La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Mardi 5 décembre 2017 | Mise en ligne à 10h52 | Commenter Commentaires (8)

    La liste de nos peurs

    «Tout se joue avant 6 ans », écrivait en 1970 le psychologue américain Fitzhugh Dodson.

    La pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto n’en était pas certaine.  «Tout se joue peut-être en huit jours, les premiers jours de la vie. Le temps des premières empreintes indélébiles, des blessures cicatricielles, se réduirait à la période périnatale. »

    Ma fille ayant maintenant dépassé ces deux caps, ça y est : je l’ai peut-être déjà « scrappée », pour reprendre la formule employée il y a quelques semaines par une mère interviewée par ma collègue Isabelle Audet.

    Les parents ont certes très peur, peur du faux pas déterminant qui « scrappera » leur enfant.

    Et ils n’ont peut-être pas si tort, à en croire Geneviève A. Mageau, professeure de psychologie à l’Université de Montréal,  elle aussi interviewée par ma collègue Isabelle.

    «Malheureusement, l’intuition n’est pas toujours la meilleure solution. C’est ça qui est compliqué: oui, on veut que les parents se rassurent, qu’ils prennent confiance en eux, mais en même temps, il faut avoir la bonne direction.»

    Ce qui peut aider les parents, à son avis ? Avoir des principes directeurs, à partir desquels ils peuvent orienter leurs interventions suivant la situation.

    C’est sans doute justement d’identifier nos principes directeurs qui est difficile à faire, à une époque où « l’enfant a un statut inédit, dit pour sa part Julie Pinsolle, chercheuse en sciences de l’éducation en France citée dans Actualités sociales hebdomadaires.*   Il s’inscrit dans un univers d’attentes et de projections des parents, chez qui il s’est transformé en objet d’épanouissement ».

    «On est passé d’un extrême à l’autre, poursuit-elle, d’un fonctionnement hyperautoritaire à un fonctionnement où l’enfant n’avait pas son mot à dire, à un fonctionnement du tout dialogué, négocié, expliqué. »

    (Je crois vous l’avoir déjà dit, à l’occasion,  j’ai recours à la formule d’une amie qui avait tôt fait de couper court aux récriminations de sa fille en lançant : « Fin de la discussion ». Ça fonctionne plutôt bien. Je vous recommande la formule.)

    Voilà pour la théorie, que vous avez sans doute déjà lue.

    Mais la grande question que l’on se pose moins, à mon avis, est la suivante : de quoi a-t-on si peur, au fait ?

    Que notre enfant ne se fasse pas de bons amis ? Qu’il n’ait pas le bonheur facile ? Qu’il ait une personnalité repoussante ? Qu’il ne soit pas admis dans une bonne école ? Qu’il échoue lamentablement, partout ? Qu’il n’ait pas la santé ? (Mais ça, c’est en partie hors de notre contrôle).  Qu’il choisisse de mauvais amoureux et nous amène de terribles gendres à la maison plus tard dans les partys de famille ? Qu’il ne parvienne pas à trouver un emploi qui lui plaira  et qui subviendra à ses besoins ? Toutes ces réponses ?

    (Si oui, sans doute peut-on à tout le moins se calmer le pompon pour ce qui est du travail : des jobs, n’y en aura-t-il pas plein, plein, plein à combler, dans quelques années ?)

    Allez, prenez place sur le divan, prenez une grande respiration et dites-nous tout ! Faites-nous la liste de vos peurs.

    * Désolée, pas d’hyperlien disponible.


    • Une des leçons de “The Apprenticeship of Duddy Kravitz” (lu il y a très longtemps, alors raconté au feeling)

      Lorsque Duddy, maintenant riche homme d’affaires, demande avec défiance à son riche oncle mourant pourquoi il a tant donné à son frère (études à McGill etc), et rien à lui-même, l’oncle répond:
      “parce que j’ai toujours vu le fighter en toi, et ai ainsi su que tu réussirais dans la vie. Alors que ton frère avait assurément besoin d’un coup de pouce”

      Sur ces paroles attendrissantes de reconnaissance paternelle (le père de Duddy étant un pas-bon), Duddy ressent une très grande fierté et grandit d’un pied.

      Un très beau moment que Richard Dreyfuss réussit à très bien transmettre dans le film.

      Ce qui me fait penser aux paroles de “La Java Des Bombes Atomiques” de Boris Vian:

      “Voilà des mois et des années
      Que j’essaye d’augmenter
      La portée de ma bombe
      Et je n’me suis pas rendu compt’
      Que la seul’ chos’ qui compt’
      C’est l’endroit où s’qu’ell’ tombe”

      Appliqué sur le sujet du jour faut lire: ce n’est ni la quantité d’affection qu’il faille donner, ni même la qualité.

      C’est de donner la bonne affection, à la bonne personne, au bon moment.

    • Je ne suis pas d’accord avec l’idée qu’autrefois l’environnement était “hyperautoritaire” et que l’enfant n’avait pas son mot à dire. Autrefois, l’enfant n’avait pas à discuter les décisions de ces parents, et le rôle des parents était d’éduquer leurs enfants, mais ils avaient beaucoup plus de liberté et de responsabilité que maintenant. Les parents ne contrôlaient pas autant leurs enfants que maintenant.

    • j’ai peur que:

      - mon enfant soit malheureux.
      - que mon enfant souffre.

      Ça se résume aussi à cela. C’est pourquoi je tente de les outiller du mieux que je peux.

      J’ajouterais, et j’en suis un peu honteux, que j’ai peur de ne pas être fier de mes enfants.
      Imaginons les deux cas extrêmes caricaturé (et peut-être impossible)

      Cas 1: Mon enfant décroche a 16 ans, il cumule petit boulot et vit dans un 1 1/2. Mais il est parfaitement heureux, il vit la vie qu’il a envie.

      Cas 2: mon enfant est neurochirurgien, mais n’Est pas très heureux dans la vie.

      Dans les deux cas, ce n’est pas ce que je souhaites pour mon enfant.
      Mais bon, dans le cas 1, il est heureux non ?
      C’est ça l’important non ?

    • @miket

      Vaut mieux commencer neurochirurgien et finir en 1 et demi si c’est ce que l’on decouvre preferer, avec le temps

      C’est plus facile que de commencer sans sec 5 dans un 1 et demi, puis vouloir devenir neurochirgien

    • @89170

      Les enfants d’aujourd’hui, d’hier, et de demain, vivent dans l’air du temps.

      Nos enfants ne sont pas plus contrôlés que par le passé parce que l’on en a décidé ainsi.
      Ils sont plus contrôlés parce que nous vivons dans une période plus contrôlée.

      La société entiere avance au meme rythme.

    • J’ai peur que ma fille finisse sous les roues d’un camion, d’une voiture, d’un autobus, d’un métro, écrasée par une déneigeuse, une motoneige, une souffleuse à neige, bref, tout ce qui lui fait peur en ce moment (et qui me faisait peur quand j’étais enfant)

    • J’avais peur que mon enfant s’attache trop a moi et qu’en quelque sorte
      ca nuise a sa propre independance.

    • La peur vient du côté obscur de la Force.

      N’ayez pas peur…

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