La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Lundi 21 novembre 2016 | Mise en ligne à 10h59 | Commenter Commentaires (22)

    À propos de la violence

    Allez, avouez. Avouez que ce matin, en ce premier matin blanc, quand vous avez vu que votre petit gars ne trouvait pas ses mitaines, qu’il ne voulait pas mettre sa tuque ou que votre fille pestait contre ses pantalons de neige «parce qu’ils sont bleus et que c’est laid, des bretelles», vous avez levé le ton.

    Cela fait-il en sorte que vos enfants sont victimes de violence familiale, selon les barèmes de l’Observatoire des tout-petits ? «Parmi les enfants de 6 mois à 5 ans, 44 % ont déjà fait l’objet, au cours de la même année, d’au moins trois épisodes d’agression psychologique par un adulte à la maison», écrit-on dans La Presse ce matin.

    L’Observatoire inclut dans la catégorie d’agression psychologique le fait «de crier, de hurler après un enfant, de menacer de le placer en famille d’accueil ou de le mettre à la porte, de menacer de le frapper [sans le faire] ou encore de l’humilier en le traitant par exemple de stupide, de paresseux ou de tout autre nom de même nature».

    Menacer de mettre un enfant en famille d’accueil, l’humilier, le traiter de stupide ? À l’évidence, ça, c’est de la violence.

    Mais crier, hurler après un enfant ? Sur le coup, je trouvais que c’était exagéré.

    Puis, j’ai relevé que le fait «de lever le ton», justement, n’était pas inclus dans la liste des gestes d’agression.

    À la réflexion, j’adhère.

    Oui, «crier», «hurler» après un enfant, c’est violent.

    Chez nous, pour le coup des bretelles, ce matin, quand j’y repense, je n’ai pas crié. Je n’ai pas hurlé. Petite n’a pas sursauté. Je ne lui ai pas fait peur.

    Chose certaine, une telle étude a le grand, l’immense mérite, de nous forcer à réfléchir à ces questions, à penser si nos mouvements d’humeur ou d’impatience sont vraiment causés par nos enfants ou, parfois, par une mauvaise journée au bureau…


    • Si crier ou hurler après un enfant une seule fois est considéré de la violence.
      Alors je dirais que le 44% est beaucoup trop faible.

      Madame Leduc, tiens, vous n’avez jamais crié ou hurlez au moins une fois après votre enfant ?

      Je me confesse, il m’est arrivé de dire “HEY!, ARRÊTE” très fort.
      Je rentre donc dans les stats.

      Il y a je crois une grande différence à dire “HEY,ARRÊTE” très fort de temps en temps vs crier/hurler pratiquement à chaque jour.
      Je ne parle même pas de dire des énormités comme :”je vais te placer” ou “je ne t’aime plus” ni la violence psychologique.

    • Dans cette manchette la “violence” comprend la fessée… Si on appliquait les normes d’aujourdhui à mes années 60 c’est sûr que je fais partie de cette moitié, avec en moyenne 2 ou 3 fessées par mois et à l’occasion une claque au visage! (Et tous du même parent)

    • Oui mais bonyenne, est-ce qu’on pourrait en tirer une réflexion autre que celle: il ne faut jamais-jamais-jamais-jamais se tromper, monter le ton plus qu’on le devrait, et faire des erreurs?

      Avez-vous déjà remarqué à quel point l’apprentissage de la vie de parent est aussi complexe que l’apprentissage de la vie tout court pour junior, et que même si on a toujours tenté d’être mature, à l’écoute, posé, et adulte, on va parfois simplement se tromper et gueuler, et qu’en fait c’est notre chance de progresser?

      Je ne parle pas des abus physiques, des abus répétés, des abus systématiques. Je parle de la fois où on a erré parce qu’on en pouvait plus, qu’on ne comprenait plus. De la fois où on a fait l’erreur, plutôt que de la prévenir.

      La vraie question à se poser c’est plutôt: qu’est-ce qu’on a appris de la fois (des fois) où on s’est trompés? Est-ce qu’on a compris de nous-mêmes et de Junior? Ceux qui n’apprennent pas deviennent les abuseurs.

      Les autres, on est obligés de se rendre compte qu’on s’est trompés. Mais on n’est pas obligés de sentir la culpabilité et l’anathème, le besoin artificiel d’être des parents parfaits. Mieux vaut apprendre à vivre avec nos faiblesses que de se faire des lavements du côlon de la conscience à chaque rapport en espérant qu’on est propres-propres-propres.

    • Pour les bretelles, je ne crie pas, parce que je leur demande pour la X ième de ramasser leurs jouets, je hausse le ton. Quand ma fille tombe en crise pour la 5 ième fois de la semaine et qu’elle commence à me lancer des souliers, là j’ai crié, crié de desespoir, de colère, d’impuissance. Tout les enfants ne fonctionne pas pareille, quand je dois immobiliser mon enfant pour ne pas qu’elle se blesse ou nous blesse, je me sens sans ressources et épuisé psychologiquement.

    • Bonjour Mme Leduc

      J’ai beaucoup de respect pour votre travail d’animation du blogue, il est impeccable. Une petite suggestion? Ca prendrait des sujets “positifs” de temps en temps. Je retourne voir les derniers sujets, et ils ont pas mal tous un point en commun….

      Me semble qu’être parent, c’est l’fun 90% du temps, et il me semble qu’on met beaucoup trop d’emphase ici sur le 10%, du moins récemment….

    • De grâce, de criez pas après vos enfants… les profs, les entraineurs, les policiers et finalement les gardiens de prison des Services correctionnels du ministère de la Sécurité Publique vont le faire à votre place.

    • @ Concombre masqué: merci pour votre gentil commentaire constructif. Je prends note. C’est en effet génial d’être parents. Mettez ça sur le compte de novembre :)
      D’ailleurs, amis lecteurs, je suis toujours très ouverte aux suggestions. Si vous avez des idées ou des sujets que vous voudriez voir être traités, n’hésitez jamais à m’envoyer un petit courriel !!

    • Pour mieux comprendre sur quoi l’étude s’est basé.

      http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/sante/environnement-social/violence-familles/violence-familiale-2012.pdf

    • evid
      Avez-vous essayé de donner de l’attention à votre fille quand elle est calme et de l’ignorer quand elle fait une crise?

    • @michelhv

      Vous avez tellement raison. Et si vous suivez ce blogue comme moi depuis longtemps, vous aurez remarqué que tous les parents sont parfaits et que les enfants n’ont aucun défaut …

      Et puis, en passant, il n’y a que 44% des parents qui ont crié pendant une crise de frétillement de bacon à l’épicerie ou au centre commercial ?

    • @menoplz
      Exact. Ne criez pas après les enfants mais responsabilisez-les et éduquez-les un peu. C’est aberrant qu’un enfant qui arrive à la maternelle se soit pas capable de s’habiller tout seul pour aller dehors. Ou que certains ne soient pas capables de s’essuyer les fesses aux toilettes. Ou que certains rient dans la face de l’autorité lorsqu’on les reprend pour une niaiserie. Ils ne se feront jamais crier après si ils font des efforts et sont respectueux des autres.

      @Concombre
      Ce sujet peut devenir positif si les intervenants y mettent un peu du leur. Donnez-nous vos trucs pour ne pas crier après les enfants par exemple.

    • Je me confesse, je ne suis pas comme la maman de Caillou. Je ne suis pas la douceur incarnée. Il m’est arrivée et m’arrive encore de me fâcher après mes enfants, même si ceux-ci sont de grands ados maintenant. J’utilise alors un ton de voix tranchant. Je n’ai crié que très rarement après mes enfants. Pourquoi? Je ne saurais dire… Peut-être parce que le ton de ma voix était déjà assez efficace? ;-) Mais de dire à un enfant que l’on ne l’aime plus, qu’il est stupide ou je ne sais quoi… Je me demande alors qui est le plus enfant: le parent peut-être? La majorité des parents veulent avoir des enfants respectueux. Comment peut-on avoir des enfants respectueux si on prend un malin plaisir à les humilier?

      Mon père, n’a jamais crié après nous. Par contre, il était inflexible et constant dans ses demandes. Nous savions clairement où était la ligne de l’acceptable et de l’inacceptable. Ceci est bien rare avec les parents d’aujourd’hui et je m’inclus dans ce groupe. Ma mère, elle, aimait serrer les bras de ses enfants trop dissipés. C’est drôle mais nous avions tendance à plus écouter mon père…

      Quand un enfant est en crise, ça ne sert à rien de lui expliquer la vie, ni de le taper ou de lui crier après. De toute façon, il criera plus fort que nous. On le prend et on l’isole…

      @concombre…

      Je suis d’accord avec vous. Les vacances de Noël seront dans un mois. Une couple de sujets positifs ou drôles seraient les bienvenus…

    • Tiens… j’ai justement crier hier. Pas juste levé le ton… j’ai crié fort.

      Ce n’était pas la première fois. Ni, fort probablement, la dernière. En fait, j’aimerais bien ça, ne jamais crier. Que mes enfants écoutent du premier coup. Ou même du deuxième, à la limite. Ne pas avoir à punir, ne pas avoir à lever le ton. Éliminer de notre quotidien tous les instants de conflits pour ne garder que le positif et le rose-bonbon.

      Mais je dois mal comprendre ou mal appliquer les beaux concepts de discipline positive parce qu’il y a des moments dans nos vies ou les enfants n’écoutent RIEN. Dans ce temps-là, un bon gros “AYE ÇA VA FAIRE!!!!” ça les fige un peu et ça leur calme le pompom. Et je ne pense pas que ça leur scrappe leur estime de soi sur le long terme.

      Je dis toujours à mes filles, quand elles sont tannantes ou qu’elles se chicanent, que je vais les vendre au marché aux puces. C’est probablement du harcèlement psychologique. Mais elles ne me prennent pas tellement au sérieux. Moi ma mère nous menaçait de nous mettre en canne, mes frères et soeur et moi. Nous non plus on ne la croyait pas. Mais c’est peut-être pour ça que j’ai toujours un peu peur de ma marmite autoclave. ;-)

    • @miket : Ce doit être la raison pourquoi leur critère est de trois épisodes de violence psychologique dans la même année.
      @menoplz : La violence psychologique est aussi condamnée dans ces professions…

    • Faut pas charrier!

      L’humeur, les regrets et les excuses font partie de la vie. Les enfants y ont droit, les parents aussi. Laissons la sainteté à ceux qui aime bien l’autoflagellation!

      Ce qui importe c’est un fond continuel de chaleur et d’amour parmi les rires et sourires, malgré quelques sauts d’humeur bénins.

    • @bloganon : On a tout essayé… Lorsqu’on l’ignore pendant les crises, elle crie encore plus fort et devient plus violente. Le files se touchent à ce moment, il est inutile de lui parler, elle nous crie plus fort pour pas nous écouter. On patiente, on essaie d’être là, je dois souvent l’immobilisé parce qu’elle devient dangereuse pour elle et pour nous. Elle a brisé un miroir lancé des souliers, presque lancé une roche (réflexe de Papa!)

      Ça commence à ce calmer un peu, depuis quelques semaines. Le plus dire c’est le sentiment d’impuissance et de culpabilité. Pis quand un article comme ça sort dans la Presse, ça n’aide pas, donnez-nous des ressources, pas d’autre façon de se culpabiliser.

    • @michelhv: relisez. Hausser le ton, comme vous l’écrivez, je n’y vois pas de problème. Hurler, crier après un enfant ? Non.
      Pas toujours facile de se retenir, j’en conviens, mais c’est nous, l’adulte. Priver d’ordi un enfant pour un jour ou une semaine, ça marche beaucoup mieux, non ?

    • J’ai aussi sursauté quand j’ai lu l’article ce matin. Je me suis demandée si hausser le ton c’était différent de crier. En fait, j’ai eu la réflexion suivante: quand ma perception est que j’ai haussé le ton; qu’elle est celle de mes enfants? Peut-être qu’eux considèrent que je cries.

      C’est très difficile de prendre des articles sur la violence subie par les enfants quand, comme moi, on est bombardé d’information extrême, notamment par le biais de réseaux sociaux. L’autre jour je lisais que mettre son enfant au coin c’était équivalent (en terme de violence, au niveau de ce qui se passe dans le cerveau de l’enfant) à le frapper. L’ignorer en attendant qu’il se calme aussi. Semble-t-il que pour être non-violent, il faut rester aux côtés de l’enfant et lui flatter le dos jusqu’à ce qu’il ait retrouvé son calme. C’est une belle intervention, mais il y a de ces journées où j’ai besoin moi aussi de retrouver mon calme et je ne peux le faire en restant auprès de mon bambin qui fait sa crise… J’ai aussi lu à quelque part qu’utiliser le mot «non» c’est violent. Non = lancer une bombe sur son enfant (plusieurs auraient tendance à dire que non = recevoir une bombe de la part de son enfant mais bon…). Ce qui me frappe aussi, c’est le nombre d’articles/lectures concernant les touts-petits (0-5 ans) mais dont la majeure partie des interventions et les exemples concernent des enfants de 7 ans et plus (c’est bien beau, mais le 5 ans et moins n’a pas les mêmes capacités cognitives, ni la même autonomie!)

      Et ce qui me rend continuellement perplexe, c’est que je pense que j’ai une bonne moyenne en général. J’interviens beaucoup en fonction de l’enfant devant moi (de ses capacités, de ses besoins, de ce que je décode de son action en considérant le contexte, son tempérament, etc.). D’un autre côté, je croise souvent des groupes de service de garde (autant des milieux familiaux que des installations; subventionnés ou non) et j’y vois régulièrement des interventions discutables (des punitions dans le coin pour plus de 30 minutes; des poupons qu’on laisse pleurer; des bambins heureux qui veulent un câlin mais qu’on repousse, etc). On me répète sans cesse (médecin, infirmière, école, société) que la garderie est meilleure pour le développement des enfants, que les éducatrices sont formées, elles, pour offrir une saine discipline, etc… Je remarquais l’autre jour que de nombreux bambins, lorsqu’ils jouent à la poupée, la sermonnent et la chicanent et les parents disent: «Elle imite l’éducatrice de la garderie»; alors que la mienne, à ses poupées, elle leur fait des câlins, leur donne à manger, les berce, joue avec elles, etc.. Et ça m’a troublée: en soit, c’est un bon exutoire que de crier après sa poupée. Si ma fille ne le fait pas, c’est parce qu’elle n’en a pas besoin ou parce qu’elle ne sait pas qu’elle a le droit de le faire (d’exprimer ses émotions)? Ne vous en faites pas! Dans quelques mois, elle va commencer la garderie, sans doute deviendra-t-elle enfin «normale»…

    • @evid: je compatis. Certains enfants sont en effet vraiment difficiles. J’espère que vous avez de l’aide.

    • Grand amateur de cruauté mentale (ou “deuxième stâge de l’élevâge” comme disait Yvon Deschamps), mon paternel aimait bien me régaler de ses envolées lyriques et savamment élogieuses. Parmi ses Greatest Hits: “Je vais faire tuer ton chien” et “J’appelle ton directeur pour qu’il te sacre une volée”. Ça ne semble pas tomber dans les catégories de l’Observatoire des tout-petits. Dommage!

    • @censure
      Mon message est très positif pourtant ???

    • Vive les enfants qui ont des parents humains et non pas des parents-robots-programmés-à-toujours-bien agir. Ces enfants ont et auront le droit d’être, eux aussi, des Humains et non pas des enfants-robots-programmés-à-toujours-bien-agir.

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