La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Lundi 25 septembre 2017 | Mise en ligne à 11h53 | Commenter Commentaires (21)

    Le goût de l’enfance

    Je crois vous l’avoir déjà dit : quand on cuisine, on ne meurt jamais.

    Le bœuf bourguignon. Le gâteau moka (bien qu’il ne lève jamais). Le ris de veau. Le rôti de bœuf au porto, la sauce à spag. Telles sont les recettes de ma mère, que je transmettrai à mon tour à ma fille, qui sera aussi l’héritière de ma recette de boulettes d’agneau (reine de la boulette je suis) et de la recette de betteraves de son père.

    Ont cependant été abandonnés en cours de route le ragout de boulettes, les fèves au lard et le jambon au sirop d’érable, au profit de recettes dites « ethniques » comme la muhammara et le poulet au cari.

    Quelles recettes se transmet-on de génération en génération ?

    Tel est le thème de la thèse de doctorat de Balia Fainstein, qui y ajoute une saveur intéressante : celle de l’immigration.

    Quelles recettes survivent à l’exil et vous replongent non seulement dans l’enfance, mais dans le pays d’origine ?

    Ses participantes : des femmes âgées entre 25 et 35 ans, nées ou arrivées très jeunes au Québec et dont la mère est issue de l’immigration française.

    Le but de l’exercice, c’est de voir ce que les mères qui ont quitté leur pays d’origine ont transmis à leur fille.

    Jusqu’ici, au fil des entrevues, le gratin dauphinois, la galette des Rois et la dinde aux marrons sont les classiques des classiques chez ces Françaises.

    «En visite chez des amies, elles ont découvert le fromage Kraft, le Kraft Dinner, la vinaigrette Kraft […], a raconté la chercheuse au journal institutionnel de l’UQAM.  Elles en parlent à la fois comme quelque chose d’extraordinaire et de surprenant, comme si elles avaient rencontré un ovni culinaire.»

    «Dès qu’elles quittent le foyer familial, certaines en profitent pour acheter ces aliments jadis ‘interdits’, mais cela ne dure qu’un moment. Rapidement, le goût pour la cuisine maternelle revient en force, comme un accès de nostalgie.»


    • Il y a de ces choses qu’on ne prends le temps de préparer qu’à Noël ou pour un anniversaire. Ça prend une valeur spéciale et, au fil des ans, le goût de nostalgie est de plus en plus doux.

    • Sachant que le porc occupe une place de choix dans notre cuisine traditionnelle, on pourrait faire le même exercice avec des Québécois vivant dans certains pays où la religion locale interdit la consommation de cette viande. Je serais curieux de connaître le taux de survie de recettes comme le pâté chinois, la tourtière ou le ragoût de patte.

    • Aux immigrantes: Kraft, ce n’est pas de la haute gastronomie québécoise. Fuyez!

    • je cite:

      …«En visite chez des amies, elles ont découvert le fromage Kraft, le Kraft Dinner…

      fin de la citation.

      Elles sont étudiantes sans sideline?

    • @marc_g
      25 septembre 2017
      13h06

      Je serais curieux de connaître le taux de survie de recettes comme le pâté chinois au rat, la tourtière au singe ou le ragoût de patte de chien.

    • Savez-vous si l’on peut participer à l’étude?

    • Les recettes de maman sont pour moi les meilleures… J’envie toujours les gens qui visitent leurs parents, car ils auront probablement la chance de manger de la cuisine tellement réconfortante.

      Pour moi, le jambon, les patates scallopes (comme un gratin dauphinois, mais plus brut), la dinde et la soupe sont de grands classiques de ma mère. La soupe à n’importe quoi, juste de la soupe. Même mes enfants demandent de la soupe à grand-mère quand ils sont malades…

      Même si ce sont pas LES meilleurs, ça reste qu’ils m’apportent ce réconfort que seule une maman peut faire. Comme si maman me faisait encore des câlins en nous cuisinant un bon jambon. Je me sens chanceuse. Merci maman, merci à toutes les mamans!

    • @loubia même si je seconde, je dois dire que je me souviens avec tendresse de ces samedis avec mon père, lorsqu’il nous préparait un bon kraft dinner pour dîner. La joie!

    • Y’a de quoi faire un post doctorats juste avec ce sujet…. Je dirais même plus, un Doctorat honoris causa. Et après on se demande pourquoi les universitaires se font ridiculiser. C’est sûr que ça va révolutionner l’art culinaire et peut-être même les traditions des immigrants.

      Ok soyons sérieux et gardon les yeux grands ouvert. Cette information, en réalité, sera utilisé pour analyser la mémoire des gouts afin d’introduire la prochaine génération d’OGM full scrap. Tsé quand tu n’as jamais connu autres choses. C’est comme le puceau chez Porky’s….

    • Vérification faite: OQLF dit de dire “chercheuse” (pas “chercheure”, que j’aurais utilisé perso).

      “Chroniqueuse” et “chasseuse” aussi.

      Y a t il une formule linguistique afin de déterminer ainsi?
      Je me demande à quel point l’esthétique phonétique est considéré.

      De retour au sujet: le film Ratatouille était particulièrement réussi. (spoiler altert!)
      La fin où le critique (la critique?) ressent un moment de son enfance visuellement, olfactivement (un mot?) et émotionellement par rappel gustatif est superbe.

      “Big Night” est un autre film de bouffe exceptionel sur fond familial.

      Je suis né ici de parents d’ici qui sont nés de parents d’ici, et je n’ai jamais mangé de Kraft dinner de ma vie.

      Amies pas mal poches de servir du kraft dinner pour la visite!?

    • @EtoileFlottante

      “patates scallopes”: MIAM!! beaucoup de travail ce plat.

      Côté souvenir: mon père nous servait “le trou” de l’emmental :)

      Côté trouvaille bouffe qui vaut vraiment la peine: le jambon picnic. Lafleur et Olymel le font.

      On le trouve souvent à environ $15 dans certaines épiceries alors que la double chez d’autres. Pas toujours facile à trouver.

      Il est très salé, faut le bouillir plusieurs heures. Faut le laisser dans le filet dans lequel on l’achete. On le sort de l’eau quand il “sent cuit”.
      Pas trop longtemps sinon la viande décolle de l’os. Ca reste mangeable, mais pas très présentable.

      Puis au four pour le brunir, même s’il est déjà cuit.

      Avec l’eau on fait de la soupe aux pois.

      Puis on sert le jambon avec les patates scallopes d’Etoile Filante!!!

      Et des carottes pas trop cuites, avec de l’ail à peine bruni.

      Carottes, ail, patates, beurre et jambon 100% local! N’y a que le sel et le poivre venant d’ailleurs.

      Pas une journée comme aujourd’hui par contre… marquez votre calendrier pour un dimanche de novembre.

      Un repas complet acheté local au mois de novembre et même plus tard, yes we can!

    • Moi, je me souviens du gruau que mon père me faisait le matin (ce n’était pas du instant) que je mangeais avec une tonne de cassonade et du succulents roastbeef de mon grand-père paternel et aussi des beignes de ma mère qu’elle cuisinait surtout quand l’armée arrivait (mon frère aîné est militaire).

    • A vous lire j’ai comme un doute… coudonc est-ce que ce serait bon du kraft dinner?

      J’ai toujours présumé que c’était mauvais…

    • Le fromage Kraft, le Kraft Dinner et la vinaigrette Kraft? Comme il est très improbable que toutes ces Françaises se soient lancées dans la moquerie, j’en conclus que cette “chercheuse” se sert de sa “thèse” pour parfaire son aptitude au trolling! LOL

    • Je me fais un devoir de faire des recettes de ma grand-mère maternelle. Pour moi, c’est des goûts qui ont bercé mon enfance et qui se doivent d’être connu par mes enfants. J’ai la chance d’avoir une copie de ses recettes et c’est toujours une joie d’y retourner.

    • @ilea: Voici le contact: baliaf@gmail.com

    • Pourquoi toute cette condescendance envers le Kraft Dinner, bien souvent par des gens qui avoue eux-même ne pas y avoir gouté?? L’esprit de meute? Parce que c’est bien vu de parler contre Kraft la multinationale de l’alimentation? C’est simplement du macaroni dans le fond.

      Quand tu es pauvre et que tu as 5$ pour manger cette journée-là, le Kraft Dinner fait l’affaire, autant que les Ramen. T’as pas l’argent pour faire la tourtière à ta Grand-mère rendu là, tu t’arrange avec ce que tu as. Et tu n’.as pas toujours 2h pour préparer à bouffer quand tu reviens de travailler à 10h après une journée de cour.

    • @EtoileFilante (14h55 – 25 septembre) – J’ai une amie (nous avons respectivement 68 et 69 ans) qui parle encore du “macaroni” de ma mère. C’était du Kraft Dinner amélioré. Une fois cuit, elle le gratinait et c’était délicieux.

    • Ouais. Kraft. Une autre façon pas très originale de classifier le québécois moyen en généralisant. Comme la poutine , le hockey (Le Canadiens plutôt…) et le cinéma du mardi je suppose.

    • Il y a quelques années, mes nièces toujours pleines de belles ressources ont demandé à chaque membre de la famille de leur envoyer une recette “signature” par courriel. Une fois rassemblée, ces recettes ont formé un livre broché avec recettes, photos, anecdotes, citations,… Chaque membre de la famille a eu ce livre broché pour Noël. Merveilleux souvenirs pour pas très cher du cadeau. Ce qui est amusant est qu’on peut clairement voir l’évolution des plats selon l’âge des membres, l’écart entre les générations. Bien entendu, il y a les gâteaux de ma mère, sa recette de pâtés à la viande, le boeuf bourguignon de ma soeur, les cigares au chou de mon frère mais aussi l’effiloché de porc du neveu, le pain aux lentilles de la nièce, la mousse au chocolat-tofu de l’autre nièce…

      Le Kraft diner, la soupe Lipton, les grilled-cheese pain blanc-fromage orange auront toujours une place dans mon coeur. J’en mange quand je suis très fatiguée ou un peu down. Dans les années 70, ma mère allait rendre visite à sa mère une fois aux 2 mois environ. Elle partait 2-3 jours… Chez nous, c’était le party! Mon père (qui aurait 98 ans aujourd’hui) ne cuisinait pas. Ils nous faisait du Kratf diner avec saucisses hot-dog, de la soupe Lipton, de la crème de tomates Cambell’s et pleins d’autres choses que jamais ma mère n’aurait acheté. En plus, mon père nous permettait de manger sur la petite table à café du salon! C’était toujours des moments privilégiés et agréables.

      Les bons plats mijotés de maman font parti de ma culture mais le Kraft diner aussi… Peut-être pas pour le goût mais pour les souvenirs…

    • Ça doit être parce que j’ai côtoyé la pauvreté et précarité dans ma Jeunesse que je reste marqué et que le Kraf dinner et le symbole de la grande misère. Il fallait être dans la catégorie ‘pauvre des pauvres’ pour en manger au quotidien.

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