La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Mercredi 6 septembre 2017 | Mise en ligne à 11h44 | Commenter Commentaires (8)

    Ceci est mon corps

    Tout allait bien, ça devait être la deuxième ou troisième manche, Federer menait. J’ai raté la suite. J’ai dû aller accoucher.

    L’ennui, c’est que j’avais omis de coacher mon homme, oublié de lui dire que quand le moment serait venu d’aller chercher l’infirmière, je compterais sur lui pour qu’il mette de côté sa politesse légendaire et qu’il insiste pour qu’elle arrive et qu’elle arrive vite.

    La douceur appelant la douceur, c’est donc tout doucement que l’infirmière est arrivée, dubitative. Ça ne se pouvait pas que les choses se soient tant accélérées. Lubie de femme enceinte énervée qui n’avait jamais fait cela, accoucher, ai-je lu dans ses yeux. Elle a vérifié et oups, ouais, ça se pouvait. C’est comme ça, sur les chapeaux de roue, que je suis arrivée à la salle d’accouchement où j’ai alors eu l’impression que le monde tournait autour de moi et que personne d’autre que moi n’allait accoucher, cette nuit-là.

    Quelques semaines plus tôt, au même service, une de mes amies a eu moins de chance. La péridurale n’avait pas bien fonctionné, elle avait très mal, mais on lui a clairement indiqué qu’elle était jeune, en forme, qu’elle allait très bien passer au travers et que le personnel – qui avait de sales conditions de travail, lui a-t-on souligné à grands traits – passait vraiment une nuit d’enfer avec plein de parturientes aux cas autrement plus complexes que le sien. Le sous-texte : ce serait apprécié qu’elle fasse cela comme une grande fille.

    En France, la sortie de la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Shiappa contre les «violences obstétricales» a libéré la parole des femmes, écrit ici Le Monde.

    Ça a réagi fort. «Violences obstétricales», comme dans «violences délibérées» ? C’est trop fort et insultant, ont réagi des médecins.

    La ministre s’est aussi emmêlée dans ses chiffres, évoquant un taux d’épisiotomies de 75 % alors qu’il se situe à 27 % environ (après avoir déjà atteint jusqu’à 55 %, quand même) »

    N’empêche, un débat a été lancé et il a notamment donné lieu à cet article du Monde.

    «On m’a dit que je poussais mal, que je ne faisais pas assez d’effort. Ma douleur était niée, j’étais complètement culpabilisée», a témoigné une femme interviewée.

    En France,  est-il aussi écrit, on dénonce de plus en plus «l’absence d’explications et de recueil du consentement des patientes, par exemple pour l’utilisation des forceps ou la pratique d’une épisiotomie ».

    L’article du Monde évoque le cas d’un service en particulier, où le taux de césarienne est passé en quelques années de 24 % à 14 %, et celui d’épisiotomie de 28 % à 3 %.

    Comment y est-on arrivé ? Tous les jeudis matins, peut-on lire, « les soignants de cet hôpital doivent justifier devant l’équipe des actes effectués. Ils recueillent toujours le consentement des patientes».

    Il faut cesser d’infantiliser les femmes, lancent certains professionnels de la santé cités dans l’article.

    Certes, dans le stress et la souffrance de l’accouchement, il peut être difficile pour une femme de prendre des décisions éclairées. Certes, médecins et infirmières ont une expertise médicale que l’on n’a pas.

    Mais parfois, sans doute faut-il leur dire l’importance de communiquer et, au besoin, leur rappeler que bon, ceci est mon corps, docteur…


    • Mon épouse a accouché à St-Luc en 2011 et à l’hôpital de Ste-Agathe-des-Monts cette année. Deux beaux garçon de plus de 10 livres, accouché “à fret”, par choix. La différence d’approche était fascinante. À St-Luc, elle se faisait dire quoi faire, quand le faire et comment le faire. Ils n’ont pas imposé l’épisiotomie, mais ils ont affirmé que le bébé serait né dans les prochaines minutes s’ils pouvaient faire cette intervention. Ma conjointe a accepté et le bébé est né… une heure plus tard.

      À Ste-Agathe (ils ont une certification dont le nom m’échappe) c’était bien différent. Ils travaillaient avec ma conjointe et s’adaptaient. Pour les épisiotomie, ils n’en font pas, ça règle la question !

      Bref, dans les deux hôpitaux le personnel était tout simplement génial, mais avec le recul, une chance que les accouchements se sont fait dans cet ordre et non l’inverse ! Parce qu’entre deux contractions, papa et maman auraient un peu beaucoup “péter une coche”.

    • Selon mes expériences et ma perception: les infirmières veulent éviter par tous les moyens qu’on reçoive l’épidurale. Chaque fois, j’ai eu droit à des soupirs et des yeux au plafond. Tellement que pour mon deuxième, il y a tellement eu de perte de temps que je n’ai pas pu la recevoir.

    • Ma blonde a accouché à la maison des naissances, sous les ospices d’une sage femme. Dans une belle grande chamber où on contrôlait la température nous même. Il y avait un grand lit, un grand bain. Ma blonde a accouché accroupie, la seule chose qu’elles lui ont donné, c’est de l’eau et du miel. Une fois la toute petite sortie, elles lui on remise immédiatement pour la coller au sein et l’allaiter. On a passé le reste de la nuit les trois ensemble, bébé dans son petit couffin à côté de nous, qui étions dans le grand lit. Le lendemain matin, l’aide natale est venue nous porter un bon petit déjeuner et ils nous on montré comment changer une couche et des petites affaires. On est resté j’usqu’après le diner (elles ont meme fait chauffer le dessert un ti peu au micro-onde pour que les brisures de chocolat soient fondues un peu) et on est retourné à la maison vers 15h00 avec bébé, à peine 12 heures après qu’elle soit sortie. Ensuite, la sage-femme venait à la maison faire les suivis, les prises de sang et tout ça, un suivit de 5 semaines. Bref, aucune violence, pas de direction dictatoriale, suivi hors pairs. Vive les sages femmes et les maisons de naissance.

    • Je pensais que l’épisiotomie était maintenant reconnue comme étant une mauvaise pratique ?

      Tiré de wikipedia:

      L’épisiotomie était censée prévenir des déchirures graves du périnée. La recherche montre que non seulement la pratique systématique de l’épisiotomie ne permet pas de réduire les déchirures du 3e ou 4e degré, mais que dans certains cas, le résultat est inverse de celui escompté5.
      De même, on pratiquait l’épisiotomie en espérant diminuer les incontinences urinaires ou fécales. La recherche a démontré qu’il n’en est rien, et qu’elle est même associée à plus d’incontinence fécale dans les 3 mois après l’accouchement.
      La prévention du prolapsus génital par l’épisiotomie n’est pas démontrée, car aucune étude médicale ne porte sur une période de temps assez longue pour le vérifier. On sait juste que la force musculaire du périnée est moindre, trois mois après l’accouchement, chez les femmes ayant subi une épisiotomie.
      Les grands bénéfices espérés de l’épisiotomie sont donc invalidés par les études médicales.

    • J’ai eu la chance d’avoir 2 suivis sage-femme. À mon premier, j’ai accouché en maison de naissance. On était dans notre bulle et j’avais le soutien des sage-femmes. À ma 2e, j’ai dû accoucher à l’hopital car j’ai fait de la pré-éclampsie et ma fille avait un retard de croissance intra-utérin. J’ai eu une belle expérience et on m’a laissé faire mes choix (sauf pour la position d’accouchement). Le médecin est arrivé juste en tant pour attraper ma fille en fait ! J’ai un peu déstabilisé les infirmières qui sont habituées de voir des patientes sous péridurale (ce que je n’ai pas pris) Mais ce que j’ai trouvé le plus dérangeant, c’était que je n’étais qu’un ventre pour l’obstétricienne. Elle m’a vu une fois après l’accouchement et elle a signé ma sortie sans même me revoir. J’avais encore une pression haute et je faisais de l’anémie. Une chance que j’ai eu mes sage-femmes après l’accouchement.

    • Ca ne ressemble pas à un cas “d’infantiliser les femmes”.

      L’équipe médicale diagnose et évalue toujours les situations. Que ce soit femme, homme ou enfant, peu importe la raison à l’hopital.

      Si on accouche à la maison, pas d’épidural.

      Choisir d’accoucher à l’hopital = épidural automatique? je ne vois pas le lien.
      Il y eut la mode de choisir la césarienne, aujourd’hui révolue. On n’accouche par césarienne qu”au besoin. Pas par coquetterie.
      Le médecin décide de la pertinence d’une intervention médicale.

      Mon épouse à accouché à St-Mary’s 3 fois. Aucune drogue, pas d’épidural.
      L’équipe médicale était très présente.
      Je n’ai aucun doute que s’ils avaient jugé une épidurale nécéssaire, c’aurait été administré.

      C’est mon évaluation de la situation en tous cas. Personne n’aime être à l’hopital, et personne n’aime avoir mal.
      En situation de douleur, on perd facilement la boule et prenons des décisions pour que ça arrête de faire mal “maintenant”.
      Pas toujours des bonnes décisions.
      Voilà pourquoi il y a des professionels avec une “tête froide”.

    • @chabanel : Je pense que vous n’avez pas compris ce qu’est la violence obstétricale. Il s’agit d’infantiliser la patiente et poser des gestes contre sa volonté. Je ne parle pas ici de cas où l’enfant et/ou la mère sont en danger, mais bien de gestes médicaux non nécessaire. L’épisiotomie en est un bon exemple. Le médecin peut décider de le faire sans aviser la mère et même lui imposer sous prétexte qu’elle va accoucher plus vite alors que les inconvénients de l’épisiotomie sont démontrés. Une femme qui est en souffrance et qui n’arrive plus à gérer sa douleur va demander la péridurale. Si la péridurale ne fonctionne pas, elle peut se faire répondre qu’elle va devoir gérer ça comme une grande fille. C’est pas vraiment ce qu’on a envie d’entendre! Ne pas expliquer à la mère ce qui se passe et les choix qu’elle a. Même en souffrance, elle demeure la seule responsable de son corps (encore là, dans les cas où personne n’est en danger). Les professionnels de la santé peuvent garder la tête froide tout en respectant la mère. Les sage-femmes le font très bien ainsi que plusieurs médecins et infirmières.

    • Le titre de docteur n’est pas l’exclusivité des médecins. Il s’ obtient en complétant un doctorat. C’est un niveau où la recherche devient intéressante et importante. La prochaine fois que vous irez chez le docteur dite vous que vous n’êtes pas interssante à moins d’être dans un état qui pique sa curiosité.

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