La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Vendredi 17 février 2017 | Mise en ligne à 12h39 | Commenter Commentaires (13)

    Avoir eu un roc pour mère

    Il est souvent question de cette compétition entre femmes et entre mères, de ces jugements qui prennent la forme de pseudo-conseils non demandés et de fausse sollicitude.

    Ce que l’on dit moins, c’est à quel point la vraie comparaison, la comparaison ultime est tout intérieure et sans fin. Dans chaque mère, n’y a-t-il pas un étalon qui nous fait nous mesurer sans cesse à ce que nous avons nous-mêmes reçu, enfants, de notre propre mère ?

    Certaines n’ont pas eu une mère très top. Celles-là ont à tout le moins la consolation de pouvoir faire mieux, tellement mieux. Mais pour elles aussi, il y a comparaison, obsession, même : celle de ne surtout pas répéter les mêmes erreurs.

    Pour toutes les autres qui ont eu un roc pour mère, la lettre d’une femme publiée dans le Washington Post aura une résonnance certaine.

    Dans le souvenir de cette femme, sa mère était la perfection incarnée. Jamais impatiente, toujours aimante, toujours pleine d’énergie.

    En vieillissant, écrit-elle, sa mère est toujours aussi parfaite. Les deux femmes sont très proches.  «Je peux tout te dire, sauf une chose : comme mère, je n’arriverai pas à être aussi bien que toi.»

    «Quand j’étais toute petite, je me souviens que je m’assoyais sur toi après le bain. Tu me fredonnais des chansons que tu inventais. J’étais enveloppée dans ma serviette, enveloppée de ton amour. Moi, quand je sors mes petits du bain, c’est la bataille, la bataille pour les sécher, pour les habiller, pour leur faire brosser leurs dents pendant qu’ils sont tout frétillants et hurlants.»

    «Je suis fatiguée, tellement, tellement fatiguée, tout le temps. […] Je perds patience avec mes enfants qui ont une énergie sans fin et qui ne m’écoutent pas. Quand je m’en plains, tu me dis que j’étais exactement comme cela.»

    À tous ceux qui se préparent à se précipiter sur le clavier pour dire que c’est cela qui arrive quand les mères infââââmes ne se consacrent pas à leur progéniture et travaillent à l’extérieur, stop : la mère parfaite dont il est question avait elle-même un boulot exigeant et des responsabilités à l’extérieur de la maison.

    Peut-être l’auteure de la lettre devrait-elle dire à sa mère à quel point elle se sent tellement moins à la hauteur qu’elle.

    Sans doute apprendra-t-elle que sa mère a elle aussi eu ses mouvements d’impatience et de découragement que sa fille a oubliés.


    • Nous avons souvent tendance à embellir les choses avec le temps, d’ou la mode du nostalgique. Tout était meilleur avant! On se répète cela depuis l’Antiquité.

    • Comme plusieurs de ma génération (boomers) , ma mère a aussi été le roc familial……une «sainte femme» comme on les appelait mais aussi un général……..lol.

    • Par rapport au travail, qu’est-ce qui a changé ? Le temps requis pour s’y rendre parce qu’on reste de plus en plus loin ?

      Par rapport au “maman roc” : On est dans le réel où dans la perception d’un enfant ? Je n’avais AUCUN souvenir de ma mère fâché ou impatiente. Je lui en ai parlé et elle a éclaté de rire en disant que j’avais la plus parfaite des mémoires ;-) !

      Dans un autres ordre d’idées, ça explique bien des chicanes de couple : Les gars se compare a leur papa qui, dans bien des cas, était absent ou peu présent et les filles se comparent a des genre de wonder woman quasi parfaite.

    • Les enfants qui ont des parents que le système légal juge incompétents vous diraient que leurs parents sont parfaits. On a tous des moments où on idéalise nos parents – idéalement, on réussit à leur accorder quelques défauts (peut-être pour nous protéger nous-mêmes?).

      Ceci étant dit, dans les véritables cas de parents parfaits (supposons que c’est possible), je pense qu’il faut garder en tête que nous avons plusieurs rôles/dimensions dans la vie. Je suis une personne, une conjointe, et une mère (et une collègue de travail aussi). Ma mère était une très bonne mère; mais elle ne laissait pas bcp de place à sa propre personne et mes parents me paraissaient davantage vivre en colocation qu’en couple. Donc une mère parfaite, peut-être, mais pas une personne entière parfaite.

      Ceci étant dit, la mémoire joue aussi des tours. J’ai déjà eu 2-3 fessées et je ne m’en souviens même pas. Même mes enfants peuvent me dire d’arrêter de crier après eux alors que je hausse le ton pour leur rappeler de cesser de se tirailler pour se concentrer à mettre leurs bottes; et le lendemain, me dire:«Toi maman, tu ne cries jamais après nous». Je ne peux qu’espérer que mes enfants ne gardent que le meilleur de moi dans leurs souvenirs! ;)

    • Parlez en a Xavier Dolan ça fait au moins 4 films qu’il essaye de s’en débarrasser et on est même pas sur que c’est fini surtout à l’âge qu’il a …….

    • Bon point que les gens soulèvent que la mémoire sélective pour idéaliser des gens/des situations.
      Toujours intéressants ce cerveau.

    • @miket
      Ca peut être une malédiction pour ceux qui ont une mémoire d’éléphant. J’ai des souvenirs très vivides de certaines choses qui remontent à un peu moins 3 ans. Pour certains événements, je me souviens de l’émotion que j’ai vécu à l’époque. Le plus souvent c’est l’incompréhension … “Pourquoi Maman est fâchée ???” . Un enfant ça ne comprend pas tout du premier coup. Je me souviens aussi des moments ou j’ai compris des choses des jours, des mois, des années après !
      Très très intéressant le cerveau !

    • Je ne me suis jamais demandé si j’allais être une moins bonne mère, aussi bonne mère ou meilleure mère que ma mère. Nous nous sommes aimées mutuellement sans conflits majeurs, sans compétition.

      Elle est morte depuis 10 ans. Elle me manque à chaque jour.
      J’ai 2 certitudes dans la vie: ma mère m’a aimée. Mon père m’a aimée.

      J’ai été et je reste une bonne mère pour mes enfants -maintenant jeunes adultes- mais je ressens en retour peu d’élan de leur part envers moi. Ils seront vraiment adultes quand ils se regarderont dans le miroir et se poseront la question: Qu’est-ce que je fais de ma vie ? À ce moment seulement ils auront “tué leur mère” et ils seront libres.

      Tuer sa mère est en psychologie un terme positif et non haineux. Ça veut dire pour moi vivre en adulte et cesser de toujours voir sa mère comme une mère nourricière, justement, mais comme une femme dans son entièreté.

    • Humm je n’ai que votre texte mais cette femme semble trop idéaliser sa mère, elle ne devait pas être la perfection du tout. La fille semble trop perfectionniste, il faut s’accepter telle qu’on est…
      Ses mots ressemblent aussi à une personne en burn out ou en dépression. Bon ce n’est pas la faute de sa mère cela.

    • “Peut-être l’auteure de la lettre devrait-elle dire à sa mère à quel point elle se sent tellement moins à la hauteur qu’elle.”

      Est-ce que l’auteur était fille unique? Ça change la dynamique d’une famille quand il y a plusieurs enfants, de bas âge et rapprochés.

      Je ne crois pas. Elle devrait plutôt prendre des longues vacances seule. Juste le temps que ses enfants s’ennuient d’elle. Laisser la grand-mère les garder et voir si elle capable de garder la tête au-dessus de la mêlée.

      Je trouve souvent qu’on est très sévère envers soi même. On ne devrait pas.

    • Qui veut d’une mère “parfaite”? J’ai toujours crut que la perfection appelait la perfection, ce qui est loin d’être facile à atteindre. J’ai eu une mère aimante qui a fait avec ce qu’elle était et ce qu’elle avait. Je fait la même chose, je ne suis pas parfaite, je suis humaine et je fait de mon mieux pour être une adulte responsable et aimante. J’ai vue bien des familles “parfaites” en apparence, s’écrouler, éclater et des enfants ballotté à tout vent. Je préfère la cohérence à une apparente perfection.

    • Est-il possible d’avoir un lien vers la dite lettre svp?

    • Ma mère n’était pas parfaite, mais exceptionnelle. Son secret était peut-être qu’elle adorait passer du temps avec nous? Dans mes souvenirs, je sens encore le réel plaisir qu’elle avait de jaser, faire des activités avec nous, jouer à des jeux… Quand je pense à tout ce qu’elle a fait pour nous, à sa patience, au don de soi et à l’amour infini qu’elle nous a prodigués, j’éprouve beaucoup de reconnaissance. Je lui en parle souvent, mais j’ai vraiment réalisé à quel point elle est une bonne mère depuis que je suis devenue mère à mon tour. Et ça continue, au fur et à mesure que mes enfants grandissent.

      Je me demande souvent comment elle faisait pour ne jamais crier. Et mon père non plus, ne levait jamais la voix. Et pourtant, on écoutait au doigt et à l’oeil! Peut-être parce que son propre père était violent, et qu’elle a réussi à briser le cycle? Difficile à dire.

      Même si je crois que je n’arriverai jamais à la hauteur de ma mère (moi aussi, je l’idéalise!!!), je chéris les fois ou ma mère m’a confié qu’elle trouvait que j’étais une bonne mère et qu’elle était fière de moi… Évidemment, ma mère m’a aussi donné son avis sur plein d’autres sujets, lol! Le regard des autres, le jugement porté à partir d’un micro-moment de notre vie de parent, j’y porte très peu attention. L’opinion de ma mère, basée sur du long terme, ça c’est important! Qu’elle soit positive ou négative, elle me porte toujours à réfléchir.

      Merci maman.

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