La mère blogue

Archive de la catégorie ‘Général’

Vendredi 29 avril 2016 | Mise en ligne à 9h39 | Commenter Commentaires (10)

Quand l’accouchement ne se passe pas comme prévu

Il m’arrive parfois de rester accrochée à Toute une histoire, une émission française qui, pendant une heure, traite d’un thème avec des invités appelés à livrer leur témoignage.

La qualité de cette émission est très inégale. Parfois, il n’y a pas grand-chose à en tirer.  «J’ai accouché dans un lieu insolite» ou alors «J’ai craqué pour le fils de mon ami».

Par contre, certaines émissions valent le détour, comme celle où, récemment, des parents expliquaient comment ils ont vu leur garçon tout à fait charmant devenir djihadiste.

L’autre jour, je me suis arrêtée sur l’émission qui portait sur la dépression post-partum. Une femme témoignait de la grosse fatigue qui n’a pas aidé, tandis qu’au détour de la conversation, une autre a expliqué à quel point le fait d’avoir eu une césarienne et de ne pas avoir pu accoucher dans une maison de naissance l’avait troublée.

Comme quoi ici comme en France,  la perspective d’accoucher devant public dans un hôpital universitaire, par exemple, en rebute plusieurs.

Vive les maisons de naissance, d’intervenir l’obstétricienne invitée à l’émission, Amina Yamgnane. Elles ont l’intérêt d’offrir aux femmes plus d’un choix, et c’est tant mieux.

Là où elle n’est pas d’accord, a-t-elle dit, c’est quand ça devient dogmatique ou magnifié en des idées fantasmées.

« Il y a une volonté farouche d’un retour à la nature. On se dit que nos grands-mères l’ont bien fait, alors pourquoi pas nous? Et certes, le plus bel accouchement, c’est celui que les femmes ont anticipé et choisi. Le problème, c’est que beaucoup de femmes arrivent en maison de naissance avec une attitude ” cui-cui les petits oiseaux », a-t-elle dit, évoquant le travail qui est parfois beaucoup plus long que prévu ou le besoin de recourir ultimement dans plusieurs cas à une péridurale ou à une césarienne à l’hôpital.

Une bonne partie des femmes ayant choisi la maison de naissance y accouchent, mais d’autres, a-t-elle poursuivi, devront accepter que les choses ne se passent pas comme prévu.

« La naissance, ce n’est pas un truc facile, de conclure la Dre Yamgnane. Oui, nos grands-mères ont accouché sans péridurale. Sauf qu’à l’époque, les grands-mères, elles mouraient vachement plus souvent que nous et leurs enfants, on n’en parle même pas. »

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Mercredi 27 avril 2016 | Mise en ligne à 13h43 | Commenter Commentaires (16)

Le silence, encore

«Encore un?» «Un autre?»

Sur les réseaux sociaux, les allégations voulant que Jacques Languirand ait été un père incestueux ont créé une onde de choc.

C’est la conjointe de sa fille qui a largué la bombe, hier, alléguant que la révélation faite à la biographe Aline Apostolska a été frappée par un interdit de publication obtenu par la famille.

«Je ne dirai jamais que ce n’est pas vrai. Mais pour des raisons contractuelles, je ne peux pas en parler», a pour sa part dit hier Aline Apostolska, lors d’une entrevue avec ma collègue Stéphanie Vallet.

Sachant que la maladie d’Alzheimer lui ferait perdre progressivement la mémoire, Jacques Languirand avait consenti à une biographie autorisée.

Mme Apostolska explique qu’à un moment donné, la fille de l’ex-animateur de radio lui a dit qu’«on lui disait toujours que ça devait être extraordinaire d’être la fille de Jacques Languirand et qu’elle voulait se tuer chaque fois».

Aux fins de sa chronique intitulée «Secrets de famille» publiée aujourd’hui, Nathalie Petrowski a relu la biographie et en cite des passages. «Quand nous avons entrepris ces entretiens en février 2013, sa fille Martine et lui ne se voyaient plus depuis plusieurs années. Une fracture intime existait entre eux qui semblait impossible à réparer.»

Plus loin : «Il ressent le besoin de présenter ses excuses à ses enfants. De dire sa vérité, quitte à ébranler l’image qu’il a lui-même nourrie, mais qui, ultimement, semble l’enserrer comme une gangue […]»

On parle donc ce matin de «secret de famille», de la «part d’ombre» de Jacques Languirand qui, sachant sa fin s’approcher, dit à sa biographe qu’il veut «dire les choses telles qu’elles sont et les assumer».

«Certains diront qu’il aurait mieux valu que tout cela reste dans la sphère privée», écrit Nathalie Petrowski.

Je dirais, moi, que si sa conscience le tourmentait et qu’il savait qu’il devait s’amender de quelque chose et présenter ses excuses à ses enfants, il aurait fallu qu’il le fasse plus tôt. Dans la biographie, sa fille, qui vient de mourir, dira qu’elle n’a pu évacuer toute sa colère envers son père qu’à 40 ans.

Être en colère jusqu’à 40 ans, c’est long, et d’autant plus long que la fille de Jacques Languirand n’a pas eu beaucoup d’années de sérénité. Elle est morte l’an dernier (une enquête du coroner précisera les causes du décès au début du mois de mai).

Et c’est sans compter sur toutes les victimes collatérales qui, toute leur vie, se reprochent souvent de n’avoir rien fait.

Que ce si douloureux secret de famille soit un inceste ou pas, Jacques Languirand aurait dû parler plus tôt. En ne le faisant pas, c’est une bien vilaine sortie de scène qu’il s’est préparé.

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Jeudi 21 avril 2016 | Mise en ligne à 12h07 | Commenter Commentaires (27)

Entre bavure et silence

Évidemment, c’était trop. Vraiment, vraiment, vraiment trop.  Avec l’assentiment de l’enseignante, une stagiaire d’une école primaire de Boucherville a fait sortir un élève de 12 ans de la classe et a demandé à tous ses camarades de lui lancer toutes les insultes du monde quand il reviendrait parmi eux quelques minutes plus tard.

Comme le rapporte Radio-Canada, l’élève n’avait même pas été prévenu. Et ses camarades n’ont pas goûté l’expérience. En fait, ils n’ont pas voulu s’y prêter, mais ils auraient été contraints à tour de rôle de lui balancer par la tête tous les noms d’oiseaux. «Gros, con, laid, imbécile, trou d’cul, gros cave », tout y a passé jusqu’à ce que l’enseignante décide de mettre fin à l’exercice parce que trop d’enfants pleuraient.

Les enfants sont sortis ébranlés de l’expérience et les parents, plutôt furieux. La Commission scolaire a fini par envoyer une lettre aux parents et la stagiaire a été renvoyée. La Commission scolaire a cependant refusé d’indiquer à Radio-Canada si l’enseignante du groupe avait été sanctionnée.

Outre le manque de jugement incroyable des adultes présents dans cette salle de classe, ce qui frappe, dans cette histoire, c’est tout de même que les enfants n’aient pas pris plaisir à l’exercice et qu’au contraire, ils en aient été profondément troublés. L’effet de groupe nous amenant souvent vers pires bassesses, on aurait pu penser qu’ils s’en seraient donné à cœur joie.

Voilà une histoire qui méritait d’être rapportée. Si seulement on pouvait dénoncer aussi fort toutes ces fois où des adultes ont vu des enfants être intimidés et n’ont pas réagi, aussi bien à l’école qu’à la maison.

Si on en parle moins, l’intimidation, ça se passe aussi très souvent à l’intérieur même des familles, comme en fait foi une étude de Pediatrics. Selon cette étude publiée l’an dernier et menée auprès de 6900 enfants et parents britanniques, 11,4% des jeunes se sont dits victimes d’intimidation de la part de leur frère ou de leur soeur plusieurs fois par semaine, tandis que 9,6% subissaient le même sort sur une base hebdomadaire et 9,3%, de deux à trois fois par mois.

Bref, l’intimidation n’a malheureusement pas fini d’être au cœur de l’actualité…

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