
Expo internationale des accessoires d'auto de Pékin, photo AP.
L’académie américaine de pédiatrie vient de hausser les normes de sécurité liées aux sièges d’auto. Dorénavant, recommande l’association de pédiatres, les sièges d’auto pour bambins devraient être installés face vers l’arrière non pas jusqu’à un an, mais bien jusqu’à deux ans.
Quant aux plus vieux, ils devraient demeurer dans un siège d’appoint jusqu’à 8 à 12 ans, ou jusqu’à ce qu’ils aient atteint 1,45 mètre. Et les ados, enfin, ne devraient pas s’asseoir à l’avant avant d’avoir 13 ans.
C’est du moins ce qui ressort d’un communiqué rendu public aujourd’hui. Objectif? Maximiser la sécurité des enfants en voiture. Les dernières recommandations de L’AAP (association américaine de pédiatrie), datant de 2002, soulignaient déjà que les sièges orientés vers l’arrière étaient plus sécuritaires. Mais l’association suggérait aussi de maintenir les enfants dans cette position jusqu’à “au moins un an” et “au moins 9 kilos”. Du coup, comme le soulignent plusieurs articles sur la question aujourd’hui (dans le NYTimes ici, le Times ici) , plusieurs parents considèrent depuis des années les “un an” de leur bébé comme une date butoir: LE moment où l’on tourne le siège, où bébé fait face à l’avant, roule dans la même direction, observe le même paysage.
Si vous n’avez pas d’enfants, ou s’ils sont plus grands, toute cette discussion peut certes vous sembler bien théorique. Mais dans la petite enfance, c’est au contraire une étape importante. Car enfin (enfin!) le conducteur, via son rétroviseur, peut voir sourire, crier, hurler, son bébé. Et du coup, il peut mieux le consoler. Pas mince, comme étape.
Or voilà que ces nouvelles recommandations viennent changer la donne. Mais quelques nuances s’imposent. Désormais, ce n’est plus 9 kilos, mais plutôt le poids maximum autorisé par le siège qu’il faut observer. Un poids variant entre 13, 15, même 20 kilos, selon les marques. Certains enfants les atteindront bien avant deux ans. Mais d’autres pas. D’où l’importance, il va sans dire, de peser et mesurer son enfant régulièrement. Et de vérifier les consignes inscrites sur les sièges. Bref, d’oublier, une fois pour toutes, la sacro-sainte date des “un an”.
Les arguments en faveur de ce report sont plutôt convaincants. Les dernières études démontrent en effet que les enfants de moins de deux ans ont 75% moins de chance de périr dans un accident de la route s’ils sont assis face vers l’arrière. Pourquoi? Parce que cette position protège le mieux leur colonne vertébrale, soutient le mieux leur tête. Ce n’est pas pour rien que les experts l’ont baptisé le “siège de l’orphelin”. “En cas d’accident, l’enfant dans cette position est souvent le seul survivant” souligne un pédiatre ici.
En Suède, les enfants sont assis face vers l’arrière jusqu’à quatre ans. C’est aussi dans ce pays que la mortalité infantile en voiture est la plus faible au monde. Au monde!
En attendant, au Québec, la SAAQ recommande toujours d’asseoir les poupons face vers l’arrière jusqu’à “au moins un an”, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils aient atteint entre 9 et 18 kilos (ou 30 kilos, selon le siège d’auto et l’auto elle-même). Les sièges, quant à eux, continuent d’avoir des tailles et poids maximums qui varient selon la marque.
Ma question: si c’est tellement plus sécuritaire, à quand une uniformisation des sièges?
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