était tout à fait impossible de demander mieux.

Les succès de nos représentants à Granby ont confirmé que le tennis canadien est pétant de santé. Mais l’intérêt pour les performances des Eugenie Bouchard, Stéphanie Dubois, Marie-Ève Pelletier et Françoise Abanda, le Big Four du Challenger, a aussi confirmé que ce sont les filles qui ont maintenant la cote chez nous.

Quatre fois sur cinq, la semaine passée, les organisateurs ont mis des filles en vedette lors du gros match de soirée. Ça veut dire quelque chose. Et n’eut été du temps très incertain qu’il faisait lors de la première sortie de Stéphanie Dubois, les filles auraient fait salle comble les quatre fois.

Eugenie Bouchard a été couronnée dimanche. Et honnêtement, j’étais un peu gêné lorsque le vénérable Antonin Boisvert a mentionné le montant du chèque remis à la championne : moins de 3000 $. Deux heures plus tôt, Vasek Pospisil avait reçu plus de 7000 $ pour sa victoire.

Le Challenger remet 50 000 $ en bourses aux hommes et 25 000 $ aux femmes. Ce n’est pas un crime, d’autres tournois ne pratiquent pas le principe de l’égalité. Mais quand on sait que ce sont les femmes que les amateurs de tennis d’ici viennent maintenant voir jouer, ça ne marche plus.

Granby ne peut plus donner deux fois moins d’argent aux filles quand ce sont elles qui donnent le show. Si on a refusé du monde, si le site du tournoi a accueilli autant de caméras de télévision et de journalistes cette année, c’est grâce aux filles.

J’ai abordé brièvement la question avec Alain Faucher, président et directeur général du Challenger, à la fin de la journée de dimanche. Même s’il est visiblement mal à l’aise avec la situation, Me Faucher semble croire que majorer la bourse du volet féminin nuirait au développement des Canadiennes, en ce sens qu’offrir plus d’argent augmenterait la qualité des joueuses venues de l’extérieur du pays.

Raisonnement erroné. La preuve en est que le Challenger de Waterloo, un tournoi féminin qui est présenté une semaine avant celui de Granby, offre une bourse de 50 000 $ et que, encore cette année, le calibre était plus relevé chez nous. Favorite en Ontario, Sharon Fichman était classée sixième ici. Et après avoir triomphé à Waterloo, elle a perdu au premier tour à Granby.

Même si on payait les filles comme il se doit à Granby, Maria Sharapova ne débarquerait pas en ville, on s’entend. Et même si on accueillait une ou deux joueuses du top 100, ça ne changerait pas grand-chose aux chances des Canadiennes.

Eugenie Bouchard devrait revenir à Granby pendant une couple d’années. À 15 ans, Françoise Abanda reviendra souvent. Et si on augmente la bourse (et par le fait même le nombre de points), Stéphanie Dubois va revenir aussi.

Les filles méritent mieux à Granby, point. Le Challenger, c’est maintenant leur tournoi. Et elles méritent d’être récompensées en conséquence.

On ne veut plus être gênés comme ça a été le cas dimanche.

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