La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Archive de la catégorie ‘Général’

    Jeudi 1 mars 2018 | Mise en ligne à 9h11 | Commenter Commentaires (92)

    L’angoisse aux temps du plein-emploi

    Vous avez lu le dossier sur les adolescents la fin de semaine dernière dans La Presse + ? Du début à la fin, j’ai dévoré ces reportages dans lesquels les jeunes se sont vraiment mis à nu.

    Ce que j’en retiens ? D’abord, ce témoignage de Rosalie, âgée de 16 ans, qui assure qu’elle donne un maximum d’efforts même si ça ne paraît pas toujours. Elle n’est pas paresseuse, insiste-t-elle. «Je suis fatiguée, bon. »

    Ce que l’histoire ne dit pas et que j’aurais été bien curieuse de savoir, c’est l’heure à laquelle la cloche sonne le matin, à son école. Car s’il y a une seule chose sur laquelle les études sont unanimes, c’est bien sur le fait que les heures de classe, au secondaire, sont totalement inadéquates pour les adolescents naturellement programmés à cet âge à  se lever plus tard.

    Bref, Rosalie n’est pas seule à être fatiguée : de très nombreux adolescents, au Québec, le sont aussi parce que leurs heures de classe sont en décalage total avec leur rythme biologique et que très peu d’école ont allumé et changé leurs horaires.

    Peut-être cette fatigue contribue-t-elle au problème principal cité par un grand nombre de jeunes : leur anxiété. À 14, 15 ou 16 ans, l’école les angoisse au possible.

    Davantage que les jeunes d’il y a 10, 20 ou 30 ans ? Difficile à dire. Mais ça a l’air tellement souffrant que pour les calmer, on aurait vraiment envie de leur suggérer de faire ce qu’ils ne font à peu près jamais : lire les journaux et écouter les nouvelles.

    Parce qu’après les nouvelles sur la Syrie, sur les tueries à répétition dans les écoles américaines, ils trouveraient ici et là des nouvelles très réconfortantes les concernant au premier chef.

    Ils réaliseraient par exemple que les cégeps cherchent presque désespérément des élèves. Celui de Rivière-du-Loup offre même le gîte et 500 $ par trimestre au jeune de l’extérieur de la région qui s’y inscrit.

    Si ceux qui en arrachent vraiment beaucoup au secondaire n’ont pas envie d’aller étudier en région, ils trouveront sans mal dans un cégep ou un autre un programme aux préalables vraiment peu nombreux.

    Et il ne s’agit pas ici de programmes nécessairement boboches.  Au terme d’entrevues que j’ai menées pour un article sur les cégeps dernièrement, force a été de constater que même dans les cégeps les plus reconnus et même dans les programmes réputés porteurs, les critères d’admission ont baissé. Parce que le réseau a besoin d’étudiants, parce que le Québec a besoin de main-d’œuvre, en gros.

    À l’université ? Idem. Les universités font des pieds et des mains pour attirer des étudiants de la France, de la Chine, de partout pour garnir leurs rangs. Sachant que les universités françaises refoulaient quantité de jeunes en raison d’un trop-plein exceptionnel de demandes cette année, l’Université de Montréal a même fait une campagne publicitaire ciblant spécialement ces jeunes qui avaient été recalés.

    C’est dire combien il y a de la place, à l’université.

    Et à la sortie ? D’ici à 2024, le gouvernement aura plus d’un million d’emplois à pourvoir, selon Philippe Couillard. Des publicités passent même à la télévision ces jours-ci pour attirer des jeunes vers des emplois dans la fonction publique.

    À la sortie de l’université, à l’époque, nous aurions été quelques-uns à rêver de cela, le plein-emploi et la fonction publique nous réclamant à grands cris.

    Si ces jeunes angoissés aspirent à être médecins, ingénieurs ou avocats, bon, peut-être est-ce que ça n’arrivera pas.

    Mais s’ils sont d’un naturel si angoissés, c’est peut-être une bonne chose qu’ils n’accèdent pas à ces professions très peu zen. Bien payées, certes. Enviables ? Agréables ? Pas nécessairement.

    C’est donc tout cela qu’il ne faut surtout pas dire aux ados un peu paresseux de notre entourage. Mais si vous avez autour de vous des jeunes angoissés au possible par l’école, qui en font de l’urticaire, de l’eczéma, de l’insomnie, si vous en avez qui frôlent la dépression, rendez-leur service : dites-leur que ça ira.

    Dites-leur qu’ils la feront, leur place au soleil.

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    Mardi 27 février 2018 | Mise en ligne à 13h34 | Commenter Commentaires (60)

    Le «parent hélicoptère» revisité

    La cause est entendue : les enfants sont surprotégés. Ils portent des casques pour faire du vélo, de la planche à roulettes, du ski. Ils sont enserrés dans leurs sièges d’auto comme des pilotes de Formule 1. Il n’y a plus de liberté, plus d’insouciance. L’enfance, aujourd’hui, est triste et le parent, maniaque.

    À intervalles réguliers, vous entendrez quelqu’un regretter la belle époque où il allait faire «des tours de char», installé sur les genoux de son père, derrière le volant. L’anecdote finit presque toujours de la même façon. «Et puis, non, je ne suis pas mort. Jamais rien ne m’est arrivé.»

    Dans le Washington Post, sur un ton provocateur, Peter Birkenhead n’est pas du tout de cet avis. «Vous savez ce qu’il y  avait de bien avec le style parental des années 70 ? Rien. Au cas où vous ne l’aviez pas remarqué, les enfants de ma génération, qui se promenaient sans casque, sans siège d’auto et qui n’avaient pas des parents très attentifs et très sobres sont loin d’être devenus des modèles de maturité et de belle indépendance. Ils sont devenus des collectionneurs de figurines de films d’action, des amateurs de fast-food et de porno.»

    Et vlan !

    Évidemment, pour faire valoir son point, l’auteur grossit beaucoup les traits et y va d’immenses généralisations.

    Bien sûr, les parents des années 70 n’étaient pas tous des soûlons et beaucoup d’entre eux se montraient très attentionnés envers leurs enfants, qu’ils avaient cependant en beaucoup plus grand nombre et auxquels ils ne pouvaient pas se consacrer aussi totalement que nous, qui ne faisons souvent qu’un ou deux enfants.

    Bien sûr, aussi, les enfants nés dans les années 70 ne sont pas aussi déprimants que ceux qu’il décrit.

    Tout de même, sur le fond de l’affaire, son discours est rafraîchissant.

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    Mercredi 21 février 2018 | Mise en ligne à 13h06 | Commenter Commentaires (38)

    À la piscine

    L’adolescent de 14 ans qui a été retrouvé la semaine dernière, gisant au fond de la piscine du centre Père-Marquette pendant un cours d’éducation physique, a rendu son dernier souffle.

    Pour sa famille, mais aussi pour les adultes présents et pour tous ses camarades auxquels nous offrons nos condoléances, c’est une tragédie sans nom.

    Une enquête tentera de venir expliquer les circonstances de la noyade.

    La situation est certes exceptionnelle. Elle m’a quand même rappelé qu’aux cours de natation de ma fille, les parents sont plus ou moins poliment sommés d’aller voir ailleurs.

    Interdit pour le père ou la mère de rester autour du bassin, même s’il y a de grands gradins vides tout à côté.

    C’est donc à partir des fenêtres de la lointaine cafétéria que les parents tendent le cou, tentant tant bien que mal de voir si leur enfant de 5 ou 6 ans a bien la tête hors de l’eau.

    Ces tout-petits sont loin d’être déjà de bons nageurs. On présume que les professeurs de natation qui ont été embauchés sont des jeunes compétents et aussi attentifs qu’on pourrait l’être soi-même, mais peut-on vraiment penser qu’il puisse y avoir trop de paires d’yeux autour d’un bassin dans lequel pataugent des petits qui ne touchent pas le fond ?

    Je ne sais pas pour les autres parents, mais si, en raison de distractions, Petite doit refaire son niveau baleine ou crocodile, je n’en ferai pas d’urticaire.

    Oui, je sais, la vie est un sport dangereux. Oui, mère poule je suis et oui, je devrais mettre de l’argent de côté pour quand Petite sera adolescente et qu’elle aura grand besoin d’un psy à cause de moi.

    En attendant, oui, elle continuera de suivre des cours de natation, si essentiels à la sécurité aquatique malgré le malheur terrible de la semaine dernière.

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