On en sait des choses sur la santé des femmes enceintes (quoi manger, ou pas, ou boire, ou pas, la liste des prescriptions est longue!). On en sait aussi beaucoup sur l’humeur, le stress, et ses effets sur le foetus. Mais qu’en est-il du cerveau? Quel effet la grossesse peut-elle bien avoir sur le cerveau des femmes?
Peu de choses ont été écrites à ce jour sur la question. C’est aussi pourquoi la psychologue Laura M. Glynn de l’université Chapman a décidé de répertorier la littérature sur le sujet, dans un article fascinant publié dans Current Directions in Psychological Science, un journal de l’Association for Psychological Science.
Le compte rendu, sur Science Daily, est ici.
Quelques faits, en vrac: la grossesse est LE moment dans la vie d’une femme où ses fluctuations hormonales atteignent des sommets. Et on s’en doute, tout cela n’est pas pour rien. Apparemment, les fluctuations des hormones reproductives prépareraient le cerveau des futures mères aux exigences de la maternité, les rendant, tenez-vous bien, plus patientes et moins stressées, bref, davantage à l’écoute des besoins du bébé (à venir). La psychologue avance en prime l’hypothèse suivante: ces modifications dans le cerveau expliqueraient peut-être pourquoi une mère se réveille systématiquement quand son bébé pleure la nuit, tandis que le père, disons, non … (ou du moins, moins systématiquement…)
Mais ces modifications dans le cerveau auraient aussi un “coût”, avancent certaines études: la perte de mémoire temporaire, typique de la femme enceinte et de la nouvelle mère (qu’on attribue aussi parfois, si je ne m’abuse, à la fatigue des premières semaines…)
Apparemment, tout comme les faits et gestes de la mère ont un effet sur le foetus, le foetus aurait lui aussi un impact sur la mère. Ses mouvements (parfois sentis, parfois pas) accélérant le rythme cardiaque de la maman, ce qui, probablement, prépare aussi, in utero, l’attachement mère-enfant….
Bien des hypothèses à confirmer, mais assurément, des pistes bien intéressantes à suivre!
Mais dites-moi, vous, avez-vous remarqué des changements particuliers, côté cerveau, émotions, pendant votre grossesse? Des trucs inexpliqués à partager? Une patience insoupçonnée, par exemple? Racontez…
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loubia
22 décembre 2011
11h48
J’estime être bonne cuisinière. Enceinte, je laissais tout cramer. J’ai aussi un tempérament nerveux. J’ai un jour causé un feu dans la cuisine, j’ai pris mon aîné par la main pour sortir calmement, en disant tout aussi calmement à mon mari en sortant: “ah! au fait, il y a le feu dans la cuisine.”
Les flammes montaient au plafond! Pas stressée le moins du monde!
kenETdianeTailleur
22 décembre 2011
12h01
Est-ce que le cerveau des femmes enceintes grossit lui aussi?!
ralbol
22 décembre 2011
12h11
Un débat se prépare…
L’éternel débat de celles (et ceux…) qui refusent d’admettre l’influence du biologique et du génétique sur le comportement humain, et de celles (et toujours ceux…) qui ne jurent que par l’influence des apprentissage et du «social» sur le même comportement humain.
Par exemple, ici la biologie avance une explication du pourquoi maman se réveille systématiquement quand son bébé pleure la nuit, tandis que papa ronfle à en décrocher le plafonnier… Argument qui sera nié avec véhémence par les tenants de l’effet «social» voulant que ce comportement soit appris, répété par des années d’exemples venant des parents et du milieu social.
Habituellement, les tenants des explications de type «comportement appris» sont plus nombreux, non pas parce que les preuves appuyant ce point de vue soient plus convaincantes, mais simplement parce qu’il est beaucoup plus facile espérer modifier un «comportement appris» que de modifier la biologie humaine…
Pourrait ici suivre une énumération de comportements qui de toute évidence sont issus de la biologie et de la génétique humaine, et qu’on essaye en vain de modifier avec des lois de toutes sortes. Je ne m’aventurerai pas sur ce terrain miné…
weeza
22 décembre 2011
12h16
J’ai définitivement souffert du “pregnancy brain”… et je souffre encore parfois du “mommy’s brain”… Oublier des choses, perdre des choses. M’arrêter en plein milieu d’une conversation pour me demander “de quoi est-ce qu’on parle, donc?”. Je crois qu’il y a là-dedans une partie qui est hormonale, probablement, mais qui s’explique aussi par la fatigue (les derniers mois on dort moins bien) et par toute l’excitation et le joyeux stress qui entourre la venue d’un enfant. On pense à mille chose à la fois, on s’éparpille. Et une fois qu’on est maman ça ne s’arrête pas.
Après la naissance de ma deuxième, j’étais convaincue que je devenais sourde. J’entendais sans problème mon enfant pleurer la nuit, mais je faisais toujours répéter les gens. Quand on me parlait, j’entendais tout toujours tout croche. Assez pour que j’en parle à mon médecin et qu’il me réfère à une audiologue pour passer des tests. Le premier examen a démontrer que mon oreille entendait parfaitement bien. Mais l’audiologue a voulu me faire passer d’autres tests… sur le cerveau. Des tests qui mesuraient ma mémoire et ma compréhension. Résultat: si mon oreille entendait parfaitement les sons, mon cerveau, lui, n’arrivait pas toujours à les déchiffrer. Au niveau de la “mémoire auditive”, j’ai scoré particulièrement bas. Dans un autre test, je devais me concentrer sur une voix alors que deux personnes (enregistrement) me parlaient en même temps. J’ai échoué lamentablement. Ce qui expliquait finalement assez bien que je ne comprenne rien de ce que mon chum me disait quand ma fille de 2 ans me parlait en même temps et que mon bébé me braillait dans les oreilles. Comme solution au problème, on m’a recommandé de dormir (hahaha… j’avais un bébé de 4-5 mois qui ne faisait pas ses nuits), et de faire des exercices auditif à l’aide d’un cd… sensé ré-éduquer mon cerveau. Je dirais que le cd n’a pas donné grand chose parce que le manque de sommeil était toujours-là. Un effet secondaire de la maternité: je suis rendue sourde du cerveau! haha.
Au niveau des émotions, enceinte je ne supportais pas certaines images violentes. Je me souviens d’avoir tenté d’écouter “un dimanche à Kigali” et d’avoir arrêté le film en plein milieu, incapable de supporter les horreurs que le film décrivait.
rg8487
22 décembre 2011
12h49
J’étais beaucoup plus stressée enceinte et beaucoup moins patiente qu’en temps normal. J’avais la mèche très courte et je supportais très mal les moindres problèmes au bureau. Pour ce qui est de se réveiller au moindre son, non. Je dormais comme une bûche, c’est mon mari qui me réveillait….. Comme quoi il faut en prendre et en laisser avec les études ;-)
eric_duhaime
22 décembre 2011
14h05
Les préceptes médicales pro-libertarien en pensent quoi ?
loisella
22 décembre 2011
14h55
Enceinte, je ne me souviens plus (!), mais depuis que j’ai un bébé à la maison, je passe mon temps à tout chercher : clé, lunettes, portefeuille, tuque, mitaines, etc. Je finis par en trouver un, mais le temps que je débusque les autres, j’ai oublié où se trouvait le premier…Bref, j’évite de sortir, c’est trop compliqué! ;-)
gl000001
22 décembre 2011
15h02
@ralbol
Il me semble que le débat a toujours été “génétique (seulement) vs apprentissage”. Le biologique a toujours été considéré comme ayant un influence sur le comportement.
Un rhume, les SPM, une blessure … ça change le comportement d’une personne. Personne ne va débattre là-dessus.
chouettemaman
22 décembre 2011
15h26
Oh que oui, durant la grossesse : distraction et émotivité au menu! Et j’ai été anormalement traumatisée par le procès Turcotte qui avait lieu au début de ma dernière grossesse. Mon conjoint m’avait interdit de lire quoi que ce soit sur cette affaire.
Depuis l’accouchement, j’ai le sommeil léger. Je me surprends à être assez fonctionnelle (pour m’occuper de 2 enfants, pas pour jaser philosophie!) avec 40-50% de mon temps normal de sommeil, comme si mon corps et mon cerveau étaient en mode ‘économie d’énergie’. Je ne sais pas si c’est l’allaitement, il semblerait qu’allaiter réduit le besoin en sommeil profond.
jutamat
22 décembre 2011
15h43
Cela explique pourquoi les ados qui tombent enceinte se font souvent
demander:” Mais ou donc avais-tu la tete?” :-)
renefo1
22 décembre 2011
17h36
@ ralbol
Je n’aurais su mieux exprimer ma pensée Vous avez totalement raison.
danbel
22 décembre 2011
20h10
Pauvres mamans d’aujourd’hui, cette multitude d’études est une vraie plaie. J’ai 50 ans et lorsque j’ai porté mes enfants mois et mes compagnes d’infortunes (s’t'une blague) prenions ça comme ça venait. On fait l’amour, on tombe enceinte, on porte le bébé et on accouche à l’hôpital, d’une petite merveille qu’on aime à la première seconde. C’est tout. Pas de livres, pas d’études, pas “tout le monde peut se mêler de ta bedaine”.
Sincèrement, je plains les mamans d’aujourd’hui, c’est si simple la maternité quand on ne cherche pas à tous compliquer.
danbel
22 décembre 2011
20h11
Oups la prochaine fois je me relis promis avant de faire “envoyer”.
msoleil
22 décembre 2011
20h20
Vers la fin de ma dernière grossesse, j’oubliais presque quotidiennement l’endroit où j’avais stationné ma voiture le matin. Résultat: à 17h00 après ma journée de travail, à la noirceur et sous les pluies du mois de novembre, je marchais dans les rues en pleurant car je ne trouvais plus mon auto… Avec le recul, c’est plutôt drôle, mais à cette époque ma mémoire flanchait constamment… heureusement c’est revenu à la normal!
gringo39
22 décembre 2011
20h45
C’est arrivé trois fois. Elle portait l’enfant comme le soleil du matin, heureuse et chaude. Son médecin, un homme avec des qualités supérieures la conseillait sur tout. La maternité, un bonheur total.
piedoq
23 décembre 2011
08h43
: la perte de mémoire temporaire, typique de la femme enceinte et de la nouvelle mère (qu’on attribue aussi parfois, si je ne m’abuse, à la fatigue des premières semaines…)
je crois que c est plutôt relié soit à un neurotransmetteur ou à une hormone pour faire en sorte que la femme oublie la douleur de l enfantement de façon à ce qu’elle veuille enfanter de nouveau
ralbol
23 décembre 2011
11h44
@ gl000001
Nous sommes ici dans un blogue, pas dans une faculté de médecine.
Il faut s’exprimer de façon à passer l’idée générale le mieux possible.
J’ai utilisé le mot biologique surtout pour renforcer ici la notion de différence entre les influences de notre corps versus les influences de notre éducation.
Je crois que la majorité des lecteurs ont compris.
gl000001
23 décembre 2011
12h31
@gl000001
Je ne suis pas médecin mais j’ai déjà lu là-dessus. Et comme plein de gens, j’ai eu des cours de philo et de psycho au CEGEP ou on en a parlé. J’espérais bien que vous ne confondiez pas les deux parce que c’est quelque chose d’archi-connu. Et pour passer l’idée générale le mieux possible, il faut s’en tenir à ce qui se dit couramment : génétique vs appris.
chouettemaman
23 décembre 2011
12h39
@ralbol, votre intervention a ravivé un pénible souvenir de mes années à l’université. Je suivais un cours avec 2 professeurs de sociologie férocement anti-biologique dans le sens où vous l’entendez. Selon eux, l’amour maternel était un construit social récent. Or, l’amour maternel repose en partie sur un phénomène biologique. Par exemple, après l’accouchement, on sait que le cerveau sécrète une hormone qui favorise l’attachement de la mère envers son enfant ainsi que la production de lait. Il y a une certaine variabilité dans la façon dont les femmes réagiront à cette hormone – oui, des facteurs sociaux et psychologiques jouent un rôle dans l’attachement – mais l’idée selon laquelle l’amour d’une mère envers son bébé est un pur construit social ne tient pas la route à la lumière des connaissances récentes en sciences de la vie.
gl000001
23 décembre 2011
15h41
@ralbol
Ma dernière intervention ne s’adressait pas à moi, mais à vous. Ou avais-je la tête ?
@chouettemaman
Mon prof de psycho au CEGEP était fasciné par Skinner et les behavioristes. Je trouvais ça tellement réducteur que ça a “réduit” ma note à l’examen final.
piedoq
23 décembre 2011
19h48
le social peut influencer le génétique en favorisant la reproduction de ceux qui se conforment au social
stephanie2009
23 décembre 2011
20h20
@chouettemaman
“Or, l’amour maternel repose en partie sur un phénomène biologique. Par exemple, après l’accouchement, on sait que le cerveau sécrète une hormone qui favorise l’attachement de la mère envers son enfant ainsi que la production de lait.”
En effet, il s’agit de la prolactine. Le plus fascinant c’est que selon une étude, le taux de prolactine des pères augmente également durant la grossesse et continue à être plus élevé après la naissance (pas suffisamment pour que leurs glandes mammaires se développent, rassurez-vous messieurs! ;) La concentration des hormones sexuelles varie d’un sexe à l’autre mais à la base, chaque être humain les possède toutes!