La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Lundi 8 janvier 2018 | Mise en ligne à 10h35 | Commenter Commentaires (6)

    Sortie d’hibernation

    À moins que vos enfants, exaspérés d’être trop souvent encabanés, ne vous aient rendus fous, jamais vacances n’auront été plus reposantes. Jamais nos maisons n’auront été aussi propres. Un peu plus et on aurait eu le temps de réorganiser l’armoire à guenilles et l’armoire de plats Tupperware, mais il y a quand même une limite au zèle.

    La fin des vacances rapporte avec elle ce sentiment de manquer de temps pour tout et surtout, pour ses enfants. Si c’est votre cas, voici de quoi calmer votre sentiment de culpabilité.

    Après avoir épluché l’emploi du temps de 68 532 mères et de 53 739 pères de 11 pays industrialisés, deux chercheuses, l’Italienne Giula Dotti Sani et l’Américaine Judith Treas concluent que les parents d’aujourd’hui –  ceux de la classe moyenne, du moins – consacrent en gros deux fois plus de temps à leurs enfants que ceux des années 60.

    La moyenne des 11 pays réunis (un peu plombée par les parents français, les seuls à ne pas suivre la tendance) révèle que les mères consacraient 54 minutes par jour à leurs enfants en 1965, comparativement à 104 en 2012. Les pères, eux, sont passés de 16 petites minutes en 1965 à 59 minutes en 2012. Au Canada, les mères consacrent près de 2 heures quotidiennement à leurs enfants et les pères, environ 75 minutes. (Notons que seuls les parents d’enfants de 13 ans et moins étaient pris en considération.)

    Dans tous les pays étudiés, les parents scolarisés ont passé plus de temps à s’occuper de leurs enfants que les autres, relèvent les auteures de l’étude.

    Des résultats contre-intuitifs que ceux-là, dans la mesure où les femmes ont massivement investi le marché du travail au cours de cette même période et que les enfants sont beaucoup plus nombreux dans les pays industrialisés à fréquenter un service de garde.

    Bien sûr, ces enquêtes sur l’emploi du temps des gens sont toujours matière à discussion. Qu’est-ce qu’on inclut dans le décompte ? Par exemple, la préparation des repas, ça compte ou pas ?

    Ceci étant dit, il est indéniable que l’implication des pères auprès des enfants a changé du tout au tout, notamment dans la classe moyenne et que les deux parents mettent souvent le paquet pour que leurs enfants développent tout leur potentiel. C’est qu’il y en a, de la pression pour ces générations de parents qui se sont fait dire que tout, absolument tout, se joue avant 6 ans !

    Notons enfin que les familles sont beaucoup plus petites. Plus difficile, dans ces circonstances, de se trouver une soeur ou un frère disposés à jouer à Serpents et Échelles. De nos jours, les parents sont beaucoup plus souvent à quatre pattes à jouer avec les enfants que dans le temps de nos parents ou grands-parents. Les auteures de l’étude font d’ailleurs observer qu’au Canada, le temps d’interaction entre les parents et les enfants est particulièrement élevé.

    Si les auteures de l’étude s’inquiètent des enfants de milieux défavorisés qui, en plus du reste, ont manifestement des parents moins investis, elles se montrent aussi préoccupées pour les parents de la classe moyenne. À leur avis, trop peu d’études ont jusqu’ici documenté l’effet d’être soumis à la fois à la pression du travail et à la pression liée à des normes sociales de plus en plus exigeantes en matière d’éducation des enfants.

    Allez, rentrez donc au travail, l’âme en paix. Les enfants, ça ira. Vous ? Peut-être un peu moins…

    PS: Une bonne année à tous !


    • Faudrait-il s’inquiéter du contraire …

      ah oui je suis d’une autre époque ou les parents n’avaient heureusement pas le temps de nous scoutiser, horariser, organiser, coacher, vacansoriser, et toutskifiniené…

      Merci À la liberté d’apprendre l’interdit et la vie et à Lili ma petite voisine géniale pour trouver des cachettes en jouant à la canisse cachette quand on avait huit ans qui m’as fait découvrir qu’on pouvait se coller naivement sans se faire accuser d’agression sexuelle et quand même y trouver du plaisir… Sans avoir tous le temps les parents sur le dos….

    • Bon retour, et bonne et heureuse année à vous, aux vôtres (à la maison, au travail…)!

    • Intéressant. Je peux bien être fatiguée! Il est important pour moi de passer du temps avec mes enfants, tranquilles à la maison, à jouer et à discuter. On ne les voit tellement jamais avec le boulot et la garderie, et l’enfance passe tellement vite! Faut bien en profiter un peu.

    • Effectivement, j’ai peu de souvenirs que ma mère, maman typique des années 70, ait joué avec moi à grand-chose. C’était l’époque où les enfants jouaient avec les enfants, préférablement dehors, pendant que les adultes faisaient des affaires d’adultes. Même aujourd’hui, quand elle garde mes enfants, elle n’est pas portée à jouer avec eux.

      Pas de souvenirs non plus de sortie en patins ou de randonnées à vélo en famille. Je n’ai jamais été glisser avec mes parents. Même à la piscine… mes parents venaient nous conduire en auto et nous chercher à l’heure convenue.

      Ce qui ne veut pas dire qu’on ne passait pas de temps avec mes parents… Mais le temps passé ensemble était beaucoup centré sur des tâches à faire. Peler des patates avant le souper était une bonne occasion de parler de ma journée à l’école. Corder du bois. Plier du linge. D’aussi loin que je me rappelle, les conversations que j’avais avec mes parents avaient lieu pendant que nos mains étaient occupées. Ou dans l’auto. Pas pour rien qu’accompagner mon père à la quincaillerie était un moment privilégié… Et particulièrement si on avait quelque chose à demander, on s’avait qu’on avait pas mal plus de chance si on le demandait pendant qu’on aidait à faire la vaisselle qu’en interrompant un moment de loisir d’un de nos parents.

      Autre temps autres mœurs. Je viens de passer 2 semaines à faire des LEGO, à jouer dehors et à jouer à des jeux de société avec mes deux filles. Ce n’était pas une corvée (enfin, pas la plupart du temps). Ça changeait de dire « oui » plus souvent… On a eu du fun. J’ai eu mes moments à moi pour lire aussi. De leur côté elles ont écouté plus de télévision que d’ordinaire et elles ont participé un peu plus aux tâches dans la maison. C’est ce que j’apprécie des vacances de Noël : pas de voyage, pas tellement de pression de faire des activités… on y va selon le feeling de la journée et la température et on passe beaucoup de temps ensemble.

    • Les parents socialisent entre adultes aujourd’hui cependant

      Moi le premier. Je suis beaucoup plus ami avec mes enfants que mes parents l’ont été avec moi

      C’est bon pour certaines choses, moins bon pour d’autres

      Ça “feel right”, en tous cas

    • Socialisent moins

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