C’est les yeux pleins de larmes que je vous écris. Je viens de lire – enfin – la magnifique et terrible chronique d’Anne Marie Lecomte, dans le dernier Châtelaine. Et j’en suis complètement bouleversée.
Anne-Marie Lecomte, qui a rédigé pendant neuf ans l’excellente chronique “Sainte Famille”, a perdu son fils. Son fils de 16 ans. Suicidé. Tout récemment. L’horreur. L’impensable horreur.
“Depuis, notre famille n’est qu’un cri”, écrit-elle d’une plume déchirante. Depuis, son coeur chavire aussi entre la culpabilité (”mon coeur fou persiste à croire que j’aurais pu mieux m’y prendre avec lui”), le sentiment d’échec (”je croyais avoir transmis à mes rejetons un message capital (…): dans la vie, on peut toujours trouver de l’aide (…). À mon fils, ce message vital ne s’est pas rendu”), et la rage (”je serai franche, j’en veux à Antonin. Il nous a abandonnés”).
Et dans l’espoir que cette tragédie n’ait pas été vaine, elle conclut avec un conseil. Un très précieux conseil, que je me permets de reproduire ici: “regardez vos enfants chaque jour. Arrêtez tout, vous m’entendez? Regardez-les avec attention et bienveillance. Faites-le pour vous, faites-le pour eux, faites-le pour nous.”
Message reçu, Anne-Marie. Merci. Message transmis aussi …
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