La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Mardi 12 août 2014 | Mise en ligne à 9h00 | Commenter Commentaires (46)

    Ces sujets délicats…

    Comment faire pour parler du nombre élevé d’avortements après qu’une trisomie ait été dépistée sans être taxée (pour les mêmes reportages) d’être une journaliste pro-vie ou pro-choix?

    En signant des reportages sur le sujet au début de l’été, j’ai interviewé des gens représentant tous les cas de figure : des couples qui ont opté pour l’avortement, des proches rappelant la difficulté de s’occuper pendant toute une vie de son enfant né avec une trisomie, des parents disant au contraire être blessés de voir tant de gens opter pour l’avortement.

    Le sujet est délicat au possible, très difficile à traiter. En France, trois chaînes de télévision viennent d’ailleurs de se faire rappeler à l’ordre par l’équivalent de notre CRTC pour avoir mis en ondes des publicités intitulées «Chère future maman». S’adressant aux femmes enceintes en plein dilemme, des enfants trisomiques racontent tout ce qu’ils sont capables de faire : donner des câlins, aller à l’école, apprendre à écrire, voyager, travailler (ce qui, fait à noter ici, dépend beaucoup du degré de l’atteinte).

    Le Conseil supérieur de l’audiovisuel donne raison à ses nombreux plaignants, disant que la diffusion du message aurait eu intérêt à être «mieux encadrée et contextualisée».

    Les réactions très fortes à cette prise de position – entre autres du Parti chrétien-démocrate – ont amené le Conseil supérieur de l’audiovisuel à publier un deuxième communiqué, cette fois pour dire qu’il «ne cesse de soutenir toute initiative de lutte contre la stigmatisation des personnes handicapées et en faveur de leur insertion dans la société». «Cependant, le Conseil a observé au vu de plaintes que, pour autant, ce message était susceptible de troubler en conscience des femmes qui, dans le respect de la loi, avaient fait des choix de vie différents.»

    Tout est dans la nuance…


    • La décision d’avorter ou pas est en effet très délicate et surtout, très personnelle. Les raisons de garder l’enfant qui, comme vous le mentionnez, peut arriver à accomplir tout plein de choses selon le degré de trisomie, sont tout aussi valables que la décision d’avorter pour lui éviter une vie de moqueries et de difficultés, le monde étant ce qu’il est. Certains aussi ne se reconnaissent pas la force d’être à la hauteur de ce défi.

      Il faut avoir un handicapé sévère de naissance dans son entourage immédiat pour comprendre le dilemme des parents. Une vie de chirurgies et de rééducation, de difficultés fonctionnelles, je comprends certains de ne pas vouloir imposer cela à un enfant et je comprends les autres qui y puisent une grande richesse.

      Les raisons des uns sont aussi valables que celles des autres.

    • Donc, on peut se faire avorter parceque on ne se sent pas prêts, parce que l’on a pas les moyens financiers ou simplement parceque l’on ne désire simplement pas d’enfants et on a négligé de se protéger mais si on avorte parce que l’on ne veut pas s’occuper d’un enfant lourdement handicapé (les trisomiques ont souvent des problèmes de santé graves, en plus du retard cognitif), c’est mal?
      Et pourquoi on ne parle pas des enfants qui auront la chance de voir le jour parce que leurs parents n’en avaient pas déjà plein les mains avec un enfant trisomique?

    • C’est toujours plus facile de blâmer ces mères qui décident de se faire avorter quand ce n’est pas à nous de choisir si oui ou non on veut s’occuper d’un enfant pour le restant de nos jours et même plus car même après notre décès l’enfant aura besoin d’être encadré.

      Vivre et laissez-vivre.

    • À mon humble avis, cette décision revient au couple, car les conséquences de mettre au monde un enfant trisomique affectera leur vie pour très longtemps.

      Si le couple ne se sent pas prêt à affronter les difficultés reliées à cette condition, il est mieux de recourir à l’avortement.

    • ..ce message était susceptible de troubler en conscience des femmes qui, dans le respect de la loi, avaient fait des choix de vie différents.»

      Point barre !
      L’avortement est légal.
      Gardez les sermons pour l’église.

    • @loubia – “…la décision d’avorter pour lui éviter une vie de moqueries et de difficultés…”

      Ben la, personne n’aurait d’enfants si les raisons que vous evoquez etaient valables.

      Soyons franc, l’avortement est une decision egoiste. Qu’on cesse de pretendre que c’est dans “l’interet” de l’enfant a venir. L’adoption n’est jamais prise en consideration lorsqu’on parle d’avortement.

      Life unworthy of life
      http://www.youtube.com/watch?v=1HOcbkSiKUc

    • Bonjour,

      Mon ais. Je crois que la décision revient ESSENTIELLEMENT À LA MÈRE ce n’est pas une decision de couple. C’est à elle de choisir mais juste après la question :

      Est-ce que je poursuit cette grossesse?

      l’autre question devrait être:

      QUI s’en occupera après moi?

      Vous connaissez l’oeuvre de M. Maurice Tanguay? Je me souviens d’une année où tous les dons amassés (maison Tangauy) avaient servis à venir en aide à une femme qui avait adopté au delà d’une dizaines d’enfants handicapés (son nom ne me revient pas). TOUS ces enfants avaient des papas et des mamans, mais ces parents étaient totalement dépassés par la tâche et ils s’étaient résignés à placer leur enfant.

      Si dans votre entourage une maman a décidé de poursuivre sa grossesse le mieux serait de l’emmenée visité cette famille (ah si je pouvais retrouver son nom…) pour qu’au moins elle ait une idée de ce qui l’attends.

      Enfin – pour ceux qui sont là – notre devoir en tant qu’humain est d’en prendre soin et quand cela est possible de les intégrer aux travailleurs dans toutes les entreprises.

    • C’est une question qui touche ce qui est sensible à la culpabilité Certaines femmes ont la capacité morale et mentale de bien fonctionner par la suite. Plus nombreuses sont celles qui éprouvent beaucoup de difficultés en sont incapables et ce, jusqu’à leur dernier souffle.

      Si donner la vie à un enfant est le plus beau geste du monde, celui de tout détruire reste indescriptible. Chacune vit “l’expérience” selon le degré de sa vulnérabilité devant de tels évènements.

    • Une enquête a révélé que la quasi totalité des enfants trisomiques sont heureux de leur vie. Ce n’est donc pas pour leur bien ou pour leur éviter des souffrances qu’on les avorte, c’est une excuse trop facile. Et avorter un enfant pour éviter à la famille un poids est apprendre à nos enfants à se débarrasser des personnes qui ont besoin d’aide… Ce n’est pas le meilleur apprentissage de l’amour à donner à nos enfants…

    • Bien dit, Loubia…

    • @missivedutexas

      Oui c’est une décision égoiste, en effet et alors? Je dirais qu’une vie est remplie de décision égoistes et il n’y a rien de mal. Si une décision égoiste est quelque chose de mal, chaque personne devrait donner l’ensemble de ses revenus non dépensé pour sa stricte survie a la communauté. Et encore, sa propre survie est égoiste non?

      Se faire avorter est aussi un acte altruiste car ce geste réduit énormément son empreinte écologique. Donc un acte altruiste? Pas vraiment non plus.

      Le choix de se faire avorter ou non est une décision personnelle ou les raisons qui justifient ce choix sont complexes et tres différentes tout dépendant de la personne.

    • “Une enquête a révélé que la quasi totalité
      des enfants trisomiques sont heureux de leur vie.”

      Comme disent les anglophones: Ignorance is bliss!

      Ce qu’on pourrait traduire par: ce qu’on ne sait pas ne fait pas mal…

      @ vlr…

      La plupart des études sur le sujet démontrent que le sentiment le plus fréquent
      pour une femme ayant eu recours à un IVG en est un de soulagement.

      Déclaration de l’Association américaine des psychologues: “L’évidence de fait est que l’interruption légale d’une grossesse non désirée ne comporte aucun risque psychique pour la plupart des femmes, surtout quand elle est effectuée pendant le premier trimestre. Au contraire, les études scientifiques arrivent à leur grande majorité à la conclusion que le libre choix et la décision autonome de la femme dans des situations critiques de sa vie favorisent sa santé psychique.”

      Et si vous croyez qu’une IVG peut entraîner des séquelles psychologiques importantes chez une femme, comment pensez-vous qu’elle va se sentir après avoir été obligée de porter et mettre au monde un bébé dont elle ne voulait pas??

      La très grande majorité des femmes qui ont recours à l’avortement expriment surtout un sentiment de soulagement et même celles qui disent que la décision a été difficile à prendre affirment tout de même que c’était la bonne chose à faire (the right thing to do).

      Il est vrai que plusieurs femmes ont des sentiments de tristesse et de regret et que certaines d’entre elles peuvent se sentir coupables d’avoir choisi de terminer leur grossesse mais les études sérieuses sur le sujet confirment que le facteur majeur pour prédire un risque de problème de santé mentale suite à un avortement en est un qui existait déjà AVANT la grossesse et qui serait la plupart du temps lié à des abus sexuels et la violence, la pauvreté et le manque d’éducation. Les campagnes médiatiques très agressives comparant l’avortement à un meurtre n’aident certainement pas non plus!!

      La décision de se faire avorter est certainement une source de stress importante, plus encore dans un contexte de pauvreté, de solitude, d’abandonnement, de santé précaire physique et/ou mentale… Il reste que la seule alternative à l’avortement est… de porter et de mettre au monde un enfant! Une proposition bien plus stressante encore. Beaucoup de femmes développent des problèmes de santé mentale après un accouchement et personne ne parle d’interdire les grossesses!

    • “L’adoption n’est jamais prise en consideration lorsqu’on parle d’avortement.”

      Heu…

      Possiblement parce que mener une grossesse à terme n’est pas une sinécure
      et qu’accoucher n’est pas comme se faire enlever les amygdales!

      Porter un enfant pendant neuf mois et le donner en adoption deux jours après l’accouchement… Y’a rien là pour une femme!

      Chaque enfant(potentiel) doit être désiré
      et chaque (future) mère doit être consentante.

    • Ne le prenez pas mal mais laisser tout le monde pouvoir procréer c’est aller à l’encontre de l’animal en nous. En effet, peu de mammifères laissent les moins forts procréer. Ce sont les alpha en général qui ont préséance. L’Homme sème a tout vent et on ne s’autorégule plus. Avorter, c’est faire le choix de ne pas appauvrir l’espèce. Certains se croient supérieurs à l’animal et ne veulent surtout pas faire comme eux.
      A la limite, c’est égoïste de vouloir accoucher d’une enfant qui n’aura les mêmes chances que les autres de vivre. Similairement à ce que dit Loubia, chacun son choix.

    • jean-leon

      12 août 2014
      11h34

      “Une enquête a révélé que la quasi totalité des enfants trisomiques sont heureux de leur vie. ”

      Vous avez un lien vers cette fameuse enquête ?

      Pour donner le bon exemple à vos enfants sur l’amour… vous faites quoi ?

    • Remarquez que je ne dis pas que les femmes qui décident d’avorter le font pour l’espèce. Elles le font pour elles et pour l’enfant (c’est plate à dire comme ça). Mais peut-être que l’instinct animal joue dans la décision. Le cerveau limbique pour ceux qui croient aux trois phases du cerveau.

    • Dois-je conclure que vous etes en faveur de l’eugenisme puisque vous eliminez les contributions qui vous deplaisent? Desolant.

    • @ missive ~

      Ce qui est bien dans le libre-choix individuel, c’est que chaque femme
      peut décider (suite à un test génétique positif) de garder ou non un foetus
      qu’elle sait atteint d’une maladie génétique sérieuse…

      Si vous voulez appeler ça de l’eugénisme… libre à vous!

      D’ailleurs, c’est toujours plus facile de se désoler quand on n’est pas impliqué!!

      Ce n’est d’ailleurs pas votre problème mais le sien!

    • Moi je ne le ferais pas. Par égoïsme vous dites? Pas entièrement, mais certainement oui. Vous voyez, sortir un individu avec de mauvais gênes de la population, même si ce syndrôme n’est que très peu héréditaire, n’est pas un mal en soi. Le foetus ne souffre pas de sa future non existence.

      Revenons à l’égoïsme. Je le ferais pour moi parce que je ne me sens pas capable de pouvoir offrir toutes les ressources à un enfant trisomique sans ruiner ma propre qualité de vie. Oui, l’enfant peut être heureux, mais si c’est au détriment des autres? Il va être mis dans une classe” normale” et probablement faire perdre le temps aux autres, comme ça m’est arrivé. Il va devenir adulte et dépendamment de ses capacités intellectuelles, pourrait être un fardeau ou simplement un enfant avec un retard, dans les deux cas, il sera beaucoup plus dépendant des parents.

      Comme d’autres l’ont mentionné, que devient l’enfant (devenu adulte) quand les parents ne sont plus capables de s’en occuper?

      Bref, on crée un problème pour la société donc on pourrait aussi dire que ceux qui décident de le garder le font par égoïsme, incapables de faire un choix déchirant tout en ayant la possibilité de refiler le problème aux autres dans le futur si ça ne fonctionne pas. Pire encore sont ceux qui le font parce qu’ils pensent mériter leur place au paradis en ne faisant pas d’avortement.

      Personnellement, je ne juge pas les gens peu importe la décision qu’ils ont prise parce que je sais que ça doit être difficile. N’oubliez pas que vous avez probablement la chance de faire un autre enfant si ça ne fonctionne pas.

    • missivedutexas

      12 août 2014
      14h23

      Vous êtes le roi des amalgames.

      Votre contribution à ce débat n’est que pure fadaise.

    • Si je ne me trompe pas, les femelles Kangourou peuvent avorter leur foetus si elle détecte une anomalie.

      La femelle tatou, elle peut stopper la gestation en période de famine et la redémarrer plus tard.

      Faut croire que les animaux sont plus intelligent que nous. ;)

    • Pantaleon_Madore

      12 août 2014
      15h01

      Vous êtes plus diplomate que moi.
      Merci !

    • @gofrankiego

      C’est la maison répit Maurice Tanguay tout simplement.

      Ceci dit, la décision est vraiment du cas par cas: l’âge des parents, son entourage, l’ordre dans la fratrie, la stabilité psychologique du père, de la mère, du couple…

      Une personne dans mon entourage a un enfant différent. La différence, génétique, a été détectée vers l’âge de 2 ans. Comme cette personne disait, elle adore son fils et est désireuse de lui donner tout ce qui est possible de lui donner, elle ne peut imaginer sa vie sans lui. Mais pour le 2ème enfant, elle a passé un test de dépistage. Parce qu’en vieillissant les choses deviendront beaucoup plus difficile pour les parents ET pour l’enfant. Et surtout que son fils ne sera jamais autonome. Au plus du plus mais fort improbable, il pourra vivre dans un foyer de groupe à l’âge adulte. Mais elle est bien consciente que probablement son fils lui survivra et qu’il faudra bien quelqu’un pour BIEN s’occuper de lui. C’est le bien qui sera difficile à trouver…

      Vraiment grosse décision…

    • Le sujet n’est pas délicat… Ou s’il l’est devenu, c’est seulement que l’humain chez-nous est à la dérive. Éloigné est-il de la source de tout amour, il n’arrive plus à aimer que lui-même… que penser à lui-même devrais-je écrire.
      Les enfants et les vieux en sont les premières victimes…
      Je côtoie une famille de 16 enfants, dont le dernier est une petite fille trisomique… que personne ne voudrait voir disparaître.

    • Au sujet de la vidéo “CHÈRE FUTURE MAMAN” qui est très bien fait, soit dit en passant, suite aux réticences du CSA français pour sa diffusion, le philosophe Fabrice Hadjaj répond… Je vous laisse le lire… C’est clair et rempli de bon sens!

      “Le grand rabbin Abraham Karelitz se levait et se découvrait chaque fois qu’il voyait une personne atteinte de trisomie 21.
      — Pourquoi lui accordez-vous des honneurs que vous refusez aux grands de ce monde ? lui demandait-on.
      — Parce que, répondait-il, si Dieu ne lui a pas donné une capacité aussi grande d’étudier la Torah, c’est qu’elle est déjà plus parfaite et plus avancée que moi sur le chemin de la sainteté.
      Nous avons oublié cette leçon. Nous traitons les enfants trisomiques avec la même bonté qu’on traitait les Juifs naguère, jugés comme des parasites et des Untermenschen. Nous les traquons, les dépistons, les exterminons. Cela se voit moins, parce que la chambre de mort est le ventre d’une pauvre mère consentante, embrigadée par le culte de la performance. Que voulez-vous ? Son petit n’aurait eu que la joie de vivre, et non l’orgueil de réussir. Il aurait été seulement humain, et non pas grand requin de la finance. Il ne serait pas allé à la Haute Ecole de Commerce ni à Polytechnique, il aurait juste ri, pleuré, joué, bousculé les convenances, sauté dans les bras des inconnus, posé des questions déconcertantes, métaphysiques… Il aurait même prié avec un cœur simple, ce qui est affreux, car il faut avoir le cœur dur et piétiner ses concurrents.
      — Allons, cessez votre ironie, il aurait été malheureux, il aurait souffert !
      — Vous croyez donc qu’il aurait plus souffert que n’importe quel bien portant, à un moment ou à un autre, et surtout vers la fin ? Vous pensez qu’il aurait été plus malheureux que tous ces tristes maîtres du monde qui se sont raffinés dans le mensonge, font des détournements de fonds et des orgies de viagra ?
      — Mais ce n’aurait pas été un enfant comme les autres.
      — Ç’aurait été un enfant plus que les autres. Parce qu’il portait en lui l’enfance éternelle. Oui, éliminer un petit trisomique, c’est être infanticide deux fois.
      Un bouleversant message intitulé Dear future mom (5 millions de vues sur Youtube), et diffusé sur TF1, Canal+, M6, etc. présente des jeunes trisomiques qui s’adressent à une mère qui pourrait porter l’un d’entre eux, et lui confient qu’ils vivent une vraie vie, avec ses détresses et ses bonheurs… Mais ce message n’a pas plu au big boss de Big Brother, j’ai nommé Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Il a déclaré ce 25 juillet que, pour un « message d’intérêt général », celui-ci risquait de « ne pas susciter une adhésion spontanée et consensuelle ». Je croyais ce type d’adhésion réservé aux bêtes, qui agissent par instinct. Mais non, elle doit être celle des bisomiques téléspectateurs, qui se croient néanmoins supérieurs à leurs frères trisomiques.”

      Source : L’Echo Magazine de Genève (06/08/2014)

    • @nemo

      Si notre société aimait les enfants, si pour nous l’être humain revêtait encore une véritable dignité, tout serait bien plus simple, et tout ne reposerait pas uniquement sur les épaules des parents. Les trisomiques sont une richesse pour toute la société… Si seulement on voulait vivre avec eux… et les regarder autrement qu’avec des lunettes teintées du signe de piastre et de la performance.

    • Andybiss

      Beau texte plein d’amour et de cœur. Sensible. Je ne fais pas d’ironie, croyez-moi. Le commentaire se tient en tous points.

      Puis-je maintenant vous parle d’une femme proche de moi? Son 3e enfant, un garçon, était une petite victime de la thalidomide. Malformation sévère du système reproducteur donc excréteur par la même occasion. Risques d’infection perpétuels. 17 grosses chirurgies en autant d’années. Les couches pour un bébé naissant, ça va, mais à 10 ans, avant que les Attends ne soient commercialisées, c’était toute une affaire de faire en sorte que les couches de coton ne paraissent pas trop et surtout, que ça ne sente pas. ET DE LAVER ÇA JOUR APRÈS JOUR. Pas de laveuses automatiques dans le temps…

      L’enfant a eu des remarques pour ses “grosses fesses” en plus de passer des années de sa vie à l’hôpital, à pleurer quand sa mère qui allait le voir à tous les jours devait retourner à la maison s’occuper de ses deux autres enfants, de sa maison et de son mari. CHAQUE FOIS il devait réapprendre à marcher, manquer l’école, jouer la comédie pour ses amis, faire attention aux infections terriblement faciles à attraper pour lui.

      Quand il était tout petit bébé, la médecine avait décrété qu’il n’était pas viable et avait abandonné les soins. La mère a pris sur elle de réchapper cet enfant si faible qu’elle le nourrissait au compte-gouttes, réchauffant son lait encore et encore. Elle a piqué des colères noires pour que les médecins s’en occupent. Elle s’est épuisée pendant 10 ans à se donner jour et nuit pour cet enfant.

      Elle est morte à 39 ans. L’autopsie a révélé qu’elle était usée comme une très vieille femme. Lui vit maintenant à l’autre bout du pays. Il est un criminel recherché par ses anciens potes qu’il a floués.

      Je veux juste par ce témoignage vous monter qu’il y a deux côtés à une médaille. Oui, il y a de ces handicapés productifs, adorables, heureux de vivre, de vrais bonheurs pour leur entourage.

      Il y a aussi de ces créatures profondément malheureuses qui gâchent leur vie et celles de leur entourage.

      Cette femme m’a inculqué le plus profond respect pour tous les handicapés quel que soit le handicap. Elle disait que ces êtres étaient profondément aimés de Dieu et je la croyais. Je plains celui qui s’attaquerait ou qui se moquerait d’un handicapé devant moi.

      J’aurais juste aimé la garder un peu plus longtemps….

      S’il vous plait, ne culpabilisez pas les gens qui font un choix déchirant. J’ai pas loin encore, une autre petite maman qui a interrompu la grossesse d’un bébé trisomique, et elle pleure depuis l’été dernier. Elle n’a pas fait ça de gaieté de cœur, elle a voulu le mieux, le vrai mieux pour le petit ange et pour ELLE c’était ça, le mieux.

      Parce que le texte du rabbin est très émouvant, mais la vraie vie, c’est pas ça.

    • @gl000001 – Ça aurait été une bonne journée pour que vous ne participiez pas. Vos commentaires ne s’approchent même pas de la profondeur de ceux de loubia.
      Merci, loubia, pour des commentaires pleins de bon sens.

      Ce ne sont pas TOUS les trisomiques qui peuvent vivre bien et se dire heureux, car on sait qu’il y a divers degrés à ce handicap-maladie-whatever. Le choix revient UNIQUEMENT aux mères. On sait bien que nombreux sont les cas où mère et enfant “différent” seront abandonnés par le père, et donc les difficultés côté ressources d’aide et ressources financières seront vécues par mère et enfant(s) seulement. En matière d’avortement, seule la mère doit avoir voix au chapitre.

    • C’est bizarre. Si les familles d’aujourd’hui avaient une pléiade d’enfants, la question d’avorter ou non dans le cas d’un test génétique positif serait d’une grande complexité qui, bien sûr, dépendrait énormément des croyances personnelles. Par contre, dans notre société, les familles prennent souvent la décision consciente d’avoir un certain nombre d’enfants (souvent assez peu). En ce sens, le fait d’avoir un enfant handicapé enlève l’opportunité à un enfant sain de venir au monde. Il me semble donc relativement logique de privilégier un enfant ‘normal’ à un enfant handicapé.

    • q.terreux

      12 août 2014
      13h55

      Voici l’article sur l’étude mentionnant que la quasi totalité des enfants trisomiques sont heureux : http://www.genethique.org/fr/99-des-personnes-porteuses-de-trisomie-21-se-declarent-heureuses-de-leur-vie-61476.html#.U-rOCPl5OoM

      Donc, une chose est sûre, quand on les avorte, ce n’est certainement pas pour leur bien…

      Pour ce qui est de ma famille, la première preuve d’amour que j’ai donné à mes enfants, c’est de les avoir gardé en vie, malgré la suggestion à deux reprises du gynécologue de penser à l’avortement. Nous aimons nos enfants, qui sont en santé, et nous les aurions aimé aussi s’ils ne l’avaient pas été.

    • @jolico
      Le titre du billet est “Ces sujets délicats”. C’est dommage que ça soit trop délicat pour vous. Mon commentaire est très différent de celui de Loubia. Dommage que vous ne l’ayez pas compris.

    • Le problème est le projet d’avoir un enfant. Quand c’est un projet, il y a un prix et quand il y a un prix, tu magasines et quand tu magasines, tu n’achètes pas de la marchandise défectueuse. Délicatement vôtre.

    • @ q.terreux ~

      Le lien donné par jean-leon renvoit à un article traduit à partir d’un site
      américain pro-vie (Lifenews.com) farouchement opposé à l’avortement.

      Voici le lien pour accéder directement à la recherche en question:

      http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3740159/

      Il est intéressant de lire la liste des limitations de cette étude
      donnée par les chercheurs eux-mêmes et qui figure à la fin.

      Plus intéressant encore à noter est le fait que les chercheurs ont invité
      4924 familles à participer à cette recherche sous forme de questionnaires…

      319 seulement ont répondu à l’invitation et sur ce nombre,
      23 l’ont fait pour dire qu’ils ne voulaient pas participer au projet!

      Ça laisse donc un échantillon de 284 sujets âgés de 12 ans et plus
      sur lesquels cette étude est basée.

      Je peux me tromper mais cette étude ne semble pas non plus donner
      des précisions sur la sévérité de la maladie chez les sujets qui ont répondu…

    • Eh bien, j’aurai tout lu! Gl qui nous parle de gene pool.

    • @Pantaleon_Madore et q.terreux, 284 sujets ont répondu avec pour résultats :
      99% des personnes porteuses de trisomie 21 sont heureuses de leur vie.
      97% des personnes porteuses de trisomie 21 aiment ce qu’ils sont devenus.
      99% des parents affirment aimer leur enfant porteur de trisomie 21.
      5% des parents se sentent embarrassés par leur enfant.
      97% des frères et sœurs, âgés entre 9 et 11 ans, affirment aimer leur frère ou leur sœur porteur de trisomie 21.

      C’est une bonne moyenne, non?

    • Que certaine personne ont le jugement facile.

      Il y a celui ou celle qui s’imagine être le meilleur parent du monde et qui ne s’implique dans ce genre de discussion que pour se convaincre qu’ils sont “too much” et oh combien mieux que les autres. Ils se foutent du sort de l’enfant, des parents, des victimes, l’important, c’est qu’ils se convainquent qu’ils sont exceptionnels, bien mieux que la personne fautive.

      Ou le mâle sans utérus qui sermonne les choix moraux des femmes enceintes, à grand coup d’études bidons faites par d’autres mâles sans utérus.

      Je ne vais pas entrer dans le détail, mais ma conjointe et moi venons de vivre cette situation. Celui de devoir choisir à propos d’un enfant trisomique. Il y a une multitude de raisons qui poussent un couple à devoir faire un choix. Elles ne se limitent pas à une question d’amour ou des raisons avancées par certains.

      Le cœur dit oui, mais la raison dit non. C’est avec ce dilemme que la majorité des personnes ont à composer. Pas grand monde pense deux minutes aux femmes qui font ce choix. C’est comme-ci que de choisir l’avortement fait en sorte que sa conscience est claire. que le regret, la tristesse et le remord ne sont pas aux rendez-vous.

    • @GG FOLamour
      Rien d’autre à dire ? Hors-sujet comme d’habitude ?

    • oufff on en lit de toutes sortes ici… incroyable

      @gofrankiego

      “Je crois que la décision revient ESSENTIELLEMENT À LA MÈRE ce n’est pas une decision de couple. C’est à elle de choisir”

      eeeeeeeee j’espere que c’est une blague votre commentaire!! comme ca le père n’a pas droit de participer àa la décision… ce futur enfant a 2 parents.. vraiment je n’en reviens pas

    • “C’est une bonne moyenne, non?”

      Absolument! Digne d’une élection présidentielle en Corée du Nord…

      Les gens qui acceptent de répondre aux questionnaires de ce genre d’études
      pour le moins subjectives ne le font habituellement pas pour se plaindre de leur sort!

      Il aurait été intéressant de lire à propos des sentiments
      des 4 600+ familles qui n’ont pas voulu participer à l’exercice…

      Surtout en ce qui concerne les cas les plus lourds!

    • Pantaleon_Madore, et bien sûr vous, vous n’avez aucune étude, uniquement vos préjugés que vous assénez comme une vérité indiscutable, même si elle contredit les seules études disponibles en ce moment…

    • Encourager l’eugénisme n’est jamais le bon choix. Aux États-Unis, des futurs parents d’un enfant à naître trisomique ont fait un appel à l’aide pour adopter l’enfant car ils ne se sentaient pas la force de s’en occuper. Ils ont reçu plus d’un millier d’offres d’adoption… Ça, c’est la solution humaine. Et pour ceux qui ont fait l’erreur d’avorter un trisomique, ne vous jugez pas vous-mêmes et demander de l’aide pour vous pardonner. Vous pourrez un jour venir en aide à d’autres parents…

    • @loubia

      Salut,

      Merci d’avoir répondu à ce que j’ai écrit. Ton commentaire vaut bien une réponse à son tour… alors fais-moi signe si tu reviens sur le blog, je te répondrai.

    • jean-leon

      13 août 2014
      18h20

      Quand je parlais des sermons….. :0

    • “eeeeeeeee j’espere que c’est une blague votre commentaire!! comme ca le père n’a pas droit de participer àa la décision… ce futur enfant a 2 parents.. vraiment je n’en reviens pas”

      Tout dépend…

      Dans le cas d’un diagnostic de trisomie, on doit assumer que l’enfant était voulu et que la décision d’interrompre – ou non! – la grossesse sera prise par le couple.

      Dans le cas d’une femme qui tombe enceinte et qui ne désire pas poursuivre sa grossesse, le géniteur n’a pas vraiment voix au chapitre…

      Peut-être qu’un jour, les hommes pourront porter un foetus dans leur ventre
      mais en attendant, la décision finale reste celle de la femme!!

      By the way…

      Féconder un ovule avec du sperme ne fait pas d’un homme un père.
      Pour cela, ça prend un bébé qui est né et qu’on aime et qu’on élève!!

    • Q.Terreux ne fait pas de sermon quand il déclare que l’avortement est légal. point barre. Et que tous doivent s’agenouiller devant ses décisions, parce qu’il pourrait le déclarer aussi…

    • @jeanfranc

      Je ne plaisante pas je crois que cette décision appartient à la mere et qu’à elle.

      Sans la mère point d’enfant. Tournez ça dans le sens que vous voudrez la contribution masculine se résume à la fertilisation.

      D’expérience je peux vous dire que dans pratiquenment tous les cas où un enfant naît avec un problème quelconque TOUJOURS la mère est pointée du doigt. S’il en était autrement on pourrait parler de responsabilité de ”couple” mais tel n’est pas le cas.

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