La mère blogue

Archive de la catégorie ‘Général’

Jeudi 23 février 2017 | Mise en ligne à 10h44 | Commenter Commentaires (28)

Transmettre l’obésité en héritage

Selon les derniers chiffres disponibles, 44,5 % des garçons de 12 à 17 ans sont en surpoids ou obèses (là-dessus, 21 % sont obèses).

Sans mauvais jeu de mots, c’est énorme, absolument énorme. Du côté des filles du même âge, la proportion est de 29,3 % (17,6 % sont en surpoids, 11,7 % sont obèses).

L’indice de masse corporelle sur lequel se base Statistique Canada n’est certes pas parfait. Certains athlètes au sommet de leur forme et d’autres personnes ayant une bonne masse musculaire ont en effet de très mauvais scores à cette échelle.

Ça demeure quand même un indicateur. Et puis à l’œil, en se promenant simplement en ville et en région, à l’évidence, il y a problème.

Vous ne verrez pas cela écrit souvent dans ce blogue, mais cette fois, c’est vrai : les problèmes de poids des jeunes, ça, c’est en bonne partie la faute des parents, comme semble le confirmer cette étude menée par des professeurs d’économie de l’Université Sussex qui circule ces temps-ci.

Après avoir étudié l’indice de masse corporelle de 100 000 enfants de six pays différents, les économistes évaluent que les enfants héritent de 35 à 40 % de leur masse corporelle de leurs parents.

Chez les enfants les plus obèses, ce pourcentage atteint 60 %.

«Ces résultats devraient nous faire réfléchir à quel point l’obésité est le résultat de facteurs familiaux et génétiques», a dit Peter Dolton, coauteur de l’étude, qui s’est penché sur le poids d’enfants anglais, américains, espagnols, mexicains, chinois et indonésiens.

La génétique a cependant peu de poids dans l’équation, à en croire les seules statistiques chinoises.

En 1985, moins de 1 % des enfants et des adolescents étaient obèses. En 2014, 17 % des garçons et 9 % des filles l’étaient.

Selon une étude publiée en 2016 par la revue scientifique The Lancet, l’obésité, dans le monde, pourrait toucher 25 % de la population mondiale si rien n’est fait.

La pauvreté y est sans doute pour quelque chose. Pour acheter des fruits et des légumes, il faut de l’argent.

Mais l’eau, ça, incontestablement, c’est moins cher que du jus. Si on commençait par cela, dans les boîtes à lunch ?

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Mardi 21 février 2017 | Mise en ligne à 12h10 | Commenter Commentaires (16)

Relâcher au bon moment

Le réveille-matin sonne, vous ne bougez pas. La deuxième alarme s’active, vous ne vous levez pas. L’alarme du téléphone intelligent s’y met. Vous éteignez le téléphone intelligent.

Pas de doute : vous avez besoin de vacances et vous n’êtes pas seul.

Ce n’est pas le fruit du hasard si la semaine de relâche tombe à la fin février ou au début de mars, comme l’expliquait l’an dernier un article du Devoir.

La semaine de relâche, apprenait-on, on la doit à un certain Fernand Paradis.

Enseignant de formation, il fait dès les années 50 des courbes d’absences des élèves et des enseignants pour constater « qu’il y avait une pointe très forte à la fin du mois de février, et une pointe atténuée au début du mois de novembre».

Quelques années plus tard, en 1968,  la Commission scolaire de Québec lui paie un stage d’observation en France, de février à avril.

S’il a pu visiter plus d’une centaine de classes en début de séjour, ça n’a plus été possible à partir de la fin février en raison des «vacances printanières», a-t-il raconté au Devoir.

Quand il dirigera lui-même la commission scolaire en 1977, il décidera d’importer l’idée, après négociation avec les syndicats.

Depuis lors, la semaine de relâche a fait boule de neige – hé ! hé ! – et a fait l’objet de maintes négociations.

Au fil des ans, les centres de ski et l’industrie touristique ont plaidé pour que la semaine de relâche soit judicieusement placée au calendrier.

La Commission scolaire de Montréal, de concert avec le syndicat des enseignants (l’Alliance des professeurs) a pour sa part fait valoir que la semaine de relâche doit tomber au début mars et non à la fin du mois de février. Des vacances à la maison en fin de mois, quand les frigos sont souvent vides dans les quartiers pauvres, ce n’est pas idéal.

Les autres commissions francophones de l’île de Montréal ont aussi opté pour une relâche la première semaine de mars, tandis que d’autres commissions scolaires dans la couronne nord et sur la Rive-Sud ont préféré, elles, la dernière semaine de février.

Si elle chamboule les habitudes de bon nombre de parents, la semaine de relâche fait en tout cas partie des mœurs au point qu’il y a eu sérieuse levée de boucliers quand elle a été annulée en 2016 à la Commission scolaire des Hautes-Rivières, en Montérégie, à la suite de moyens de pression syndicaux.

Cette année, dans deux commissions scolaires de la région de Québec, une deuxième semaine de relâche (à la fin octobre) est même à l’étude. Une deuxième semaine de répit ne serait-elle pas favorable aux apprentissages ? se demande-t-on.

L’école commencerait alors plus tôt en août, à un moment où les divers camps sont de toute façon déjà terminés, écrivait en janvier ma consoeur Daphnée Dion-Viens du Journal de Québec.

Le problème, c’est que d’une façon ou d’une autre, les vacances des parents, elles, ne sont pas élastiques. S’ils ne sont pas au camp, les enfants se retrouvent souvent au service de garde de l’école, non ?

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Vendredi 17 février 2017 | Mise en ligne à 12h39 | Commenter Commentaires (13)

Avoir eu un roc pour mère

Il est souvent question de cette compétition entre femmes et entre mères, de ces jugements qui prennent la forme de pseudo-conseils non demandés et de fausse sollicitude.

Ce que l’on dit moins, c’est à quel point la vraie comparaison, la comparaison ultime est tout intérieure et sans fin. Dans chaque mère, n’y a-t-il pas un étalon qui nous fait nous mesurer sans cesse à ce que nous avons nous-mêmes reçu, enfants, de notre propre mère ?

Certaines n’ont pas eu une mère très top. Celles-là ont à tout le moins la consolation de pouvoir faire mieux, tellement mieux. Mais pour elles aussi, il y a comparaison, obsession, même : celle de ne surtout pas répéter les mêmes erreurs.

Pour toutes les autres qui ont eu un roc pour mère, la lettre d’une femme publiée dans le Washington Post aura une résonnance certaine.

Dans le souvenir de cette femme, sa mère était la perfection incarnée. Jamais impatiente, toujours aimante, toujours pleine d’énergie.

En vieillissant, écrit-elle, sa mère est toujours aussi parfaite. Les deux femmes sont très proches.  «Je peux tout te dire, sauf une chose : comme mère, je n’arriverai pas à être aussi bien que toi.»

«Quand j’étais toute petite, je me souviens que je m’assoyais sur toi après le bain. Tu me fredonnais des chansons que tu inventais. J’étais enveloppée dans ma serviette, enveloppée de ton amour. Moi, quand je sors mes petits du bain, c’est la bataille, la bataille pour les sécher, pour les habiller, pour leur faire brosser leurs dents pendant qu’ils sont tout frétillants et hurlants.»

«Je suis fatiguée, tellement, tellement fatiguée, tout le temps. […] Je perds patience avec mes enfants qui ont une énergie sans fin et qui ne m’écoutent pas. Quand je m’en plains, tu me dis que j’étais exactement comme cela.»

À tous ceux qui se préparent à se précipiter sur le clavier pour dire que c’est cela qui arrive quand les mères infââââmes ne se consacrent pas à leur progéniture et travaillent à l’extérieur, stop : la mère parfaite dont il est question avait elle-même un boulot exigeant et des responsabilités à l’extérieur de la maison.

Peut-être l’auteure de la lettre devrait-elle dire à sa mère à quel point elle se sent tellement moins à la hauteur qu’elle.

Sans doute apprendra-t-elle que sa mère a elle aussi eu ses mouvements d’impatience et de découragement que sa fille a oubliés.

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