La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
  • Lire la suite »

    Partage

    Jeudi 27 janvier 2011 | Mise en ligne à 11h56 | Commenter Commentaires (44)

    Réflexions sur le deuil d’un enfant

    Photo Patrice Blain.

    Photo Patrice Blain.

    Je viens de lire la critique de la pièce Beauté, chaleur et mort, de mon collègue Alexandre Vigneault, et j’ai la chair de poule. Littéralement.

    La pièce raconte un drame innommable: la perte d’un enfant. Et tenez-vous bien, pas à 10 ans, pas à la naissance, mais à deux semaines. C’est un fait vécu. Le fait vécu des artistes, Nini Bélanger et Pascal Brullemans.

    Beauté, chaleur et mort ne fait pas que tirer que les larmes, mais prend à la gorge, aux tripes. Le deuil, ici, dans toute sa cruauté, commence avant même la mort de l’enfant. C’est un espoir auquel on arrache les ailes. Nini Bélanger avoue qu’après la mort de sa fille, elle aurait voulu crier dans la rue le drame qu’elle vivait.Beauté, chaleur et mort interroge d’ailleurs, en filigrane, la façon dont se vit le deuil à une époque où s’habiller en noir ne veut plus rien dire. Savons-nous reconnaître que la douleur ne s’estompe pas le lendemain de l’incinération?”, s’interroge le journaliste.

    Je vous renvoie la question.


    • J’ai vécu de très près le décès d’un enfant, tout ce que je peux dire c’est que ça fait maintenant 2 ans et que les parents n’ont toujours pas fait enterrer leur enfant décédé, ils sont dans un état de déni complet.

      Je ne suis pas dans leur tête mais je sais trop bien qu’ils vont un jour ou l’autre éclater…et quand ça va arriver on va être là pour les soutenir. Parce que cette douleur est en effet incommensurable et insupportable. En tant que mère je ne peux imaginer la vie sans mon enfant.

    • J’ai un collègue de travail qui a perdus son fils dans un accident de la route il y a deux ans. Il a complètement changé depuis. Il en est resté très frustré , il travaille seul et communique peu.
      J’espère que ça va s’arranger mais j’ai l’impression que ça va rester comme ça.

    • Dans notre société où la performance règne en maître, le deuil n’a malheureusement plus sa place. On peut pleurer au salon funéraire, mais après, on dirait que c’est mal vu… “Ben là, faudrait qu’elle en revienne…” semblent se dire les gens autour…

      Comme si c’était si facile de tourner le dos aux gens qu’on aime…

      Alors, pour répondre à la question, non, je ne crois pas que la société d’aujourd’hui reconnaisse aux endeuillés le droit de pleurer après l’incinération. C’est dommage, car un processus de deuil nous fait grandir en quelque sorte… Ça peut nous apprendre plein de choses sur nous-mêmes… si seulement on passe à travers le-dit processus par contre…

    • La soeur d’une collègue a perdu sa petite fille de 2 semaines il y a environ 3 ans de ça. Je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi!

    • Un ami à moi a perdu son fils de 16 ans, victime d’une malformation cardiaque jamais diagnostiquée. Le choc. 2 ans plus tard il m’a raconté cette terrible épreuve avec beaucoup de sérénité. Je pleurais pendant tout le récit, je ne pouvais retenir mes larmes et il m’a dit “toute cette peine que ça te fait multiplie -la par 10 000 et tu seras peut-être au 1/10 de la peine que j’ai ressenti”.
      Aujourd’hui il me dit, que rien dans la vie ne lui fait peur, car il a survécu à la pire épreuve. C’est tout dire.

      Il y a plein de deuils qui ne nous sont pas autorisés. La perte d’un enfant est le pire de tous les deuils.

    • Ça me rappelle un film-documentaire que j’ai vu il y a quelques années. J’étais tombée sur ce documentaire par hasard, en zappant. Je me suis mise à m’y intéresser et y suis restée accrochée, sans savoir, et sans connaître le titre du documentaire en question. Je n’ai pas consulté le télé-horaire… On y suivait un couple bien réel, durant les semaines et les mois précédant l’accouchement, jusqu’au jour où la femme entre en travail, et que l’accouchement est en processus. Je n’étais pas du tout préparée… La petite nait, les parents sont tout à leur joie, à leur bonheur, mais on sent rapidement que l’équipe médicale est inquiète. Quelque chose n’allait pas.

      Les complications à la naissance sont devenues dramatiques, et avec le couple, on apprend que leur fille ne va pas survivre, et on voit les parents assister à la mort de leur bébé. Puis on les voit tenir le corps de leur bébé, et devoir lui dire adieu. C’était absolument terrible. J’ai pleuré comme une folle devant ma télé en disant “mais non! mais non! c’est pas vrai!”.

      Le titre, c’était Loosing quelque chose. Le couple, qui travaillait en cinéma il me semble, avait voulu documenter leur expérience de la grossesse et de l’accouchement et des premiers temps avec leur bébé. C’est particulièrement dur de suivre tout cela avec eux, et de vivre en direct avec eux ces moments terribles. Ça m’a marquée.

    • La perte d’un enfant est sans aucun doute ce qu’il y a de pire qui peut arriver … l’horreur.

      Oui le deuil se poursuit, je viens de perdre mon père. Demain obsèques. Famille, amis, condoléances et le commerce de la mort juste derrière qui calcule bien le temps que l’on prend pour dire au revoir.

      Pas envie d’y être…. j’ai juste envie qu’on me laisse vivre mon deuil en paix.

      C’est quelque chose de très intime et personnel. A partager qu’avec ceux en qui nous avons confiance !

    • Il y a beaucoup de séquelles à ce triste événement. Ca brise les couples souvent.

    • gl000001

      ça affecte beaucoup la famille proche aussi, c’est difficile parfois d’interagir avec les parents endeuillés, trouver des choses à dire, les réconforter. Ils peuvent s’éloigner de nous pour trouver un semblant de paix…les bonheurs des autres avec leur enfant ça les déchirent.

    • C’est ma plus grand peur, perdre mon enfant. Rien qu’en lisant votre message Mme Galipeau, je me sens triste.

      @q.terreux, mes condoléances. La période au salon funéraire est étrange pour quiconque vit un deuil. Ça rit beaucoup dans un salon funéraire, c’est une rencontre de famille et d’amis avec le défunt en arrière-plan. Le deuil et la tristesse se vivent après, quand les gens sont partis.

      Par contre, je ne peux m’imaginer rire dans un salon funéraire si le défunt est un enfant ou même un jeune adulte. Nous ne sommes pas programmés pour envisager la mort d’un enfant.

    • Le forum n’est pas très bavard. On manque de mots pour ce type de souffrance. C’est tabou, mêmes les proches de gens qui vivent ce drame ne savent pas quoi dire aux parents concernés. Il y a malaise. J’essaie de me mettre dans leur peau mais la seule pensée de perdre mon enfant me coupe le souffle. Je ne sais même pas si je pourrais assister à cette pièce. C’est un espace trop noir que je n’ai vraiment pas envie d’explorer…

    • J’aime mieux ne même pas y pensez. Je le sais que c’est possible, mais c’est le genre de chose que je ne veux même pas me questionnez avant.

      Aucune préparation n’est possible a un tel évenement.

    • chouettemaman

      27 janvier 2011
      15h27

      Mon père aurait aimé les rires j’en suis sure. Pour ce qui est d’un enfant ou un jeune adulte, Aie ! Une amie a perdu son fils de 22 ans .. accident de voiture. Je vous jure que personne ne riait. Il y a des évènements plus acceptables que d’autres. Mon père avait 92 ans…. douleur, tristesse oui, mais également soulagement, pour lui et pour nous.

      Toujours un plaisir d’échanger avec vous !

      Et Merci !

    • Quelques personnes ont dit que la mort d’un enfant est le pire de tous les deuils…
      Ma grand-mère a vécu la mort de son enfant de 3 ans, et la mort de son petit-enfant, mort-né. Et elle disait que le pire, était la mort de son petit-enfant. Tu as ton deuil à vivre, et de voir ton enfant souffrir la mort de son enfant, ça rajoute au lot.
      Je sais pas lequel est le pire, et je veux pas le savoir non plus, car ça voudrait dire avoir à les vivre!

    • @Madame Galipeau

      Quelque chose m’a fait tiquer dans votre texte. Vous dites : « Et tenez-vous bien, pas à 10 ans, pas à la naissance, mais à deux semaines. » En quoi les autres cas auraient été pires ou moins pires? Ça m’a dérangée et j’espère que ce n’est pas ce que vous sous-entendiez. La perte d’un enfant, que ce soit juste avant sa naissance ou après (le deuil périnatal), à 2 ans, à 4 ans, à 25 ans, c’est la pire épreuve que des parents et un couple puissent affronter. Il n’y a pas de gradation dans la douleur, ni de cas plus terrible qu’un autre. Ça fait mal, point à la ligne.

      J’ai des amis proches qui ont perdu leur fille à la naissance, il y a de cela presque trois ans. Ils sont toujours ensemble et ont maintenant un merveilleux garçon et une superbe petite fille (dont j’ai l’honneur d’être la marraine). Il faut être très fort et croire en la vie pour passer à travers. Je sais qu’ils y pensent souvent, à leur petit ange, et n’hésitent pas à en parler afin de combattre ce tabou qu’est le deuil d’un enfant. La mère a même témoigné dans la rubrique « C’est mon histoire » du ELLE Québec de septembre 2009. Une lecture qui fait mal, mais qui dit les choses comme elles sont. Il faut en parler (avec respect), même si c’est horrible, parce que ça arrive, même aux vedettes…

    • Trouver un mot sur la table quand les parents rentrent du travail. Je suis parti faire du jogging (il avait dit qu’il était pour s’y mettre). Les dernières paroles sur FacebooK: see you through the branches. Il a choisi de voler jusqu’au ciel.
      Vous parlez d’horreur, le mot n’est pas assez fort, n’existe pas, n’existera probablement jamais. Il avait presque 18 ans, né en mai, décédé en mai, le mois de Marie. Si vous y croyez, j’espère

    • qu’elle le berce pour le consoler de ce que nous n’avons pas vu.

    • @aguerin, très bien dit.

      Un deuil d’enfant ne finit jamais.

      Ça m’a frappée à un cocktail mondain il y a quelques années. Je parlais des travaux d’un certain professeur à une vague connaissance et pour le replacer dans sa mémoire, elle m’a demandé: ”Ce n’est pas lui qui a perdu un enfant il y 3 ans”? Je suis restée bouche-bée. Mais pour beaucoup ce couple sera pour toujours ”celui qui a perdu un enfant en bas âge”…

      Triste, triste mais très réel…

    • mamayo

      27 janvier 2011
      16h28

      Merci pour votre témoignage. Vous avez au moins la force d’en parler.

    • caro_d

      27 janvier 2011
      16h16

      Mes parents ont perdu une de leur fille (ma soeur décédée d’un cancer). Ils avaient 78 ans. Ils ne s’en sont jamais vraiment remis.
      Impossible de s’en remettre totalement quelque soit le cas… en effet !

    • caro_d,

      Je suis absolument convaincue que la perte d’un enfant à la naissance, ou dans les jours qui suivent la naissance, est une perte terrible et que s’en remettre doit être tellement difficile. Quand j’ai vu le documentaire dont je parle plus haut, j’ai été profondément secouée et ça m’a fait mal d’imaginer…

      Mais il y a quand même un degré plus élevé de douleur quand on perd un enfant plus vieux, il me semble. Parce qu’on a des souvenirs, des images, un attachement qui s’est forgé sur une période de notre vie, chaque jour, on se rappelle un fou-rire, une sortie, une expérience, un moment tendre. On a plein de photos, plein de moments partagés, des anniversaires, des fêtes, des discussions ou des caresses…

      Je suis convaincue que j’aurais été terriblement affectée de perdre un bébé à la naissance et j’en aurais eu pour des années à m’en remettre. Les images m’auraient sûrement traumatisées pour la vie. Mais perdre un de mes enfants aujourd’hui, je serais dévastée, anéantie. Et ce sera comme ça jusqu’à la fin de mes jours.

    • J’ai vu la pièce de Nini et Pascal hier soir. Ce n’est pas qu’un spectacle, c’est une rencontre. C’est un partage. C’est un éclair, une incursion surréaliste dans la douleur et la force de ce couple, de cette famille qui a vécu ce drame et qui y survit. C’est éprouvant et à la fois magnifique. Si vous avez la chance, allez-y!

    • Je voudrais dire merci a Madame Galipeau. Sujet sensible et bien amené.

      Votre blogue est devenu indispensable !

    • @ caro_d: Vous avez sûrement raison. Par contre, je ne sais pas pourquoi mais il me semble que je survivrais mieux au décès d’un enfant avant ou juste après la naissance qu’à l’âge de 5 ans, par exemple. Oui, j’aurais énormément de peine de vivre une mort périnatal, mais je passerais au travers.

      Mais perdre son enfant de 2, 4, 10 ans et plus…ça non, pas sûre que je passerais au travers.

      Je me trompe probablement…

    • @mamayo
      Je suis vraiment, vraiment désolée…
      Longtemps ai-je travaillé en prévention du suicide. Il y a des signes, mais ce n’est qu’après qu’ils ont un sens. Ne vous en voulez pas…

    • @ q.terreux

      Je suis désolé pour votre père.

      On ne se connaît (évidemment) pas, mais j’ai du respect pour votre parole et vous avez souvent des mots gentils pour moi. Aussi, permettez-moi d’avoir une bonne pensée pour vous en cette journée difficile.

    • Il se trouverait sûrement quelque psychiatre pour dire qu’un deuil ne devrait pas dépasser une certaine limite de temps, médicalement parlant, genre un mois pour un vieux parent, trois mois pour sa meilleure amie, un an pour son enfant… Mais humainement parlant, je suis entièrement d’accord avec tous ceux qui disent que les gens ne se remettent jamais complètement de la perte d’un enfant, que ce soit par décès ou autrement.

    • @poypoypoy
      C’est vrai. Le couple que je connais à qui c’est arrivé s’est divorcé et le grand-père paternel a eu beaucoup de problème à interagir avec son garçon par après. Le grand-père a dépéri assez vite après ça également. Très triste.

    • @vivianep

      C’était “Losing Layla” le titre du documentaire qui était en effet très touchant.. Ma blonde et moi l’avions regardé pendant qu’elle était enceinte de 6 mois !! C’était dur !!

    • astyanax

      27 janvier 2011
      23h57

      Merci ! J’ai beaucoup de respect pour vos idées. Je les partagent souvent mais je n’ai malheureusement pas votre facilité à les exprimer.

    • Donner la vie, c’est aussi donné la mort, elle nous attend tous, c’est la seule certitude que je connaisse. On s’imagine cependant que l’on part dans l’ordre suivant; premier arrivé, premier parti. Il arrive cependant qu’un enfant court-circuite la file, passe entre les jambes pour arriver le premier au fil d’arrivée. Le drame de la perte d’un enfant, c’est la perte de notre amour avec le A majuscule le plus grand. C’est une histoire d’amour avec l’introduction, avec parfois quelques chapitres, mais avec une conclusion des plus brutales. Une amie africaine, elle même mère endeuillée m’a dit au début de ce janvier: Ne laisse pas le sentiment de tristesse qui t’habite devenir un mode de vie car il t’empêchera de vivre ce que toi tu as à vivre. Sage conseil devenu mon leitmotiv. Je n’oublierai pas mon enfant. Il m’habitera toujours, mais j’aimerais qu’il soit fier de moi si jamais on se revoyait. À tous les parents endeuillé de ce blogue, bon courage.

    • @vivianep
      Pour une fois, parfaitement d’accord avec vous.

    • @vivianep et larousse_estdouce

      Je comprends votre point de vue.

      Mais mon amie vous poserait peut-être la question suivante : comment se remet-on de souvenirs que l’on n’aura pas? Comment se consoler de ce qui n’arrivera jamais? On pleure ses souvenirs, parce qu’on a une longue histoire avec cet enfant. Mais eux, ils avaient rêvé un futur avec leur petite puce. Ils ne la verront jamais grandir, jamais jouer, n’auront jamais le bonheur de l’entendre dire « papa » et « maman ». Je crois que vous ne pouvez pas comparer la douleur, et je pense aussi que c’est un peu présomptueux que de dire que vous préféreriez perdre un enfant à la naissance que plus tard. On ne peut pas comprendre cette douleur si on ne l’a pas vécue (et je ne la souhaite à personne).

      C’est pourquoi je dis que peu importe l’âge, le deuil d’un enfant fait terriblement mal.

    • Comment peut-on mesurer le niveau de souffrance d’une personne qui a perdu un enfant de 2 semaines vs 2 ans vs 20 ans ? Comment savoir ? C’est une douleur si vive, semble-t-il, du type qui défie toute mesure. Seule une personne qui a vécu les 2 situations pourrait vraiment nous le dire, et encore. Face à celui ou celle qui a perdu un enfant, peu importe son âge, je me sens gênée de faire des comparaisons ou d’évaluer la douleur d’un par rapport à l’autre.

    • chouettemaman

      28 janvier 2011
      14h22
      Entièrement d’accord avec vous.
      Mais il y a des gens chez qui l’impudence est élevée au rang des beaux arts !

    • caro_d, j’ai des enfants, et même si je peux parfaitement comprendre pourquoi perdre un enfant à la naissance ou dans les jours qui suivent est une torture, je ne peux pas croire que cette perte là puisse être aussi profonde que celle d’un enfant qu’on a commencé à élever. Comme j’ai eu l’expérience d’avoir des enfants et d’en accoucher et de les aimer à la seconde où je les ai vu, et d’avoir senti la profondeur de l’attachement que j’ai eu pour eux immédiatement, je sais que ça aurait été terrible de les perdre à la naissance où peu de temps après. Mais ils sont maintenant dans ma vie depuis des années, et perdre l’un deux me démolirait.

      danlarouche, merci, oui, c’est Loosing Layla. Regardez ça quand on attend un enfant, ça a dû être vraiment dur!!

    • q.terreux, si le deuil est un sujet tabou, c’est peut-être parce que justement, on s’interdit d’en parler. Tous les deuils ne sont pas pareils. C’est aussi ça, la réalité. Il ne faut pas le dire?

    • Sur ce, je n’ajouterai rien, par respect pour les parents qui vivent l’horreur de la perte d’un enfant. C’est beaucoup trop délicat.

    • vivianep

      28 janvier 2011
      23h59

      Puisque vous vous adressez directement à moi…
      Si on s’interdit d’en parler je me demande bien ce que nous faisons ici depuis trois jours ?

      Vos contradictions (votre post à 00h06) son sidérantes !

      Je préfèrerai à l’avenir que vous évitiez de commenter mes interventions. Par respect pour madame Galipeau, car je ne garantit rien de ma retenue !

      Au revoir madame.

    • @vivianep

      Pensez comme vous le voulez, il s’agit après tout de vos sentiments. Et, n’ayant moi-même pas vécu cette douleur horrible dont on parle, je ne peux en ajouter plus, car ce serait terriblement impudent.

      Par contre, je vous souhaite, un jour, d’être face à face avec un parent qui a connu le deuil périnatal et de l’entendre vous parler de sa perte, de sa souffrance et de son futur qu’il espérait mais qu’il n’a pas connu, du fait qu’il a été démoli sûrement autant que vous l’auriez été s’il arrivait malheur à l’un de vos enfants. Peut-être alors comprendrez-vous que les douleurs ne se comparent pas, ne se mesurent pas, ne se comptent pas, et vous verrez peut-être à quel point votre commentaire était peu respectueux.

    • caro_d, je suis convaincue que la perte d’un bébé à la naissance est horriblement souffrante. Mais je ne ferais jamais une comparaison entre cette douleur-là, et celle de perdre son enfant. C’est cela que je trouve irrespectueux de ce que vivent ces parents-là. Ça ne se compare pas. De la même façon que de perdre son parent est douloureux, mais absolument pas du même ordre que de perdre son enfant.

    • q.terreux, désolée, mais si j’ai envie de commenter vos commentaires je les commenterai à moins que mon commentaire ne soit censuré à défaut de quelle censure je commenterai quand bon me semble.

    • [histoire longue]

      J’ai perdu mon fils de trois mois, il y a bientôt 30 ans. Syndrome de mort subite.

      À l’époque (pour rejoindre l’article d’aujourd’hui), on considérait encore ces décès comme suspects, et à la culpabilité naturelle des parents, on ajoutait parfois le soupçon ou carrément l’accusation.
      Heureusement, mon pédiatre et ami nous a épargné cette épreuve-là.

      Archie était mon premier bébé. Il avait presque 3 mois.
      Les infirmières de la clinique, la famille, les livres de conseils, et… mon propre manque de sommeil m’avaient convaincue qu’il était temps qu’il dorme tout seul. Dont acte.

      Je me suis réveillée à l’aube, le sein lourd des tétées non données.
      Il devait être mort depuis peu de temps lorsque je l’ai découvert. Tiède, encore.

      911, ambulance, hôpital, espoir, fracas.

      Le pédiatre de l’hôpital ayant lui-même rescapé son enfant d’une mort subite, avait consacré une grande partie de sa vie de chercheur à tenter d’élucider les causes du syndrome de la mort subite du nourrisson, et il a largement contribué à en faire régresser la fréquence.
      Il m’a longuement expliqué les causes du décès, la fréquence du smsn.

      Je suis allée embrasser mon bébé mort dans un couloir sordide, puis je suis rentrée à la maison.

      Et j’étais en colère. Très.
      À ceux qui me demandaient comment allait mon bébé (et ils étaient nombreux), je répondais hargneusement « il est mort !»; dans la rue, j’avais envie d’envoyer des coups de pieds dans le ventre de ces « idiotes de femmes enceintes béates ».
      J’étais en colère contre la vie, contre la vie des autres, contre une fatalité qui n’en était pas une, puisqu’il était possible mais trop cher de détecter tous les bébés dès la naissance.
      (Et Michel Dallaire n’avait pas encore inventé son Angel Care [béni soit-il]).

      J’aurais voulu qu’Archie soit encore assez « frais » pour donner ses organes à un autre bébé, mais il était trop tard… Je me suis rattrapée sur le don de lait maternel pour les prématurés. Cela me soulageait tant physiquement que mentalement.

      Un bébé de trois mois, ça prend 60 minutes de chacune des 24 heures que tu vis.
      Lorsqu’il disparaît, tu ne sais plus quoi faire de tes dix doigts, de ton temps, de ta vie.

      On a enterré Archie, puis on est partis en vacances.

      Lorsqu’on est revenus, toute trace physique de l’existence d’Archie avait été soigneusement gommée par nos amis. Mais notre couple n’a résisté à cette horreur que… le temps de procréer le petit bonhomme qui fêtera bientôt ses 29 ans.

      Faut vous dire que, en ce temps-là, on donnait, en guise de contraception, une pilule microdosée aux mères qui allaitent. J’ai arrêté de la prendre le jour de la mord d’Archie.

      Je suis donc retombée enceinte très vite. C’était pour moi une question de vie ou de mort.
      Mais pilule et grossesse, ça fait parfois des accidents…

      Au bout de trois mois de cette grossesse, fausse couche.
      Mon médecin m’explique que cela arrive; que certaines aberrations chromosomiques sont naturellement évacuées…
      Là, je me dis que, bon… Les enfants, c’est pas pour moi. La vie, c’est pas pour moi.
      Je m’assois sur une chaise et j’attends que ça finisse, la vie.

      Puis, une semaine plus tard, je me sens encore enceinte. J’achète un test de grossesse… Pipi… Positif !
      Je retourne chez mon gynéco, qui m’envoie faire une échographie : un fœtus mort, un autre vivant ! (Ça tombe bien : je suis maintenant célibataire; des jumeaux, c’était pas une bonne idée :)

      Voilà. Je ne vous raconte pas ce que j’ai fait subir à cet enfant et à son frère, les miroirs posés devant leur bouche pour voir s’ils respiraient pendant leur sommeil… Ils en sont restés un peu insomniaques :)

      J’ai fait pendant 15 ans un cauchemar récurrent dans lequel je me niais avoir assassiné des dizaines de bébés et les avoir enterrés au fond du jardin jusqu’à ce que je craque dans un interrogatoire de police et me sente enfin libérée.
      Ça m’a passé lorsque j’ai eu un chiot que j’ai autant emmerdé que mes enfants pendant son sommeil. Mais les chiots deviennent vite adultes.
      Merci, Gustave.

      J’ai encore un peu peur de tenir un nouveau-né dans les bras, mais ça va passer d’ici à ce que mes fils me donnent des petits-enfants. J’espère.
      ——-

      De mon expérience personnelle, il me semble que perdre un enfant alors qu’on est encore en âge de procréer est plus facile (!) que de perdre son enfant à 50 ans.
      Et les cris désespérés de ma grand-mère devant le cercueil de mon père me confortent dans cette idée.

    • Quelqu’un (la police? un voisin? je n’ai jamais su) a téléphoné à une de mes collègues de travail il y a un bon 15 ans de cela. Elle était devant moi quand elle a pris l’appel. Son fils s’était suicidé (il habitait encore chez ses parents, il a fait ça à la maison). Il venait de finir ses études en génie et l’adaptation au marché du travail se passait mal. J’ai vu ma collègue en état de panique totale, complètement démolie. Ouf…. Je pense qu’ils ont vendu la maison peu de temps après. (Et je me demande qui a annoncé ça si abruptement!!!)

      Je pleure encore à chaudes larmes en y pensant. Surtout que je me mettais et que je me mets encore à sa place. Je suis devenue mère-poule. À cause de ça? Je ne sais pas. Je m’inquiète des accidents de travail, etc.

      J’ai moi-même été à risque de mourir deux fois mais c’était des pinottes par comparaison. Je pense que s’il arrivait quelque chose à mes enfants (ou à mon conjoint, mais c’est différent, je ne sais pas comment expliquer), je ne sais pas si je survivrais.

      Peu importe l’âge de l’enfant, c’est comme se faire arracher le cœur. </3 (cœur brisé)

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    novembre 2010
    L Ma Me J V S D
    « oct   déc »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    2930  
  • Archives

  • publicité