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Mardi 30 mai 2017 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Un commentaire

La mort au bout du virage

Guy Ouellette est probablement mort en faisant ce qu'il aimait le plus au monde. Ce qui ne rend pas moins sa mort infiniment triste. (photo Joe Labrie)

Guy Ouellette est probablement décédé en faisant ce qu'il aimait le plus au monde. Ce qui ne rend pas sa mort moins infiniment triste. (photo Joe Labrie)

Je vous l’ai déjà dit: j’ai énormément de respect pour les coureurs automobiles. Comment ne pas avoir de respect pour un sportif qui risque sa vie à chaque fois qu’il s’adonne à sa passion?

À l’Autodrome Drummond, samedi soir, la mort attendait Guy Ouellette au bout du virage. Comme me l’écrivait l’ami Dave Paryzo, qui fait la description des courses à l’Autodrome Granby avec Anthony Marcotte: «On voit ça aux États-Unis, parfois avec les sprint cars, mais jamais chez nous, dans notre cour. C’est difficile à croire. Ça fait mal…»

La petite famille du stock-car sur terre battue de chez nous est tissée serrée. Et parce qu’elle est tissée serrée, elle vit son deuil intensément. Suffit d’aller faire un tour sur Facebook pour comprendre. Les messages sont nombreux, ils sont pleins de compassion… et d’amour. Le drame est terrible, mais les messages sont beaux et ils font du bien.

Pour tout vous dire, je n’avais jamais parlé à Guy Ouellette. Rien contre lui, surtout pas, mais l’occasion de faire une entrevue avec lui ne s’était jamais présentée. Elle se serait peut-être présentée cet été. Je ne le saurai jamais.

Aujourd’hui, j’aimerais avoir de la graine de philosophe et vous arriver avec quelque chose de nouveau au sujet de la course automobile et la mort. Mais je n’ai rien trouvé. Tout ce qui me vient en tête, c’est que le stock-car sur terre battue reste un sport sécuritaire malgré tout, qu’il y a un million de fois moins de décès en piste que sur nos routes, qu’il n’y jamais eu un seul mort chez nous, à l’Autodrome Granby, mais que ce sont des choses qui peuvent survenir…

Rien, finalement, que vous n’avez jamais lu.

Guy Ouellette est décédé en piste, probablement en faisant ce qu’il aimait le plus au monde. Ce qui ne rend pas moins sa mort infiniment triste. Car personne ne devrait mourir en faisait ce qui le fait vibrer, malgré le romantisme qu’on colle à la chose.

Des accidents, j’ai vois à toutes les semaines, ou presque, à l’Autodrome Granby. Parfois, j’ai peur. Comme lorsque Frédéric Lussier s’est planté lors du programme d’ouverture, il y a trois semaines. J’étais en train d’écrire mon texte de l’édition du lendemain, j’ai entendu crier Josée derrière moi… et j’ai tout arrêté. Et j’ai retenu mon souffle. Et Lussier a fini par sortir de sa voiture, qui était rendue à l’envers. Ouf…

À Drummondville, samedi, les gens ont retenu leur souffle. Mais il n’y a pas eu de «ouf» de soulagement à la fin. Plutôt des pleurs.

Lorsqu’on assiste régulièrement à des programmes de courses, on finit par s’habituer aux accidents. On ne retient plus son souffle à chaque fois. Les accidents finissent pas faire partie de la game. Mais parfois, on voit que c’est plus grave, que ce n’est pas juste une histoire de tôle froissée. Comme à Drummond l’autre soir.

Les coureurs automobiles sont des passionnés, probablement les plus passionnés du monde du sport. Et ceux qui aiment la course sont aussi des passionnés. C’est pourquoi ils vont retourner aux courses. À l’Autodrome Granby, ils ne seront pas moins nombreux que d’habitude, ce vendredi, pour la visite des bolides de la série Empire Super Sprints. Ironiquement, s’il y a une série où ça brasse, où les risques sont plus élevés, c’est bien en ESS. Mais les gens adorent les sprint cars parce que, justement, ça va très vite.

Guy Ouellette est mort. L’hommage qu’on va lui vendre vendredi à l’Autodrome Granby sera sûrement très émotif.  On va pleurer l’homme tout l’été et on n’oubliera jamais.

Mais malgré la douleur, malgré les questionnements, la vie sera plus forte, les courses seront plus fortes.

Pour le meilleur et pour le pire.

*   *   *

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aime le baseball. Vous le savez. Les personnages qui composent l’immensément riche histoire de ce sport sont une des raisons qui me font tant triper sur la balle.
Un jour, le légendaire Leo Durocher, qui a dirigé les Dodgers de Brooklyn, les Giants de New York, les Cubs de Chicago et les Astros de Houston, a fait une déclaration qui colle encore à sa mémoire, même plus de 25 ans après sa mort : « Nice guys finish last ». Traduction libre : les bons gars finissent toujours derniers.
C’est peut-être vrai parfois, mais certainement pas tout le temps. Et on en a un sapré bel exemple dans le coin : Frédérick Gaudreau.
Fred, comme tout le monde l’appelle, EST un bon gars. Un très bon gars à part ça. Je n’ai jamais entendu personne dire un mot contre lui. Et le bon gars est à quatre victoires de soulever la coupe Stanley. Rien de moins.
On connaît tous l’histoire du Bromontois : il n’a jamais été repêché par une équipe de la Ligue nationale, mais il a réussi à aboutir dans l’organisation des Predators de Nashville et, à sa troisième saison chez les professionnels, il a disputé neuf matchs du calendrier régulier. Mieux encore, il vient de jouer deux rencontres face aux Ducks d’Anaheim, en finale de l’association de l’Ouest.
Gaudreau a travaillé très fort pour se retrouver là où il est. Il a du talent, mais ce n’est pas un « naturel ». Il ne m’en voudra pas d’écrire ça. C’est le travail et une attitude exemplaire qui lui ont permis de gravir les échelons jusqu’à la grande ligue.
Et c’est un bon gars, ce qui fait en sorte que les gens sont encore plus heureux de ce qui lui arrive.
J’ai deux exemples de la bonne personne qu’il est. Non, il n’a pas sauvé personne d’une noyade, c’est beaucoup plus simple, mais ça va tout de même vous donner une idée.
Lundi après-midi, mon collègue Jonathan Gagnon m’appelle à la maison : « Mike, Fred Gaudreau a joué en fin de semaine avec les Predators. Ce serait une bonne idée de lui jaser, non ? »
« Bon flash, que j’ai répondu à celui que j’appelle tout le temps Jœ, mais tu vas avoir de la misère à lui parler. C’est un jour de match, c’est difficile de parler aux gars un jour de match, et il est déjà 13 h. Il doit faire son dodo d’après-midi… »
Mais Jœ l’a appelé quand même. Il a laissé un message, sans trop espérer de retour d’appel. Mais une demi-heure plus tard, Gaudreau rappelait !
Pour Gaudreau, c’était juste normal de rappeler. Les gens de sa région voulaient avoir de ses nouvelles, ils voulaient savoir comment il vivait cette nouvelle expérience avec les Predators, et il voulait que ceux qui l’ont vu grandir, les premiers à l’avoir encouragé, en aient. Qu’importe si ça le dérangeait un brin dans sa routine d’avant-match.
Et ça a fini par faire un excellent texte dans La Voix de l’Est de mardi.
Puis, début avril, au retour d’un arrêt de travail de cinq ou six semaines à cause de la maladie, j’ai écrit à Fred pour prendre de ses nouvelles, voir comment ça se passait à Milwaukee, avec son équipe de la Ligue américaine. Mais avant de me parler de hockey, il m’a demandé comment MOI j’allais, lui qui avait entendu dire que j’avais été hors circuit pendant un temps.
Il s’est informé et m’a posé plein de questions. « Fais attention à toi là ! », a-t-il écrit avant, finalement, de répondre à MA question.
Frédérick Gaudreau, c’est ça. Un bon gars, une bonne personne, du bon monde.
Non, Leo Durocher, les bons gars ne finissent pas toujours derniers…
Frédérick Gaudreau est à quatre victoires de soulever la Coupe Stanley. (photo Associated Press)

Frédérick Gaudreau est à quatre victoires de soulever la Coupe Stanley. (photo Associated Press)

J’aime le baseball. Vous le savez. Les personnages qui composent l’immensément riche histoire de ce sport sont une des raisons qui me font tant triper sur la balle.

Un jour, le légendaire Leo Durocher, qui a dirigé les Dodgers de Brooklyn, les Giants de New York, les Cubs de Chicago et les Astros de Houston, a fait une déclaration qui colle encore à sa mémoire, même plus de 25 ans après sa mort : « Nice guys finish last ». Traduction libre : les bons gars finissent toujours derniers.

C’est peut-être vrai parfois, mais certainement pas tout le temps. Et on en a un sapré bel exemple dans le coin : Frédérick Gaudreau.

Fred, comme tout le monde l’appelle, EST un bon gars. Un très bon gars à part ça. Je n’ai jamais entendu personne dire un mot contre lui. Et le bon gars est à quatre victoires de soulever la coupe Stanley. Rien de moins.

On connaît tous l’histoire du Bromontois : il n’a jamais été repêché par une équipe de la Ligue nationale, mais il a réussi à aboutir dans l’organisation des Predators de Nashville et, à sa troisième saison chez les professionnels, il a disputé neuf matchs du calendrier régulier. Mieux encore, il vient de jouer deux rencontres face aux Ducks d’Anaheim, en finale de l’association de l’Ouest.

Gaudreau a travaillé très fort pour se retrouver là où il est. Il a du talent, mais ce n’est pas un « naturel ». Il ne m’en voudra pas d’écrire ça. C’est le travail et une attitude exemplaire qui lui ont permis de gravir les échelons jusqu’à la grande ligue.

Et c’est un bon gars, ce qui fait en sorte que les gens sont encore plus heureux de ce qui lui arrive.

J’ai deux exemples de la bonne personne qu’il est. Non, il n’a pas sauvé personne d’une noyade, c’est beaucoup plus simple, mais ça va tout de même vous donner une idée.

Lundi après-midi, mon collègue Jonathan Gagnon m’appelle à la maison : « Mike, Fred Gaudreau a joué en fin de semaine avec les Predators. Ce serait une bonne idée de lui jaser, non ? »

« Bon flash, que j’ai répondu à celui que j’appelle tout le temps Jœ, mais tu vas avoir de la misère à lui parler. C’est un jour de match, c’est difficile de parler aux gars un jour de match, et il est déjà 13 h. Il doit faire son dodo d’après-midi… »

Mais Jœ l’a appelé quand même. Il a laissé un message, sans trop espérer de retour d’appel. Mais une demi-heure plus tard, Gaudreau rappelait !

Pour Gaudreau, c’était juste normal de rappeler. Les gens de sa région voulaient avoir de ses nouvelles, ils voulaient savoir comment il vivait cette nouvelle expérience avec les Predators, et il voulait que ceux qui l’ont vu grandir, les premiers à l’avoir encouragé, en aient. Qu’importe si ça le dérangeait un brin dans sa routine d’avant-match.

Et ça a fini par faire un excellent texte dans La Voix de l’Est de mardi.

Puis, début avril, au retour d’un arrêt de travail de cinq ou six semaines à cause de la maladie, j’ai écrit à Fred pour prendre de ses nouvelles, voir comment ça se passait à Milwaukee, avec son équipe de la Ligue américaine. Mais avant de me parler de hockey, il m’a demandé comment MOI j’allais, lui qui avait entendu dire que j’avais été hors circuit pendant un temps.

Il s’est informé et m’a posé plein de questions. « Fais attention à toi là ! », a-t-il écrit avant, finalement, de répondre à MA question.

Frédérick Gaudreau, c’est ça. Un bon gars, une bonne personne, du bon monde.

Non, Leo Durocher, les bons gars ne finissent pas toujours derniers…

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Mardi 25 avril 2017 | Mise en ligne à 11h46 | Commenter Commentaires (2)

Dale Jr. : un départ qui va faire mal à NASCAR

(photo NASCAR.com)

À 42 ans, Dale Earnhardt Jr. se prépare à raccrocher. (photo NASCAR.com)

La nouvelle est tombée mardi matin: Dale Earnhardt Jr., le pilote le plus populaire de NASCAR, va prendre sa retraite à la fin de la présente saison. C’est Hendrick Motorsports, son équipe, qui en a fait l’annonce.

À Bristol, lundi, Dale Jr. a été impliqué dans un accident au 218e tour et n’a pas terminé la course. Il n’a pas été blessé, mais on se souviendra qu’il avait raté 18 épreuves la saison dernière en raison de symptômes reliés à une commotion cérébrale.

Earnhardt Jr. a 42 ans. Il a remporté deux fois le mythique Daytona 500. Il est le fils de feu Dale Earnhardt, ce qui a bien sûr contribué à sa popularité, mais il a bâti lui-même sa légende grâce à son talent et à son grand charisme.

Soyez assurés que les gens de NASCAR sont tristes, sinon catastrophés. La série a déjà été plus populaire et le départ de Dale Jr. n’améliorera en rien la situation. La retraite de ce dernier survient après celles de Jeff Gordon et de Tony Stewart, deux autres stars de NASCAR.

Question de raviver l’intérêt pour la série, NASCAR applique de nouveaux règlements cette année. L’idée de diviser les courses en trois segments plait à certains, mais moins à d’autres.

Faudra maintenant voir comment NASCAR va vivre l’après-Dale Jr.

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