La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Encore un blogue de maman? Oui... mais non. Vous ne trouverez pas ici les derniers états d'âmes de notre blogueuse, mais plutôt des nouvelles qui touchent de près ou de loin à la famille. Parce qu'avant d'être maman, Silvia Galipeau est d'abord journaliste.
  • Lire la suite »

    Jeudi 28 février 2013 | Mise en ligne à 11h14 | Commenter Commentaires (15)

    La relâche dans le Sud d’un autre oeil

    La relâche approche à grands pas. Chez nous, on compte les dodos. Vous? Que faites-vous? Partez-vous par hasard, comme bien des familles québécoises, en voyage dans le Sud? Et là-bas, partez-vous à l’aventure, ou au contraire, dans le confort d’un tout inclus?

    J’avoue qu’avec des enfants, surtout en bas âges, le tout inclus, c’est le pied. Soyons francs: pas de lits à faire, les activités organisées pour tous, et surtout, surtout, rien à prévoir à manger, jamais. Tu as faim ma chérie? Mais va te servir! Non mais quel luxe. Un luxe que bien des familles ne peuvent toutefois pas se payer, soit dit en passant.

    Et puis évidemment, dans le Sud, le tout inclus n’est pas vu du même oeil non plus. Le luxe du voyageur a souvent quelque chose d’indécent. Deux réalisateurs québécois dénoncent justement ces “prisons” dorées, notamment à Cuba, dans un documentaire choc, Playa coloniale, lequel sera présenté le 1er mars dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois. Dans le film, une intervenante parle carrément de “colonialisme”. Les réalisateurs affirment aussi que vous ne verrez plus jamais votre cinq étoiles du même oeil.

    Qu’en pensez-vous? Vous sentez-vous un poil coupables de vous gâter ainsi, quand les familles cubaines, notamment, vivent dans la misère? De vous faire faire vos lits par des femmes qui lavent leur propre linge à la main? De manger et boire à volonté devant des employés qui rament pour nourrir leur famille? En discutez-vous avec vos enfants? Comment?


    • C’est une des raisons pour laquelle de plus en plus des gens optent pour voyager autrement, en choisissant des destinations plus écologiques et en lien avec un mieux-être pour les gens.

      Cependant, est-ce que ces gens vivraient mieux sans touristes? Le tourisme offre des emplois. Il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas beaucoup d’opportunités de travail pour les gens dans les iles.

      Malheureusement, les pays puissants sont devenues riches par l’exploitation des pays pauvres et ça continue. Nous pouvons nous questionner sur la majorité des produits que nous consommons qui viennent d’ailleurs.

    • Si on applique cette vision, tout voyage dans un pays en développement devient de l’exploitation. Nos voyages en Asie, là ou un repas gargantuesque coûte moins de 2$, sont une forme d’exploitation car on ici on paierait beaucoup plus.

      Même chose pour un safari organisé en Tanzanie: On paie une compagnie qui elle paie des guides, probablement pour moins que rien. Or, là aussi on se gâte alors que des gens vivent dans la misère.

      Rien de différent que lorsqu’on va une fin de semaine à New York. Là aussi y a la misère. Là aussi, la femme de ménage peine à survivre sur un salaire de crève faim pendant qu’on paie nos chambre plus de $125 la nuit… Lors de votre prochain séjour en Gaspésie, au Saguenay ou à Rimouski, demandez donc au guide sur le bateau si son salaire pourrait lui permettre de payer un billet pour aller voir les baleines…

      Et on dors où à Cuba, au Mexique, si on ne va pas dans les resorts? Même à l’hôtel de chambre, il y a quelqu’un qui change les draps, les lave, pour nous et qui ne pourrait se payer cette chambre. On dort chez l’habitant? Fort bien. Et il y a assez de lits chez les habitants pour acceuillir tout ce beau monde?

      Le problème est davantage que lorsqu’on va dans un tout-inclus:

      1) On ne voit pas l’habitant
      2) On se prive de découvertes
      3) Les sommes dépensées se retrouvent dans les poches des compagnies propriétaires
      4) On vit un mirage pendant une semaine.

      Le colonialisme provient des compagnies qui exploitent dans le resort une vision qui n’est pas du pays. Le colonialisme provient des touristes qui exigent des croquettes de poulet avec de la sauce aigre-douce, de la pizza comme chenou et qui trouvent que “ça goûte drôle” et s’en plaignent….

    • Ce n’est pas l’idéal bien sur. Mais quand des employés cubains nous remercient de venir en vacances dans leur pays parce sans ça, ils seraient très très pauvres, je me dis que c’est le mieux qu’on peut leur donner. Mieux que ça, il faut renverser leur gouvernement.

    • Avant de commenter si on doit se sentir coupable de faire faire son lit par une Cubaine, faudrait peut-être en connaître un peu plus sur le vrai Cuba et la double économie cubaine. Cette Cubaine fait en fait partie des privilégiés qui ont la chance de pouvoir mettre la main sur des « pesos convertible » par vos pourboires. L’infirmière, le professeur, l’agriculteur ou probablement le médecin aussi, lorsqu’ils sont payés seulement en « moneda nacional », gagne beaucoup moins, genre 10 à 20$ par mois!
      La situation est complexe, et faudrait pas la simplifiée en « méchants coloniaux » et « pauvres Cubains » qui font les lits, servent les repas ou conduisent un taxi pour des étrangers Mais ça vaut vraiment la peine d’en connaitre plus sur Cuba, ou tout autre pays du Sud qu’on visite. Il y a tellement plus à connaître que où serait le tout-inclus qui sert le meilleur buffet. Moi je prétends en connaître un petit bout sur le Cuba : j’y ai fait deux voyages dans les « rien inclus », loin des hordes de vacanciers québécois. J’y ai fait un voyage de cyclotourisme et j’y ai été en famille avec deux jeunes enfants (la plus jeune touriste de Cuba, il paraît que c’était ma fille selon un fonctionnaire cubain : seulement 2 mois!). J’y ai séjourné dans des « casas particulars », mangé dans les « paladars » (restaurants privés) et même dans une petite habitation très modeste d’un pêcheur où ma fille (2 ans et demi) jouait avec la fille de ce dernier. J’ai vu des Cubains, loin des regards indiscrets, levés les yeux au ciel devant les chroniques de Fidel dans le Granma, commentant qu’il peut bien commenter les problèmes internationaux celui-là, mais qu’il ne se prononce jamais sur les problèmes de Cuba. Mes voyages à Cuba, ce n’était certainement pas des vacances reposantes, mais de l’aventure et de la découverte, ça oui!. Je ne crois tellement pas que les tout-inclus ce soit « le pied » en famille, en tout cas, pas pour moi! Ce n’est pas vrai qu’il n’y a rien à voir à Cuba à part la plage : il y a des parcs nationaux, des réserves de l’Unesco, des villes coloniales, des sites archéologiques, des casas de musica,… Mais chute! C’est le Cuba inconnu de la plupart des Québécois, et finalement, avec les millions de touristes qui viennent par année à Cuba (le tourisme, c’est le 2/3 de l’économie cubaine), c’est quant même bien de les mettre dans les touts-inclus sur des plages à l’écart! Sauf que c’est vrai que si on veut redistribuer un peu plus la richesse, faire affaires plus directement avec les Cubains, nos dépenses de voyage leur reviennent un peu plus.
      Isabelle Dumont

    • Les gens qui travaillent dans les “resorts” cubains sont considérés comme des privilégiés dans leur pays et sont plutôt bien payés. Non, je ne me sens pas coupable. Je donne des bons pourboire, j’apporte des petites douceurs et luxes pour les femmes de chambre et je suis respectueuses envers ces gens. On vit dans un pays qui a un climat horrible au moins six mois par année et on voudrait qu’on endure ça comme des saints en attendant le mois de juin?! Non, je ne suis pas d’accord.

    • Pas mal de monde qui en profite mais c’est le lot des économies des îles du sud la meilleur chose mieux repartir les revenus du touriste pour améliorer les conditions des cubains

    • Un secret en passant. Les serveurs, les barmans (surtout) et les gens de la réception sont ceux qui gagnent le plus. Si vous voulez donner quelque chose, donnez-le aux jardiniers et ceux qui nettoie la plage par exemple. Dans mes voyages à Cuba en autre, je vide le mini-bar et je distribue eau et boissons gazeuzes à ces travailleurs/esclaves qui n’ont à peu près rien comme rémunération. Vous aurez droit à un beau sourire et l’impression d’avoir aider quelqu’un.
      Bon voyage!

    • Il y a plusieurs paradoxes.

      En premier, une île-bordel qui est sortie de la sphère de l’influence américaine pour devenir l’île-bordel du monde entier, le tout sous le regard stupide d’une frange de la population

      Une gérontocratie autoritaire placée en permanence qui se permet de nommer “révolutionnaires”

      L’argent des touristes, qui aide les employés des hôtels mais qui, par la bande, favorise le maintient en place de la dictature.

      Un pays à l’économie socialiste mais qui bave devant le dollar U.S.

      Un embargo destiné à faire tomber le régime mais qui deviens le principal instrument de propagande du régime.

      Ah Cuba…

    • Le salaire moyen à Cuba est de 19$ par jour. Les employés des resorts obtiennent des pourboires, et souvent même des biens matériels… Qui n’a jamais laissé une robe qui ne fait plus, ou une paire de sandales de trop dans la valise de retour?! Pour avoir un ami cubain, qui a longtemps travaillé dans un resort de Varadero et qui a immigré au Canada il y a quelques années, c’est comme gagner à la loto d’avoir un emploi dans un resort là-bas! Et sans le tourisme, les pays que sont la République Dominicaine, Cuba, la Jamaïque, etc. n’auraient aucune économie, ou presque… Regardez les Émirats Arabes Unis. Leurs ressources naturelles les ont rendu archi riches, mais ils savent bien que celles-ci sont épuisables. Ils investissent massivement dans le tourisme présentement, pour assurer leur avenir… Alors qu’on en dise ce qu’on veut, le tourisme, c’est payant!

    • Bon, voilà de la belle culpabilité judéo-chrétienne avec une petite pointe de gauchisme…

      Maintenant, je ne devrais jamais me payer ce que d’autres ne peuvent se payer?

      Si vous êtes si convaincue que vous torturez ainsi ces gens qui travaillent dans les tout inclus, boycottez le tout. Vous verrez qu’ils ne seront pas très heureux de votre générosité à la petite semaine. L’industrie du tourisme est primordiale à Cuba, un pays de gauche pauvre, pauvre, pauvre.

      Je suis d’accord qu’on ne visite pas vraiment un pays lorsqu’on se campe dans un tout compris, mais si la formule existe, c’est qu’elle dessert une certaine clientèle, assez nombreuse même.

      Ces touristes ne se rendent quand même pas dans les tout inclus pour y battre le personnel, se moquer d’eux et les arnaquer. La plupart apporte même des cadeaux et donne de généreux pourboires. Ce n’est pas pour rien que ces jobs sont très considérés là-bas.

    • @gebgeb
      Pas si pauvre que ça depuis qu’ils se sont trouvé du pétrole. Ils ont beaucoup d’hopitaux et d’universités et le plus bas taux de mortalité infantile en Amérique à égalité avec le Canada. Ce taux est très souvent relié à la pauvreté.

    • Les pauvres dans ces pays sont comme les pauvres ici. Ils détestent à mort les riches. Alors, aller dans ces pays pour recevoir ce genre de vibrations, c’est vraiment débile. Ici aussi, on n’aime pas trop les gens qui réussissent. Je devrais peut-être réciter le mantra de Tchenrézi “OM MA NI PAD MÉ HOUNG” afin d’augmenter ma compassion envers ces populations qui croulent dans la misère à cause de la corruption, tout comme ici. Ces pays disposent pourtant d’immenses richesses. La corruption détruit tout sur son passage. C’est la raison pour laquelle je suis pour la gratuité scolaire: parce qu’elle favorise l’abondance et s’attaque à la corruption des charognards de notre société.

    • @bernem
      J’ai mal lu votre phrase. J’ai lu “gaspillage” plutot que “abondance”. Mais ça enlève tout sens à votre dernière phrase. Pas qu’elle en avait beaucoup mais peut-être que ça prendrait plus d’explications pour qu’on la comprenne.

    • Non, je ne me sens pas coupable. Ce n’est certainement pas le touriste issu de la classe moyenne qui est la cause des problèmes économiques d’un pays sous un régime totalitaire. Qui affame Cuba? Le gouvernement américain!!

    • @moinelle ” Cette Cubaine fait en fait partie des privilégiés qui ont la chance de pouvoir mettre la main sur des « pesos convertible » par vos pourboires. ”
      Oupelaille, tout un privilège entre crevé de faim et crevé de faim…quel mépris, quelle condescendance!!
      Et oui, ils ont la gratuité, les soins de santé, quels privilèges, sont libre de s’instruire et de se faire soigné dans un pays ou ils seront payer des peanut, ou il manque du nécessaire et ou on les mets en prison dès qu’ils expriment une opinion politique qui déplait au ”régime”.

      Soyons honnête, le tourisme dans les touts inclus, c’est de l’exploitation pure et simple. Vos savons, bas nylon et autres sont une goutte d’eau dans la misère quotidienne. Que ne dirait-on pas pour s’alléger la conscience.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    septembre 2008
    L Ma Me J V S D
    « août   oct »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    2930  
  • Archives