La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
  • Lire la suite »

    Partage

    Mercredi 27 mars 2013 | Mise en ligne à 11h35 | Commenter Commentaires (27)

    Votre plus grand regret?

    Le Guardian a interrogé ses lecteurs: votre plus grand regret, comme parent, c’est quoi? Les réponses, je vous préviens, sont touchantes à souhait. Certaines, à en pleurer. Parce que les regrets sont souvent associés à des souvenirs malheureux, douloureux, ou carrément tragiques. Le texte de ce père qui regrette de ne plus faire la lecture de Harry Potter à son fils, mort subitement, m’a littéralement arraché une larme.

    L’intérêt du reportage, outre de nous faire réfléchir à nos propres regrets à nous, il va sans dire, est toutefois ailleurs. On a en effet dressé une liste des cinq plus importants regrets, avec les conseils d’un psychologue, pour les gérer, voire les éviter. Excellente initiative.

    Sans surprise, le principal regret des parents est de ne pas passer assez de temps avec leurs enfants. Vient ensuite le regret de ne pas avoir forcément fait les bons choix, de trop s’en faire, de ne pas prendre le temps de gérer certaines situations, et enfin de trop culpabiliser.

    Le meilleur conseil du psy, à mon avis, est celui-ci:

    “Remember, them wanting to spend intense time with you is for a brief period of your lives. Make the most of it.” (traduction libre: “pensez-y, les enfants ne veulent de vous aussi intensément que pendant une courte période de votre vie. Profitez-en pendant que ça passe.”)

    Et vous, dites-moi, votre plus grand regret, comme parent, c’est quoi?

    Tags:


    • Comme ma conjointe avait un boulot beaucoup plus “prenant” que le mien, elle regrette parfois de ne pas avoir passé assez de temps avec eux lorsqu’ils étaient petits. Mais quand on leur pose la question maintenant qu’ils sont adultes, ils nous répondent que : Papa était assez “cool” sur la discipline ! Ca nous plaisait ! C’est donc moi qui me sent coupable sous les sourcils froncés de ma femme ! :)

    • Je regrette de ne pas les avoir eu plus jeune! Mais dans le fond si je les avais eu plus jeunes ce n’aurait pas été ceux que j’ai présentement et je regretterais peut-être d’autres chose. Donc, on profite de l’instant présent et on essaie de ne pas regretter!

    • Ce n’est pas la “quantité de moments” passés avec ses enfants qui importe le plus mais la “qualité des moments” passés avec eux.
      Vaut mieux donner 10 minutes à ses enfants que de passer50 minutes avec ses enfants d’une main et “son” I-Pod de l’autre….

      Mon regret…un regret un peu égoïste: de ne pas être allé travailler à l’extérieur du pays pour pouvoir y amener femme et enfants!

    • J`y pense souvent à mes regrets mais je préfere en faire abstraction et garder la tête haute car la déprime est beaucoup plus facile et incidieuse.
      J`ai toujours voulu des enfants convaincu que je serais le meilleur papa. Ai eu une petite princesse et puis une difficile rupture ,une dépression et en bout de ligne ai perdu contact avec ma fille. Mea culpa mea culpa mea maxima culpa.

      La vie nous mene là ou elle le veut bien ce qui ne concorde pas toujours avec nos aspirations. Pour certains c`est ce qui forme le caractere et qui amene les surprises de la vie mais pour d`autres c`est plus difficile à assumer. Les si j`avais su et les j`aurais dont dû c`est trop facile…

    • @jeffypop

      Mon père avait 49 ans quand je suis née. Ma mère plus près de 41. Beaucoup de mes amis qui venaient pour la première fois à la maison pensaient que je vivais chez mes grands-parents. En plus j’ai un grand écart d’âge avec mes frères et mes soeurs.

      Le fait que mes parents soient plus vieux m’a vraiment aidé dans la vie. Mon père avait fini de courrir dans son travail. En plus avec ses expériences de vie, il était une sorte de sage. Mon père a été mon mentord jusqu’à sa mort. On dit d’un enfant qu’il est le bâton de vieillesse de ses parents, et bien mon père était mon bâton de jeunesse.

      Plutôt que le regret, il m’a appris à bâtir avec mes échecs, mes tourmants. Il m’a aussi appris à assumer mes choix, choix qu’il n’a pas toujours approuvé. J’essaie de transmettre cela à mes enfants, de leur apprendre à être le plus autonome possible. Malheureusement, je n’ai pas le talent de mon père, ni sa patience. J’y travaille maintenant et honnêtement c’est un grand défi. Des fois, ce serait tellement plus facile de choisir pour eux… Mais on ne regrette pas, on bâtit comme disait mon papa.

    • nemo

      27 mars 2013
      14h08

      Bel hommage envers vos parents.

    • Mon plus grand regret? Avoir négligé la femme, l’individu que je suis. Jusqu’à travailler de nuit pour ne pas envoyer les enfants à la garderie (vous pouvez donc imaginer le peu d’heures de sommeil qu’il me restait). Au point où j’ai aujourd’hui 35 ans, trois enfants entre 5 et 12 ans, une belle profession… mais je ne me connais plus.

    • Il y a quelques années, j’ai quitté mon emploi de cadre dans une grande entreprise pour devenir pigiste et être plus présente pour mes 3 enfants. 5 ans plus tard, je crois que ce choix était une nécessité et mes enfants sont très heureux d’avoir une maman présente, qui est là pour les occasions importantes de leur vie.

      Je pense que nous donnons le meilleur pour nos 3 enfants mais ils auront des choses à nous reprocher. Je souhaite surtout qu’ils se souviennent que leur maman et leur papa ont été présent pour eux et que nous avons passé du temps de qualité ensemble. Je pense leur avoir inculqué l’autonomie, le respect et la débrouillardise.

      Mon plus grand regret: de ne pas être partie vivre à l’étranger quand l’occasion s’est présentée. C’était mon rêve! Maintenant les enfants ne veulent plus quitter leur école, leurs amis, c’est maintenant difficile.

    • J’ai eu mon fils à 19 ans et mon plus grand regret est de ne pas m’avoir écouter. J’ai trop longtemps laisser des gens se mêler de notre vie, de son éducation, de son développement sous prétexte que j’étais trop jeune, que je n’avais pas assez d’expérience, que j’étais aux études (je le suis toujours). Ce que j’ai appris depuis c’est que peu importe l’âge des parents, quand c’est le premier, à 19 ans ou à 35 ans, on se retrouve devant l’inconnu et on doit apprendre à être parent en bâtissant un relation avec son enfant. Je regrette de ne pas avoir eu assez confiance en moi lorsqu’il est né et de ne pas avoir mis mon pied à terre dans certaines situations. Dans un mois il va avoir 5 ans et j’espère que durant les prochaines années, je vais être capable de prendre encore plus confiance en tant que mère.

    • Avoir avorté est mon plus grand regret. J’aimerais qu’un jour quelqu’un parle de ça sans tabou, parceque ça concerne beaucoup de femmes, qui se trouvent souvent devant un choix épouvantable. J’ai avorté et c’est une chose abjecte. Aucune expérience n’est comparable à la vie qu’on empêche d’arriver. Il est très difficile de se pardonner de s’infliger une telle souffrance. J’ai avorté parceque j’étais terrorrisé par l’idée de blesser ma mère. Pour moi à ce moment là, ou bien je devais me “tuer”, ou bien “la tuer”. C’est terrible de croire qu’on “tue” quelqu’un parcequ’on fait un choix de “vie”. Deux ans plus tard j’ai compris que c’est ma peur qui m’a empêché d’y voir clair. Prendre alors la responsabilité de son acte, est une seconde épreuve, car c’est plus simple de dire “c’est la faute de”… “je suis victime”. Je n’en ai pas terminé et peut-être je n’en finirai jamais. Si quelqu’un faisait un documentaire sur ce thème, je témoignerais à visage découvert.

    • Ne pas passer le commentaire pr

    • A 4 jours de mon terme à ma première grossesse, en fausses contractions depuis 24 heures, afin de provoquer vraiment mon accouchement, nous avons fait l’amour, puisqu’on me disait tout le temps que ça déclenchait le vrai travail. J’avais perdu mon bouchon muqueux quelques semaines avant et j’avais la grippe, ce qui a fait en sorte que le virus s’est faufilé lors du coït et s’est développé dans le liquide amniotique. Vincent a développé une pneumonie, qui a fait en sorte qu’il a voulu respirer. Peut-être avait-il trop mal, nous ne le saurons jamais. Il a respiré, mais alors que j’avais toujours mes eaux. La dernière fois qu’il a bougé, c’était à 2h00 du matin, je suis entrée à l’hôpital à 7h00 du matin. Après avoir tenté de trouver le coeur du bébé avec 3 machines, mon médecin est entré pour nous annoncer qu’il était mort. Son autopsie a révélé qu’il s’était noyé. Mon plus grand regret est donc d’avoir voulu presser les choses et causé la mort de mon fils. N’eut été de ce fait, il serait avec nous aujourd’hui, avec ses 2 frères.

    • @SarahRuiz : je vais vous répéter ce que je dis depuis plusieurs années aux femmes qui sont dans votre position: -Parlez à votre enfant, dites-lui que vous allez toujours l’aimer, expliquez-lui ce qui est arrivé pour que vous ne le gardiez pas. Vous pouvez le faire aussi longtemps et souvent que vous le voulez. Cet enfant vous a choisie et vous avez permis qu’il s’incarne, si brièvement soit-il. Maintenant, cet enfant doit continuer son chemin. Aidez-le à partir et de votre côté, faîtes la même chose. Retrouvez votre joie de vivre a-p-s (au plus sacrant). L’Univers nous laisse toujours des chances pour se reprendre. Cet enfant ne vous appartient plus, il doit continuer son évolution. Si vous avez encore de la misère à vous pardonnez, essayer l’Art Thérapie pour exprimer vos émotions, avec une formatrice afin de résoudre votre problème avec votre mère. Ne restez pas dans cette misère émotionnelle. Faîtes-vous aider! Informez-vous au CLSC pour savoir s’il se donne de l’Art Thérapie gratuitement. Je vous envoie plein de belles vibrations, tout comme les gens de ce blogue, j’en suis sûr.

    • Mon plus grand regret,en tant que parent, est d’avoir eu plus d’un enfant. Nous ne voulions pas que notre fille reste seule, alors nous avons décidé d’avoir un deuxième enfant, surtout pour elle. Nous avons eu une deuxième fille; super! nous sommes-nous dit, elles vont pouvoir jouer ensemble…

      16 ans plus tard, nous n’avons qu’un seul constat: toutes ces années durant, elles n’ont cessé de se chamailler, se battre, s’insulter. Cela nous a grugés, nous a rendus extrêmement amers, nous a rendus fous, par moments. Nous n’avons jamais eu de “vie familiale” normale, jamais de sorties agréables, de moments dont nous nous rappelons avec bonheur. Nous regrettons terriblement de ne pas nous en être tenus à un seul enfant.

    • Mon plus grand regret non pas en tant que parent mais enfant c’est de n’avoir pas réalisé plus tôt que ce n’est pas que je n’ai pas été à la hauteur des espérances de mes parents, ou que je n’ai pas su accomplir tous les rêves et espoirs qu’ils ont eu pour moi.
      C’est que c’est moi qui croyais cela. Eux ne voulaient qu’une chose que je sois heureux dans la vie.

      En fait mon plus grand regret c’est de ne m’être pas assis avec mon père (ma mère ayant été emporté par un cancer généralisé à mon adolescence) pour lui demander plus tôt ce qu’il attendait de moi et de l’entendre me répondre cette réponse pourtant si simple. Que je sois heureux dans la vie et de prendre les moyens pour y arriver indépendamment du comment et pourquoi la vie s’est chargée de maganer mon enfance.

      Vous réaliserez facilement que notre conversation ne fut pas aussi simple et rapide et qu’elle a passé par toutes les gammes d’émotions tant positives que négatives, lui entendre mon passé qu’il n’avait jamais réalisé moi lui dire ce passé, lui entendre et tenter d’accepter les impacts que cela a eu a et aura sur ma vie moi lui dire, lui déculpabiliser de n’avoir pas été là et de ne pas avoir été plus comment dire à l’écoute des ‘’Cris silencieux’’ que je lançais et de la rage qui m’habitait, moi comprendre qu’il n’avait pas abandonné mon enfance mais qu’il en comprenait simplement pas, que la vie, l’époque ne l’avait pas outillé pour cela. Moi accepter cela.

      Aujourd’hui cela reste mon but de le garder ce bonheur, bien que ce ne soit pas si simple parfois car l’maudit bonheur l’vrai y’ai t’un vagabond qui veux prendre racine, fragile à cultiver mais tellement résilient en même temps. Il est sensible au malheur, au travail, rieur, modelé par la vie passée, présente et future, paresseux et plein d’énergie à la fois.
      Parfois le bonheur est plus difficile à cultiver car le terreau dans lequel il pousse a subit tellement d’agressions et de bouleversements que les ingrédients pour qu’il s’épanouisse sont enfouis très profondément et cela prend plus de temps pour qu’ils les trouvent et s’y enracine solidement et parfois cette terre a besoin d’aide pour qu’il y grandisse en toute sérénité. Mais bon c’est la vie.

      Merci p’pa d’avoir été aussi patient avec moi.

      G.Duquette

    • D’abord je suis heureux de lire à nouveau un commentaire serein de bernem. La solidarité et l’empathie devraient toujours prendre la plus grande place entre parents, au lieu de la moquerie et des préjugé gratuits. Ma soeur me disait toujours: “il y a deux sortes de gens, ceux qui ont des enfants et ceux qui n’en n’ont pas”. Cela m’intriguait beaucoup à l’époque car je n’en avais pas. Aujourd’hui, j’en ai trois et je comprends tout à fait ce qu’elle voulait dire. Disons que la tâche est très lourde, pour ne pas dire hors de proportions (juliehelene – 15h02) , et que le soutien est en général aussi déficient que bienvenu. Donc, laissons toute la place possible à la solidarité offerte aux parents, par des pairs ou des sympathisants, quelqu’en soit la forme. Gardons ce qui fait notre affaire et laissons couler le reste comme de l’eau sur le dos d’un canard.

      En plus des commentaires bouleversants de SarahRuiz (16h41) et annie.roy.1428 (17h55), je retiendrai particulièrement de ce partage le commentaire inspirant de nemo (14h08) dans lesquel je relève que l’expérience est souvent la meilleure façon d’acquérir une certaine compétence dans notre rôle de parent. Celui de baiernatchez (15h47) renforce cette impression en nous indiquant que la plupart d’entre nous en manquons beaucoup de cette expérience, lorsque l’on devient parents la première fois. Finalement celui de bibimusaraigne (21h55) souligne que nos petites familles d’aujourd’hui n’offrent pas beaucoup de latitude lorsque les enfants sortent des normes.

      Mon plus vieux, qui souffre de dysphasie, aurait par exemple probablement beaucoup bénéficié de la présence d’un grand frère ou d’une grande soeur pour le stimuler davantage. Avec la plus petite qui commence à sortir de ses couches, c’est probablement le seul vrai regret que j’ai pour l’instant. J’imagine que j’en aurai probablement beaucoup d’autres plus tard. Mais j’aurais aimé offrir à mon plus vieux un environnement où il aurait fréquenté plus souvent d’autres enfants plus âgés que lui. Samedi dernier, nous avons fait une sortie à la Récréathèque et un jeune garçon s’est amusé avec lui comme l’aurait fait un grand frère. Quand son nouvel ami a dû le quitter, notre grand gaillard de presque 8 ans a fondu en larmes et était inconsolable. Même si sa petite soeur de 5 ans et lui forment un tandem de tous les instants, il est évident que la présence d’un enfant plus âgé lui manque.

      Les témoignages de zazou33 (15h44) et de cerf-volant (13h28) m’ont rappelé que j’ai eu la chance de voyager beaucoup avant de me lancer dans l’aventure familiale. Et je ne le regrette vraiment pas.

      Mais c’est finalement celui de noirod (13h59) qui résume le mieux ma hantise de regret à venir. Je me disais justement ces dernières semaines que je regretterais vraiment de ne pas pouvoir offrir une alternative valable à mes enfants lorsque ceux-ci seront en âge devenir parent. Lorsque mes deux filles et mon garçon auront la possibilité de participer à cette aventure grandiose de l’enfantement, j’aimerais les voir face à autre chose que cette cellule cloisonnée du couple de parents isolés dans une résidence unifamiliale, qui mène tant d’entre nous dans un gouffre de contraintes et de frustrations. J’en ai ras le bol de ce cycle en trois actes, aujourd’hui prédominant: 1) constitution cahoteuse d’un nid familial idyllique, 2) séparation tragique aux séquelles insoupçonnées, 3) garde partagée ne satisfaisant ni les parents, ni les enfants. Je suis convaincu qu’il est possible de mettre place quelque chose de plus satisfaisant pour la majorité d’entre nous.

      En tous cas, encore un grand merci à Silvia Galipeau qui nous offre cette tribune et qui nous permet de partager ces réflexions vraiment intéressantes. Et merci aussi à vous toutes et tous qui prenez le temps d’écrire. Ce n’est peut-être pas l’outil idéal pour briser l’isolement, mais ça fait drôlement du bien de vous lire.

    • Il y a beaucoup beaucoup de beaux commentaires ici! G. duquette, comme c’est beau votre analogie pour cultiver le bonheur! J’adore, je copie/coller en évidence chez moi!

      Pour ma part, un de mes regrets, un de mes “et si?”, c’est l’allaitement (oui je sais que ce n’est pas un sujet “facile”, plutôt controversé). Énormément de difficultés pour mon 1er, l’allaitement s’est soldé par un échec sur toute la ligne pour mon ainé. Malheureusement, il est au prise avec un problème de santé qui (statistiquement du moins) est moins fréquent chez les enfants allaités. Pour mon 2e enfant, l’allaitement fut un succès (15 mois) et le dit problème de santé n’est pas présent (encore une fois, statistiquement, ça peut n’être qu’une coincidence). Je ne peux m’empêcher de vivre avec la question: “Et si j’avais persévérer simplement un peu plus longtemps? Est-ce qu’il aurait ce problème?”

      Mes 2 expériences d’allaitement furent pour moi à la fois mon plus gros regret et ma plus belle expérience de la maternité.

    • Je n’ai aucun regret quant au moment que j’ai décidé de fonder une famille et des choix pris en fonction de ma famille.

      Par contre mon seul regret c’est de n’avoir pas pris le temps de bien orienter mes études et ma carrière plus jeune. J’ai fait des choix qui n’étaient pas bien éclairés et je me fiais juste à la fierté de mes parents et ce, sans penser à ce que je voulais vraiment, moi et ce que cela impliquait sur le marché du travail. Par contre si j’avais fait des choix différents, est-ce que je serais ce que je suis aujourd’hui et est-ce que j’aurais la famille que j’ai aujourd’hui avec les choix que j’ai prix? Pas certaine.

      Un retour aux études est toujours possible, mais ce n’est plus dans mes priorités pour le moment.

    • Mon regret, ne porte pas sur les enfants puisque je n’en ai pas encore… mais plutôt sur une ancienne relation de couple (qui on s’entend est un peu la base d’une famille…). Mon ex m’a blessée volontairement (sur un point de vue moral ou psychologique et non pas physiquement) en une occasion qui aurait dû être spéciale pour moi (mon anniversaire…). C’était subtile, sur le coup j’étais juste fâchée et déçue. Et ce que je regrette c’est de ne pas l’avoir “sacré là” à ce moment là. Mais bon j’étais jeune et amoureuse et j’ai pardonné trop facilement. Et je le regrette d’autant plus que quelque mois plus tard il me plantait là.

      Je regrette de ne pas l’avoir laissé moi-même, parce que j’ai eu l’amère impression d’avoir mis tous les efforts dans cette relation alors que lui, pas vraiment…

      Mais bon depuis, j’ai cheminé et je n’en suis plus vraiment amère. J’ai fait mon deuil, de ma relation et aussi de ce regret. Donc je ne sais plus si je dois dire que c’est encore un regret… mais je ne vois pas d’autre terme, parce que bien que ça ne me fasse plus souffrir, il reste encore une impression un peu négative.

      J’ai lu de très beau messages, touchants. Mais ce qui me frappe (et je le fais moi-même) c’est que plusieurs regrettent des choses dont ils n’ont pas vraiment de pouvoir dessus (ou si peu). On attribue une cause et des si à des évènements parce qu’il le faut et non pas parce que c’est réellement le cas et notre cause n’est peut-être pas réellement la cause et bien souvent il n’y a pas qu’une seule cause mais bien un enchaînement et une accumulation d’évènements. Et on s’en veut parce qu’avec nos si, on imagine le plus beau scénario possible…

      Je pense au témoignage de annie.roy.1428 entre autres (et aussi ceux de SarahRuiz et de bibimusaraigne). Perdre son enfant à quelques jours (et parfois heures) de son arrivée dans notre monde est une perte terrible. Et c’est le lot de plusieurs femmes. Mais je crois sincèrement, annie.roy.1428, que vous devriez cesser de vous blâmer et apprendre à vous pardonner. Selon vous la cause c’est le coït qui aurait mené à une infection et ensuite à la noyade de votre bébé. Vous regrettez d’avoir voulu presser les choses et vous croyez que sans ce geste votre enfant serait parmi vous, avec ses frères… je ne cherche pas à vous culpabiliser mais à mettre en lumière ce que je dis: on imagine seulement le plus beau scénario. Peut-être que même si vous n’aviez pas fait l’amour ce soir là, votre enfant aurait eu une infection et en serait décédé, de la même manière. Ou peut-être aurait-il survécu mais aurait été atteint d’un handicap sévère comme une paralysie cérébrale sévère, et que vous n’auriez jamais eu vos deux autres enfants… ou du moins, ce ne serait pas ceux-là. Vous auriez eu d’autres problèmes, mais vous ne seriez peut-être pas plus heureuse…

      Nous avons tous des deuils à faire dans la vie, que ce soit de petites choses anodines ou de grandes tragédies les étapes sont toujours les mêmes : Le choc, le déni, la colère et le marchandage, la tristesse, la résignation, l’acceptation, et la reconstruction ou résilience. Et trop souvent, notre cheminement s’arrête à l’acceptation.

      Et je crois qu’il faut aussi faire le deuil de nos regrets. J’ai l’ai bien sage à dire ça comme ça mais j’ai mes propres regrets aussi, c’est tellement plus facile à dire qu’à faire! Je crois qu’il faut en faire le deuil pour mieux vivre le moment présent et en arrêter avec les: “Et si…”. En ce sens j’envie un peu les animaux, qui eux vivent dans le moment présent, ils ne regrettent pas hier et n’espèrent pas demain.

    • @annie.roy.1428

      Vous avez vécu une épreuve suffisamment terrible, ce serait dommage de vous le reprocher comme si vous aviez eu de mauvaises intentions en voulant hâter l’accouchement. Une grippe qui passe au fœtus de cette façon, j’imagine que ce n’est pas le genre de chose dont on parle beaucoup dans les cours prénataux et les mille et un livres sur l’art de la grossesse parfaite. Il y a tellement de choses à penser lors d’une grossesse, c’est difficile de tout prévoir et de tout envisager les malheurs possibles. J’espère que votre douleur finira par s’apaiser et que vous retrouverez un peu de paix intérieure.

      @SarrahRuiz

      Je sais que ça ne fera pas disparaître votre chagrin et votre sentiment de culpabilité et je ne voudrais surtout pas écrire un commentaire trop “Nouvel âge” mais j’ai tendance à penser que s’il y a une puissance suprême dans l’univers, elle doit connaître tout les avenirs possibles et dans ce cas, ce ne serait pas logique pour elle de donner une âme à un fœtus qui ne vivra pas longtemps. Ou encore, s’il y a esprit, il est peut-être attribué à un autre corps.

      En physique quantique, selon la théorie de double-causalité, toutes les époques existent simultanément (même si cette étrange notion donne un peu mal à la tête!). Vous aussi, je vous souhaite de trouver apaisement et sérénité.

    • @snapeblackrose: merci. Seulement, la chaîne des événements ayant mené au décès de Vincent a été vérifiée et prouvée par le rapport d’autopsie, il n’y a aucun doute, mais je peux cependant dire que dans cet événement, le seul regret que je n’ai pas et que je n’aurai jamais, c’est de ne pas m’être présentée à l’hôpital le soir précédant la nuit où il est décédé, alors que mes contractions étaient aux 15 min. Appeler l’hôpital plutôt que de m’y rendre a été la meilleure décision que j’ai prise de toute ma vie. A ce moment, ils auraient vu que le bébé était en problème, m’auraient fait une césarienne d’urgence et là, on aurait eu un enfant légume car le mal était déjà fait, il était en état d’asphyxie.

      C’est horrible à dire mais nous trouvions que dans le scénario catastrophe de l’époque, c’était la plus belle fin que nous (certains diront égoïstement peut-être mais ce n’est pas mon point de vue), ses parents, pouvions vivre. S’il avait survécu, il aurait été légume et effectivement, nous n’aurions pas eu d’autres enfants, devant nous rendre au chevet de Vincent à tout moment, pendant Dieu seul sait combien d’années et nous aurions eu une vie éprouvante comme bien des parents en ont malheureusement une. On l’aurait fait mais je suis bien contente de ne pas y avoir été contrainte.

      J’ai appris à vivre avec sa mort, j’ai appris à le serrer dans un tiroir de ma vie, mais je ne peux malheureusement pas me dire que ce n’était pas ma faute et ça, je dois aussi vivre avec, avec le vide que ça a créé, malgré le fait que nous ayons eu par la suite 2 autres beaux garçons en pleine santé.

    • Je regrette d’avoir fait une dépression post-partum qui a gâché les premiers mois passés avec bébé, et ce fut de long mois (plus d’un an). Cette dépression a aussi été très difficile sur la vie de couple. Disons que tout ne s’est pas déroulé comme prévu avec cette naissance. Heureusement, tout s’est arrangé mais ce fut long, laborieux, pénible. Cette expérience m’a complètement dégoûtée de l’envie d’avoir un 2e enfant. On profite maintenant des moments heureux avec notre fille unique.

      En passant, tous les témoignages lus je les ai trouvé très touchants.

    • Parfois, j’ai de petits regrets ici et là. Et je me mets à penser que c’est une chaîne de réussites mais aussi d’erreurs monumentales qui m’a menée à rencontrer chouettepapa. Que oui, en principe, il aurait été cool d’avoir des enfants plus jeunes (je suis une mère sur le tard) pour avoir la liberté de gérer ma fertilité dans le temps comme bon me semble mais dans ce cas, mes enfants ne seraient pas ceux que j’ai maintenant. Ils seraient d’autres enfants car ils proviendraient d’ovules et de spermatozoïdes différents. Je ne voudrais pas d’autres enfants, je ne veux que ceux que j’ai maintenant. Alors je me dis que la vie a bien fait les choses. Au milieu de nos erreurs, nous n’avons pas de recul, nous faisons souvent du mieux que nous le pouvons en avançant un peu à l’aveugle. Nous avons des regrets souvent parce que ces mêmes erreurs que nous regrettons sont nos professeurs – le recul nous a appris à percevoir nos actions passées avec jugement et maturité. Alors, pourquoi ne pas voir en nos regrets de la sagesse dont on se servira plus aller de l’avant ?

    • Correction : dont on se servira POUR aller de l’avant ?

    • Je regrette de ne pas avoir épousé l’homme avec qui j’étais à 23 ans. Je l’ai quitté pour de mauvaises raisons et je n’ai jamais trouvé un aussi bon gars par la suite. J’aurais pu avoir plusieurs enfants avec lui et construire une famille. Je me suis retrouvée à 35 ans, seule, et j’ai épousé quelqu’un sur un coup de tête parce que je tenais absolument à avoir un enfant. Résultat, 18 mois plus tard nous étions séparés, j’élève mon fils seule et je n’aurai pas d’autres enfants car je suis trop vieille. Comprenez bien que je ne regrette pas du tout d’avoir eu mon fils, c’est la meilleure décision que j’ai prise dans ma vie, mais je dois faire le deuil d’avoir une famille avec un mari et plusieurs enfants.

      Pour mon fils, je regrette de m’être acharnée à allaiter alors que c’était tellement difficile, je n’ai pas dormi pendant plusieurs mois et j’ai presque fait une dépression. Ça aurait peut-être été plus facile si j’avais fait un allaitement mixte, mon conjoint aurait pu donner le biberon durant la nuit pour me laisser une chance de dormir. Mais peut-être que cela n’aurait rien changé…

      Je regrette aussi de ne pas avoir enseigné à mon bébé à s’endormir tout seul plus jeune: je l’ai bercé plusieurs fois par nuit pour le rendormir, jusqu’à 11 mois. Cela n’a pas aidé pour mon manque de sommeil, non plus!

      Finalement, je regrette de ne pas l’avoir changé de garderie plus rapidement, alors qu’il n’était pas bien avec son éducatrice. Je blâmais la situation sur plein d’autres facteurs, surtout sur moi-même, sans voir que le problème était la garderie. Il avait plusieurs comportements négatifs car il cherchait à attirer l’attention et moi je croyais qu’il était “difficile” à cause d enotre séparation, de ma fatigue, de mon impatience, etc. Le jour où il a changé de garderie, tous ces problèmes de comportement sont disparus instantanément.

    • C’est touchant de lire ce blogue en ce matin ou l’hiver s’étire à n’en plus finir. Je devrais regretter d’avoir eu une certaine relation non protégée un soir de dérive. J’y ai attrapé une maladie qui a rendu mon fils déficient intellectuel, des années plus tard. Je ne le regrette pourtant pas, dans le sens ou je n’ai pas de remords, j’ai informé mon médecin et mon accouchement a mal tourné sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Je devrais regretter d’avoir eu une fille, sept ans plus tard, en pleine forme, parce que vivre avec son frère n’a pas toujours été facile pour elle. Pourtant non, je ne regrette pas, puisqu’elle a aujourd’hui une force tranquille et que c’est une enfant qui éprouve de la compassion pour ses semblables. Je devrais regretter de ne pas avoir eu mes enfants plus tôt, de ne pas avoir réagit avec discernement et sagesse dans bien des situations de la vie de famille, de ne pas avoir été parfaite comme mère. Pourtant non, nous avons une famille et elle est très bien comme elle est, imparfaite, parfois chaotique, mais c’est la mienne et je ne la changerais pas.

    • Ma fille n’a que 14 mois, alors pour le moment je n’ai pas de regrets. Par contre, merci à vous pour vos témoignages…j’ai pris des notes dans ma petite tête de maman de choses à dire ou ne pas dire, d’actions à faire ou ne pas faire…pour ainsi avoir le moins possible de regrets envers ma petite chérie…

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    janvier 2013
    L Ma Me J V S D
    « déc   fév »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    28293031  
  • Archives

  • publicité