La mère blogue

Archive du 2 septembre 2010

Jeudi 2 septembre 2010 | Mise en ligne à 17h04 | Commenter Commentaires (33)

Lecture irrévérencieuse

journal

Silvia Galipeau

Décidément, c’est la semaine. Que de titres intéressants qui arrivent en librairie ces jours-ci!

Aujourd’hui: Véronique Fortin publie son Journal irrévérencieux d’une mère normale, une série de chroniques tirées de son blogue, aux éditions de la Bagnole.

J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une nouvelle wannabe mère indigne. Une jeune mère de deux filles, qui blogue sa vie de famille, et qui en fait ensuite un livre. «Indigne», «irrévérencieuse», pas de doute, les chroniques maternelles à saveur de confidences sont tendance.

Mais ce serait injuste de comparer Véronique Fortin à Caroline Allard. Même si la comparaison va de soi. Car l’auteure livre un témoignage beaucoup plus intime que Mère indigne. Ne cherchez pas ici l’humour, mais plutôt les émotions. Moins de dérision, beaucoup plus de confessions. Ce qui n’enlève rien à l’une ni à l’autre, mais les distingue drôlement.

La mère est ici mère au foyer. Par choix. Elle raconte, page après page, ses journées avec ses deux «terroristes», l’aînée qui vient d’entrer à l’école, mais qui mouille encore son lit, et la cadette, trois ans, qui ne fait pas encore ses nuits, mais des otites à répétition. Non, ses journées, elle ne les passe pas toutes avec le sourire. Elle pleure parfois, devant l’immensité de la tâche. Elle sacre, mais câline aussi beaucoup. Elle passe ses journées à moucher, laver, frotter, embrasser, en fait. Elle a même un jour tapé. Et en reste traumatisée. Elle en a surtout assez de se faire dire qu’elle est égoïste de passer tout ce temps avec ses enfants, ou encore qu’elle a beaucoup de chance. C’est tout ou rien. Le regard des autres, la culpabilité, elle en a soupé. Et cela, elle le communique avec franchise, et surtout une plume d’une efficacité à faire pleurer.

Même sans être au foyer, on peut s’identifier. Allez savoir pourquoi. Peut-être parce que la maternité, avec son lot d’émotions, est une affaire complexe. Et cette complexité, cette ambivalence dans les sentiments (oui je vous adore, mais je vous laisserais sur le bord du chemin, pourquoi j’ai fait ce choix, au juste?), elle la transmet drôlement efficacement.

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Jeudi 2 septembre 2010 | Mise en ligne à 9h53 | Commenter Commentaires (52)

Un nouveau prof, moins d’une semaine après la rentrée

Silvia Galipeau

J’ai croisé un papa sur la piste cyclable ce matin. Il était drôlement déçu. Sa fille, en troisième année, avait un formidable enseignant cette année. Un homme, chose rarissime dans le monde de l’éducation au primaire. Un nouveau remplaçant, parce que le prof régulier est en congé de maternité, je crois.

Bref, toujours est-il que jusqu’à hier, tout se passait à merveille. Sauf qu’hier, justement, c’est à dire moins d’une semaine après la rentrée, faut-il le rappeler, le prof a annoncé qu’il partait. Une permanence ailleurs.

C’est très bien pour lui. Et je crois que personne ne lui en voudra de partir. Mais le père en question en veut au système, en fait. «Ils ne pouvaient pas régler tout ça pendant, heu, l’été?», s’indignait-il en pédalant.

Voici, en gros, la suite de sa réflexion (non, je ne prends pas de notes à vélo): «Honnêtement, moi je m’en fiche que le bulletin soit chiffré ou pas, mais est-ce qu’on ne pourrait pas s’attaquer à toutes ces petites contrariétés administratives? Dans la vie d’un enfant, c’est quoi qui est important, un chiffre, une lettre sur un bulletin? Ou une certaine stabilité?»

Sa fille n’en mourra pas. À vrai dire, elle ne s’en formalise pas outre mesure. Parce qu’elle est déjà «grande». Mais imaginez un peu si elle avait été, disons, en maternelle? Il y a deux ans, la collègue Marie Allard rapportait justement le cas d’un enfant qui, en maternelle, avait eu pas moins de cinq enseignants différents en deux mois. Cinq!

«J’avais un enfant heureux d’aller enfin à l’école, qui fait maintenant des crises quotidiennes pour ne pas y aller», avait à l’époque commenté sa mère. «Un concours de circonstances», avait plaidé la CSDM. Résultat: l’enfant en question n’aime plus l’école. Déjà…

Et vous? Avez-vous déjà vécu une situation similaire? Comment votre enfant l’a-t-il vécu? Et surtout, comment expliquez-vous une telle  instabilité dès la rentrée?

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