Un enseignant vient ajouter un angle très intéressant au débat de l’heure en éducation: le rôle la responsabilité des parents, et surtout, la responsabilité des mauvais parents dans le parcours scolaire des élèves en difficulté.
Quoi, encore la faute des parents? Si l’intégration est un échec, c’est à cause, aussi, des parents? Peut-être bien que oui, avance l’enseignant en question, dans une lettre ouverte publiée ce matin dans le Devoir.
«Dans tout le débat entourant les enfants en difficulté et la performance du système scolaire québécois, écrit-il, un des grands facteurs qu’on néglige de mentionner, ce sont ces parents qui ne démontrent aucun intérêt pour la réussite de leur enfant ou qui ne cessent de remettre en question le travail effectué par l’école.»
Il parle en connaissance de cause:
«Combien de fois dans ma carrière ai-je côtoyé des élèves dont les parents se moquaient de leurs apprentissages? Des jeunes beaux, fins, intelligents, mais complètement abandonnés par ce qui a l’allure de géniteurs trop occupés ailleurs. Je pense entre autres à cette mère d’un enfant en difficulté qui refusait de venir discuter de son jeune à l’école et à qui on avait même offert une rencontre le soir ou la fin de semaine avec, en plus, le transport en taxi!»
Son propos a le mérite d’être nuancé:
«Il existe d’excellents parents qui accompagnent correctement leur enfant dans leur parcours scolaire, précise-t-il. On remarque souvent leur présence dans les groupes performants. C’est d’ailleurs à se demander si c’est le potentiel des enfants ou l’engagement des parents qui explique le succès scolaire de certains jeunes.»
Conclusion? «Il serait grand temps que certains parents réalisent — ou qu’on leur fasse réaliser — que l’éducation n’est pas un service mais un privilège, ainsi qu’une obligation sociale et légale. Il serait grand temps qu’on les responsabilise. Mais ça non plus, il ne faut pas le dire… C’est un autre tabou.»