La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
  • Lire la suite »

    Partage

    Jeudi 7 septembre 2017 | Mise en ligne à 11h30 | Commenter Commentaires (13)

    Être formidable

    Voyant que les élèves étaient trop obsédés par les notes, une école secondaire ontarienne a eu l’idée de tenter une expérience. Cette année, elle va permettre à des élèves de s’autoévaluer, de «négocier leur note finale à un cours» après discussion avec leurs professeurs sur ce qu’ils estiment être juste.

    La nouvelle, relayée par le Globe and Mail, a fait sourire des lecteurs. L’un d’eux a pris la plume et raconté que dans le temps où il  fréquentait l’université, un professeur particulièrement ouvert avait poussé la chose encore plus loin et carrément demandé à chacun de fixer, seul, la note à s’octroyer dans un cours de poésie.

    Seule une étudiante – qui le méritait – s’est accordé un A.

    Quand est venu le tour du lecteur du Globe, il s’est levé, droit comme un i,  et a dit qu’il s’accordait A + alors qu’objectivement, il croyait ne mériter qu’un C.

    «Cette note m’a ultimement permis d’être admis dans le programme que je visais», écrit-il, manifestement sans l’ombre d’un remords.

    Je sais, ce n’est pas beau, de mentir.  Il a peut-être même ainsi piqué la place d’un autre étudiant qui le méritait mieux que lui. Mais l’homme n’est-il pas un loup pour l’homme ? Les plus forts de l’espèce ne sont-ils pas ceux qui sont passés maîtres dans l’art d’enjoliver la vérité et de dépasser dans la file ?

    En tout cas, quand les ressources humaines nous ont demandé une autoévaluation par écrit,  je ne sais pas pour les collègues, mais moi,  je n’ai pas hésité une seconde.

    Pourquoi « s’autocaler » et par écrit, au surplus ?

    J’ai donc pris ma plus belle plume et sorti tous les superlatifs et clichés  à ma disposition pour dire de toutes les manières possibles à quel point je suis formidable, motivée, tous les jours plus désireuse de me dépasser et de relever de nouveaux défis. Une employée modèle. Vraiment. J’ai même ajouté que j’étais beaucoup trop modeste et que j’aurais intérêt à faire comme certains collègues et à dire haut et fort que mes articles, tous les jours, c’est de la graine de prix Pulitzer et rien de moins.

    Il me reste à expliquer à ma fille qu’il faut toujours dire la vérité, toute la vérité à son papa et à sa maman, mais qu’il n’est pas mauvais de la déguiser un petit peu, parfois, avec les autres.


    • L’auto-évaluation au travail ou même dans les scouts pour passer un brevet ou autre cela existe depuis longtemps. Ou encore pour le travail dans un rapport de stage mais c’est pas une note tout à fait et c’est l’ordre ou autre qui décide si la personne réussit. Pour l’employeur ce peut être des rencontres, le feed back provient des deux.

      Pour le secondaire, c’était plus les billets de félicitations, le prof disait qu’il en donnait à tous et écrivez vous-même votre évaluation.

      Une auto-évaluation cela a du bon que ce soit pour des élèves, des employés, des candidats ou autre en autant que ce soit un processus bien fait et avec des approbations. Pas la seule évaluation.

      Par ailleurs, comme candidat ou étudiant vous pouvez faire des pratiques d’examen et vous auto-corriger. La même chose pour des devoirs. Cela vaut 75%, 85% ou 55%. Il y a un barème de correction. Ce que vous évaluez c’est plus votre attitude et votre comportement : gestion du temps, être positif plutôt que négatif…

      En classe déjà à notre époque lointaine, il y avait l’approche par compétences qui commençait : avoir l’esprit sportif ou d’équipe, bien utiliser son temps, prendre des initiatives.

      Je ne l’ai pas sous le coude et là cela venait de l’enseignante c’est évaluation, zéro note mais : besoin d’encouragement, satisfaisant ou très bien.

      L’évaluation cela peut être tout cela, les connaissances, les compétences, les attitudes, le comportement. L’habileté à se vendre en est une. C’est comme pour un CV et des lettres ou la rédaction d’un rapport de stage. La personne veut l’obtenir mais elle ne doit pas mentir.

      La même chose pour négocier une augmentation de salaire. C’est pas tout le monde qui a les mêmes habiletés de négociation. Des talents exceptionnels eux dans d’autres domaines ont leur agent.

    • Un cours de poésie à l’université ? Mais ce n’est pas déjà subjectif à évaluer la poésie ?

      Pour entrer dans le programme de son choix ? Il n’irait pas en médecine avec cela. Mais s’il a vraiment du talent, tu peux finir par être reconnu.

    • Ah, les niaiseries d’évaluations annuelles. Une vraie perte de temps. À part les gens oeuvrant au sein des ressources humaines, y a-t-il des gens qui croient réellement à ce processus d’évaluation? Même GE qui avait mis en place ces processus il y a 25 ans à tous mis à la poubelle en disant avoir créer un monstre.

    • Je déteste ces évaluations subjectives, cela démontre une paresse intellectuelle de celui qui est supposé évaluer. Trouver des critères objectifs pour produire l’évaluation la plus juste et partiale possible n’est pas une mince affaire. Si une personne n’y arrive pas… il faut conclure, en l’évaluant, qu’elle ne fait pas son travail.

      Pour l’école, si des élèves sont « trop obsédés par les notes », il faut travailler sur le problème, pas édulcorer le problème. Ces élèves deviendront des adultes et si elles veulent progresser dans une carrière (elles peuvent aussi choisir de prioriser autre chose), il y aura d’autres critères d’évaluation que les notes qui deviendront des oppresseurs si la personne n’a pas réglée son problème face à cette réalité de l’évaluation.

    • Je ne crois pas qu’il faille que vous expliquiez à votre fille de ne pas mentir au papa et à la maman. Elle sait déjà qu’elle doit ajuster sa parole à votre écoute, autrement dit, elle ment déjà, comme nous tous. Ce n’est pas si grave. Mentir c’est un peu rêver tout haut. On ment pour ne pas faire de peines, pour se rehausser, pour gagner etc… Les mensonges sont l’huile dans les rouages de la société.
      Que celui qui n’a jamais menti me jette la première pierre.
      Pour ce qui est des évaluations, ce sont des opinions subjectives de la part de l’évaluateur. Peu importe ce qu’il écrit dans son rapport lorsqu’il est négatif, il n’écrira jamais qu’il n’a pas aimé votre odeur, votre regard, la couleur de vos vêtements, vos souliers, votre piercing etc…
      Pour le rapport positif, c’est la même chose, il a aimé votre… et il vous donne un bon rapport. Pour l’auto évaluation, écrivez ce que vous voulez en autant que cela ait l’air raisonnable.
      La vérité est dans l’œil de celui qui regarde. C’est une question de perception.
      Le mensonge mène à tout, même président d’une nation.

    • Suis gestionnaire à la retraite, depuis peu. Ah les fameuses évaluations annuelles! Concours de popularité ou d’efficacité-résultats? J’ai eu des groupes de 30 à 100 personnes. Comment faire pour ne pas se tromper? Un humain qui évalue un autre humain, pas du tout évident… Mes critères étaient élevés, en commençant par moi et pour mon équipe. J’en ai fait une deuxième nature: j’étais toujours en mode évaluation et j’intervenait régulièrement pour pour permettre à l’employé(e) de s’améliorer et devenir une meilleure personne. Ma porte était ouverte pour le dialogue et à l’occasion… des remontrances. Mes employés étaient toujours mis à défi et de trouver des solutions. Jamais “le fouet”! Il n’y a pas de recettes miracles. Essai-erreur… Une science qui s’apprend et se développe sur le terrain… C’était “gagnant-gagnant”: les employés travaillent mieux, dans un environnement sain avec un patron juste et honnête mais ferme.

    • Pour en avoir cotoye plusieurs, les eleves qui tiennent mordicus a la note
      parfaite, sont souvent des victimes de parents qui exigent ces resultats

    • Les notes scolaires: Ayant une excellente mémoire dans mon enfance/adolescence et une rapidité d’esprit pour faire des liens, j’avais d’excellents résultats scolaires aux examens en révisant seulement à la dernière minute. Par contre, j’avais aussi beaucoup de travaux académiques à produire et j’investissais un réel temps à faire les préparer et produire. Les enseignants me disaient souvent que j’avais une belle plume – ce qui jouais indéniablement à mon avantage. Par exemple, certains élèves possédaient bien les notions mais n’arrivaient pas à l’exprimer clairement par écrit. J’ai cheminé dans un programme scolaire axé sur la performance. On nous faisait croire qu’on serait refusé au cégep avec une moyenne générale de 85%, qu’on n’aurait pas d’avenir. À 14 ans, quand je suis partie à la recherche d’une jobine et que j’ai constaté que tous les employeurs me questionnaient sur mes expériences de travail mais aucun sur mes compétences académiques, ma facilité d’apprentissage, etc.. j’ai déchanté (et aussi patiné fort pour me faire valoir puisque ce qui me différenciait des autres dans la vie c’était ces compétences-là!). Au baccalauréat, on a continué à nous induire un souci de performance, le rendement scolaire étant nécessaire pour être admis au 2ième cycle. Toutefois, encore là, tous les employeurs s’en contre-balançaient des notes. Pourquoi accorde-t-on tant d’importance aux résultats dans le fond?

      Les autoévaluations de l’employeur: Je considère que j’ai constamment place à m’améliorer. Certains pourraient dire que je me sous-évalue. Si je me donne 100% aujourd’hui, je ne pourrai plus m’améliorer. Je préfère être plus réaliste, me donner des objectifs à travailler et en évaluer l’évolution.

    • Si vous êtes déjà parfaite, il n’y plus de place à l’amélioration. L’organisation, elle, veut s’améliorer et a besoin de gens qui veulent et savent s’améliorer et capable d’autocritique pour y parvenir. Une personne ne s’aide pas en tentant de faire croire qu’elle n’est que formidable. Tout le monde sait en réalité que ce n’est pas le cas et, qu’en plus, vous vous ignorerez.

      Cela dit, je comprends que les médias sociaux, nous bombardant d’exploits et de gens aux accomplissements extrêmes, pousse les gens à vouloir bâtir une façade formidable… on oubli que derrière plein d’exploits, il y a eu beaucoup d’autocritique pour y parvenir.

    • C’est joli l’auto-évaluation et très humaniste… par ailleurs j’aime toujours savoir si le chirurgien qui va m’opérer a eu une évaluation quelconque ou s’il s’est simplement auto-évalué pour obtenir son diplôme… il en va de même pour mon mécanicien et autres professionnels à qui je confie ma vie parfois…

    • Je ne sais pas si c’est lui l’article d’origine : https://beta.theglobeandmail.com/news/national/education/ontario-high-school-students-to-negotiate-final-grades-in-experiment/article36162866/?ref=http://www.theglobeandmail.com&

      Et ce qu’ils vont faire ce n’est pas du tout clair. C’est important de s’auto-évaluer mais pour ta note au secondaire ?

      Disons qu’elle venait dans notre temps disons de devoirs et travaux notés, de récitations et d’examens.

      Prenons l’université ou le cégep. L’université disons un travail de session en équipe, peut-être des quizz, un examen intra et un examen final.

      Ou encore les examens pour accéder à une profession, ils sont corrigés par des correcteurs.

      Pour l’auto-évaluation ? C’est votre degré de préparation à l’examen. À l’université pas de négociation là non plus sauf pour révision de votre examen et si vous croyez mériter des points qui ne vous ont pas été donnés. Cela oui autant à l’université qu’à l’école secondaire.

      Pour un examen professionnel c’est juste une révision par un autre correcteur.

      Au secondaire, peut-être qu’un enseignant pour un cours nous avait laissé choisir la lettre pour effort et celle pour comportement. Une fois comme un autre pour le billet de félicitations à remplir soi-même.

      Pour l’auto-évaluation ? Votre rapport de stage à un ordre professionnel et signé par l’employeur et le maître de stage, l’employé de l’ordre approuvait. Mais c’est pas une note comme telle.

      Au secondaire, il y a les examens du Ministère c’est corrigé à Québec. Un problème de maths, la personne peut avoir le bon raisonnement mais la mauvaise réponse. Cela prend un barème de correction pour accorder les points.

      C’est plus le qualitatif et comme les lettres que tu peux te juger, t’évaluer. Dans des examens communs c’est toujours par rapport aux autres.

      L’habileté à négocier c’est une aptitude mais ce qu’ils veulent faire n’est pas clair. Ils veulent réduire le par coeur axé juste sur la mémoire et qui ne prouve pas que l’élève a compris.

      Il faut les deux. Les connaissances et les compétences. Cela discute ferme et même rendu à l’élémentaire.

    • “L’effet Dunning-Kruger, ou effet de surconfiance, est un biais cognitif selon lequel les moins qualifiés dans un domaine surestiment leur compétence.”

      En plein le sujet de l’article…

    • mon fils a fait un stage en design dans une université en Allemagne, il y a plusieurs années.
      Deux énormes surprises: l’université est gratuite et il n’y a pas de notes! l’étudiant passe, ayant le minimum requis lors d’une évaluation, ou il ne passe pas. Ainsi, tout le monde a sa chance lorsqu’il veut entrer sur le marché du travail, dès qu’il s’est qualifié. C’est à lui a démontrer son sérieux, ses compétences et sa motivation par la suite…. j’ai toujours trouvé que ça faisait du sens.
      de mon côté, en enseignant à des étudiantes pour une profession, l’auto-évaluation est systématique dans les stages mais n’est pas là pour les cours formels. Ca dépend de ce qu’on veut mesurer et de la façon dont on le fait….ce n’est pas l’expérience de l’Ontario qui est importante, ça va être son analyse et la réflexion sur l’expérience qui le sera… espérons qu’elle se fera avec les élèves!

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    septembre 2017
    L Ma Me J V S D
    « août   oct »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    252627282930  
  • Archives