La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Jeudi 12 décembre 2013 | Mise en ligne à 9h58 | Commenter Commentaires (35)

    L’iPad en classe: à quelles conditions?

    «C’est difficile de se concentrer en classe  (…) tous mes amis de Facebook sont en ligne en même temps.»

    Cette perle d’un élève est tirée d’une toute nouvelle étude sur l’utilité de l’iPad en classe, étude dont je fais état aujourd’hui dans La Presse.

    En fin de compte, ce qui étonne le plus, à parcourir cette étude, c’est de voir à quel point l’iPad a fait son entrée en classe sans que des précautions élémentaires soient prises.Car ce qui fait le plus consensus auprès des 6057 élèves (de sixième année jusqu’en quatrième secondaire) et des 302 enseignants de 18 écoles au Québec, c’est ce constat que l’iPad est une source de distraction importante. Pas moins de 757 élèves ont même indiqué qu’à leur avis, en l’état, l’iPad en classe risquait de nuire à leur performance scolaire.

    «Beaucoup de monde fait autre chose en classe, lance un élève. Les élèves n’écoutent plus les profs.»

    «Ça déconcentre de voir les autres jouer à des jeux», dira un autre.

    «Facebook en classe, c’est une catastrophe, les élèves sont tout le temps sur ça ou ils envoient des messages, se plaint un enseignant. Je ne sais plus quoi faire des fois.»

    Mais comment expliquer que l’arrivée en classe de l’iPad n’ait pas été précédée d’une petite visite d’un technicien qui aurait bloqué l’accès à Facebook?

    Ce qui surprend aussi, en lisant cette étude, c’est de voir à quel point l’iPad est utilisé dès lors qu’il entre dans l’école. Là où la tablette est requise, pas moins de la moitié du temps de classe se passe avec cet outil.

    « Une fois, Internet a planté, a raconté un enseignant, et mes élèves n’avaient plus accès à leurs livres. J’avais 32 élèves devant moi qui ne savaient plus quoi faire et moi non plus »!, de confier un enseignant.

    « Quand je prends le métro, se plaint par ailleurs un élève, je ne peux pas faire mes devoirs. »

    Et ça, c’est d’autant plus problématique qu’une fois à la maison, ce que l’on comprend, c’est que bon nombre de jeunes ne peuvent pas se consacrer à leurs devoirs.

    «Je reçois des fois plus de 400 messages dans la soirée, expliquera un élève. C’est compliqué de faire mes devoirs.»

    On en rigole ou on s’en désole? Une idée comme cela : on ne fait ni l’un ni l’autre et l’on calcule le nombre de fois où l’on a soi-même été déconcentré depuis le matin par  l’apparition d’un courriel dans le coin droit de l’ordi ou par l’envie irrépressible d’aller jeter un petit coup d’œil à un site ou à un autre…

    Ce siècle sera celui du trouble généralisé de l’attention ou ne sera pas.


    • Je ne comprends pas pourquoi le Ipad est entré si facilement dans les classes.

      C’est pourtant évident: ça équivaut à avoir un jouet comme principal outil de travail.

      Il est triste qu’on ait besoin de miner l’éducation de certains jeunes avec pour confirmer l’évidence.

      L’utilisation d’ordi ou d’écran peut fonctionner comme support d’appoint, mais le matériel doit être contrôler pour s’assurer qu’aucun jeu ou application ludique ne puisse être installer dessus.

      Quelle est la différence entre aller sur FB sur son Ipad ou bien jouer à World of Warcraft pendant la classe sur son laptop pendant la classe?

    • Je suis hyper pro techno: à la maison on a 2 iPad, 1 phone, 2 iPod, 3 ordinateurs. Je suis née quasi avec un ordi dans les mains et j’en ai toujours utilisé. Ma fille utilise notre iPad depuis l’âge de 2 ans (mais à 5 ans elle sait écrire avec un crayon ;-)).

      Mais je doute que l’utilisation d’un iPad en classe soit absolument nécessaire. C’est un outil très intéressant, mais qui ne devrait être utilisé que par le professeur, et de manière ponctuelle par les enfants. Un iPad en classe ça n’apporte pas grand-chose je trouve. Et ça vaut pour tout le monde: j’ai connu des gens qui sont allés aux HEC (à l’époque où ils étaient les seuls à devoir utiliser un laptop en classe) et ça l’air que personne n’écoutait le prof, ça échanger des messages entre eux.

      Ce sont des outils super pour faire des devoirs et des travaux, mais durant un cours? Bof.

    • @mme Leduc: je viens de recevoir en cadeau un iPad mini. Je peux maintenant lire les articles que vous suggérez sur LaPresse+. Je pense que mon entourage en avait assez de m’entendre chialer. :-)

    • Oui, à condition que la tablette reste en classe pour contrôler son contenu.

    • Je n’étais vraiment pas très chaude à l’idée de l’introduction des iPad à l’école comme outil d’apprentissage. Mon fils, maintenant en sec.4 était inscrit depuis le sec.1 dans un programme technologique avec portable. Cette façon de faire était vraiment bien car elle permet une plus grande utilisation des outils – surtout pour le traitement de texte et la remise de travaux. En secondaire 3, tous les élèves de l’école ont dû se convertir au iPad. Heureusement, tous les professeurs de l’école ont reçu une bonne formation et un professeur-spécialiste (celui en charge du volet techno avec portable) a été muté à un poste de soutien à temps plein pour ses collègues professeurs. Par contre, de l’avis de mon fils qui a vécu avec les deux types d’outils (portable et iPad), il préfère définitivement le portable pour ses travaux scolaires. L’avantage de l’iPad étant qu’il est moins lourd à transporter. D’ailleurs, il m’a confirmé que cette année, les cahiers redeviennent populaires et plusieurs professeurs utilisent les iPad avec circonspection – quelques minutes pour explorer une matière ou réviser – pour ensuite les mettre de côté et poursuivre le cours de façon traditionnelle. Les élèves utilisent leur iPad à la maison pour les travaux et l’étude.

      Cette mode du iPad a épargné mon aînée qui termine son secondaire et qui ira au cegep avec un miniportable. Par contre, ma plus jeune souhaite aller dans un collège qui vient d’adopter les iPads l’année dernière. Mon inquiétude sera de savoir si les professeurs sont vraiment bien formés et qu’ils savent comment bien doser l’utilisation de l’iPad en classe.

      N’empêche que l’utilisation de la techno en classe a plusieurs vertus: capter l’attention, diversifier les méthodes d’apprentissage, favoriser le travail collaboratif etc. Bien utilisé, l’iPad ou le portable permet aux étudiants de plus facilement s’investir dans leurs cours. Par contre, pour les parents qui ne sont pas “branchés”, cela creuse un peu plus le fossé.

      Qu’on le veuille ou non, iPad ou autre, la techno branchée est là pour rester.

    • Une personne de mon entourage enseigne dans un collège où l’utilisation de l’iPad a été imposée massivement et uniformément en 1ère, 2e et 3e secondaire. Tout se fait avec la tablette: la consultation des manuels, la prise de notes, les exercices, les devoirs, tout! Les élèves sont penchés sur leurs écrans toute la journée en classe et cela se répète le soir pour faire les devoirs et les leçons.

      Les enseignants sont pris au dépourvu, car les élèves installent des jeux sur leur tablette, passent leur période du dîner à consulter l’iPad (au lieu de socialiser), etc. Un élève de l’enseignante dont je parle lui a demandé, après avoir fini ses exercices, s’il pouvait jouer à un jeu en attendant que ses camarades aient terrminé!
      Que faire si un élève oublie sa batterie ou son chargeur? Il ne peut pas suivre dans le livre de son camarade, puisque ce dernier a besoin de sa tablette pour prendre des notes!

      Les parents ne sont pas en reste, car ils se sentent parfois impuissants face à cette technologie. Il est par exemple impossible de bloquer le navigateur par le contrôle parental, pour éviter que l’enfant ne perde son temps sur Internet. Par ailleurs, des parents se sont inquiétés de ne pas pouvoir faire un bon suivi scolaire auprès de leur enfant: les manuels, les notes de cours et les exercices sont dans la tablette, alors il devient compliqué de vérifier si l’enfant a bien compris, s’il a fait correctement ses devoirs, etc.

      Par ailleurs, lorsqu’on pense que de nombreux médecins recommandent d’éviter la surexposition aux écrans chez les enfants et les adolescents (problèmes de sommeil, surexcitation, difficulté de concentration), il n’est pas rassurant de savoir que c’est l’école qui favorise l’utilisation intensive de l’iPad!
      L’iPad pour contenir les manuels et alléger le poids du sac d’école, bonne idée, mais pour tout faire, j’ai des doutes!

    • C’était tellement, mais tellement prévisible! Donner un jouet aux enfants en pensant que cela va les motiver à étudier davantage. Quelle utopie!

      Personnellement, je ne vois pas en quoi un IPad serait nécessaire à l’apprentissage des enfants tant au secondaire qu’au primaire. Je peux consentir que la tablette (je dis bien tablette et non Ipad, forcer les individus à acheter un produit en particulier est tout-à-fait non éthique) puisse avoir une quelconque utilité dans les programmes à vocation informatique pour des jeunes de secondaire 4 ou 5.

      Pour le reste NON. Et pourquoi donc les jeunes ont-ils accès à Internet PENDANT les heures de classes??????????????????????????????

    • Ca démontre comment les gens n’arrivent pas à rester à l’heure au niveau de la techno, ou qu’ils sous-estiment les generations futures.

      Un bébé d’un an peut déverouiller un ipad (sans mot-de-passe) et le fait consciemment, alors à quoi s’attendait l’administration à fournir des pré-ados/ados de ces engins sans s’assurer un controle absolut de son contenu?!?

      A mon avis les tablettes remplaceront les livres physiques et autres documents scolaires: pas de probleme de poids, centralise, interactif, à jour, etc. Ceci-dit, il faudrait que ceux qui offrent ce programme à l’école “fassent leurs devoirs” et planifient les aléas moraux…

    • Ce qui me sidère, c’est à quel point les produits Apple sont mentionnés dans La Presse, que ce soit dans les articles, blogues ou chroniques. Pas question de parler de tablette ou de téléphone intelligent, c’est automatiquement un iPad ou un iPhone. J’espère au moins que La Presse est payée pour ça, au-delà de l’exclusivité entre Apple et LaPresse+. C’est qu’il y a un univers en-dehors d’Apple, qui est en voie d’être complètement dépassée par des concurrents comme Samsung.

      C’est l’équivalent de parler de Kleenex ou de Frigidaire.

    • je suis toujours étonné de voir combien nos décideurs sont incompétents , pour rester poli

    • larousse_estdouce: Vive le Père Noël!!

    • La première chose qu’il faudrait faire est d’abord d’utiliser une tablette conçue pour les besoins scolaires, pas un iPad. Prendre un produit généraliste comme un iPad est un très mauvais choix.

      Comment expliquer qu’un technicien n’ait pas bloqué l’accès à Facebook? Parce qu’après quelques jours, tous les enfants auront configuré un Réseau Privé Virtuel sur leur iPad et pourront donc accéder à Facebook et aux sites pornos sans problème. Ce n’est pas parce que les adultes sont ignares en matière d’informatique que les enfants le sont.

      Je ne sais pas qui vous a dit qu’il était possible de bloquer facilement Facebook, mais je connais des enfants de 10 ans qui ont, de toute évidence, de meilleures compétences en informatique que le technicien que vous avez consulté.

      Il est évidemment possible d’installer des solutions d’Inspection des Paquets en Profondeur, mais ce sont des solutions très coûteuses probablement irréalistes pour une école ou une commission scolaire. Et même là, il suffit d’installer un navigateur Tor pour passer au travers.

      À partir du moment ou un enfant peut installer une application, il peut facilement passer au travers de protections très avancées. Le simple fait de permettre de choisir une connexion wifi fait tomber tout espoir de restreindre l’utilisation. Il y a maintenant tellement d’enfants qui ont des téléphones intelligents, ils n’ont qu’à activer la fonction de partage de connexion Internet de leur téléphone dans leur poche pour accéder à ce qu’ils veulent avec leur tablette.

      Au-delà des aspects techniques, j’ai de sérieux doutes sur l’aptitude des enseignants à utiliser adéquatement une tablette électronique comme aide à l’éducation.

      Peut-être que le plus gros problème vient de l’incapacité de l’enseignant à garder le contrôle et à diriger sa classe. Quand la matière s’enseigne sur un tableau noir, l’enseignant a le contrôle du tableau. Il peut voir quels enfants regardent le tableau et lesquels sont distraient. Quand la matière s’enseigne sur un écran individuel, l’enseignant ne peut plus rien surveiller et n’a plus aucun contrôle.

      Une tablette c’est génial pour un enfant doué qui perd son temps en classe et pour qui l’enseignant est parfaitement inutile. Pour les autres, je n’en suis pas aussi sûr.

    • @89170: J’étais une enfant douée qui réussissait facilement. Je m’ennuyais rapidement en classe. Pour faire passer le temps, je lisais un bon vieux livre avec des pages et du papier.

      L’enfant doué n’a pas besoin d’une tablette. Aucun enfant n’en a besoin. Penser le contraire est démontrer à quel point notre dépendance à la technologie est malsaine.

      Il y a de belles choses dans la technologie, mais il y a davantage de moins belles et je pense sincèrement que la surutilisation des tablettes et de l’internet brime le développement de l’imagination chez nos enfants.

    • L’iPad est une tablette d’usage général et elle n’est PAS adaptée au contexte scolaire. Il existe des solutions mieux adaptées, par exemple la XO (associée au projet OLPC, qui fournit des ordinateurs aux enfants des milieux pauvres et du tiers-monde). La XO n’est pas parfaite, mais elle contient 200 applications scolaires et ludiques, offre des contrôles parentaux et est en mesure d’établir des réseaux locaux “ad hoc” directement avec les autres tablettes XO locales. Cette tablette coûte 120-150$ et finance l’envoi d’ordinateurs aux enfants des milieux défavorisés… les écoles et les parents devraient peut-être se réveiller.

      En plus d’être cool, l’iPad sert surtout à conditionner les futurs consommateurs de produits Apple, en plus d’engraisser les vendeurs d’applications.

    • Outre toutes ces considérations, une question qui m’a toujours taraudé : qu’est-ce qui se passe si un enfant perd son iPad ou se le fait voler? Ça coûte combien une bebelle de même? Ça coûte combien si un enfant perd son crayon ou son cahier Canada? J’ai deux jeunes enfants qui n’entreront à l’école que dans plusieurs annnées, mais franchement, tout cela ne m’enthousiasme pas trop…

    • Quand je vois ou j’entends parler les gens éduqués à l’ancienne, genre “cours classique” comme la plupart des premiers ministres du Québec l’ont été, je me dis qu’eux, ils n’avaient pas la technologie d’aujourd’hui, mais ils savaient lire, écrire, discourir, plilosophie oblige, et surtout bon en maths, belle écriture. La capacité de compréhension de texte et de lecture rend le reste possible, avec un vocabulaire varié.

      De nos petits à l’école avec des “podpad”, ils savent fort bien baragouiner sur les réseaux sociaux. En fin des cours du niveau universitaire, leur niveau de langage et de compréhension n’a même pas bougé, sauf qu’ils sont forts en pitonnage.

      Vive la technologie en classe ! Et j’ai choisi l’école secondaire de mes enfants en conséquence, à l’ancienne le plus possible.

    • Le iPad est une version appauvrie d’un bon portable. On peut tout faire sur un Macbook Air. Il est plus polyvalent et plus puissant. Forcer les gens à payer pour se servir de cette bébelle à l’école est ridicule.
      En plus de tous les maux de dos et de cous que ça va causer.
      On parle beaucoup d’ergonomie pour la population vieillaissante, mais on garroche ces machins aux enfants.

    • @davcorm: Un IPad coûte entre 300 et 800$ tout dépendant du modèle choisi. On peut estimer qu’un IPad coûte plus cher que la somme de toutes les autres fournitures scolaires exigées.

    • @gl000001
      Je suis d’accord sur un point: mieux vaut un portable plutôt qu’une tablette. A chaque chose, son usage. Dans un contexte scolaire, le portable est préférable. Cependant, sans entrer dans un débat mac/pc, le MacBook Air coute beaucoup trop cher. Mon fils utilise un portable de moins de 500$ et cela lui réussi très bien.

    • @rg8487

      J’étais une enfant douée

      Comme quoi…

      ;-)

      (Désolé. Malgré mes 44 ans, je suis toujours resté espiègle et comme vous m’avez déjà insulté sans réserve par le passé, je me suis dit que je pouvais me permettre une petite répartie. J’espère que vous le prenez en souriant.)

      Plus sérieusement, même si une tablette n’est jamais un besoin, cela ne change pas qu’elle offre potentiellement beaucoup plus qu’un simple livre. Les avantages de l’interactivité ne sont plus à démontrer, autant pour les enfants doués que pour ceux en difficulté.

      Un premier gros avantage du logiciel éducatif est de pouvoir s’adapter aux forces et aux faiblesses de l’enfant. Un deuxième est de pouvoir motiver l’enfant par un système de récompense, de la même façon qu’un enseignant donne des collants pour de bonnes réponses.

      Les recherches dans le domaine des logiciels éducatifs montrent un avenir très intéressant. Un exemple que nous pourrions voir bientôt est l’analyse des expressions du visage et de la voix de l’enfant pendant qu’il utilise le logiciel pour tenter de déterminer ses réactions émotionnelles et donc offrir une rétroaction adéquate.

      La nostalgie est un sentiment fort, mais je crois qu’il est temps de tourner la page sur le livre.

      Je précise que ce dernier jeu de mots est volontaire. ;-)

      Vous parlez aussi du développement de l’imagination de l’enfant. Il est certainement à la mode de le mentionner, et il est vrai qu’une tablette n’est pas ce qu’il y a de mieux pour cela, mais je crois que nous survalorisons beaucoup trop cette caractéristique. Il y a aussi la capacité de raisonner, l’aptitude à la logique et à l’analyse. Pour moi, ce sont des caractéristiques qui sont beaucoup plus importantes pour l’enfant que cette sacro-sainte imagination.

      Quand je regarde les commentaires laissés sur des blogues comme celui-ci, quand j’entends les discours de ceux autour de moi, je suis très souvent atterrer par le manque de rationalité des gens. Ils ont tous beaucoup d’imagination, mais j’ai l’impression qu’ils n’ont tout simplement pas appris à penser. Les arguments sont remplis de sophismes et en fin de compte principalement dominés par des émotions inconscientes.

      Alors ne serait-il pas temps de mettre l’imagination de côté et de donner une place plus importante à la raison?

      Je vous accorde que nous perdons un peu de notre humanité dans Internet, mais nous y gagnons un accès extraordinaire à la connaissance.

      Depuis Internet et le navigateur de mon téléphone intelligent, je suis maintenant omniscient. Alors tant pis pour la nostalgie du papier.

    • Dans mon temps, on avait des manuels scolaires qui dataient de 10 ans. Faut vraiment avoir réglé tous les problèmes au Québec pour avoir de l’argent à gaspiller pour donner des objets de luxe pour divertir les enfants à l’école. Pendant ce temps là, les commissions scolaires sont en déficit et décident d’augmenter leurs taxes. C’est tellement le fun dépenser l’argent des autres!

    • Prévisible!! Les écoles – pas les profs mais les administrations – tombent pour la propagande de la technologie, vendant les élevés au plus bas prix! Cons! Et la technologie est inutile la semaine prochaine – demandez a une prof.

    • Elles seront vraiment belles les tablettes dans les école aux murs défraichis, les murales des années 80, les toits qui coulent, sans services parascolaires et sans orthophonistes.

    • @swissmade
      Vous avez raison. J’ai un biais pour les Mac depuis quelques années. Mais un PC portable de $500 fait amplement l’affaire pour des jeunes qui vont le brasser un peu sans trop y penser.

    • J’aimerais bien que mes enfants aient une tablette, ne serait-ce que pour ne pas avoir à acheter les nombreux livres en début d’année. Mes 2 enfants sont dans des programmes de langues: 1 dictionnaire Larousse, 1 dictionnaire anglais-français, 1 dictionnaire espagnol-français, 1 Webster, 3 grammaires (une dans chaque langue), un conjugueur. Ça nous coûte une fortune et souvent il faut tout racheter en secondaire 3 car les livres de bases sont tous brisés. Et avec ça, on ajoute les autres livres propres à chaque niveau. Même si beaucoup sont achetés usagés, la facture grimpe facilement à $600.00-700.00 par année pour les 2 gars. À ce prix,le coût de la tablette est vite amorti. Beaucoup plus pratique aussi, vu le poids de ses livres.

      Et si on ajoute les travaux d’équipe à partager sur le portail, les exercices supplémentaires de maths, sciences sur les sites spéciaux,… La tablette est bien pratique. De toute façon, les gars font la moitié des devoirs sur l’ordi à la maison.

      Je crois que le papier doit rester mais un petit coup de pouce techno ne peut pas faire de tors… Bien entendu si cette dit techno est encadrée.

      Petite parenthèse, bien des gens sont prêts à déchirer leur chemise car les étudiants vont sur les réseaux sociaux, des jeux à l’école. Mais combien de blogueurs ici sont sur leurs heures de travail?

    • @89170: C’était probablement mérité. En me relisant, je dois avouer que mon dernier commentaire sonne un tantinet présomptueux. Là n’était pas mon intention, mais il est vrai que j’ai toujours eu un certain talent pour écrire des bonnes réponses sur un bout de papier.

      À l’époque, une tablette m’aurait certes amusée, mais je pense également qu’elle m’aurait principalement distraite. Plus que mon bon vieux livre.

      Pour ce qui est de l’imagination, je ne suis pas d’accord. La créativité est à son plus fort lorsque l’enfant invente des usages pour un objet autre que celui pour lequel il a été conçu. Pour le reste, la capacité à débattre d’un sujet et à argumenter n’est pas nécessairement lié à la rationalité. De mon propre aveux, je suis une piètre débatteuse, mais je suis pourtant une personne très rationnelle dans la vie de tous les jours. Nous n’apprenons pas, dans notre système scolaire, comment formuler notre pensée en arguments constructifs, notre apprentissage est davantage basé sur l’expression des sentiments, d’où vos constatations.

      Bref, je ne crois pas que développer l’imaginaire se fait au détriment de la raison. Les deux sont complémentaires. C’est l’imagination qui permet d’abord à l’ingénieur de trouver la solution novatrice pour résoudre les problèmes de la vie réelle.

    • @rg8487
      Bien d’accord avec vous pour l’imagination. Trop rationnaliser nous mènera à ce que Mr Siroka nous décrit dans son blogue de cinéma.

      http://blogues.lapresse.ca/moncinema/siroka/2013/12/12/peut-on-reduire-le-cinema-a-une-formule-mathematique-2/

    • @rg8487 : Effectivement, l’aptitude à débattre n’est certainement pas un gage de rationalité. Mais où ai-je dit cela? Quand je parlais de l’irrationalité des commentaires ou des discours, je ne parlais pas de la rhétorique, ni même de la présentation de la pensée, mais bien de la pensée elle-même.

      Sur un sujet précédant, quand quelqu’un s’est plaint qu’il devait payer pour les enfants des autres, vous avez répliqué qu’il n’avait pas à se plaindre, que c’était à lui d’assumer son choix de ne pas avoir d’enfants. Je comprends l’émotion, mais réalisez-vous que votre commentaire était absurde? Ce sont vos choix que cette personne doit assumer, pas les siens.

      Réalisez-vous que ce sont justement vos émotions qui ont parlé et pas votre raison?

      Le problème est là : nous n’apprenons jamais à penser. Alors ce que nous appelons pompeusement la pensée est surtout le reflet des émotions et de l’imagination. La raison n’est généralement que superficielle. Elle n’est que dans les apparences.

      Vous pourriez évidemment imaginer toutes sortes de raisons pour justifier votre commentaire sur les « choix » des parents sans enfants et donc vous convaincre que vous êtes rationnelle. Sauf que le processus est mauvais. Pour prétendre à une pensée rationnelle, vous devez prendre en compte une situation dans sa globalité. Vous ne pouvez pas seulement choisir un point particulier qui vous arrange et prétendre que ce point particulier définit la vérité.

      Je porte actuellement un chandail presque entièrement gris avec deux minces bandes de couleur rouge. Vous ne pouvez pas montrer ces minces bandes de couleur comme preuve que le chandail est rouge! Pourtant, c’est exactement ce que font la plupart des personnes quand il s’agit d’idées demandant un minimum de réflexion. Ils choisissent un ou plusieurs détails qui les arrangent émotionnellement et se convainquent que leur pensée est rationnelle.

      Mon expérience personnelle me montre que les émotions et l’imagination sont partout. Le dernier des quidams fait souvent preuve d’une imagination débordante et exprime ses émotions sans restrictions. Par contre, la pensée rationnelle, elle, est rare.

      Les émotions et l’imagination sont naturelles chez la majorité des êtres évolués. J’ai deux chats et ils font tous les deux preuves de beaucoup d’imagination. Ils s’inventent des proies et des ennemis. Ils s’imaginent dans des courses poursuites hallucinantes. N’importe quoi est un prétexte pour se lancer dans un délire ludique.

      C’est évidemment la même chose pour les enfants. Vous n’avez pas besoin de développer leur imagination, elle est déjà très présente. Tout ce que vous avez à faire est de ne pas trop la restreindre.

      Soyons honnête, derrière l’excuse de vouloir développer l’imagination de leurs enfants, la très grande majorité des parents cherchent au contraire à la restreindre pour des raisons très égoïstes.

      J’ai un souvenir de mon enfance. Ma mère venait de m’acheter une petite voiture. J’ai commencé à jouer avec et j’ai soudainement voulu imaginer un accident. J’ai donc pris un marteau et j’ai commencé à simuler les effets de l’accident. Quand ma mère m’a vu avec le marteau en train de frapper sur la voiture, elle m’a immédiatement retiré la voiture des mains en disant que plus jamais elle ne m’en achèterait. Elle n’avait pas envie de payer pour une autre voiture, alors tant pis pour mon imagination.

      Les parents ne veulent pas développer l’imagination de leurs enfants. Ils veulent au contraire encadrer et diriger cette imagination. Ils veulent restreindre l’imagination de leurs enfants à ce qui est, selon eux, ou plutôt pour eux, acceptable.

      Alors pour se donner bonne conscience, ils appellent cet encadrement et ces restrictions : développer l’imagination.

      Le plus amusant est que c’est justement ce qu’il se passe avec les tablettes. On les donne à des enfants comme outils pour apprendre et la première chose qu’ils font est de détourner cette utilisation. Vous voulez mettre des restrictions? Ils vont imaginer des solutions pour passer au travers.

      Vous dites que « c’est l’imagination qui permet d’abord à l’ingénieur de trouver la solution ». C’est ce que croient beaucoup de gens, y compris certains (mauvais) ingénieurs, mais c’est complètement faux. C’est d’abord l’aptitude à comprendre le problème et à analyser la situation dans sa globalité. Ce n’est pas l’imagination qui distingue le bon ingénieur du mauvais, tout le monde a cette imagination, c’est l’esprit d’analyse (et évidemment sa connaissance).

      Je travaille dans l’informatique. Des projets qui échouent, il y en a en abondance. Dans presque tous les cas, ce n’est pas parce que l’informaticien en charge du projet n’a pas su imaginer une solution, ce n’est pas parce qu’il n’a pas su mettre en oeuvre ce qu’il a imaginé, c’est parce qu’il n’a jamais su analyser le problème. Il a imaginé quelque chose, ça oui, mais ce n’était certainement pas une solution.

      L’imagination est facile et tout le monde en a à profusion. C’est d’ailleurs pour cela que malgré les efforts constants des parents pour mettre dans un carcan l’imagination de leurs enfants, il en reste encore plein une fois adulte. C’est l’aptitude au raisonnement qui fait défaut.

      Vous dites que notre système scolaire est davantage basé sur l’expression des sentiments. Je n’irais pas jusqu’à ce point, il est beaucoup plus basé sur de la mémorisation bête et méchante qu’autre chose, mais il est clair que les sentiments prennent beaucoup trop de place dans ce système. Le résultat est une population incohérente et irrationnelle.

    • profil ecole verouille et controle par l’ecole , deverouillage vers 19h avec accord parental

    • Je suis du genre à avoir de la difficulté à utiliser mon appareil photo numérique «user friendly» et toute autre forme de technologie. J’encourage cependant mes enfants à être de leur temps et à se servir de tous les outils mis à leur disposition pour réussir.

      Mes enfants ont une tablette (obligatoire) depuis 2 ans au Collège et je dois admettre que c’est un outil formidable. Qu’on le veuille ou non, nos enfants devront être des super utilisateurs des technologies de pointe dans le futur, c’est vers ça qu’on s’en va! C’est l’avenir.

      Bien sûr que les enseignants doivent être formés adéquatement, bien sûr que nos enfants doivent être éduqués quant à l’utilisation responsable de leurs outils de travail. Comme tout le reste, ça prendra une période d’adaptation.

      Et oui, les enfants utilisent encore le bon vieux papier/crayon/feuilles quadrillées….. La tablette est un outil supplémentaire, ça ne remplace pas tout.

    • Encore une fois les autorités scolaires jouent aux apprentis sorciers en introduisant des technologies qu’ils ne maîtrisent pas et ne semble pas contrôler non-plus. Pas besoin de ces bébelles dans les classes au primaire. Et honnêtement je ne crois pas qu’un enfant qui n’est pas exposé à ces outils si jeune va être désavantagé plus tard. Ce n’est plus comme dans le temps des PC avec DOS.

      @Larousse est douce
      Je seconde pour les HEC et les portables. Quand j’ai fait mon MBA la qualité de l’enseignement du professeur se mesurait avec le nombre d’écran relevé. Plus il était bas plus le cours était intéressant.

    • @89170

      Totalement d’accord avec vous. J’irais même plus loin: certains parent veulent vivre leurs idéaux et croyances à travers leurs enfants. Je m’explique. Ma fille étant enfant jouait avec une petite voisine chinoise. Je ne suis jamais intervenu. Résultat: ma fille parle le mandarin parfaitement et travaille aujourd’hui à Shanghai. Mon autre voisin, pour une raison qui lui est propre intervenait constamment dans la relation de jeux entre les enfants. Je vois laisse deviner le reste. À mon avis, les parents deviennent trop souvent la limite de leurs enfants. Merci de votre intervention.

    • Toujours le même problème au Quebec, des incompétents a la tonne a tous les niveaux.

    • @89170 13 décembre 8:41

      Je seconde à 10 000%!

      J’ai souvenir de mon neveu qui passait ses journées à jouer avec des Lego. Un jour, il a eu la brillante idée de construire un robot avec ses Lego motorisés. Robot qui grimperait aux murs. Il a travaillé des jours et des jours à le construire pour finalement constater que non, le robot ne pouvait grimper sur le mur. Là, est entré sa capacité à pouvoir analyser. Pourquoi mon fichu robot ne peut pas grimper? trop lourd? trop long? le moteur pas assez fort? Malheureusement, il n’a pas trouvé la solution. Et mon frère lui a donné une seule piste qui était libre à lui de suivre mais jamais il ne lui a donné la solution (que finalement c’était impossible à réaliser techniquement) Je peux vous dire que cet été-là mon neveu a développé pas mal de capacités d’adaptation. Mon neveu est depuis devenu ingénieur en informatique et devinez dans quel domaine il travaille? Ben oui dans la robotique!

      Les enfants ont de l’imagination à revendre, je ne crois pas que le problème soit là. Mais des fois, quand ils rencontrent un obstacle, les parents sont tentés à régler le problème pour eux. Des fois aussi, c’est la techno qui va trouver la solution et souvent ce n’est pas la meilleure solution. On doit absolument faire comprendre à nos enfants que oui on peut les aider mais c’est à eux à analyser pour résoudre leurs problèmes.

    • @89170: Nos émotions parlent toujours pour nous et ce même lorsque nous tentons de les taire. Dès la seconde où nous utilisons une exemple tiré de notre “expérience personnelle”, les émotions embarquent.

      Prenez votre exemple.

      Votre mère n’a pas voulu que vous brisiez votre camion non pas pour brimer votre imagination, mais pour éviter que le-dit camion finisse aux poubelles après deux utilisations. Ce camion avait un prix monétaire et personne n’aime le gaspillage. On achète pas des jouets pour les enfants les brise. Les motivations de votre mère étaient compréhensibles. Cependant, vous, en tant qu’enfant, vous avez ressenti une frustration devant, ce que vous avez considérez à l’époque comme un traitement injuste. Aujourd’hui, vous sortez cet exemple emplein d’émotion pour illustrer comment les parents éteignent injustement les manifestations d’imagination de leurs enfants.

      Votre exemple était très mal choisi, surtout pour un individu qui a par la suite écrit trois paragraphes sur la rationalité.

      Pour faire valoir votre point, vous auriez du prendre l’exemple du parent qui retire le bout de bois qu’un enfant a ramassé par terre dans le but de s’en faire un avion ou une canne à pêche sous prétexte que “c’est sale” ou que “ce n’est pas un jouet”.

      Je ne suis pas ce que je considère comme étant une bonne débateuse car j’ai une certaine tendance à tirer profit de mon expérience personnelle, faute numéro un en matière de débat. Mon côté rationel et mathématique a également un fort penchant pour tirer profit du contre-exemple. Votre chandail ne peut pas être rouge car il y a du gris dessus. Preuve par contre-exemple. Il s’agit de l’élément de preuve le plus simple à faire, mais également le plus simple à comprendre. Bref, si vous souhaitez tenir un discours pûrement rationel, vous devriez laisser tomber les exemples tiré de votre propre vie.

      Par ailleurs, vous dites que mon commentaires où je demande à un individu d’assumer son choix de ne pas faire d’enfants est empreint d’émotion? Il est possible que vous ayez raison: je n’ai jamais prétendu le contraire. Cependant, voyez-vous, nous vivons dans une société démocratiques où les règles sont dictée par la majorité. En ce moment, notre société a fait le choix conscient d’encourager la famille. Si monsieur n’est pas content, il peut voter pour un parti qui propose le contraire ou aller vivre là où les règles sont différentes. Me faire balancer que je n’ai qu’à assumer mon choix d’avoir des enfants, de payer 60$ par jour pour la garderie sans déduction comme il se fait ailleurs, de devenir femme à la maison par la bande pcq’à ce prix-là, ça ne vaut plus la peine simplement pour qu’une minorité d’individus puissent vivre leur célibat dans la plus grande allégresse me fait réagir. Alors oui, il est possible que mes émotions parlent dans de telles circonstances et elles ont certainement servi à faire valoir mon point. L’hyperbole est une figure de style que j’affectionne particulièrement.

      L’imagination vous savez, ça ne se résume pas qu’à créer des histoires avec des lutins de Noël, l’imagination est d’être capable de penser à l’extérieur d’un cadre pré-défini, d’être capable de créer un lien entre deux items qui, à la base, n’en ont pas, d’avoir l’esprit de prendre une solution appliquée dans un autre contexte pour régler un problème fort différent. Maintenant, si l’application de la solution choisie n’est pas parfaite et que le projet s’avère un échec, ce n’est pas de la faute de l’imagination. Certains domaines s’y prête mieux que d’autres, j’en conviens, mais croyez-moi un ingénieur sans imagination est bien piètre ingénieur qui ne saura jamais rien faire d’autre que d’appliquer des formules toutes faites. Les formules toutes faites ont une certaines utilité, mais ce n’est pas ça qui permet à la société d’évoluer.

      “Think outside the box” comme on dit si bien en anglais.

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